Une victoire des Républicains est souhaitable aux midterms le 3 novembre prochain, estime Alain Destexhe. S’il n’a pas obtenu la paix en Ukraine en 24 heures, promise pour se faire élire, la realpolitik brutale du populiste Trump obtient des résultats – que ce dernier peut mettre en avant auprès de son électorat. Les voici. Pendant que l’Europe pédale dans la semoule, Trump déroule…
La France s’est invitée dans la campagne américaine des midterms. Pour Donald Trump, les troubles qui frappent actuellement le pays illustrent les conséquences d’une immigration massive et non maîtrisée, à laquelle son administration a mis un terme aux États-Unis. Il y voit une menace explicite : le retour des Démocrates au pouvoir reproduirait la même politique et conduirait au chaos. Au prix d’une simplification, l’argument n’est pas dénué de fondement. Malgré le procès permanent que lui intentent la quasi-totalité des médias, le président américain a enregistré des résultats notables.
Une immigration illégale stoppée
L’immigration illégale, qui avait atteint neuf à douze millions de personnes sous Joe Biden, a été réduite dans des proportions spectaculaires. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a mené une politique de reconduite à la frontière d’une ampleur inédite. Plus de 350 000 expulsions ont été enregistrées au cours de l’année fiscale 2026. À ces chiffres s’ajoutent plus de deux millions de départs volontaires.
La fin des politiques de DEI et le retour au mérite
Dans le cadre des compétences fédérales, le président a mis un terme aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) qui nient le mérite personnel et contreviennent aux droits de l’homme. Les universités souhaitant conserver leurs financements fédéraux ont dû y renoncer. La grande majorité s’y est conformée.
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L’administration a également réaffirmé l’existence de deux sexes biologiques et a restreint, dans la limite de ses pouvoirs, la participation des hommes biologiques aux compétitions sportives féminines. Ces orientations rencontrent une large adhésion aux États-Unis mais aussi ailleurs dans le monde.
Une économie en avance
Si l’inflation reste élevée en raison des effets de la guerre en Iran, elle demeure inférieure à celle observée sous Biden. La croissance américaine continue de surpasser celle du Vieux Continent et les marchés financiers ont atteint des sommets historiques malgré le risque permanent de correction. Les États-Unis dominent les secteurs appelés à structurer les décennies à venir, notamment l’intelligence artificielle et le spatial, domaines dans lesquels l’Europe accuse un important retard. La comparaison entre Ariane 6, financée quasi exclusivement par des fonds publics, et SpaceX en fournit une illustration éloquente.
Une politique étrangère qui redéfinit les priorités
La grande majorité des pays latino-américains sont revenus dans le giron de Washington, un succès considérable. Dès son premier mandat, Trump avait exigé que les alliés de l’OTAN relèvent leurs dépenses militaires. Ce mouvement s’est poursuivi et consolidé. En Europe, les gouvernements ont intégré la nécessité de contribuer davantage à leur propre défense.
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S’agissant de l’Ukraine, l’administration américaine a posé une évidence stratégique : l’intérêt des États-Unis dans ce conflit n’est pas majeur et la relation future avec la Russie, y compris la perspective de distendre un jour l’alliance sino-russe, prime sur le contrôle de quelques arpents de terre au Donbass. Des Européens paniqués doivent désormais financer la guerre de l’Ukraine sans en avoir réellement les moyens, observe-t-on froidement à Washington. Sur le Groenland, Donald Trump a obtenu un accord de défense élargi qui exclut durablement toute présence militaire chinoise et russe et limite les investissements sensibles de pays tiers dans cette zone stratégique. Un résultat important qui ridiculise des Européens champions de la gesticulation.
L’indépendance énergétique américaine
Contrairement à l’Europe, les États-Unis ne dépendent plus du Moyen-Orient pour leur approvisionnement en pétrole et en gaz. Ils subissent les variations des cours mondiaux mais ne sont pas menacés dans leur sécurité d’approvisionnement. Leurs coûts énergétiques restent nettement inférieurs à ceux du Vieux Continent, qui demeure dépendant et continue d’importer du gaz et du pétrole russes malgré la guerre en Ukraine et les sanctions en place depuis 2022.
La censure et l’érosion de la liberté d’expression sous Biden
Le bilan de l’administration américaine actuelle doit aussi être apprécié à l’aune de ce qu’aurait impliqué une victoire démocrate en 2024. Celle-ci aurait entraîné une restriction significative, voire une quasi-disparition, de la liberté d’expression, avance le camp républicain. Sous Biden, les plateformes numériques s’étaient transformées en instruments de censure à grande échelle. Twitter avait exclu le président Trump de son réseau. Il était, par exemple, devenu quasi impossible de soutenir publiquement que le virus du Covid pouvait provenir d’un laboratoire chinois, que l’épidémie ne résultait pas des non vaccinés ou encore de contester la thèse selon laquelle l’ordinateur portable de Hunter Biden relevait d’une opération de désinformation russe. Les « vérités officielles » n’étaient pas vraies ! Trump n’a en rien limité la liberté d’expression. Il est d’ailleurs le président le plus critiqué et caricaturé de l’histoire moderne.
Sous un régime démocrate, les politiques de diversité auraient été érigées en doctrine d’État. Les questions de genre et les dispositifs DEI seraient devenus des politiques publiques centrales, encouragées par les universités et relayées par les médias, avec des répercussions en Europe où la gauche et le centre se seraient empressés de les appliquer.
Les Démocrates sont devenus des socialistes
Le Parti démocrate n’a plus grand-chose en commun avec celui de Bill Clinton. Il est aujourd’hui dominé par son aile socialiste, incarnée par des figures comme Zohran Mamdani ou Alexandria Ocasio-Cortez. Conscients que leurs convictions restent peu acceptables pour une majorité d’Américains, les Démocrates adoptent pendant cette campagne un discours modéré, bien éloigné de leurs positions antérieures, notamment en 2020 lors du Black Lives Matter (BLM). Une fois au pouvoir, ils appliqueraient des politiques alignées sur celles de la gauche radicale européenne.
Pour l’ensemble de ces raisons, une victoire républicaine à la Chambre des représentants et, plus encore, au Sénat est souhaitable. Malgré les excès et les approximations du président, il existe selon moi de solides motifs de préférer la continuité, y compris en 2028 avec JD Vance ou Marco Rubio.




