L’année 2020 s’est achevée et fut ennuyeuse comme la pluie. Comme tous les ans cependant, un évènement singulier est venu égayer le quotidien de certains Français et particulièrement ceux de la France rurale. Il s’agit du concours de « l’arbre de l’année ».


Depuis 2011, l’Office National des Forêts et le magazine Terre Sauvage proposent à tout individu ou groupe (famille, commune, classe ou entreprise) de soumettre leur arbre à l’appréciation du public et d’un jury d’experts. L’arbre doit bien sûr avoir des qualités esthétiques et biologiques exceptionnelles, mais aussi une « histoire » à raconter, celle qui le relie aux habitants et à la culture locale. 

En 2020, 300 candidatures ont été envoyées. Parmi elles, le jury en a sélectionné 14, une par région et en début de semaine les prix ont été dévoilés.

 © Terre Sauvage/ Emmanuel Boitier
© Terre Sauvage/ Emmanuel Boitier
 © Terre Sauvage/ Emmanuel Boitier
© Terre Sauvage/ Emmanuel Boitier

Le prix du jury est revenu à un hêtre majestueux situé dans le petit village de Chavagnac dans le Cantal. Il a vécu des siècles dans l’anonymat, mais les hommes ont fini par reconnaître ses qualités exceptionnelles : un tronc court et épais dont l’écorce dessine des formes étranges (certains y ont vu une tête d’éléphant), des racines puissantes agrippant le sol et les rochers, une frondaison si large que  tout le troupeau de chèvres s’y retrouve en été pour se protéger du soleil. Le pré dans lequel il a grandi est connu sous le nom de « lou deime » qui signifie « la dîme ». À l’ombre de ce grand arbre, les paysans venaient s’acquitter de la redevance (dîme, champart et cens) au seigneur du château situé dans le voisinage. L’édifice du XVe siècle fut construit en face d’un premier château « très fort », après que ce dernier eut été rasé pendant la guerre de 100 ans par les bandes anglo-gasconnes de triste renommée.

Le prix du public a récompensé « la Pouplie », un peuplier spectaculaire de 11 mètres de circonférence et de 40 mètres de haut. Un lilliputien comparé aux séquoias d’Amérique, mais sans aucun doute l’un des peupliers noirs les plus remarquables d’Europe et l’un des plus gros et grands arbres qu’il soit possible de voir dans notre pays. Comme un phare végétal, il se dresse au milieu de la Champagne et participera au concours de « l’arbre de l’Année Européen » pour faire, espérons-le, gagner la France.

Enfin, un prix Coup de Cœur a été attribué au Ginkgo Biloba du jardin botanique de Tours dans l’Indre-et-Loire. Contrairement aux deux autres, on sait parfaitement l’année où il a été planté : 1843. C’est un sujet mâle sur lequel une branche femelle a été greffée en 1910 ce qui en fait un arbre unique en France. Il affiche aujourd’hui une circonférence de plus de sept mètres et présente une étonnante forme tentaculaire. Le ginkgo est le dernier représentant d’une famille botanique apparue il y a 300 millions d’années. Il est, parait-il, connu pour sa résistance aux virus et agents mutagènes… Alors, que sa force soit avec nous !

Gageons que ces trois arbres majestueux, dévoilés aux yeux des Français grâce à ce concours bon enfant, nous inspirent pour cette nouvelle année car ils représentent ce qui nous a tant manqué durant celle qui s’achève: le calme, la sérénité, la force et la constance devant l’adversité…

Plus d’informations sur le concours et les lauréats ici.

Lire la suite