(Photo : SIPA.AP21922349_000048)

Article publié initialement dans la nuit du 14 au 15 juillet. Il a été réactualisé en continu en fonction des dernières informations. Sa mise à jour a été arrêtée vendredi 15 juillet à 20h00.

Selon un bilan encore provisoire dressé par le procureur de Paris, François Molins, au moins 84 personnes ont été tuées, dont 10 enfants et adolescents, jeudi soir dans un attentat à Nice, lorsqu’un camion a foncé sur la foule qui assistait au feu d’artifice sur le bord de mer.

Il y aurait par ailleurs un plus de 200 blessés, dont 52 « en état d’urgence absolue ». Une cinquantaine d’enfants ont notamment été hospitalisés à l’hôpital Lenval situé à proximité du lieu de l’attentat.

Selon les premières informations de Nice-Matin, l’homme aux commandes du véhicule est un Tunisien de 31 ans. Tout en conduisant, il aurait tiré sur la foule avec un pistolet de calibre 7.65 mm.

Depuis, son identité a été confirmée. Il s’agit de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, chauffeur-livreur, père de trois enfants. Il était connu des forces de police pour des faits de violence mais n’avait jamais été ni signalé ni fiché. Le 24 mars dernier, il était condamné à six mois de prison avec sursis « pour des faits de violence lors d’une altercation à la suite d’un accident de la circulation, commis avec une arme par destination, en l’occurrence une palette », selon les mots du ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas.

Son ancien domicile (dont il a été exclu en 2012 après des violences conjugales et où vit toujours son ex-compagne), situé à Nice Nord, près du stade du Ray, a été perquisitionné ce vendredi matin.

Le camion a parcouru 2 km, entre les numéros 11 et 147 de la Promenade des Anglais. Trois policiers ont tenté de l’intercepter à hauteur de l’Hôtel Négresco et ont fini par le neutraliser 300 m plus loin à proximité d’un autre hôtel, le Palais de la Méditerranée (voir le trajet en cliquant sur cette infographie interactive du New York Times).

D’après l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, le véhicule était « chargé d’armes et de grenades ». Ce vendredi en fin de journée, François Molins a précisé que Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait avec lui un deuxième pistolet, mais factice celui-là, des répliques de fusils d’assaut (kalachnikov et M16) et une grenade « percée ».

Moins d’une heure après les faits, la préfecture des Alpes-Maritimes a évoqué un attentat et demandé à la population de rester cloîtrée chez elle. Avant d’être démentie par le porte-parole du ministère de l’Intérieur, la rumeur avait couru qu’une prise d’otages avait eu lieu à la suite de l’attaque au camion.

En déplacement à Avignon dans la soirée, le président de la République François Hollande annonçait à minuit qu’il rentrait à Paris et se rendait directement à la cellule de crise activée place Beauvau. A près de 4h00 du matin, il s’exprimait depuis l’Elysée et annonçait une prolongation de trois mois de l’état d’urgence qui devait s’achever à la fin juillet.

Ce nouvel attentat est a priori le plus important commis en Europe depuis les attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015 à Paris et 32 morts le 22 mars 2016 à Bruxelles, commis par le même réseau du groupe Etat islamique, dont une quinzaine de djihadistes sont morts, la plupart en kamikazes.

Attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, par magazinecauseur