Home Brèves Vergès et Dumas, avocats du diablotin


Vergès et Dumas, avocats du diablotin

Qu’ont en commun Pierre Dac et Francis Blanche, Bud Spencer et Terence Hill, Astérix et Obélix, Poiret et Serrault, Spirou et Fantasio, ou bien encore Jacques Vergès et Roland Dumas ? Il s’agit de tandems comiques qui ont imprimé à jamais leur marque dans l’imaginaire collectif. Prenons, au hasard, l’exemple de Jacques Vergès et Roland Dumas : à quoi doivent-ils le succès de leur duo ? Totalisant 175 ans d’existence, le tandem d’avocats humanistes se distingue depuis quelques années par la défense de causes indéfendables, et vont prospecter – avec une vitalité de seniors© sur-vitaminés – le potentat africain, autant que le dictateur effronté. Le dernier exploit en date de l’ancien ministre socialiste et de son ami ancien militant FLN est d’avoir défendu la cause de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo qui a eu comme des difficultés à quitter le pouvoir de lui-même après la victoire de son concurrent Ouattara aux élections présidentielles. Avec – et j’euphémise – quelques morts à la clé… Une opération aussi sinistre que nébuleuse, qui avait rapporté à nos deux comiques pas moins de 100.000 euros d’honoraires.

On apprend cette semaine qu’ils remettent le couvert, en se proposant cette fois-ci de servir la cause du dictateur Kadhafi : Dupont et Dupond se sont rendus à Tripoli le week-end dernier afin de préparer un dossier judiciaire au nom des victimes des frappes de l’Otan, et de déposer une plainte contre Nicolas Sarkozy pour… crimes contre l’humanité. Pas moins. Roland Dumas – qui voit l’intervention de l’Otan comme une « agression brutale contre un pays souverain » – a par ailleurs précisé que le duo d’amuseurs troupiers serait prêt à défendre Kadhafi devant la Cour Pénale internationale si cela était nécessaire, afin de « briser le mur du silence ». Naturellement, la consternation est le sentiment qui domine… Le plus difficile dans la vie d’un homme est de savoir quitter la scène sans inélégance. A 86 et 89 ans, les deux briscards auraient pu choisir une sortie plus honorable que ces combats filandreux.
Comme le disait Alain Bashung dans Gaby : « Ça fait frémir… faut savoir dire stop ! »


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