Alors que le bilan définitif du déraillement du Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge (Essonne) n’est pas encore connu, et que l’enquête sur les causes de ce drame ne fait que commencer, les chaînes d’information et les sites d’information ont beaucoup bavardé mais donné peu d’informations. À l’exception du site du Parisien. Le journal rapporte en effet que le travail des secours a été perturbé par des « jeunes »… « Deux personnes ont été placées en garde à vue pour avoir dérobé des téléphones portables appartenant à des membres du SAMU. Des véhicules de secours ont également été caillassés. Les policiers doivent faire face à une grosse tension pour maintenir le cordon de sécurité : énormément de curieux font pression pour entrer. » Que les curieux voyeuristes soient des idiots, c’est entendu. Que des gamins désœuvrés attaquent les véhicules de secours transportant les blessés, c’en est une autre. Un syndicaliste policier expliquait également à nos confrères d’Europe1.fr que certains « jeunes » ont pillé les cadavres : « à 17 heures 30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres ». Ca s’est passé en France. Quelque part au XXIe siècle.
Mais ne sombrons pas dans l’amertume, et attendons avec une grande impatience les premières réactions de sociologues à ce sujet. S’ils ne sont pas tous partis en vacances on les verra peut-être sur les plateaux de télévision nous expliquer non pas les causes du déraillement lui-même, mais excuser avec un grand sourire bienveillant ces « jeunes » « désœuvrés »… car oui, ma bonne dame, si les jeunes attaquent les pompiers c’est à cause de la crise, de l’urbanisme, des contrôles de police au faciès, de la pénurie de stages, des trains en retard…
Hier un train a déraillé, et c’est un drame national. Hier la société aussi a déraillé. Et c’est le drame dans le drame.

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