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Violences après PSG-Arsenal: la droite se scandalise, la gauche minimise

Florilège des réactions politiques et médiatiques après les scènes de chaos de ce week-end


Violences après PSG-Arsenal: la droite se scandalise, la gauche minimise
Quartier du Trocadéro, 30 mai 2026 © Thomas Padilla/AP/SIPA

Calmez-vous, ce ne sont que des débordements, relativise la gauche, qui n’a vu que des jeunes qui font un peu les fous…


Alors qu’hier, les Londoniens ont célébré l’équipe d’Arsenal, tout juste sacrée championne d’Angleterre, en faisant la fête dans les rues par dizaines de milliers sans qu’aucun incident ne soit signalé, les Parisiens, eux, ont fait un triomphe aux joueurs du PSG, vainqueurs de la Ligue des Champions la veille, dans un contexte nettement moins bon enfant. Car la capitale pansait à peine ses plaies.

Chaos inouï

Avec un mort, des centaines de blessés, 890 interpellations et 178 policiers et gendarmes blessés lors de leurs interventions, la France, qui n’avait pourtant que des raisons de se réjouir de cette deuxième victoire européenne du club parisien, a été le théâtre d’un chaos inouï samedi soir.

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« Il n’y a qu’en France où la victoire d’un club de foot provoque des émeutes. Il n’y a qu’en France où chacun se sent obligé de s’enfermer chez soi un soir de victoire pour éviter d’être confronté à des violences », a analysé Marine Le Pen, tandis que Jordan Bardella a déploré « une violence d’atmosphère devenue insupportable ». Sur BFMTV ce matin, Jordan Bardella a carrément lancé un appel aux Français à se réveiller, prédisant que bientôt les fauteurs de trouble pénétreraient dans les immeubles et les appartements.

Chez LR, François-Xavier Bellamy a estimé que « ceci n’est pas une fête. Ce n’est même pas un “débordement”. C’est un projet : une minorité a décidé de pirater toute occasion légitime de joie collective pour démontrer sa capacité à s’imposer et à détruire. » Bruno Retailleau a jugé quant à lui que « cette crise de l’autorité ne se résoudra pas sans s’attaquer aux désordres migratoires qui alimentent depuis des années le délitement du rapport à la loi et l’affaiblissement du pacte républicain ».

Chez Reconquête, Sarah Knafo a préféré ironiser : « Paris et la France à feu et à sang pour la victoire du PSG. Encore la faute des familles anglaises de Gérald Darmanin ? Du sport ? De la pauvreté ? De CNews ? Pendant que d’autres cherchent des excuses, nous appliquerons les solutions ». Éric Zemmour, de son côté, a parlé des « premiers symptômes d’une guérilla de civilisation ».

Marre, marre !

Dans les rangs de la macronie, en revanche, le ton était beaucoup moins amer. Alors qu’il recevait les joueurs du PSG à l’Élysée, le chef de l’Etat a certes lancé : « On sera intraitable avec ceux qui ont été attrapés. On ne veut plus voir ça. Fini. On en a ras-le- bol !  ». Mais il s’agissait presque à la virgule près des mêmes mots qu’il avait tenus l’année dernière après des violences comparables… Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a fait encore plus fort dans le déni en accusant Marine Le Pen de « dénigrer systématiquement notre pays », au lieu de voir « une grande victoire française »…

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Et bien sûr à gauche, tout va très bien madame la Marquise ! Si Raphaël Glucksmann a dénoncé « la minorité de casseurs qui viennent polluer la fête », Manuel Bompard (LFI) a fustigé « l’absurde stratégie du gouvernement », car voyez-vous selon les Insoumis, les violences urbaines sont déclenchées par les forces de l’ordre. D’après Clémence Guetté, « la police a chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement. Ils ont tiré des grenades sur des familles, sur des jeunes gens, simplement parce qu’ils étaient rassemblés. »

Le lendemain, Libération a logiquement titré « Comme à son habitude, l’extrême droite tente d’instrumentaliser les débordements ». Et L’Humanité  a naturellement écrit : « En voulant faire de la récupération sur les incidents, c’est l’extrême droite qui gâche la fête. » L’éditorial du Monde a en revanche reconnu « des scènes de violences inadmissibles, devenues malheureusement habituelles après une victoire sportive, notamment du PSG. » Mais c’est la seule phrase consacrée au sujet, l’essentiel du texte étant consacré aux enjeux du foot business. A chacun ses priorités.

Bref, la prochaine fois que vous défendez à votre enfant de se rendre en ville un soir de festivités nationales, de peur qu’il soit touché par un mortier d’artifice tiré par quelque racaille, ne lui dîtes surtout pas que vous vous souciez de sa sécurité, sans quoi vous passeriez pour un fasciste. Dites-lui plutôt que vous ne voulez pas participer à l’odieux récupération de la fachosphère que ne manquerait pas d’arriver s’il perdait un œil.



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est journaliste.

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