Le billet du vaurien


Brassaï disait que bien plus qu’un roman sur la jalousie, l’amour, le temps ou la mémoire involontaire, La Recherche était un traité sur le sadisme. À une nuance près, et, sur laquelle Proust reviendra souvent, à savoir que seul un être vertueux, pétri de bons sentiments, peut devenir sadique, ou, comme il l’appelle, « un artiste du mal », ce qu’une créature entièrement mauvaise ne pourrait pas être, car le mal lui semblerait tout naturel. N’ayant ni le culte de la vérité, ni la mémoire des morts, ni la tendresse filiale, « il ne trouverait pas un plaisir sacrilège à les profaner. »

A lire ensuite: Proust: le scandale du prix Goncourt 1919

Sur la profanation, inutile de rappeler l’épisode de l’amie de Mademoiselle Vinteuil crachant sur la photo de son père, scène romanesque qui préfigure celle, bien réelle, où Proust incite dans un bordel pour hommes de petites frappes à cracher sur les portraits de sa mère.

Proust avait d’ailleurs rêvé d’écrire une pièce de théâtre sur le thème du sadisme. Et gardons-nous d’oublier l’article qu’il donna au Figaro sur « Les

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