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31 octobre : les lycéens ne lâchent rien et Beauvau redoute un Halloween sous tension


31 octobre : les lycéens ne lâchent rien et Beauvau redoute un Halloween sous tension
A person holds a protest sign that reads: The real vandals wear suits on October 24, 2026, in the city center of Toulouse in southern France, The scene takes place during a major day of national mobilization in France against the high cost of living and in support of the high school and university student movement. Un personne tient une pancarte de revendication ou il est ecrit, les vrais casseurs sont en costard le 24 octobre 2026 dans le centre ville de Toulouse dans le sud de la France pour une grande journee de mobilisation nationale en France contre la vie chere et en soutien au mouvement lyceen et etudiant.//SCHEIBER_scheiber0340/Credit:Frederic Scheiber/SIPA/2610261619

Matignon avait probablement espéré acheter un peu de calme avec la refonte de Parcoursup, des postes supplémentaires et des classes de seconde moins chargées. Les organisations lycéennes et étudiantes ont entendu les annonces, mais maintiennent leurs appels à manifester le 31 octobre et le 5 novembre. Problème supplémentaire pour le gouvernement : la prochaine journée tombe un soir d’Halloween et le mot « Purge » circule déjà sur les réseaux. Laurent Nuñez prépare un dispositif « extrêmement robuste ».


Les lycéens ont obtenu des concessions et ne semblent pas décidés à s’en contenter. Après plusieurs semaines de blocages et de manifestations, Sébastien Lecornu a reçu lundi leurs représentants à Matignon. Le gouvernement a promis de revoir Parcoursup, de revenir sur des suppressions de postes, d’en créer de nouveaux et de réduire progressivement la taille des classes de seconde. Sur le papier, ce n’est pas rien. Politiquement, cela n’a pas suffi à refermer la séquence.

Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens !, a résumé l’état d’esprit sans beaucoup de détours : « Tout n’est pas encore satisfait et nous irons au bout. » Deux nouvelles dates sont donc maintenues, le 31 octobre puis le 5 novembre. Le même responsable estime même que le mouvement a déjà remporté une première victoire en installant « la peur du gouvernement ». C’est évidemment une manière militante de présenter les choses, mais les annonces successives de Matignon montrent au minimum que l’exécutif a compris qu’il ne pouvait plus traiter la colère lycéenne comme une agitation passagère.

Purge d’Halloween et mouvements lycéens : le phénomène déborde les seuls lycées

C’est d’ailleurs l’un des problèmes de l’exécutif. Le mouvement du mois d’octobre n’est plus seulement scolaire. Des étudiants, des syndicats, des gilets jaunes et des collectifs aux revendications très différentes se sont greffés aux journées de mobilisation. Le pouvoir d’achat, les taxes, les conditions d’études ou le fonctionnement de Parcoursup se retrouvent dans les mêmes cortèges sans forcément former un programme commun.

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Emmanuel Macron a demandé jeudi que « le calme revienne » dans les établissements et que les cours reprennent normalement lundi. Les organisations de jeunesse, elles, continuent de préparer samedi. L’Union étudiante juge les concessions insuffisantes. Des représentants lycéens doivent en outre rencontrer Laurent Nuñez à Beauvau pour discuter du maintien de l’ordre. Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen, a déjà posé le ton : « On ne veut pas d’hommes armés face à des lycéens. »

Et maintenant, la « Purge »

Comme si la situation n’était pas assez compliquée, le calendrier ajoute une couche de tension. Le 31 octobre est Halloween. Laurent Nuñez a rappelé que la soirée est traditionnellement agitée et annoncé un dispositif de sécurité « extrêmement robuste ». Sur TikTok, X, Telegram et d’autres espaces, un mot revient : « Purge », en référence à American Nightmare, la série de films sanglante imaginant une nuit pendant laquelle tous les crimes seraient autorisés.

Il faut éviter de transformer une expression virale en plan insurrectionnel dont rien ne prouve l’existence. L’analyse des conversations en ligne réalisée par NSI-ADIT montre cependant que la référence circule réellement autour de « l’acte III » du 31 octobre. Et c’est précisément ce qui inquiète les autorités : un mot d’ordre n’a pas besoin d’un état-major pour produire des effets. Il peut agréger des groupes sans lien entre eux, attirer ceux qui viennent chercher l’affrontement et donner une bannière commune à des violences dispersées.

La France a déjà connu cette mécanique. À Halloween 2018, un adolescent avait lancé sur Snapchat un appel à une « purge » visant notamment les policiers. Il avait ensuite expliqué qu’il s’agissait d’une mauvaise plaisanterie. Le message avait néanmoins été suffisamment partagé pour entraîner un important dispositif de sécurité et des incidents dans plusieurs villes.

Après le 17 et le 24 octobre, personne ne veut prendre le risque

Beauvau a surtout en tête les deux samedis précédents. Le 17 octobre a été marqué par des violences importantes et par de vives critiques sur le dispositif policier. Le 24, le gouvernement a estimé avoir mieux maîtrisé la situation, mais 1 435 personnes ont tout de même été interpellées. M. Nuñez a fait état de centaines de blessés parmi les forces de l’ordre et les manifestants.

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Samedi, les policiers devront composer avec des publics très différents : des lycéens venus défendre leurs revendications, des étudiants, des gilets jaunes, des militants syndicaux, des groupes plus radicaux et, le soir, les foules habituelles d’Halloween. La préfecture de police a déjà rappelé les règles concernant la dissimulation du visage et le port d’objets pouvant être confondus avec des armes.

Le plus ironique pour le gouvernement est que ses concessions peuvent encourager les manifestants à poursuivre. Si plusieurs semaines de pression ont obtenu des postes et une remise à plat de Parcoursup, pourquoi s’arrêter maintenant ? C’est le calcul assumé d’une partie des organisations. La « Purge », elle, reste pour l’instant surtout un récit de réseaux sociaux. Mais après un mois d’octobre aussi tendu, personne à Beauvau n’a envie de découvrir samedi soir qu’un récit viral peut devenir une prophétie autoréalisatrice.



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