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Pour une droite lyrique et une gauche moisie

Pour une droite lyrique et une gauche moisie

C’est une question de langue, de cœur et d’oreille.
Et une fausse idée que l’on se fait généralement de ce qu’est un préjugé.
Il y aurait lieu de rire et de se déprendre de certaines torsions de l’oreille, du cœur et de la langue.
Qui nous font vitupérer sans fin
la “gauche lyrique”
la “droite moisie”.
Mon propos n’est aucunement de faire ici l’éloge du lyrisme et de la moisissure, qui sont tous deux, à l’évidence, choses rebutantes.
Flétrissons le lyrisme !
Flétrissons la moisissure !
Mais non la “gauche lyrique”
La “droite moisie”.
Car il n’existe absolument aucun lien logique impliquant de manière nécessaire et démontrable
qu’un homme de gauche soit lyrique
qu’un homme de droite soit moisi
ni qu’un homme narcissique soit de gauche
ou qu’un être poussiéreux du concept soit de droite.
Pas plus qu’il n’existe de lien logique impliquant de manière nécessaire, contraignante et démontrable
qu’un procureur de la République soit adultère
qu’un homme adultère soit procureur de la République
qu’un sportif aime le miel
ou qu’un criminel soit fatalement adepte du jardinage
et un adepte du jardinage fatalement criminel.
Le lyrisme et la moisissure de l’esprit sont des attitudes existentielles autonomes
parfaitement indépendantes du politique, de toute appartenance politique.
Le Bien transcendant et indémontrable chanté par le lyrisme peut certes être la Révolution ou la transformation illimitée de la société,
mais il peut tout aussi bien être la Nation, l’ordre, la tradition ou, pour les plus farceurs, la main invisible du Marché.
En bataillant avec panache et humour contre la bêtise des idées reçues de gauche, il est arrivé quelquefois à certains membres de la nébuleuse des dits Nouveaux réactionnaires français (dont le Ben Laden n’est autre que Philippe Muray et le Mollah Omar Alain Finkielkraut, que je chatouille ici tous deux, humblement et respectueusement, sous les bras) de laisser se glisser au milieu de mille pensées vivantes et se-faisant quelques idées assises et toutes-faites, qui sont aussi aujourd’hui des idées reçues.
Grâce aux œuvres de l’odieuse nébuleuse, les griefs sans aucun contenu politique adressés à la droite par la non-pensée de gauche sont désormais bien connus :
la droite est figée
(frileuse, poussiéreuse, rancie, repliée, ratatinée, moisie, conformiste et débordante de préjugés, archaïques ou moyenâgeux)
la droite est intolérante
(boursouflée de refus de l’altérité, de l’Autre et parfois même de ses différences)
la droite est sans cœur
(cynique, froide, insensible, égoïste, inhumaine et ignominieusement décomplexée)
la droite porte atteinte à un odorat moral sain
(la droite la plus nauséabonde)
(Il est inexplicable qu’aucun parfumier postmoderne n’ait encore eu l’idée décalée de lancer le Parfum des années 30, accompagné d’une publicité où deux jeunes officiers nazis diablement homoérotiques se roulent une pelle.)


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