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Zohra présidente?

"Zohra Bitan, une grande gueule made in France" de Liliane Messika (Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2022)

Zohra présidente?
La chroniqueuse de RMC Zohra Bitan rêve d'un destin politique. Photo DR.

Une biographie de Zohra Bitan, « grande gueule » sur RMC, vient d’être publiée.


Si les pouvoirs publics français, si nos partis politiques, nos syndicats et nos associations avaient été aussi fermes sur la politique d’assimilation que bienveillants envers les personnes immigrées, Zohra Bitan serait naturellement devenue leur égérie ! L’excellente biographie que Liliane Messika vient de consacrer à Zohra Bitan, une grande gueule made in France illustre, une fois de plus s’il était nécessaire, les dérives dont souffre notre pays.

Zohra Bitan aime la France. Elle est musulmane, mais laïque, et pense que la religion est une affaire personnelle. Cette Française musulmane a des amis juifs, et elle ne dédaigne pas de se rendre en Israël de temps en temps. Issue du peuple, Zohra Bitan affirme que la France est une chance pour les immigrés (et pas le contraire), et elle enseigne aux jeunes de banlieue que « caillera n’est pas un avenir » et « que tous les hommes méritent le respect, même les femmes ». À la lecture de cette biographie, on se dit qu’elle serait beaucoup mieux au ministère de l’Éducation à la place de Pap Ndiaye, dont la complaisance avec le wokisme a été dénoncée, ou au ministère de la Justice, à la place de l’ami des taulards, Eric Dupond-Moretti…

Une anti Latifa Ibn Ziaten pas facile tous les jours

Mais en France, les partis politiques sont « antiracistes » et ne luttent pas contre le communautarisme. Face à l’islamisme, ils font dans l’ « apaisement ». Ce n’est donc pas un hasard si c’est la voilée Latifa Ibn Zlaten, la mère d’un des soldats assassiné par Mohamed Merah en 2012, qui a ramassé tous les crédits et le soutien politique et médiatique. Mais aussi une Légion d’honneur, l’adoubement du pouvoir, un diplôme de laïcité décerné par les intellos « de goche » du Printemps Républicain et même un dossier d’homologation pour un éventuel Nobel, sans oublier toutes les autorisations possibles et imaginables pour aller répandre la bonne parole (islamique, mais pas trop) dans les écoles. Latifa Ibn Zlaten, tout le monde la connait, c’est cette bonne musulmane que la gauche a choisie pour aller apaiser les banlieues. – précisément parce qu’elle était voilée, et apparemment, il ne faut pas brusquer les musulmans. Sans grand résultat, apparemment.

Zohra Bitan, au contraire, n’a pas plu aux politiques parce qu’elle n’est pas facile à manier disent les mauvaises langues. Son côté « grande gueule » aurait-il joué en sa défaveur ? Non, cette explication n’a pas de sens : ce n’est pas la gauche qui a délaissé Zohra Bitan, c’est Zohra Bitan qui a botté le cul de la gauche, c’est elle qui en a eu ras les baskets de ce PS qui « entretient un communautarisme que l’on peut constater dans la petite action locale comme dans les initiatives nationales » (p. 112). Et une bonne raison de quitter le PS tient au fait que, selon Zohra Bitan, ce parti serait responsable du « lavage de cerveau d’une quatrième génération (d’immigrés) nés en France et qui exècre le pays qui a accueilli ses aïeux » (p. 95). Pourquoi rester au PS où le cynisme et l’imbécilité marchent de pair ? Cynisme, parce qu’on ne laisse pas prospérer des choses aussi dangereuses que l’islamisme dans les banlieues, et imbécilité car la quasi-disparition électorale du Parti socialiste a été la conséquence directe de l’ensemble de ces renoncements politiques sur le terrain… Quand elle s’occupait des jeunes, dans sa mairie socialiste de Thiais, Zohra leur tenait un discours de responsabilité : « si tu veux une salle, dis-moi ce que tu en feras. Si tu me donnes du contenu, des salles je t’en donne même plusieurs, mais si c’est juste pour t’affaler sur un canapé en fumant des pétards, c’est niet ». Mais, Zohra était bien seule à tenir ce type de discours. Toute la machine politique de la mairie socialiste militait pour l’« indulgence, pourvu qu’en échange ils obtiennent le calme ».

