Home Édition Abonné Pourquoi la criminalité baisse au Venezuela


Pourquoi la criminalité baisse au Venezuela

Alors que l'économie s’effondre, le crime ne paie plus au pays de Maduro

Pourquoi la criminalité baisse au Venezuela
Le Président Nicolas Maduro en janvier 2019 © Ariana Cubillos / AP / SIPA Numéro de reportage : AP22294712_000024

Effet inattendu de la crise économique: le Venezuela a vu sa criminalité baisser de 39% ces trois dernières années. Les malfrats émigrent ailleurs.


L’économie et la société vénézuéliennes n’en finissent plus de s’effondrer. Cette descente aux enfers produit des effets plutôt inattendus, comme la chute du nombre de crimes violents, notamment assassinats et vols à main armée.

A lire aussi : Venezuela, un jour de plus loin du Paradis

Jusqu’il y a peu un des pays les plus violents au monde, avec 54 assassinats pour 100 000 habitants en 2012 et plus du double à Caracas, le Venezuela a vu sa criminalité baisser de près de 39 % ces trois dernières années. Morgues et articles de presse rapportent la décrue du nombre de meurtres et de kidnappings, notamment en raison du prix exorbitant des armes à feu.

Dans la république bolivarienne de Nicolas Maduro, où le salaire minimum est de 8 dollars par mois, il faut compter 800 dollars pour un revolver et un dollar pour chaque balle de calibre 0,38. Le calcul est vite fait : un revolver coûte l’équivalent de huit ans de travail ! L’appât du gain pourrait pousser certains à investir dans les armes… Mais l’extrême pauvreté refroidit les plus cyniques : passants et automobilistes ne portent aucun objet de valeur et ne valent donc pas une balle. Cette embellie sécuritaire soulage quelque peu des Vénézuéliens éprouvés par la crise et accoutumés depuis longtemps à un niveau délirant de violence.

A lire aussi : Vivre dans un monde de droite, c’est…

Mais les pays voisins ne gagnent pas au change : comme de nombreux habitants du pays, les criminels ruinés tentent d’émigrer…

Venezuela, chronique d'une déstabilisation

Price: 22,00 €

4 used & new available from 18,60 €

Juin 2019 - Causeur #69

Article extrait du Magazine Causeur


Previous article Le multilatéralisme, c’est fini?
Next article Immigration: à la télé italienne, Salvini ne dit pas non à la construction d’un mur
est historien et directeur de la publication de Causeur.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération