Accueil Tendances Sabotage des trains à Toulouse, mairie incendiée à Limoges : le retour du terrorisme d’ultragauche ?

Sabotage des trains à Toulouse, mairie incendiée à Limoges : le retour du terrorisme d’ultragauche ?


Sabotage des trains à Toulouse, mairie incendiée à Limoges : le retour du terrorisme d’ultragauche ?
The roof and bell tower of Limoges town hall collapsed after the historic 19th-century building was engulfed in flames at the end of a demonstration on Saturday, October 17. Radical individuals set fire to the building during unrest following the protest, causing extensive damage to the landmark.//LERVALYAN_LERVAL1071/Credit:Yann Lerval/SIPA/2610180805

Le trafic ferroviaire est fortement perturbé autour de Toulouse après un acte de malveillance. Deux jours plus tôt, un militant d’ultragauche fiché S était arrêté dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges. Les deux affaires sont distinctes et, à ce stade, rien ne permet d’attribuer le sabotage ferroviaire à cette mouvance. Mais l’enchaînement ravive le spectre d’une violence politique visant les infrastructures et les symboles de l’État.


Nouvelle matinée noire pour les voyageurs toulousains. La circulation des trains a été interrompue ou fortement perturbée sur plusieurs axes autour de Toulouse-Matabiau après ce que la SNCF qualifie d’« acte de malveillance ». La nature exacte des dégradations et l’identité de leurs auteurs restent à établir. Il serait donc prématuré de présenter l’affaire comme une action de l’ultragauche. Mais le sabotage intervient dans une séquence où cette mouvance est de nouveau au centre de plusieurs enquêtes.

Sabotage et terrorisme d’ultragauche : le précédent des Jeux olympiques

Le rapprochement avec l’été 2024 vient immédiatement à l’esprit. Dans la nuit précédant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, plusieurs installations stratégiques de la SNCF avaient été attaquées presque simultanément. Des câbles indispensables au réseau avaient été endommagés ou incendiés et environ 800 000 voyageurs avaient subi les conséquences de cette opération coordonnée. L’hypothèse de l’ultragauche avait été étudiée par les enquêteurs, sans qu’une responsabilité judiciaire définitive de cette mouvance ait été établie.

L’intérêt de certains courants anarchistes insurrectionnels pour les infrastructures est ancien. Dans L’Insurrection qui vient, texte attribué au Comité invisible, la société moderne est décrite comme dépendante de flux permanents – transports, énergie, communications – et le blocage de ces flux comme un levier de rupture politique. L’idée est moins de conquérir directement l’État que de désorganiser les réseaux dont dépend la vie quotidienne afin de créer une situation de crise. Ce rappel doctrinal ne prouve évidemment aucun lien avec Toulouse. Il explique en revanche pourquoi la coupure des transports, de l’électricité ou des télécommunications est régulièrement examinée sous l’angle de l’insurrectionnalisme anarchiste.

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Terrorisme d’ultragauche, incendies et sabotage : à Limoges, un suspect fiché S

L’affaire de Limoges donne à ces interrogations une dimension plus concrète. Mardi, le Raid a interpellé un homme de 34 ans présenté par plusieurs sources policières comme un activiste d’ultragauche fiché S. Il est soupçonné d’avoir participé à l’incendie volontaire de l’hôtel de ville pendant les violences du 17 octobre. La sous-direction antiterroriste a été saisie. Le maire Guillaume Guérin affirme pour sa part que plusieurs centaines de militants d’ultragauche avaient infiltré la manifestation et que l’attaque de la mairie avait été préparée. Ces déclarations restent celles du maire et l’enquête doit déterminer les responsabilités individuelles.

Le profil du suspect retient l’attention des enquêteurs. Déjà connu pour des violences contre des personnes dépositaires de l’autorité publique, il appartient selon les informations policières disponibles à la mouvance d’ultragauche. Son environnement familial a également été évoqué dans la presse : son père a été condamné pour plusieurs incendies visant notamment des véhicules d’Enedis, un émetteur TDF et une antenne-relais. Cela ne permet ni de déduire une responsabilité du fils des actes du père, ni de conclure à l’existence d’une organisation familiale. Mais la récurrence de cibles liées aux institutions et aux infrastructures alimente les interrogations des services de sécurité.

Parler déjà d’un « retour du terrorisme d’ultragauche » serait donc une hypothèse, pas un constat judiciaire. La saisine de la SDAT à Limoges montre toutefois que la piste est prise au sérieux par l’État. Entre l’incendie d’un hôtel de ville, les précédents ferroviaires et une culture insurrectionnelle qui fait du sabotage des réseaux un outil politique, la question revient avec une force nouvelle : assiste-t-on à la résurgence d’une violence anarchiste susceptible de franchir le seuil du terrorisme ?



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