ELOGES DE LA PARESSE

JEUDI 26 SEPTEMBRE.

Deux cents ans et quelque avant Paul Lafargue, on trouve un joli éloge de la paresse dans Boileau :

« Hélas ! Qu’est devenu ce

 temps, cet heureux temps,

Où les rois s’honoraient du

nom de « fainéants » ? […]

Aucun soin n’approchait de

leur paisible cour.

On reposait la nuit, on

dormait tout le jour. »

À comparer avec le style grotesquement pompier de Lafargue sur le même thème : « Ô paresse, mère des arts et de toutes vertus, sois le baume des angoisses humaines » – exit donc Lafargue – et dans la foulée ce pauvre Eugène Marsan, qu’on n’a même pas eu le temps de présenter… C’est quand même lui l’auteur de L’Éloge de la paresse, accessoirement membre du Club des longues moustaches, avec ses potes Edmond Jaloux et Henri de Régnier.

Reste le cas Boileau : ce catholique- là, avec sa plaisante apologie des « rois fainéants », ne remet-il pas en cause l’un des sept péchés capitaux ? Eh bien non car, contrairement à ce qu’une vaine élite pense, la paresse n’en fait pas partie.

Elle n’est qu’une apparence, qui peut cacher beaucoup de réalités. Ce que l’Église, dans sa grande sagesse, a identifié comme un péché capital, ce n’est pas la simple paresse : c’est l’acédie. Si le mot est un peu tombé en désuétude ces derniers siècles, tel n’est pas le cas de la chose.

Ce mélange d’incurie et d’accablement, très tendance sous nos latitudes actuelles, est le signe infaillible d’une perte de foi, non seulement en Dieu mais en soi-même. Bref le genre de truc qu’on ne souhaite à personne, sauf peut-être à ces cons de bosseurs qui nous filent des complexes.

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