Française de cœur, républicaine d’esprit

Il faut lire cette biographie de Zohra Bitan, parce que c’est la biographie d’une Arabe musulmane assimilée. C’est-à-dire la biographie d’une femme qui est restée elle-même tout en devenant volontairement, méthodiquement, Française de cœur et républicaine d’esprit. Cette biographie peut se lire aussi comme celle d’une femme trahie par les élites d’un pays auquel elle adhère pourtant par toutes les pores de sa peau. « Mes parents se sont exilés pour que mes sœurs et moi, et nos filles et les filles de nos filles n’aient pas à supporter le poids de cet archaïsme (maghrébin). En France, on vit à la française, on s’habille à la française et on baigne dans la culture française » (p183). Mais qui pense comme cela aujourd’hui en France sans être taxé de racisme par la gauche et même une bonne partie de la droite ?

On découvre que la chroniqueuse Zohra Bitan a un regard politique global. Elle a aussi compris que la France s’est montrée généreuse avec Mohamed, parce qu’elle a pris l’argent dans la poche de Paul, ex-membre de feu-la classe ouvrière française, victime de la mondialisation et de l’immigration de masse. Paul, relégué dans sa cambrousse, à la périphérie des grandes villes, ne bénéficie ni d’aides sociales, ni de logement aidé, ni des transports en commun, ni de médiathèque ou de passe culture. Zohra Bitan ne dit pas seulement sa colère contre cette injustice, elle est surtout écœurée que cette discrimination des classes populaires autochtones n’ait servi à rien. Car les cadeaux faits à Mohamed au détriment de Paul ont été sans contrepartie ni exigences, et les racailles de banlieues se sont habituées à prendre, sans renoncer au communautarisme, ni aux imams salafistes.

Ce qu’Eric Zemmour a fait…

Zohra Bitan, vigie incapable de maquiller sa pensée pour la rendre acceptable aux élites bien pensantes, aurait pu finir chassée de France comme Ayaan Hirsi Ali, son homologue néerlandaise, a été chassée des Pays Bas. Ex-musulmane d’origine somalienne, membre du Parti du Travail (l’équivalent du PS), elle avait dénoncé la trop grande « tolérance » de la société néerlandaise envers les discriminations faites aux femmes musulmanes au nom du communautarisme. Mais les islamistes, la gauche et l’extrême gauche se sont mobilisés contre elle et Ayaan Hirsi Ali a été obligée de se « réfugier » aux États-Unis.

Non seulement Zohra Bitan est restée en France, mais en plus elle n’y est pas seule. Son franc-parler, sa capacité à dire tout haut ce qu’un maximum de gens commence à penser tout bas, lui ont permis d’obtenir beaucoup de soutien du côté des Grandes Gueules, l’émission d’Alain Marschall et Olivier Truchot sur RMC. C’est de là qu’elle moque et dénonce régulièrement le naufrage politique et sociétal d’un pays qui n’a pas su gérer son immigration. Chaque jour qui passe, Zohra Bitan continue d’ignorer les menaces des islamistes et de préparer son avenir. Elle dit qu’elle sait ce qu’il faut faire, et un programme politique est même énoncé dans les dernières pages de cette biographie. Si personne ne l’écoute, c’est promis, elle dit qu’elle fera comme Zemmour… et rêve de se présenter à son tour à l’élection présidentielle !

Zohra Bitan, une grande gueule made in France de Liliane Messika, Ed Jean-Cyrille Godefroy, 213 p.

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