Multiculturalisme. Avant de prêter serment – à l’étonnement général – sur un Coran lors de son investiture, le maire de New-York gauchiste Zohran Mamdani a dû écarter une brebis galeuse de son équipe municipale, d’anciens messages où il était question de « Juifs avides d’argent » ayant été découverts.
Il se peut que bon nombre des New-Yorkais qui ont voté pour Zohran Mandani en novembre dernier, le propulsant à la tête de la mairie de la mégapole américaine, étaient alors fort loin d’imaginer que ce serait sur le Coran que le nouvel édile prêterait le serment solennel d’investiture. Et pourtant c’est bel et bien ce qui s’est produit. En deux temps. Une première fois aux douze coups de minuit dans la nuit du 31 décembre, en petit comité, sur les marches d’une station de métro désaffectée depuis 1945. Et une seconde fois, devant la mairie de la ville, avec la bénédiction du représentant de l’ultra gauche du parti démocrate, Bernie Sanders, et en présence de milliers de personnes.

Un oubli étonnant
Curieux choix que ce couloir de métro. L’élu l’a justifié en expliquant que cela évoquait pour lui, je cite, « l’importance des transports publics pour la vitalité, la santé et l’héritage de notre ville. » Je le redis, choix quand même très bizarre que cet ersatz de catacombes, ce lieu oublié et désert. Un autobus à plateforme aurait tout aussi bien fait l’affaire, d’autant qu’au programme du nouveau maire figurerait en bonne place la promesse de « bus gratuits et rapides. »
Aussi, selon un tout autre schéma que la banale et désuète célébration des transports en commun, il se pourrait bien que des esprits aussi malveillants que tordus finissent par voir dans cette scène improbable une allégorie du cheminement souterrain de l’idéologie dont l’élu musulman pourrait être éventuellement le porteur, plus proche d’un islamisme bien trempé que d’un islam bon enfant. Mais je le disais, seuls des esprits particulièrement pervers et complotistes iraient s’aventurer sur ce terrain-là.
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Cependant, la prestation du serment sur le Coran n’est pas un fait qui relève de l’anecdote. Encore une fois, je ne suis pas du tout persuadé que beaucoup de New-Yorkais l’aient vu venir. Et je me pose une question. Comment serait-il possible qu’ils aient oublié, les habitants de cette ville, que c’est également sur le Coran que les terroristes des Tours jumelles et de leurs quelques trois mille morts avaient juré d’aller jusqu’au bout de leur équipée barbare ?
Vieux messages
Par quel sombre prodige un tel oubli a pu s’opérer ? Comment les populations de cette cité-là ont-elles pu porter à la tête de leurs institutions un personnage qui – quelles que soient au demeurant ses aptitudes et qualités personnelles – n’a jamais véritablement condamné cette autre équipée barbare, celle du Hamas, le 7-Octobre, en Israël, évitant soigneusement de la qualifier d’acte terroriste. Et qui, de surcroît, n’a cessé de reprendre à son compte l’accusation de génocide (il emploie le mot) commis par Israël, l’accusant de bombarder délibérément – je cite de nouveau – « habitations, hôpitaux, écoles sous les décombres. » Et puis il y a, pour faire bonne mesure, la découverte ces derniers jours de messages antisémites postés sur Twitter entre 2011 et 2014 par Catherine Almonte Da Costa, celle-là même qui venait d’être nommée responsable du recrutement de la ville. Devant la réprobation quasi générale, le nouveau maire n’a eu d’autre choix que de démissionner sa collaboratrice, se fendant au passage d’une déclaration solennelle dans laquelle il devait affirmer que « ces propos (ceux des messages en question) étaient inacceptables et qu’ils ne sont absolument pas représentatifs de lui-même ni des valeurs de son administration. » Dont acte. On respire. Reste toutefois à savoir ce qu’aurait donné le recrutement, sur quels critères il aurait été effectué, s’il avait dû être effectivement confié à une personne convaincue d’antisémitisme, et donc de racisme. Reste aussi à espérer que d’autres mauvaises surprises comme celles-ci, d’autres petites saloperies du même genre ne se trouvent pas cachées, plus ou moins en nombre, sous les tapis (rouges désormais) de la nouvelle municipalité.
On nous dit que 30% des membres de la communauté juive de la ville auraient voté en faveur de Zohran Mandani. Cela, avouerai-je, me laisse sans voix. Je ne comprends pas. Non, je ne comprends pas. Quelle interprétation livrer de cet état de fait dont la dimension rationnelle – s’il y en a une – m’échappe totalement ?
Il m’en vient une, qui, je le confesse, me saisit d’effroi. Une cité, une communauté humaine, qui viendrait à dépasser un certain seuil sur la pente de la décadence, n’entrerait-elle pas inéluctablement en voie d’autodestruction, de suicide pour parler cru ? On en serait presque à se poser pour de bon la question. Effroyable question…
Enfin, force est d’admettre que ce serment sur le Coran du premier magistrat d’une des plus importantes métropoles de notre Occident est une première qui ne manque pas de générer son pesant d’inquiétude. Attendons la suite. Sans panique mais avec vigilance. Pour l’heure, tachons donc de faire en sorte que cette première soit aussi la dernière.





