Une cérémonie du 11 novembre saccagée. Un Président sifflé et hué lors de son passage sur les Champs-Élysées puis à son arrivée dans l’Ain l’après-midi.

Cette contestation spectaculaire qui va crescendo depuis la rentrée, c’est du jamais vu depuis longtemps sous la Ve République, probablement depuis la fin du septennat de VGE où ni le président, ni son premier ministre ne pouvaient mettre le nez dehors sans avoir à endurer les horions. On sait comment ça a fini.

Pourtant, au lieu d’entendre cette colère et encore moins d’essayer de la comprendre, la sphère politico-médiatique préfère l’étouffer en la rendant illégitime.

Les bonnes âmes patriotiquement correctes se sont empressées de condamner sans ambages les protestataires au bonnet rouge : ces factieux frontistes ont instrumentalisé le 11 novembre, piétiné les valeurs de la République et manqué de respect à nos soldats morts. « Ils ont insulté notre mémoire nationale », s’indigne le premier secrétaire du PS Harlem Désir. « Ils ont sali la République », s’offusquent des éditorialistes. L’UMP, de son côté, fustige également ces débordements et « ces huées franchement déplacées car en ce jour de mémoire et d’hommage à nos morts, François Hollande représente la République », explique benoîtement Valérie Pécresse.

Comme toujours, la machine à discréditer est mise en route. D’abord, stigmatiser ces fauteurs de troubles comme extrémistes appartenant au Printemps Français, au Renouveau Français ou pire. Puis, logiquement, les expulser hors de l’espace républicain.

Cette rhétorique désormais classique est fort utile pour discréditer ces Français qui ont voulu profiter de la présence physique du Président pour manifester leur ras-le-bol et leur hostilité à sa politique.

Pour que François Hollande les entende, ressente de façon plus concrète leur colère et vive pleinement son impopularité (qui n’est plus mesurable en chiffres), ces révoltés du 11 novembre ont préféré saboter une cérémonie qui n’a, de toute façon, plus trop de sens puisqu’elle est devenue depuis 2011 un fourre-tout mémoriel englobant, dans une sorte de mystique républicaine, tous les morts tombés pour la France.

La réconciliation rêvée par François Hollande s’est donc renversée dans une désunion de cauchemar. Lui qui avait misé sur les cérémonies commémoratives de l’Armistice pour rassembler les Français et redonner un souffle à l’union nationale asphyxiée par la pression fiscale, la récente jacquerie bretonne ou l’affaire Leonarda, n’a récolté en retour que les sifflets d’une colère trop longtemps retenue. Qui sème la discorde…

 

 

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