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Quand Eric Dupond-Moretti fait de l’obstruction parlementaire…

Obstruction, amateurisme, fatigue, dégoût aussi : tel est le quotidien de l’Assemblée nationale. Et puis, de temps en temps, une petite victoire qui donne envie de repartir à l’assaut et de changer le monde. Finalement, c’est à ça que devrait servir la politique…


La République qui perd

28 février 2024, nouvelle onde de choc : le proviseur du lycée Maurice-Ravel (Paris) demande à trois élèves de retirer leur voile dans l’enceinte de son établissement. L’une d’elles refuse, provoquant une altercation. S’ensuivent des menaces de mort proférées à l’encontre du proviseur. Un triste et inquiétant goût de « déjà-vu ». Quelques jours plus tard, le proviseur quitte ses fonctions, « pour des raisons de sécurité » selon son entourage. Pour « convenances personnelles » selon le rectorat. Un terrible échec doublé d’un aveu d’impuissance…

Le 5 avril suivant, je suis invitée à fêter les dix ans du lycée Marc-Bloch à Sérignan, un village de ma circonscription à quelques kilomètres de Béziers. Les discours se suivent, mais peu abordent ce « djihadisme d’atmosphère » qui a causé le retrait du proviseur parisien. Tout juste si le nom de Samuel Paty est évoqué… Pourtant, quelques mois plus tôt, quelques jours après l’assassinat de Dominique Bernard, un professeur du lycée Marc-Bloch avait lui aussi été menacé de mort par un de ses élèves. Qui avait ensuite osé parler de « plaisanterie ». Drôle de plaisanterie, vous l’avouerez !

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Je ne peux m’empêcher de le rappeler, quitte à jouer les rabat-joie en ce jour d’anniversaire : « Nous vivons aujourd’hui dans un pays où Samuel Paty a été décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. Nous vivons dans un pays où Dominique Bernard a été égorgé pour avoir tenté de protéger ses élèves. Nous vivons dans un pays où un proviseur a dû se mettre en retrait après des menaces de mort parce qu’il avait simplement, uniquement demandé à une élève de respecter la loi. Et malheureusement, chaque fois, c’est la République qui a perdu. » Certains, gênés, regardent ailleurs…

Amateurisme

Mardi 2 avril, Gérald Darmanin annonce sur X : « Tôt ce matin, trois nouvelles opérations antidrogue “Place nette XXL” ont été lancées à Toulouse, Strasbourg et Nantes : des dizaines d’interpellations judiciaires seront effectuées. Notre détermination à lutter contre la drogue, ses réseaux et son argent sale est totale, loin des discours défaitistes. » Petit hic ou grosse bourde, l’opération de Strasbourg n’est prévue que pour… le lendemain ! Le syndicat Unité SGP Police évoque un gros couac : « Annoncer une opération avant qu’elle ait commencé sur Strasbourg inquiète les collègues, car ils seront attendus lors de leurs opérations à venir »… Heureusement, les dealers ne semblent pas fréquenter les mêmes réseaux sociaux que le ministère de l’Intérieur qui a pu annoncer dès le lendemain que « les six interpellations prévues ce matin [mercredi] ont bien eu lieu. L’opération n’a été en rien perturbée par l’annonce du ministre. » Emmanuel Macron disait à ses députés : « Soyez fiers d’être des amateurs ! » Il a visiblement été entendu.

Prison

Mardi 2 avril, mon tour est venu de poser une question au gouvernement. L’exercice n’est pas toujours facile. Il faut savoir « doser » son attaque. Si vous êtes trop agressif envers le ministre que vous interrogez, vous avez peu de chance d’obtenir une réponse et encore moins gain de cause. D’un autre côté, les questions « cire-pompes » des députés de la majorité sont des plus agaçantes…

Ce jour-là, ma question s’adresse à Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux. Cela fait deux ans que j’essaie d’obtenir, pour la prison de Béziers, un système de brouillage antidrones. En effet, le quotidien des agents pénitentiaires comme celui de nos polices – municipale et nationale – est pollué par les trafics incessants de colis livrés chaque jour par drone au-dessus des murs du centre pénitentiaire. Pour le seul mois de septembre 2023, près d’une trentaine de colis ont été récupérés, dont un contenait plus de 100 grammes de cocaïne. Plus de 700 grammes de cannabis ont également été saisis, ainsi que de nombreux téléphones, cigarettes, victuailles et même un couteau en céramique. Les quantités non interceptées seraient en réalité entre deux et quatre fois plus importantes, si l’on en croit les gardiens.

