Dommage qu’on n’organise pas un championnat d’opinion politique. Catégorie « Islam », cette rentrée, on aurait eu sur le ring, en finale, Alain Finkielkraut à ma droite, Claude Askolovitch, islamophile, en face. Le public braille toute gueule ouverte : « Tape, Alain, tape, explose-le ! » Juste un petit carré  scande timidement,  sur l’air des lampions : « Vas-y Asko, vas-y Asko, vas-y ! » Moi, philosophe, rêveur, j’observe, je pense. Chacun son métier : moi, c’est penseur, je suis payé pour ça.

J’observe les points communs des finalistes : tous les deux s’affublent d’un nom à coucher dehors et font profession de s’adresser aux masses laborieuses. C’est pas que j’aie quelque chose contre les étrangers, juste par commodité, ils auraient pu faire un petit effort. Par exemple, Alain serait « Finkie », Claude, « Asko ». Notez, pour aggraver leur cas, tout le monde les appelle Finkie et Asko. Concis, sympa, français. Le père d’Asko, qui avait oublié d’être idiot, signait Roger Ascot. Il avait même sucré le K slave pour se latiniser. Que fait le fils ? Il se repasse une couche de Scythe imprononçable. Ensuite, ils viennent nous chanter les mérites de l’assimilation. Moi je dis : assimilation bien ordonnée commence là où je pense. Je dis ça parce que je suis penseur. Si ça se trouve, j’aurais bien pu penser le contraire. Nous autres penseurs, on est comme ça.

Il nous le bisse cent fois : Asko se proclame islamophile. C’est mentionné sur sa carte de visite. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Je suis islamophile. Nouveau, moderne.

Alain Finkielkraut, L’identité malheureuse, Stock, 2013.

Claude Askolovitch, Nos Mal-Aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas, Grasset 2013.

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