La France affirme durcir ses contrôles à la frontière espagnole, alors que des milliers de clandestins marocains sont passés à Ceuta et pourraient vouloir venir dans l’hexagone. L’Italie ou le Danemark proposent d’exclure le pays de Pedro Sánchez de l’espace Schengen.
Les chiffres parlent toujours mieux que les mots dans ce genre de contexte.
En quelques jours, l’enclave espagnole en terre marocaine a donc vu affluer sur son rivage quelque soixante mille migrants venus à la nage au péril de leur vie. Autant dire que le mot de submersion, en l’occurrence, n’est ni trop fort, ni inapproprié. Ceuta, c’est loin et c’est petit, sans doute, mais aujourd’hui c’est avant tout un avertissement qui nous est lancé. Une démonstration qui nous est administrée, et dont nous devons tirer toutes les conséquences.
Démonstration de la puissance du nombre. Démonstration de la fragilité des équilibres de la vie commune face à ce nombre.
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Il se dit qu’environ 40 000 de ces infortunés aventuriers des jours meilleurs auraient été renvoyés d’où ils étaient venus. Il n’y a pas de quoi pavoiser. Ni nous en glorifier. Refouler, chasser des êtres humains est certes une nécessité dans un cas semblable, mais certainement pas une victoire. En tout cas pas pour nous, gens de notre belle civilisation occidentale pétrie d’humanisme et de tolérance. Du moins, jusqu’à ce que cet humanisme et cette tolérance se trouvent eux-mêmes mis en péril. En péril, une fois encore, sous la pression du nombre.
40 000 sont repartis, frustrés, dépités, humiliés. Soit. Ils reviendront, plus nombreux encore. Plus conquérants peut-être bien. Les foules humiliées sont dangereuses. Toujours.
Pedro Sanchez est devenu un problème pour les Européens
Et comment est-on arrivé à ce pitoyable résultat, la submersion d’abord puis l’obligation de s’abaisser à l’expulsion de masse ? Tout simplement parce que le Premier ministre espagnol et son gouvernement ont fait du laxisme et de la démagogie en matière d’immigration leur credo. Pedro Sánchez, le Premier ministre en question, est pathétique lorsque, fébrile, dépassé par les événements, il vient expliquer à la télévision que cette marée humaine portée par les flots est la conséquence d’une « lecture biaisée » que les esclavagistes–passeurs auraient faite d’une considération des hautes instances juridiques espagnoles expliquant, en substance, qu’il y avait peut-être un angle mort dans la possibilité légale de refuser l’entrée de ces migrants dans l’enclave et surtout de les en faire sortir. El señor Sánchez se fout de nous ! Les passeurs n’ont pas fait une mauvaise lecture. Ils ont su interpréter le fond de sa pensée en la matière, ils ont su exploiter la complaisance qu’il ne cesse de manifester pour l’immigration depuis qu’il est au pouvoir, annonçant, promettant en boucle la régularisation de clandestins par centaines de milliers. Ceuta n’est que la conséquence logique de cela. Et, je le redis, c’est un avertissement dont il va falloir tenir compte.
La France prête à aider l’Espagne
Comme souvent, la parole juste est venue de l’Italienne Giorgia Meloni, proposant que l’Espagne soit exclue de l’espace Schengen, cet open space suicidaire que les nations européennes ont eu la faiblesse, la lâcheté, l’inconséquence d’instaurer dans les années 1980. La liberté d’aller et venir à travers quelque 29 pays, qu’on en soit originaire ou qu’on débarque d’Alpha du Centaure. Il se trouve que la Première ministre danoise, Mme Frederiksen est très précisément sur la même longueur d’onde. Plus encore, courageusement, elle va plus loin encore. « Il va de soi que l’UE doit immédiatement prendre toutes les mesures nécessaires et envisager toutes les options, a-t-elle affirmé. Y compris une suspension de la coopération Schengen. Une immigration incontrôlée constitue une menace pour l’Europe et le Danemark. » La fin de Schengen, purement et simplement, voilà ce que prône la cheffe du gouvernement danois. Peut-on être plus clair ?
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M. Macron, lui, assure l’Espagne de son soutien dans cette circonstance. « La France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire, si celles-ci en expriment le besoin, y compris au travers de Frontex. » Entendre le président de la République reconnaître — enfin ! — l’utilité, la pertinence de Frontex représente sans aucun doute une sorte de progrès. Cependant, on lui demandera, à lui — et à ceux qui se bousculent pour lui succéder — qu’il franchisse le dernier pas, le pas qui manque. Celui qui nous sépare du nécessaire et vital rétablissement des frontières nationales. Ne pas le franchir, ce pas, ce serait, une fois encore, une fois de plus, se réfugier dans la gesticulation stérile et les postures d’estrade à deux balles.
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