Harvey Weinstein n’était qu’un amuse-bouche: le combat doit continuer. Trop de femmes sont encore les victimes du totalitarisme des hommes. Roland Jaccard appelle à une deuxième vague. Ennemis du second degré s’abstenir.


La parole des femmes s’est-elle suffisamment libérée ? L’arsenal juridique mis en place pour les défendre contre le harcèlement est-il adapté à des situations beaucoup plus retorses qu’il n’y paraît et qui profitent encore largement aux hommes ? Il faut y remédier au plus vite dans un souci de justice et d’égalité dont nous sommes encore à des années-lumière. Trop d’exemples me viennent à l’esprit pour que je les énumère tous. Je me bornerai à en citer trois.

Folie sexuelle

Le premier concerne l’homme qui incite, souvent insidieusement, sa compagne à consulter un psychiatre ou un psychanalyste, l’amenant ainsi à douter de son intégrité psychique. Une stratégie habile pour asseoir son pouvoir sur elle, voire pour s’en débarrasser, car chacun sait que les psys ne lâchent pas souvent leur proie, certains prétendant même que toute forme de sexualité est harcelante et ne se gênant pas pour mettre des théories fumeuses au profit de leur libido. L’époux ou l’amant qui use de moyens aussi perfides pour assujettir un être d’une sensibilité si délicate ne mériterait-il pas d’être lui aussi poursuivi par la justice ?

Pour un délit de mendicité sexuelle

Deuxième exemple. Toutes les femmes savent d’expérience qu’elles ont été soumises à un chantage odieux du genre : si tu ne veux pas te donner à moi c’est parce que je suis noir, arabe, juif, blanc infirme ou déclassé socialement, leur a laissé entendre le vil séducteur. Jouant sur une corde sensible, celle de la culpabilité, elles se sont parfois laissé entraîner dans des relations tortueuses où la prétendue victime devenait leur bourreau. Il serait temps d’aborder ce sujet tabou et d’envisager un délit de « mendicité sexuelle ».

Le syndrome de Macron

Troisième exemple. Les adolescentes, par manque d’expérience, malice ou curiosité malsaine, sont des proies faciles pour des prédateurs qui  ont l’âge de leur père. Les pédophiles sont à juste titre punis, mais qu’en est- il des vieux beaux qui attendent, tels des vampires assoiffés de sang, que leurs  futures victimes aient atteint la majorité sexuelle ? Certes, il peut y avoir une attirance réciproque, mais le rapport de force est toujours du côté de l’homme. Et c’est bien cela qui est intolérable. Là aussi la justice devrait pouvoir intervenir. Que dis-je ? Elle le doit. J’ai vu trop de destins brisés de jouvencelles naïves et passionnées pour ne pas m’indigner. D’autant que sur le thème : « Blanches colombes et vilains messieurs », le cinéma n’a cessé de faire une propagande éhontée pour des rapports entre de pures jeunes filles et de vieux baroudeurs. Peut-on laisser les choses en l’état quand, comme le président Macron, on met la cause des femmes au centre de nos préoccupations ? Qu’un vieux porc comme Donald Trump dirige les États-Unis en dit long sur les combats que nous avons à mener. Ne tardons pas !

L’amour est enfant de bohème…

Et poussons la logique à son extrême. Par viol, on entend généralement un acte sexuel imposé par la force et punissable par la loi. Mais le violeur ne s’approprie que le corps de sa victime, qui résiste mentalement. Il arrive cependant que certains aillent au-delà de la contrainte corporelle et que, avant même de passer à l’acte, ils amènent insidieusement la victime à y consentir et même à les désirer. Une telle emprise, qui n’est pas seulement physique mais psychique, et qu’on appelle communément l’amour, constitue en vérité un viol aggravé et devrait être doublement punissable.

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