En 1997, Philippe Muray publie On ferme, la foisonnante exploration romanesque de son hypothèse de la fin de l’Histoire. Dans cet opus drolaticus maximus, il aborde également, et avec le même entrain ravageur, le pendant méconnu de la fin de l’Histoire – sa sœur jumelle, qu’il surnommait parfois la « fin de la géographie ».

Ectoplasme euphorique, négation ambulante de tout ailleurs, le touriste est naturellement l’agent historique de cette dévastation. Cet idiot inutile passe son temps à aller voir là-bas s’il n’y est pas. Et il y est. Toujours. Partout. Il n’y a que lui, bien sûr. Célébrant béatement l’ailleurs sans soupçonner un instant qu’il en est le fossoyeur fanatique.

 

On ferme, de Philippe Muray (Les Belles Lettres).

*Photo : lipjin.

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