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🎙️ Podcast. Etats-Unis: gagner aux mid-terms, ce n’est pas gagner la présidentielle; France: Marine Le Pen et ses juges

« A la carte », le podcast hebdomadaire de « Causeur » - épisode 147


🎙️ Podcast. Etats-Unis: gagner aux mid-terms, ce n’est pas gagner la présidentielle; France: Marine Le Pen et ses juges
Marine Le Pen à Euronaval (World Naval Defence Exhibition), Villepinte, France, le 5 novembre, 2026.

Avec Tristan Choppin de Janvry et Jeremy Stubbs. Tristan Choppin de Janvry est avocat au barreau de Paris, co-président des Jeunes actifs de l’UDR, et membre des associations Sons of America et la Federalist Society.


Outre-Atlantique, les Démocrates ont marqué une belle victoire, mais un triomphe aux élections de mi-mandat n’est pas nécessairement le prélude à une victoire à la présidentielle. Les mid-terms ont constitué un échec pour la plupart des présidents en exercice. Aux élections de mi-mandat pour la Chambre des Représentants de 2010, les Républicains ont gagné 242 sièges, mais cela n’a pas empêché Barack Obama d’être réélu à la Maison Blanche en 2012. En 2014, le Grand Old Party a gagné 247 sièges et certes, Trump a gagné à la présidentielle suivante mais à la grande surprise de tout le monde et ce n’était pas un Républicain classique mais plutôt an outsider. Malgré leur victoire, les Démocrates n’ont pas pu faire émerger une figure charismatique capable d’endosser le role de candidat. La personnalité dont on a le plus parlé, Abdul El-Sayed, élu Sénateur pour le Michigan, est un homme politique controversé qui incarne l’aile très à gauche de son parti.

Tristan Choppin de Janvry D.R.

Le plus surprenant, c’est la victoire des Démocrates au Sénat qui ont pris les bastions républicains du Texas et du Kansas. Seule consolation pour Donald Trump, à la Chambre des Représentants, les Républicains ont gardé la Floride. Le processus électoral s’est déroulé sans problème majeur et le président a accepté le résultat. Pourtant, il reste toujours des points d’interrogation sur le vote démocrate car, même si dans le plupart des Etats, les électeurs sont obligés de prouver leur identité, ce n’est pas toujours en fournissant un document avec une photographie. Ils ne sont pas obligés de prouver leur citoyenneté. Dans 14 Etats, ils ne sont pas obligés de prouver quoi que ce soit. Les Républicains sont conscients de ce problème et ont essayé de promulguer une loi pour imposer la preuve de son identité et de sa citoyenneté au niveau fédéral. Mais le SAVE Act a été rejeté au Sénat, quatre Sénateurs républicains votant contre.

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On entend un peu partout que le président Trump sera désormais un « canard boiteux ». C’est sous-estimer la séparation qui existe aux Etats-Unis entre l’exécutif et le législatif. Trump pourra opposer un véto présidentiel à tout projet de loi qui n’est pas voté à la Chambre par au moins les deux tiers des Représentants, et la majorité démocrate n’est pas suffisamment grande. Comme la préoccupation principale des électeurs est le coût de la vie, les Démocrates n’auront pas intérêt à consacrer leur énergie à de vaines tentatives pour faire destituer Donald Trump – leur majorité au Sénat n’est pas assez grand pour que le processus aboutisse – ou poursuivre ses conseillers ou d’autres membres de son gouvernement. Mais suivront-ils leur intérêt ? Et s’ils décident de revenir vers le wokisme de l’époque Biden-Harris ils se tireront une balle dans le pied, car les cols bleus qui ont largement voté pour eux lors des mid-terms ne sont pas du tout attiré par les questions de transgenrisme.

Marine Le Pen pourra-t-elle se présenter à l’élection présidentielle l’année prochaine, et si oui, pourra-t-elle prendre ses fonctions en tant que présidente? La date-limite pour la déposition des candidatures, c’est le 12 mars. La liste officielle des candidatures sera publiée par le Conseil constitutionnel avant le 27 mars. La Cour de cassation donnera sa réponse concernant le pouvoir en cassation de Marine Le Pen, après cette date mais en toute probabilité avant l’élection elle-même. Entretemps, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a exprimé son opinion sur l’affaire. Selon lui, le pourvoi de Mme Le Pen après le jugement de la Cour d’appel fait revivre le premier jugement en premiere instance qui lui imposait une peine d’inéligibilité d’une durée de 5 ans, – ce qui veut dire qu’elle serait déjà inéligible.

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Or, la Cour de cassation peut casser le jugement de la Cour d’appel avec renvoi, obligeant la Cour d’appel à statuer de nouveau sur le cas, ou elle peut le faire sans renvoi, ce qui veut dire que la Cour de cassation statuera elle-même. Mais elle ne pourra pas infliger une peine plus lourde que celle imposée par la Cour d’appel. se présenter et si elle peut être élue. Peut-on sérieusement empêcher la favourite dans les sondages de se présenter ou d’être élue?

Que ce soit les anomalies du système électoral américain ou celles du droit constitutionnel français, on voit que, des côtés de l’Atlantique, la démocratie fait face à des obstacles potentiellement aptes à mettre en doute sa crédibilité.



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