Du 18 au 20 octobre aura lieu la fête du livre de Saint-Etienne. Parmi les invités de cet événement, on citera notamment Daniel Foenkinos, Bernard Pivot et François Bégaudeau. Le journaliste et écrivain Daniel Riolo, que nous avions interrogé en juin dernier , devait aussi participer à la fête stéphanoise du livre. Mais il a été soudainement désinvité par l’organisatrice, sur demande expresse du maire de la ville. Quel est donc le crime commis par Riolo qui lui vaut d’être interdit de salon ? Ce sont deux ou trois tweets commentant ironiquement la piteuse élimination des Verts en tour préliminaire de coupe d’Europe contre le club danois d’Esjberg. L’édile socialiste Maurice Vincent justifie ainsi cette décision : le journaliste aurait offensé les citoyens de sa bonne ville et sa sécurité ne serait pas assurée à la fête du livre. L’affaire a même été évoquée en conseil municipal puisque l’ancien joueur Patrick Guillou, aujourd’hui consultant télé et citoyen de la ville, a interrogé le maire, lequel a réitéré ses arguments.

Que sa décision piétine la liberté d’expression ne semble pas gêner le maire de Saint-Etienne. La sécurité du journaliste a bon dos. Elle cache mal le souci premier de Maurice Vincent, les élections municipales qui approchent. Que ne dirait-on pas en ville si le premier magistrat ne défendait pas l’honneur de ses habitants-supporters ainsi offensés ? On pourrait lui répondre que faire de sa ville un laboratoire de la censure ne serait pas inscrit à l’actif de son bilan.

Nous en appelons solennellement à Bernard Pivot, ami de la liberté, supporteur des Verts et féru utilisateur du réseau twitter. L’ancien animateur d’Apostrophes, qui  vient  présenter son livre Les tweets sont des chats, ne peut rester insensible à cette situation ridicule, qui fait honte à la cité forézienne. Informé de cette affaire, nous ne doutons pas qu’il se joindra à nous pour réclamer que Maurice Vincent revienne à la raison.

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