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La réponse du ministre est positive ! Eurêka ! Il m’annonce que la visite technique d’implantation du système de brouillage est fixée au 30 avril 2024. Ce sont des victoires comme celles-là qui vous réconcilient avec la politique. Et on en a besoin.

Obstruction

Ce jeudi 4 avril 2024, c’est le jour de la « niche » écologiste. Pour mémoire, une « niche » parlementaire est une journée réservée aux groupes minoritaires ou d’opposition pour défendre leurs propositions de loi à l’Assemblée. La niche commence le matin à 9 heures et s’achève obligatoirement à minuit. Ce jour-là, deux textes sont adoptés : le premier sur les risques liés aux polluants éternels et le second sur les prix planchers pour les agriculteurs. L’examen du troisième texte peut commencer : une proposition de loi « pour un article 49 respectueux de la représentation nationale ». L’idée pour les écologistes est tout simplement de supprimer le désormais célèbre article 49.3… On ne saura malheureusement jamais ce que les uns et les autres pensent de cette réforme, le garde des Sceaux ayant monopolisé le temps restant en parlant plus de trente minutes à la tribune. Provoquant du même coup l’ire du couple Corbière-Garrido. Quelques noms d’oiseaux ont volé… Il n’y a pas que les parlementaires qui peuvent faire de l’obstruction !

Non-inscrits

Et de sept ! Il ne l’a pas ébruité, mais je m’en doutais… Julien Bayou (écologiste) vient de rejoindre le cercle très restreint des députés non-inscrits. Nous avions démarré le mandat à quatre mais, peu à peu, pour des raisons plus ou moins honorables, d’autres nous ont rejoints. Et découvrent le prix de la liberté. Celle des non-encartés, qui demande plus d’assiduité, plus de travail, plus de responsabilités aussi, puisque nous votons selon notre conscience et nos convictions, et non comme le président d’un groupe pourrait nous l’intimer. Pas sûr que cela mette Julien Bayou à l’abri des foudres de ses ex-collègues, lui qui a démissionné à la fois de son parti et de son groupe parlementaire. Il se dit « épuisé », « à bout » et dénonce « une pression psychologique insoutenable », lui qui est accusé de « violences psychologiques » par son ex-compagne. Une justice parallèle interne chez les écolos qui fait froid dans le dos…

L’Éthique de Spinoza en son temps: un passionnant périple européen

Dans son dernier livre, Mériam Korichi nous raconte le périlleux voyage de Ehrenfried Walther von Tschirnhaus dans une Europe encore superstitieuse. Il est alors muni de L’Éthique, de Spinoza, un manuscrit encore secret qui va changer le monde…


La philosophie du XVIIe siècle en Europe reste cette initiative majeure dans la pensée, en direction de la connaissance. C’est le moment où des savants d’exception se sont donné les moyens d’une révolution dans l’esprit, faisant vaciller la métaphysique sur ses bases, pour tenter d’octroyer à l’homme une place souveraine dans un monde nouveau. Il est certain que le Discours de la Méthode de Descartes, publié en 1637, fut fondateur, et ouvrit, dans la foulée, la possibilité à tant de grands noms de s’illustrer dans cette recherche. Citons seulement Pascal, à la génération suivante, lecteur assidu de Descartes (et de Montaigne) ‒ et bien sûr Spinoza, que l’histoire de la philosophie n’a pas bien traité jusqu’à il y a peu, mais qui est en passe de revenir au premier plan, notamment en France.

Les découvreurs de vérité

C’est dans ce climat de redécouverte de Spinoza que Mériam Korichi, philosophe et écrivain polygraphe, publie un passionnant ouvrage, Spinoza Code. Elle centre son propos sur l’Éthique, que Spinoza écrivit à la fin de sa vie, et qu’il n’osa pas publier de son vivant, du fait du règne de la superstition religieuse qui sévissait alors et qui pouvait vous faire jeter en prison en un rien de temps.

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Mériam Korichi décrit ce petit monde européen des savants et des philosophes qui, d’Amsterdam à Londres, et de Paris à Rome, s’envoyait force lettres avec la fébrilité des découvreurs de vérités. Pour ce qui est de Spinoza, sa correspondance illustre sa prodigieuse activité intellectuelle. La plupart de ses correspondants appartenaient à des aréopages distingués, comme la Royal Society à Londres ou encore l’Académie royale des sciences à Paris.

