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Deauville, place forte de la musique de chambre

30ème Festival de Pâques. Deauville, salle Elie de Brignac-Arqana. Jusqu’au 2 mai


Deauville, place forte de la musique de chambre
La 30ème édition du Festival de Pâques à Deauville. (C) Yannick Coupanec

Le 30e Festival de Pâques de Deauville se déroule du 18 avril au 2 mai 2026 à la Salle Elie de Brignac. Cette édition anniversaire célèbre trois décennies de musique de chambre et réunit sept générations d’artistes, sous la direction artistique d’Yves Petit de Voize.


Coup d’envoi, samedi dernier 18 avril, du Festival de Pâques. Très courue, la manifestation chambriste du printemps célèbre ses trente bougies cette année.  Edité sous les auspices de l’association Les Amis de la musique à Deauville, un ouvrage réunissant photos et témoignages dresse l’historique de ces 30 ans de musique à Deauville – c’est le titre – et de ses prémisses, en lien avec le Casino de Deauville. Un double CD exhumant près de cinquante extraits des concerts donnés de 1997 à 2025 complète non sans grâce ce dispositif mémorialiste.  

Ci-devant rédacteur en chef du magazine Diapason, directeur artistique de l’Académie-Festival des Arcs puis du festival de Montreux, sans compter nombre de saisons et autres biennales qu’il dirigea, de Lyon à Royaumont, l’émérite Yves Petit de Voize, par ailleurs conseiller musical de la Fondation Singer-Polignac, de toujours partenaire et mécène de l’événement, reste l’incontournable concepteur d’une programmation dont l’éclectisme hautement exigeant, au répertoire baroque, classique ou romantique sait marier la création contemporaine. Implanté dans cette enceinte Elie de Brignac d’ordinaire dévolue au marché des pur-sang, mais pour l’heure transformée en salle de concert (acoustique impeccable !), le Festival de Pâques y  déroule, sur trois fins de semaines successives, un alléchant concours de jeunes talents, sur des partitions allant du trio à la symphonie, de Bach à Alfred Schnittke, du Stabat Mater de Pergolèse aux Sept lieder de jeunesse pour voix et orchestre d’Alban Berg – pour ne prendre que quelques exemples, puisés dans cette seule édition 2026.

© Yannick Coupanec

Sous les auspices de Renaud Capuçon, co-fondateur du festival, ou encore de Julien Chauvin, violoniste et chef du célèbre Concert de la Loge, phalange qui, comme chacun sait, joue sur instruments anciens, huit générations de jeunes artistes se seront donc succédé, se cooptant sur la base d’ affinités électives l’année durant, dans le cadre de leur résidence en l’hôtel de Polignac sis avenue Georges Mandel, à Paris, pour se retrouver enfin, l’espace de quelques jours, à l’ arrière-plan des fameuses planches de Deauville. Et c’est précisément Chauvin qui ouvrait le bal, ce samedi, avec un Stabat Mater très articulé, galopant sur un tempo singulièrement vif, délicieusement chanté par la soprano Ambroisine Bré mais plus encore par la mezzo Anouk Defontenay, leur duo final contresignant l’apothéose d’un concert ouvert de façon tout aussi sublime par le Cinquième concerto brandebourgeois , joint à ce merveilleux Concerto de Telemann aux accents rustiques et archaïsants, lequel associe si étonnamment flûte à bec et flûte traversière…

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La programmation dominicale réservait encore quelques jolies surprises, tout particulièrement avec ce Sextuor op.70 de Tchaïkovski, millésimé 1890 et intitulé « souvenir de Florence » – un adagio cantabile à vous faire pleurer d’émotion, au surplus interprété magistralement par sept jeunes instrumentistes d’exception, les violonistes Vassily Chmykov et Emmanuel Coppey au sommet. Bref, ce week-end inaugural invite à savourer la succession apéritive de pièces qui, en toute allégresse, font communier Schubert et Ravel, de Dvorak et Martinu,  Mendelssohn et Chostakovitch,  Mozart et Schubert, Gustave Mahler et Alban Berg. Bouquet final le 2 mai. Pour autant, à Deauville les ardeurs mélomanes se donnent encore des aises dans la liesse estivale, avec une nouvelle série de concerts placée sous l’ombrelle du « 25ème Août musical » : ouverture le dernier jour de juillet, sous le signe de Schubert, Brahms et Beethoven, ces deux derniers compositeurs clôturant d’ailleurs la session 2026 le samedi 8 août prochain, dans cette même salle Elie de Brignac-Arqana, l’accueil du festival se partageant avec l’espace culturel et événementiel des Franciscaines, bien connu des Deauvillais.

Qui dira que l’opulente et mythique station normande se résume à ses planches, à son Casino, à ses villas bourgeoises et à ses légendes mondaines ?


30ème Festival de Pâques. Deauville, salle Elie de Brignac-Arqana. Jusqu’au 2 mai.

25ème Août Musical. Deauville, salle Elie de Brignac-Arqana / Les Franciscaines.  Du 31 juillet au 8 août.

A lire : 30 ans de musique à Deauville, 1997-2026. Textes et photos. Les amis de la Musique à Deauville, éd. Double CD Deauville 1997-2025, extraits de concerts.



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