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Qui dirige vraiment Radio Nova et «Les Inrocks»?

Chronique où il sera répondu à cette question et révélé pourquoi cela est finalement tout à fait logique et au fond assez réjouissant


Qui dirige vraiment Radio Nova et «Les Inrocks»?
L'humoriste gauchiste Guillaume Meurice enregistrant son émission au théâtre l'Européen à Paris, novembre 2025 © Arnaud Cesar VILETTE/SIPA

Sur fond de tensions politiques locales, l’annulation d’une émission de Radio Nova à Auray (56) a déclenché une polémique entre accusations de censure et justifications logistiques de la mairie. Parallèlement, des témoignages dénoncent un climat de « management toxique » au sein du groupe de médias de Matthieu Pigasse, notamment lié au rôle controversé de Wassila Meddas. Récit.


Télérama s’en est ému, Mediapart en a parlé avec des accents révoltés, s’il n’y avait pas eu « l’affaire Grasset », cette affaire-là aurait vraisemblablement été traitée comme il se doit dans la grande presse et, sur France 5, un numéro de l’émission C ce soir lui aurait été entièrement consacrée : dans le Morbihan, les habitants d’Auray n’auront pas le bonheur d’assister, en juin, à l’enregistrement de La Dernière, l’émission de Radio Nova animée par Guillaume Meurice (notre photo).

Manifestation pour la liberté d’expression à Auray

Le nouveau conseil municipal de cette commune bretonne a en effet décidé d’annuler la prestation des « humoristes » de la radio bobo du banquier d’affaires d’extrême gauche Matthieu Pigasse. Immédiatement, ces derniers ont crié à la censure. La maire Françoise Naël réfute cette accusation et évoque un « très lourd cahier des charges » imposé par la radio ainsi que des difficultés pour accueillir deux mille personnes en extérieur en cas de mauvais temps. L’ancien conseil municipal de gauche – qui a signé la convention avec Radio Nova le dernier jour de ses fonctions et ne l’avait apparemment pas transmise à la nouvelle équipe – a sauté sur l’occasion pour organiser une manifestation : le 21 avril dernier, une centaine de personnes se sont réunies pour défendre la « liberté d’expression » en levant leurs petits poings. « Faut-il comprendre que certaines expressions culturelles (sic) ne trouvent plus leur place à Auray ? Que l’humour (resic), l’information (et sic de der) et la liberté de ton dérangent au point d’être écartés? », sanglotent Guillaume Meurice et l’équipe de Radio Nova dans un message relayé sur les réseaux par le collectif soutenant Claire Masson, l’ancienne maire écolo d’Auray. Comme l’heure est grave et qu’il n’y a aucun autre motif de mécontentement en ce moment, une autre manifestation pro-Radio Nova est prévue le samedi 25 avril.

Mal-être au travail dans les médias de gauche

Les ennuis de Radio Nova ne s’arrêtent pas là. Le journal Libération affirme en effet qu’un « climat de pression et d’humiliations verbales » se serait installé dans les médias du groupe Combat, propriété de Matthieu Pigasse. Plusieurs salariés du groupe – qui, précise Libé, ont tous requis l’anonymat – dénoncent le malaise grandissant au sein de Radio Nova et des Inrocks.

La cause ? La nomination à un poste de direction de Wassila Meddas. Cette jeune femme de 32 ans, « compagne affichée du banquier d’affaires », ferait régner la terreur dans les couloirs de Combat et sur les messageries numériques du groupe. Management autoritaire, voire dégradant, « propos très dévalorisants envers certains collaborateurs, les qualifiant de “nuls” ou affirmant qu’ils “ne savent rien faire” », menaces de renvoi – la jeune dame, « au CV inconnu dans les médias », occupe une fonction floue (directrice des marques du groupe), mais sa relation privilégiée avec le maître des lieux lui permet, semble-t-il, de bénéficier d’un pouvoir illimité.

