Une carte, datée de 1881, du projet de canal au Panama (Photo : SIPA.51063988_000001)

Nous avons un problème avec le Panama. Tous les cent ans à peu près, ce pays nous offre une de ses spécialités locales avec le coup d’État, le narcotrafic et la canne à sucre : le scandale. En 1891, Zola faisait du premier scandale de Panama qui faillit coûter sa peau à la Troisième République la matière de son roman L’Argent. On n’était plus, comme dans La Curée, dans la spéculation immobilière haussmannienne mais dans la pure manipulation financière, en l’occurrence une escroquerie à grande échelle de Ferdinand de Lesseps pour financer un canal encore virtuel : « Violemment, faites flamber un rêve à l’horizon, promettez qu’avec un sou on en gagnera cent, offrez à tous ces endormis de se mettre à la chasse de l’impossible, des millions conquis en deux heures, au milieu des plus effroyables casse-cou ; et la course commence, les énergies sont décuplées. »

La mécanique désirante qui préside à l’évasion fiscale aujourd’hui n’a plus le même objet mais demeure identique : « L’évasion fiscale fausse les règles du jeu face à l’impôt en installant un système à deux vitesses où les populations sont toujours les grandes perdantes. Son corollaire : la concentration des richesses dans les mains de quelques-uns », déclare ainsi une responsable d’Oxfam France.


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Jleroy
Écrivain et rédacteur en chef culture de Causeur. Derniers livres parus: Nager vers la Norvège (Table Ronde, 2019), La Petite Gauloise (Folio Policier, 2019)
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