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Martine à Alger

Quand Ségolène Royal joue les ambassadrices de la soumission


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A la télévision algérienne, Ségolène Royal s'est félicitée de ne pas avoir participé au "Complément d'enquête" de France 2 intitulé "Rumeurs et coups tordus: la guerre secrète France-Algérie". DR.

Plus mélenchoniste que Jean-Luc Mélenchon ou plus villepiniste que Dominique de Villepin, l’ancienne ministre socialiste, toujours pas remise de sa défaite face à Sarkozy en 2007, critique la France depuis l’Algérie, estime que la mémoire n’est pas une rente pour le pouvoir algérien et appelle les autorités françaises à enfin respecter sa souveraineté. Elle ne prononce même pas le nom de notre compatriote le journaliste Christophe Gleizes, injustement emprisonné.


Les déclarations de Ségolène Royal en Algérie font scandale. Enfin, font-elles vraiment scandale ? Cela devrait. Si ses propos étaient plus subtils, on parlerait d’intelligence avec l’ennemi. L’ancienne reine des pôles, élue récemment présidente de l’Association France-Algérie (une grosse boutique créée en 1963 pour promouvoir l’amitié entre les peuples, avec le succès que l’on sait), se pique de mener sa diplomatie personnelle. Elle a entamé mardi une visite à grand spectacle en Algérie, un pays qui mène une guerre larvée contre nous, détient un journaliste en otage après avoir embastillé un écrivain, refuse de reprendre ses milliers d’OQTF et nous insulte quotidiennement par voie de presse ou d’influenceurs.

Mme Royal a été mieux reçue que nos diplomates. Une rencontre avec le président Tebboune et des médias énamourés a eu lieu hier au palais d’El Mouradia. Normal : la solution de Madame Royal pour résoudre la crise franco-algérienne, c’est la soumission sur toute la ligne. Non seulement elle n’a pas prononcé le nom qui fâche, Christophe Gleizes, mais elle dit aux Algériens ce qu’ils adorent entendre : la France doit encore et toujours s’excuser et réparer. Repentance ! Elle réclame donc de nouveaux gestes mémoriels. En prime, elle attaque à mots à peine couverts MM. Macron et Retailleau. Elle dénonce « les discours qui déchirent de ceux qui ne veulent pas encore admettre souveraineté nationale de l’Algérie ». Qui sont-ils, ces vilains colonialistes ? M. Tebboune ne dirait pas mieux. Il aurait pu lui écrire son discours. La grande classe.

Comment expliquer cette complaisance ? Rien d’étonnant. Elle s’inscrit dans la mélenchonisation accélérée de Ségolène Royal. Sur le tard l’ex-chevènementiste, qui défendait l’ordre juste et la discipline militaire, vire néo-tiers-mondiste, tendance décoloniale. Elle partage avec ses nouveaux amis un goût prononcé pour les régimes dictatoriaux, surtout quand ils sont anti-occidentaux.

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D’ailleurs, malgré la répression sanglante qui s’est abattue sur les Iraniens, les images effroyables de cadavres empilés qui nous viennent de Téhéran, la place de la République reste vide, la rue Saint-Guillaume déserte. Certes, les insoumis et la gauche radicale s’indignent dans des tweets reprenant curieusement tous les mêmes éléments de langage. Quand on se rappelle leurs larmes et éructations quotidiennes pour Gaza, on se dit qu’ils ne sont pas trop pressés de voir chuter les mollahs. Il est vrai que ces Iraniens sont un peu islamophobes sur les bords.

Et puis il y a d’autres urgences. Hier, Marine Tondelier a courageusement participé à un rassemblement contre le fascisme. Celui qui sévit en Amérique, bien sûr. Elle sonne le tocsin. « Après les États-Unis, la France peut être le prochain pays à basculer » écrit-elle dans le Huffington Post. No Pasaran ! Trump n’a qu’à bien se tenir.


Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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