Photo : bog august

Dans l’habituel maquis de la rentrée littéraire, il y a peut-être une piste à suivre : celle du roman du réel que les Américains, toujours pragmatiques, ont appelé « non-fiction novel », littéralement le « roman non fictionnel ». Alors que paraissent en moins de deux mois 654 romans français et étrangers[1. Cela paraît comme d’habitude démesuré, mais c’est le chiffre le plus faible depuis dix ans. La crise est aussi passée par là.], il faut tout de même tenter de guider le lecteur hors des sentiers battus et rebattus de l’autofiction parasitaire, du roman historique aseptisé, du roman psychologique immuable depuis Paul Bourget et du roman sociétal qui prétend parler de la réalité mais qui est incapable d’en révéler la vérité. « Un roman, c’est un miroir que l’on promène le long d’un chemin », disait Stendhal. À en juger par le destin de ce qu’on appelait jadis le roman réaliste, on se dit que notre époque ne doit guère avoir envie de se voir en face.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Jérôme Leroy
Écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur. Derniers livres parus: Nager vers la Norvège (Table Ronde, 2019), La Petite Gauloise (Folio Policier, 2019)
Lire la suite