Tschirnhaus

Évoluaient dans cet univers très fermé des individus certes fascinants, mais parfois un peu troubles, comme Nicolas Sténon, né au Danemark, fixé d’abord à Florence, et qui, lui, étudiait la structure de la matière. Il se convertira plus tard au catholicisme romain et préférera poursuivre une carrière dans l’Église. Il y a surtout, pour ce qui nous intéresse, Tschirnhaus, jeune baron natif de Haute-Lutace, « un fief germanique en terres slaves ». Il a fait ses études à Leyde, lit Descartes avec passion et se présente comme mathématicien. Il a décidé de consacrer sa vie à la recherche. « Il ne veut pas prendre en charge, écrit Mériam Korichi, les affaires du domaine familial, et ne veut pas se marier, contrairement aux souhaits de sa famille. » Et d’ailleurs : « Il vient tout juste de faire parvenir à Spinoza une lettre sur le libre arbitre. » Un échange s’établit entre les deux hommes, dans lequel Spinoza entreprend de réfuter le cartésianisme de Tschirnhaus. Il cherche à lui faire admettre « la puissances des principes de sa philosophie nouvelle ».

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Spinoza a fait lire à Tschirnhaus le manuscrit de l’Éthique, « un texte vivant, comme le décrit Mériam Korichi, dans un état à la fois fini et transitoire, à la structure stable, solide, et cependant toujours susceptible d’être raturé ou reformulé ici ou là ». Cela tombe bien, car Tschirnhaus a réussi à persuader son père de lui laisser assez d’argent pour entreprendre le Grand Tour en Europe. Tschirnhaus compte visiter les principales capitales et y rencontrer les plus fameux philosophes et savants. En même temps, il pourra tâter le terrain, à propos de Spinoza, et voir s’il peut soumettre le manuscrit explosif de l’Éthique à tel ou tel de ses interlocuteurs.

Un mal sans remède ?

Tschirnhaus arrive à Rome en mars 1677 et s’installe Piazza Navona. Il y apprend la mort de Spinoza, survenue en février, ce qui change considérablement la donne. Les amis du philosophe, en Hollande, vont procéder à la publication anonyme de toutes ses œuvres, y compris de l’Éthique. Ce qui ne veut pas dire que le manuscrit que porte encore sur lui Tschirnhaus n’est plus dangereux, surtout à Rome. Tschirnhaus décide donc de s’en débarrasser, et le confie aurécemment converti Nicolas Sténon, en août 1677. La réaction de celui-ci est immédiate, nous dit Mériam Korichi, « il va prévenir sans délai toute diffusion épidémique de ce mal, qui serait sans remède s’il venait à se répandre. Tout juste chargé de sa nouvelle mission apostolique, il semble à la fois avoir reçu un coup très rude et paradoxalement se ressource à l’idée de cette mission providentielle et impossible. »

L’ouvrage de Mériam Korichi nous plonge avec beaucoup de talent dans cette période privilégiée de l’histoire européenne. Y revenir procure à chaque fois une même sensation de fraîcheur, une même « joie », pour parler comme Spinoza. Car nous sommes issus de ce monde classique cartésien, y compris dans sa variante spinoziste. Face au choc d’une modernité faite de ténèbres, ils sont désormais nombreux ceux qui l’affirment : l’Éthique de Spinoza restera notre salut !

Mériam Korichi, Spinoza Code. Éd. Grasset, 2024.

Spinoza Code

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La veuve et l’écrivain

Richard Millet nous reparle notamment du monde paysan français tombant dans l’oubli avec son nouveau et très sombre livre…


Richard Millet redonne vie à son double littéraire Pascal Bugeaud, né de père inconnu et non désiré par sa mère. Nous avions appris à le connaître dans le roman sombre et sublime, Ma vie parmi les ombres (Folio 4225) dont il convient, ici, de rappeler l’incipit : « Après moi la langue ne sera plus tout à fait la même. Elle entrera dans une nuit remuante. Elle se confondra avec le bruit d’une terre désormais sans légendes. Les langues s’oublient plus vite que les morts. » Nous étions en 2003, et découvrions le style puissant, avec sa phrase ductile, son mot efficace, comme le clou planté dans le cercueil, de l’écrivain Richard Millet. Le temps d’une nuit noire propice à l’angoisse, comme il en existe si souvent, l’hiver en particulier, sur les hautes terres limousines, Bugeaud, pour sa jeune amante, évoquait le passé de la terre de ses ancêtres, des lieux et un monde disparu, ajoutant, précision poignante : « puisqu’ils n’existent que dans la mesure où on parle d’eux ».

