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Quand les douanes se dédouanent

Malgré son passé judiciaire, la Française Julia Simon revient d'Italie avec quatre médailles (un record)


Quand les douanes se dédouanent
La Française Julia Simon (FRA), médaille d’argent sur le podium, à l’issue du biathlon féminin 12,5 km, le 21 février 2026 à l’Antholz-Anterselva Biathlon Arena à Anterselva, JO d’hiver de Milano-Cortina, en Italie © Luciano Maria Bisi/IPA Sp/SIPA.

Marine Le Pen devrait se mettre au biathlon…


Sur les 23 médailles que la France a obtenues aux JO de Milan-Cortina, 13 ont été gagnées en biathlon. Des biathlètes qui sont pris en charge par l’armée (comme les sergents Lou Jeanmonnot et Éric Perrot) ou fonctionnaires des Douanes, comme Emilien Jacquelin et Quentin Fillon-Maillet, ou encore… Julia Simon (trois médailles d’or, une d’argent) : sur douanes.gouv.fr, le site officiel de la direction générale des douanes, il est mentionné que Julia Simon, né le 09 octobre 1996 à Albertville (73) est membre de l’Equipe de France Douane depuis 2019 et licenciée au club des douanes des Saisies (ça ne s’invente pas) en Savoie.

Cependant, avant les JO, sur la photo officielle des 10 athlètes de l’équipe de France Douane sélectionnés pour Milan-Cortina, Julia Simon ne figure pas ! Serait-ce un oubli, les Douanes auraient-elles oublié de la déclarer ?

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Non pas… Les douanes ont préféré se dédouaner… Car Julia a fauté. Le 24 octobre dernier, elle a été condamnée pour vol à trois mois de prison avec sursis. Lors d’un stage en équipe de France elle avait « saisi » et débité les cartes bleues d’une coéquipière, Justine Braisaz-Bouchet et d’une kinésithérapeute. La fraude étant établie, la douanière ne faisait pas appel. Mais avec une telle condamnation à son palmarès, peu compatible avec les valeurs de l’olympisme, sa participation aux JO semblait compromise… Mais grâce à la contribution directe de la Fédération française de ski (avec l’aval du ministère des Sports), la douanière a été repêchée. Sur le plan sportif, la FFS lui a infligé, selon un communiqué publié le 7 novembre, une sanction « d’une grande sévérité » (sic)… Six mois de suspension dont cinq avec sursis, bref un petit mois ferme purgé en novembre, ce qui a permis à Julia de se présenter aux JO blanche comme neige et d’obtenir quatre médailles, à la grande joie de Marina Ferrari, notre ministre des Sports.

Si en politique une condamnation figurant au casier rend inéligible, en sport une telle peine n’est pas éliminatoire. Dans l’optique des Jeux d’hiver 2030, organisés en France, Marine Le Pen devrait donc se mettre au biathlon…




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Journaliste indépendant

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