21 h 30, dimanche soir. Comme tout le monde ou presque, je regarde la soirée électorale, ses plateaux et ses invités, en attendant le discours du nouveau Président. Un ami m’appelle. Il est en province et réalise un reportage « de terrain ».

Visiblement bousculé, il me demande si je regarde la place de la Bastille et « les drapeaux ». Non, je n’ai pas fait attention… Et lui d’ajouter : « Je suis dans un bar. À la vue de la place de la Bastille, les gens braillent « Allah Ouh Akbar » ou encore « C’est la victoire des Arabes ! » Mais qui braille des conneries pareilles ? « Des bons Français », me dit-il.

Je n’oserais identifier cet espace rural d’une région de France de peur que cette région et ses habitants soient stigmatisés… Je prête donc attention à la fête de la Bastille. On y voit effectivement, des drapeaux algériens, marocains, croates, Irlandais, rouges, français, verts… Bref, chaque pays a dû envoyer une délégation pour féliciter François Hollande.

Beau geste. Mais curieux d’avoir confirmation de la présence de ces délégations, je demande au live du Monde.fr si on peut expliquer la présence de nombreux drapeaux de pays étrangers sur la place de la Bastille.

Mon message n’est pas publié. Je réitère ma demande 10 minutes plus tard en me présentant comme Américain surpris de la présence de tous ces drapeaux. Rien… Dernière tentative : « Peut-on savoir qui sont les gens qui agitent des drapeaux étrangers ?» Toujours pas publié…

En revanche, les internautes m’éclairent en vantant « la victoire du multiculturalisme », « le formidable spectacle des drapeaux », « le retour de la France blacks-blancs-beurs de 1998 » ou encore « la victoire de la France contre la franchouillardise ». Aaaahhhh… Ce sont donc des Français ! Le Monde.fr aurait pu me le dire quand même !

Vexé qu’ils n’aient pas jugé utile de répondre à mes questions, je leur envoie un dernier message : « Merci Le Monde.fr pour la censure et les niaiseries ! La Gauche contre le réel[1. Oui, j’ai emprunté l’expression…]… ».

Bon, d’accord, j’exagère. En attendant, il y a du boulot…