Un monde et des valeurs qui disparaissent

Dans son nouveau récit, Ozanges, Pascal Bugeaud, donc, confirme la dilution du monde paysan, de ses valeurs liées à l’effort, à la modestie, et au silence. Il n’est pas même question de remplacement ; ou alors il faudrait considérer les éoliennes qui ruinent le paysage de son enfance, comme les remplaçants du peuple des ombres. Nous le retrouvons sur le quai d’une gare limousine ; il fait « un froid de gueux », comme aurait pu dire ma mère, les flocons de neige tournent sur eux-mêmes avant de se poser sur la boue ; il est attendu par une jeune femme en long manteau de vison et gants rouges qui lui donnent « quelque ressemblance avec Delphine Seyrig, dans l’Année dernière à Marienbad ». Elle possède de beaux « yeux tantôt noir ou vert sombre ». Elle est veuve, apprend-on, mère d’un fils, semble-t-il, mutique. Elle est d’origine tchèque, de Moravie précisément ; elle se prénomme Milanka, son rire est clair comme celui des femmes vives. Son mari est mort accidentellement ; le château d’Ozanges lui appartenait ; bientôt il reviendra à sa famille.

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Ce sont les livres de Bugeaud qui ont réuni ces deux solitudes déracinées, dans un décor médiéval, oserais-je écrire anachronique, comme sorti d’un roman d’Alain Robbe-Grillet, même si l’écrivain nous affirme que Milanka est davantage une créature nervalienne, une « fille de feu », absolument pas figée par le froid. Ne cherchez pas le château d’Ozanges aux neuf chambres, dont trois seulement sont occupées par la veuve, sans cave, car construit le long de la Sarsonne bordée de grands hêtres : il n’existe pas sous ce nom. Mais Bugeaud est bien le double de Richard Millet. On retrouve les thèmes de l’auteur de La confession négative : le français, langue morte ; la fatigue du sens ; l’enfermement du sujet dans une citadelle intérieure ; la mélancolie transmise par la mère ; l’obsolescence désormais de tout écrivain. Extrait : « Je me terrais au plus silencieux de moi-même – j’étais ma propre taupe, avec dans le museau l’avant-goût de la terre où gésir, faute d’être la cantatrice d’un peuple de souris ni un artiste de la faim, que mon ventre tendît à m’en persuader, à cette heure de la journée, et encore moins un joueur de flûte guidant des hordes de rats hors de Hameln pour les noyer dans la Weser : je n’avais, moi, que la Vézère, et rien d’autre à noyer que ma propre personne. »

Seul et insomniaque

Pascal Bugeaud se retrouve seul dans le château, Milanka allant dormir dans la maison de sa mère, accompagnée de son fils, à quelques kilomètres de la forteresse inexpugnable. Bugeaud ne trouve pas le sommeil. Il va allumer toutes les pièces ; la demeure devient hantée par l’écrivain en sursis. Nous sommes le témoin de la revisitation fantômale de son passé, sorte de miroir des limbes, dépourvue d’héroïsme, l’époque étant à la déconstruction et au renoncement. L’anéantissement du narrateur est à craindre, une fois arrivé devant la porte de la neuvième chambre. Nous sommes dans la nuit du vendredi au samedi, une nuit pascalienne inversée, où le cortège des spectres avance inexorablement sur une musique de Jean Sibelius. Il faut alors s’imaginer le château éclairé de l’intérieur, phare de la pensée cerné par le lait noir qu’il convient de nommer nihilisme, un Port-Royal granitique, où soliloque le dernier humaniste qui attend, sans la craindre, la marée montante du meurtre.


Richard Millet, Ozanges, EST-Samuel Tastet Éditeur.

Ozanges

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À noter que Richard Millet publie, chez le même éditeur, un recueil de poèmes, L’entrée du Christ dans la langue française.

Ma vie parmi les ombres

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L'Entrée du Christ dans la langue française

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Surprise: la gauche et Madame Taubira dénoncent le «Grand remplacement» !

Une partie de la presse et de la classe politique de gauche se met à parler comme Renaud Camus…


La Nouvelle-Calédonie s’embrase ; la réforme constitutionnelle proposant l’élargissement du corps électoral pour les élections provinciales à tous les citoyens résidant sur place depuis au moins dix ans est contestée par les indépendantistes, dans la violence et les exactions. Ils redoutent que celle-ci ne cause l’affaiblissement de leur poids électoral et ne minorise le peuple autochtone kanak au profit des Caldoches (issus de l’immigration européenne).

