Pendant toute l’année 2013, les élites politiques et médiatiques ont appelé l’opinion à soutenir une intervention en Syrie pour renverser la dictature baassiste en place. Parmi ces interventionnistes, venus de droite comme de gauche, chacun proposait, qui d’envoyer des armes aux rebelles, qui d’envoyer des experts militaires pour aider les rebelles, qui d’envoyer des soldats, qui de bombarder les forces gouvernementales. Une cacophonie interventionniste, bienveillante naturellement. Au nom du droit d’ingérence.

Pendant longtemps, la question du mélange des jihadistes fondamentalistes et des rebelles démocrates fut éludée. Quand elle est apparue évidente, les voix appelant à l’intervention se sont faites plus discordantes. Pourtant, même au sein du gouvernement, ministre des Affaires étrangères en tête, l’appel au soutien actif à la rébellion s’est fait entendre.

Laurent Fabius s’est fait entendre et il a même très bien été entendu. Selon le Ministère de l’intérieur, plus de 700 français ont quitté la France pour s’enrôler dans les rangs de la rébellion, aux côtés des jihadistes.

Plusieurs pères de famille s’en sont inquiété et certains ont réussi à récupérer in extremis leurs enfants partis en Syrie. Ils sont aujourd’hui de retour en France, entendus par la justice qui veut les inculper « d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme ». D’autres sont actuellement jugés en correctionnelle pour le même motif.

Une question se pose aujourd’hui. Qui sont les malfaiteurs ? Qui sont les apprentis terroristes ? Ceux qui sont partis en Syrie la fleur au fusil et dans la barbe ? Ou ceux qui jour après jour les y ont encouragés sur les ondes, à la télévision, au gouvernement ?

Un gouvernement qui joue les boutefeux, qui soutient la rébellion et qui ose accuser ceux qu’il a conduit à s’enrôler dans la rébellion d’être des malfaiteurs et des terroristes ? Un gouvernement qui s’est activé tout a long de 2013 sur le front de l’interventionnisme en Syrie via le ministère des Affaires Etrangères et qui s’active en 2014 sur le front de la répression des soldats perdus du jihad, via le ministère de la Justice. Quelle responsabilité ! Je n’aimerais pas être à leur place.

*Photo : AP21512995_000001. Anonymous/AP/SIPA.

Lire la suite