Le Tour 2026 est bouclé. Toujours pas de Français en jaune à l’arrivée. Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore, attend un successeur depuis… 1985.
Dimanche sur les Champs-Élysées, Tadej Pogačar a remporté haut la main son cinquième Tour de France. C’était écrit : le Slovène est un champion avec un C majuscule, qui rejoint dans la légende les quintuples vainqueurs Anquetil, Hinault, Merckx et Indurain.
La surprise, mauvaise, et qui fait rire jaune, est venue des coureurs français : ils n’ont pas gagné une seule des 21 étapes au programme. Depuis la création du Tour en 1903, un tel fiasco ne s’était produit que deux fois, lors des éditions 1926 et 1999… Pour sauver l’honneur, il faut évidemment saluer la 4ᵉ place de Paul Seixas, qui, à seulement 19 ans, boucle son premier Tour, ainsi que la 5ᵉ place de Lenny Martinez. Chez les Martinez, on naît coureur de père en fils : au siècle dernier, le grand-père, Mariano, courait d’ailleurs avec un certain Bernard Hinault…
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Or, depuis 1985 et la dernière victoire du « Blaireau », aucun Français n’a inscrit son nom au palmarès. 41 ans déjà : un cycle infernal et sans frein… Faut dire que la roue a tourné et le paysage a changé — pas les belles régions que la course déroule comme les pages d’un manuel de géographie, mais le peloton, tricoté par la mondialisation. Comme un coureur dans une descente, j’ai plongé dans mes archives : le Tour de France est devenu une tour de Babel.
En 1985, lors du dernier succès de Hinault, il y avait 180 coureurs au départ (18 équipes de 10) et 16 nationalités représentées, dont 45 coureurs français, soit 25 % du peloton.
Cette année, en 2026, on comptait 184 coureurs au départ (23 équipes de 8) et 27 nationalités (voir tableau ci-dessous), avec seulement 30 coureurs français, soit 16,3 % du peloton. La concurrence est forcément plus féroce et le défi d’autant plus difficile à relever que le vélo ne fait plus rêver les jeunes citadins. Vus comme un sport de ringard ou de paysan, les deux-roues n’ont plus la côte : ces jeunes ont d’autres petits vélos dans la tête, trouvant le plus souvent plus ludique, et lucratif, de taper dans un ballon de foot…

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