Quelque chose ne va pas. La voix est trop pure, le visage trop gracieux. À 17 ans, un garçon ne chante pas que des cantiques. L’adolescent va nécessairement se frotter à la brutalité et à l’imperfection du monde. Est-ce cette intuition qui saisit le spectateur, dès la première scène de Sparrows, qui gouverne également la mère du jeune Ari et qui la décide à confier son fils à la garde de son père ? Sans doute a-t-elle de bonne raisons, objectives et professionnelles. Peut-être en a-t-elle d’autres, intuitives, inconscientes, comme une obligation anthropologique, un antique Femme, laisse aller ton fils !

Ari n’en a guère envie, et il le fait savoir. La mère est intraitable : le tout jeune homme doit quitter Reykjavik pour la région des Westfjords où son père l’accueillera d’une solide poignée de main. Pour le garçon, un tel retour vers sa ville natale est une catastrophe, une chute vertigineuse : du chœur de la cathédrale de Reykjavik à l’usine de congélation du poisson où, le temps d’un job d’été, il empilera des palettes. À Reykjavik, il était un ange ; ici, « il a la force d’une petite fille », comme le commente méchamment l’ouvrier âgé qui supervise son travail.

Sparrows de Rúnar Rúnarsson, encore dans quelques salles.

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