Après l’attentat de Nice, toutes les questions concernant les motivations et le profil de l’homme au camion bélier, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, doivent être abordées. Les réponses à ces questions fourniront des indications précieuses sur les causes de ce massacre, et sur les auteurs de possibles prochains attentats.

De prime abord, deux pistes seulement semblent s’offrir à la réflexion.

Ou bien il s’agit tout simplement d’un homme ayant traversé une crise grave pour des motifs personnels, et qui, au moment de péter les plombs, a trouvé que cette forme de passage à l’acte, dont il a entendu parler à la télé était à la mesure de sa pathologie. Dans ce cas, la société doit se protéger de tous les individus qui sont en crise individuelle.

Ou bien cet homme s’est radicalisé secrètement, et cette islamisation est la seule cause et la seule responsable de son crime. Dans ce cas, il faudra s’efforcer de mettre hors d’état de nuire les islamistes radicalisés, y compris ceux qui se cachent. Ce serait une bonne nouvelle car, aussi nombreux qu’ils puissent être, ces islamistes radicalisés sont infiniment moins nombreux que des gens qui vont mal pour quelque raison que ce soit.

Mais c’est en réalité une troisième piste qui semble s’imposer au bon sens. Cette troisième explication est que c’est l’idéologie terroriste de Daech qui pousse au crime barbare les musulmans qui présentent, comment dire, des fragilités ou des troubles psychologiques.

Selon les cas, on pourra donc distinguer parmi les criminels barbares ceux qui sont par ailleurs « banals » et que l’islamisme seul a poussé au crime, et ceux qui étaient déjà gravement atteints et qui n’ont trouvé dans l’islamisation radicale du passage à l’acte qu’une issue à leur pathologie.

Mais dans les deux cas, qu’il s’agisse de cas pathologiques qui s’islamisent ou de musulmans « banals » qui se radicalisent jusqu’à la rage, la responsabilité de l’islamisme est totale. Même si l’enquête n’en est qu’à ses prémices, le procureur de Paris a d’ailleurs pris soin de relever que le mode opératoire de cet attentat « correspond très exactement aux appels permanents au meurtres » lancés par ces groupes djihadistes. La société doit donc combattre l’idéologie djihadiste qui pousse à commettre les crimes qu’elle exalte. Comme elle doit se garder d’exonérer cette idéologie barbare en mettant les crimes sur le compte des pathologies individuelles de loups solitaires, forcément victimes de nos sociétés.

Attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray, par magazinecauseur

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est professeur agrégé de philosophie.