Accueil Société Les cours d’éducation affective sont-ils vraiment garantis sans idéologie?

Les cours d’éducation affective sont-ils vraiment garantis sans idéologie?

Une tribune libre de Didier Lemaire, ancien enseignant


Les cours d’éducation affective sont-ils vraiment garantis sans idéologie?
En déplacement dans une école de Nogent-sur-Marne le 15 juin 2023, l'ancien ministre de l'éducation Pap Ndiaye (au centre) prononce un discours sur le harcèlement scolaire. La même année, il saisit le Conseil supérieur des programmes pour fixer un cadre à l'éducation affective et sexuelle © Jacques Witt/SIPA

Après les cours d’Éducation physique et sportive, voici les cours d’Éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR)! En gestation depuis trois ans, cette discipline s’étale sur trois séances annuelles à chaque niveau de la maternelle au CM2. Pour Didier Lemaire, cette dernière innovation pédagogiste ne parvient pas à cacher la chute du niveau scolaire, ni l’accroissement des inégalités.


La mission de l’école publique, dans une démocratie, est simple : instruire pour permettre à chacun de s’émanciper de ses origines, en devenant capable de partager un langage commun et un socle de références, d’accéder au savoir et de se doter d’un jugement autonome. Le rôle de l’École devrait donc, en principe, consister à préparer chacun à devenir un individu singulier et un citoyen.

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Cependant, l’École prétend aujourd’hui avoir autre chose à faire que d’apprendre aux élèves à lire, à écrire, à compter et à s’élever vers le savoir. Elle a pour ambition, depuis le 6 février 2025, d’aider les élèves à prendre soin de leur bien-être corporel, affectif, social et moral. Ni plus ni moins. Elle « apprend aux enfants de la maternelle au CM2 à :

  • Se connaître, vivre et grandir avec leur corps
  • Rencontrer les autres et construire des relations épanouissantes
  • Trouver sa place dans la société
  • Se sentir libre et responsable »

L’EVAR (« Éducation à la vie affective et relationnelle »), programme d’éducation prétendument « scientifique », comme au bon vieux temps des régimes chargés du bonheur des peuples, serait risible s’il ne s’inscrivait dans le contexte d’un déclin des performances scolaires et d’un accroissement des inégalités, l’école ne bénéficiant quasiment qu’aux élites intellectuelles. Après « l’égalité des chances », tombée en désuétude, les privilégiés devaient trouver un autre mensonge pour couvrir, comme on dit dans leur jargon, leur « domination ». Quoi de plus étourdissant que des buts aussi nobles et moraux ?

La police des bonnes moeurs

Une capsule vidéo en ligne de l’académie de Montpellier, validée par l’Inspectrice Référente pédagogique pour une École Promotrice de Santé de l’académie de Montpellier, qui se veut rassurante, décline ce programme aux familles. Elle s’adresse, plus particulièrement, à celles d’élèves allophones :  

« Et si l’école, alliée des parents, apprenait aux enfants, de la maternelle au CM2, à se connaître, vivre et grandir avec leur corps. Les enfants apprendraient à se connaître pour mieux se protéger. Les enfants apprendraient à identifier leurs émotions et leurs sensations, à se faire des amis, à rencontrer de nouvelles personnes. Les enfants apprendraient à dire « non », à accepter un « non ». Les enfants apprendraient à demander de l’aide à une personne de confiance. Les enfants apprendraient à nommer leurs sentiments envers les autres, à trouver leur place à l’école et partout dans le monde. Les enfants apprendraient l’égalité entre les filles et les garçons. Les enfants apprendraient à découvrir leurs différences et leurs ressemblances (sic)… »

Mantras

Le verbe « apprendre » est ici employé en perdant son sens premier, acquérir une connaissance, pour signifier faire l’expérience d’une chose qui s’impose comme une évidence. Cette confusion sémantique recouvre une confusion des missions de l’École : non plus acquérir des savoirs et des savoir-faire mais admettre des normes et des usages. Le remplacement du mot « élève » par celui d’« enfant » renforce cette idée d’une institution dont la fonction ne serait plus essentiellement d’instruire mais de veiller sur le sort et la moralité de ses enfants, comme si c’était les siens. Quant à l’usage du conditionnel, il revêt ces buts vertueux, d’une aspiration vers l’idéal.

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N’était le caractère débilitant de ce mantra propre à éveiller l’hébétude, le visuel accompagnant ce document présente le voile islamique, portées par des petites filles souriantes, comme un vêtement comme un autre. Le mal serait sans doute d’y voir autre chose qu’une manifestation louable d’« inclusion » de la « diversité » (expurgée d’enfants juifs, faut-il le remarquer). Rêvons un peu ! À l’heure où la communauté nationale subit les coups de boutoirs de l’entrisme islamiste et des obsessions identitaires, un ministre de l’Éducation nationale, qui aurait à cœur de défendre l’intérêt général, au lieu de se contenter de gérer les affaires courantes, refermerait immédiatement cette boîte de Pandore et remettrait l’École en ordre de marche, avant qu’il ne soit trop tard.

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Didier Lemaire a enseigné la philosophie à Trappes, dans les Yvelines, pendant près de vingt ans. Après avoir dénoncé l’islamisation de la ville, il a publié aux éditions Robert Laffont "Lettre d’un hussard de la République" et fondé l’association Défense des serviteurs de la République.

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