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« Quel cul ! » : Donald Trump, Nicki Minaj et l’étrange obsession présidentielle pour le physique des autres


« Quel cul ! » : Donald Trump, Nicki Minaj et l’étrange obsession présidentielle pour le physique des autres
President Donald Trump listens as Nicki Minaj speaks during a campaign rally at McMorran Place Sports and Entertainment Center, Sunday, Oct. 25, 2026, in Port Huron, Mich. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson)/MIJN147/26299152135922//2610260525

En campagne dans le Michigan, Donald Trump a interrompu un développement sur le physique d’un sénateur républicain pour saluer publiquement le « magnifique cul » de Nicki Minaj, présente dans la salle. La rappeuse ne s’en est pas formalisée. L’épisode pourrait rester une nouvelle provocation trumpienne s’il ne s’inscrivait dans une habitude devenue presque une signature: le président américain commente sans cesse les corps, les visages, les mains, les épaules ou l’allure de ses alliés comme de ses adversaires.


Donald Trump parlait du postérieur d’un homme lorsqu’il a pensé à celui de Nicki Minaj. La scène s’est déroulée dimanche à Port Huron, dans le Michigan, pendant un meeting organisé à quelques jours des élections de mi-mandat. Le président américain tentait d’expliquer pourquoi il avait déjà commenté à plusieurs reprises le physique du sénateur républicain de l’Ohio Jon Husted, ancien joueur de football universitaire.

« J’ai regardé son cul, et je n’avais jamais fait ça avec un homme auparavant », a lancé Trump devant la foule, avant d’ajouter, faussement confidentiel : « Off the record : les femmes, oui ; les hommes, non. » Puis le président a aperçu ou évoqué Nicki Minaj, qui avait voyagé avec lui à bord d’Air Force One et assistait au meeting. « J’ai regardé un sacré beau cul auparavant : Nicki Minaj. C’est difficile de le rater », a-t-il poursuivi en demandant à la rappeuse de se lever.

La foule a applaudi. Minaj s’est exécutée et n’a manifesté aucune indignation. Trump a immédiatement ajouté qu’il espérait ne pas l’avoir offensée et rappelé qu’il l’appréciait beaucoup. La chanteuse, devenue l’une de ses soutiens les plus visibles dans la culture populaire, avait quelques minutes plus tôt renouvelé publiquement son soutien.

Des fesses de Nicki Minaj à celles d’un sénateur

Ce qui rend la séquence particulièrement étrange n’est pas seulement la crudité du compliment adressé à une femme devant plusieurs milliers de personnes. C’est le chemin qui y conduit. Depuis plusieurs semaines, Trump revient régulièrement sur le physique de Jon Husted. Il a raconté avoir examiné son postérieur, ses épaules, ses pieds, ses mains et sa mâchoire après avoir appris qu’il avait été sportif.

Lors d’un précédent rassemblement, le président avait décrit les mains du sénateur comme des « griffes » et expliqué avoir palpé son épaule, « comme un morceau d’acier ». Dimanche, il tentait précisément de convaincre le public que les médias avaient sorti ces commentaires de leur contexte lorsqu’il a décidé d’illustrer la différence entre son regard sur les hommes et les femmes par Nicki Minaj.

Trump a récemment multiplié les compliments physiques à l’égard d’autres candidats républicains. Son langage politique conserve ainsi quelque chose du concours de beauté permanent : un candidat est grand, fort, beau, possède une mâchoire impressionnante ou des épaules de sportif ; un adversaire est petit, faible, gros, vieux ou peu séduisant. Le physique devient un raccourci pour décrire la force ou la faiblesse politique.

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Une vieille méthode Trump

Cette obsession n’est évidemment pas née pendant la campagne des midterms. Bien avant son entrée en politique, Donald Trump construisait une partie de son personnage public autour de l’apparence, des concours de beauté et de la télévision. Une fois candidat, il n’a jamais abandonné ce registre. Les surnoms qu’il distribue à ses adversaires fonctionnent souvent sur le même principe : réduire une personnalité politique à une caractéristique immédiatement visualisable.

Chez Trump, le commentaire physique peut être flatteur ou humiliant, parfois dans la même phrase. La beauté est volontiers assimilée à la réussite, la carrure à la puissance et l’apparence jugée disgracieuse à une forme d’incompétence. Ses alliés eux-mêmes ne sont pas à l’abri de ces évaluations publiques. Husted est ainsi encensé comme ancien athlète, mais après une description de son corps suffisamment détaillée pour provoquer plusieurs jours de commentaires médiatiques.

Le président ne semble d’ailleurs pas comprendre entièrement pourquoi ces remarques fascinent autant. Il les présente comme des plaisanteries, reproche aux journalistes de les prendre au sérieux, puis recommence quelques jours plus tard. Cette répétition est précisément ce qui transforme l’anecdote en trait politique.

Nicki Minaj, soutien inattendu du trumpisme

La présence de Nicki Minaj donne une autre dimension à la scène. Longtemps éloignée du conservatisme américain traditionnel, la rappeuse s’est progressivement rapprochée de Trump et de son entourage. Elle l’accompagne désormais dans certains déplacements et a déclaré qu’elle continuerait à le soutenir, allant jusqu’à évoquer l’hypothèse constitutionnellement impossible d’une nouvelle candidature présidentielle après son second mandat.

Le camp Trump joue de cette proximité. Des responsables de la communication de la Maison-Blanche ont même plaisanté sur l’idée de faire de Minaj une future porte-parole. Pour un Parti républicain qui cherche à élargir son influence culturelle, disposer du soutien public d’une star mondiale du rap est évidemment précieux.

Cela explique aussi pourquoi la remarque du président n’a provoqué aucune rupture entre eux. Minaj a souri et la séquence a été traitée comme une plaisanterie par le meeting. Mais vue de l’extérieur, elle résume assez bien l’étrangeté du style Trump : un président de 80 ans, au milieu d’une campagne décisive pour le contrôle du Congrès, interrompant son discours pour demander à une superstar de se lever afin que la salle puisse apprécier son postérieur.

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Provocation ou manière de voir le monde ?

On peut évidemment considérer qu’il ne s’agit que de Trump faisant du Trump. Ses partisans apprécient précisément son refus des codes, sa capacité à parler comme il parlerait en privé et son goût de la provocation. Dans cette lecture, les commentaires scandalisés deviennent eux-mêmes une partie du spectacle : le président choque, les médias s’indignent et son public rit de l’indignation.

Mais la fréquence de ses remarques sur l’apparence physique suggère quelque chose de plus profond qu’une simple technique de communication. Trump lit volontiers les individus par leur apparence. Il décrit la politique avec le vocabulaire de la télévision, du sport et du spectacle : les gagnants doivent en avoir l’air, les faibles portent leur faiblesse sur leur visage et la beauté constitue presque une preuve de valeur.

Nicki Minaj n’a donc été dimanche que la dernière personne à passer sous ce regard présidentiel. À ceci près que le compliment était cette fois impossible à déguiser en analyse sportive. Même Trump l’a compris quelques secondes plus tard, lorsqu’il a cru utile de préciser : « J’espère que Nicki n’a pas été insultée. »



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