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Elle est ainsi parvenue à imposer, pour célébrer le 40ème anniversaire des Inrocks, un maillot imitant ceux des footballeurs américains que les salariés avaient pourtant jugé très éloigné du style de la revue prétendument culturelle. Puis, écartant les photos proposées pour en faire malgré tout la publicité, elle a imposé des images fabriquées avec une application d’IA, l’une représentant un homme portant maillot et pantalon, l’autre représentant une femme en bottes, sans pantalon ni jupe, revêtue de ce seul maillot. « On a tous été très mal à l’aise », a confié une salariée à Libé. Pour avoir « liké » un commentaire de l’association féministe Pépite Sexiste critiquant cette photo jugée misogyne, une collaboratrice a été sèchement rappelée à l’ordre et convoquée afin de recevoir un blâme pour… « déloyauté ». Des tensions ont également vu le jour entre certains collaborateurs de Radio Nova et Akim Omiri. L’animateur gaucho-communautariste de l’émission Riposte se comporterait de manière très directive, « parfois brutale ».

Wassila Meddas a soutenu Akim Omiri, lequel avait été recruté directement par Matthieu Pigasse qui lui a également apporté son soutien. « Depuis, Akim traite directement avec elle ou Pigasse », explique un employé de la radio à Libération. Une nouvelle forme de népotisme semble régner sur le groupe Combat.

Pigasse se défend le wokisme en bandoulière, de curieux et obscurs tweets ressortent

RS

Invité à s’expliquer sur le management rigide de sa dulcinée dans l’émission Quotidien, M. Pigasse s’est livré à un petit numéro victimaire tout ce qu’il y a de plus woke : « Il faut respecter tous et toutes, y compris une femme, jeune, issue de la diversité, qui a des responsabilités. » Du respect, il semblerait bien que cette jeune femme n’en ait pas beaucoup pour ses collaborateurs, qu’elle traite comme des larbins. Quelques tweets du compte X de Wassila Meddas – fermé depuis – ont refait surface et renseignent un peu plus sur cette personne. L’un d’eux fait suite à un message de Matthieu Pigasse prenant la défense de Jean-Michel Aphatie critiqué pour ses propos délirants sur la colonisation française en Algérie qu’il comparait aux crimes nazis : « Vive l’Algérie et les Algériens ». Un autre semble être sa réponse à un tabloïd ayant révélé ses liens intimes avec le patron de Combat. Le style et l’orthographe en sont pour le moins relâchés : « Ferme ta geul toi adultère de koi elle étais même pas marier quand elle a vu son ex !!!!! Déjà commencer à savoir la vérité avant d’ouvrir vos geul ». Si Wassila Meddas parle aux salariés de Combat comme elle écrit, c’est-à-dire dans la langue atrophiée et vulgaire de n’importe quelle « influenceuse » possédant un QI inférieur à la pointure de ses Louboutin, il n’est pas étonnant qu’ils se sentent un tantinet mal à l’aise.

La chose est connue : plus un manager est limité intellectuellement, plus son expression orale et écrite est étroite, plus il y a de risque qu’il soit borné, autoritaire, brutal, colérique et grossier. Cette corrélation n’est d’ailleurs pas l’apanage de cette catégorie d’individus – la violence, la muflerie et les incivilités augmentent partout au fur et à mesure que notre société se décivilise: une langue déficiente – résultat de quarante ans de pédagogisme à l’école – une idéologie égalitariste et une sous-culture véhiculée par le divertissement médiatique et la commercialisation industrielle de produits culturels invariablement médiocres et laids, ont abouti à ce déclin.

Wassila Meddas semble être un exemple parfaitement exécrable de ce que cette époque négligée et inculte est capable de produire. Elle officie, cela était inévitable, dans un de ces endroits ayant systématiquement pour cible la langue, l’histoire, la culture d’un pays voué aux gémonies. Finalement, il y a une justice en ce bas monde: Wassila Meddas se comporte mal vis-à-vis de gens qui s’en plaignent mais se comportent guère mieux envers la majorité des Français qu’ils détestent. Tout ce petit monde s’entre-déchire ? C’est moche mais, d’un autre côté, tout à fait réjouissant.

Les Gobeurs ne se reposent jamais

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Amateur de livres et de musique. Dernier ouvrage paru : Les Gobeurs ne se reposent jamais (éditions Ovadia, avril 2022).

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