Je prie tous les fervents catholiques actifs ou passifs de cet honorable site de me pardonner cette ingérence dans les affaires intérieures d’une confession qui m’est étrangère. Mais je suis certain qu’ils m’accorderont leur miséricorde après avoir pris connaissance des motifs de cette impertinence.
Comme tout le monde, y compris Bernard Guetta, je suis avec attention le processus qui devrait conduire, dans quelques jours, le cardinal Jean-Louis Tauran à se présenter devant la foule rassemblée place Saint Pierre pour le fameux « Habemus papam ! ». C’est tout de même  le seul événement people majeur et mondialisé qui peut se mesurer à l’élection présidentielle des Etats-Unis !
Faisant confiance à mon ancien camarade de galère Henri Tincq, le plus brillant chroniqueur religieux que Le Monde ait abrité, j’ai pris connaissance du tiercé des favoris pour succéder à Benoît XVI.
Je m’avoue bien incapable de porter un jugement politique, et encore moins théologique sur Angelo Scola, Christophe Schönborn ou Marc Ouellet. Alors, à quel saint se vouer pour effectuer un choix ? La nationalité ? Elle m’incite à pencher vers le Québécois par solidarité francophone, tabernac’ ! Mais on n’est jamais si bien trahi que par les siens, et un pape francophone fera tout pour faire oublier cette affinité avec une nation en voie de déchristianisation accélérée. J’ai plutôt de l’estime pour Christoph Schönborn, archevêque de Vienne qui n’a pas hésité à lancer une enquête contre son prédécesseur accusé de pédophilie, qui fut bloquée par Rome sous le pontificat de Jean-Paul II. Mais qu’un Autrichien succède à un Bavarois à la tête du Vatican ne me semble pas très convenable. Reste Angelo Scola, que j’ai régulièrement tendance, par réflexe, à prénommer Ettore, ce qui montre à quel point son existence m’était étrangère jusqu’à ces derniers jours. La lecture de sa biographie m’a fait pencher de manière définitive en sa faveur. En effet, des trois favoris, il est le seul qui est plus âgé que moi. Or, on prend un coup au moral chaque fois qu’une personnalité plus jeune que vous accède à une charge majeure. En 1992, l’élection de Bill Clinton, de deux ans mon cadet, à la Maison Blanche m’avait brusquement fait prendre conscience du peu de choses que j’avais fait de mon existence. Un répit me fut accordé jusqu’en 2007, où le gamin Sarkozy me fit comprendre que jamais, même en rêve, je ne pourrais me voir à l’Elysée. Reste le pape, contre lequel je peux avoir une petite chance de rester dans ce bas monde un peu plus longtemps que lui. Allez Scola !

*Photo : Angelo Scola (CATECHISTA_2.0).

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