Quand la gauche perd ses repères

En ces tristes circonstances nous découvrons avec stupeur qu’une certaine partie de la gauche se met subitement à raisonner comme « l’essstrême droite ». On n’est pas rendu ; s’il nous restait quelques repères, fragiles, nous voilà sur le point de dévisser. À gauche, à propos des Kanaks (Français, au demeurant), on se met à penser en termes de nation, de culture, de peuple à part entière pour les définir de manière ethno-culturelle, quasiment raciale. La gauche accrédite ainsi, parce que ça l’arrange, la thèse sulfureuse du Grand remplacement.

Florilège : Marine Tondelier, la Secrétaire nationale des écologistes a dénoncé mardi, sur Franceinfo : « une humiliation » des Kanaks par « l’État colonial ». Elle a ensuite précisé : « l’orientation de cette réforme, c’était que les Kanaks aient moins de poids électoral (…) »   Andrée Taurinya, députée LFI, s’est aussi exprimée : « Tout le monde savait que mettre le peuple kanak en minorité sur ses terres conduirait à sa colère. » Fichtre ! Daniel Schneidermann, de Libération a posté sur X : « Un peuple vivait paisible sur une terre. Survint d’au-delà des mers un autre peuple, qui avait la légitimité du malheur et la force des armes. Kanaky, Palestine : colons bagnards, colons rescapés, ttes les différences du monde. Mais tant d’accents communs. » Bigre ! Renaud Camus, sortez de ces corps.

A lire aussi, Renaud Camus: « Une vérité n’est plus tout à fait une vérité s’il est interdit de la contester »

Le plus comique de cette tragique histoire, c’est que la gauche tient sa poétesse du Grand Remplacement en la personne de Madame Taubira. Remise de sa piteuse campagne électorale pour les présidentielles, elle vient de ressortir la lyre pour la mettre au service des Kanaks. L’aède du Maroni avait, on s’en souvient, confié à Augustin Trapenard avoir recours à la poésie pour convaincre, « quand ça tire de partout. » « Ce qui me vient alors, ça n’est pas une théorie philosophique, politique ou doctrinale, ce sont des vers cinglants ou attendrissants… En tout cas, c’est une parole de poète ou de poétesse, une image dessinée par les mots qui résume la situation ou qui éclaire ce que j’essaie de dire. » Ainsi, notre mâche-laurier n’a pu s’empêcher de rimailler, touchée au cœur par la sujétion des Kanaks qui n’est pas sans lui rappeler celle des Guyanais. En 2007, on s’en souvient, la dame avait déclaré à propos de la Guyane : « Nous sommes à un tournant identitaire : les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leurs propres terres. » Madame Taubira ne s’oppose donc pas à une définition ethnoculturelle de la Guyane, définition qui vaut aussi pour la Nouvelle-Calédonie. Elle ne condamne cette définition que quand il est question de la France métropolitaine.

Poésie « décoloniale » sur les réseaux sociaux

L’Inspirée s’est donc fendue sur X d’un poème en prose à la fois enfantin et pontifiant. L’objet littéraire, pompeusement intitulé : « Mon communiqué sur la situation en Nouvelle-Calédonie », expose tout d’abord la légitimité des Kanaks à ne pas vouloir se laisser envahir.

« Un peuple en ces lieux refuse de décliner, de dépérir, de s’éteindre.
Ou simplement de se faner, de renoncer à lui-même.
Ils sont ainsi, les peuples : attachés à leurs racines, leurs cultures, leurs mythes, leurs histoires, leur géographie (…) »

La poétesse aurait-elle été maraboutée par Éric Zemmour ? Puis la dame dont on sait qu’elle aimait Césaire ajoute, certainement pour apaiser la situation :

« On ne sort de l’histoire coloniale, de l’empire colonial, des séquelles coloniales, des vestiges coloniaux, des mécanismes et des engrenages, on n’en sort que par la rupture. »

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La pythonisse avisée poursuit, n’oubliant pas au passage, d’écornifler le gouvernement :

« La dénégation, candide ou lâche, n’est pas une voie. Les forfanteries d’État sont stérile provocation et infantilisme. Et dans ces cas-là, l’amateurisme est un cynisme. »

Et notre chantreresse conclut sa tirade d’élève de quatrième sur une véhémente affirmation de la solidarité universelle avec des kanaks en lutte contre le Grand remplacement.

« De partout nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui, là, maintenant, sur cette terre kanake en ébullition, envers et contre tout, refusent l’injustice et les inégalités, récusent ce destin de désespoir et de violence. Refusent de le subir. Refusent de l’infliger. Égalité et fraternité ?
Responsabilité. »

La gauche, pour le Bien de la France, pense donc comme « l’essstrême droite ». À condition, bien sûr, qu’il ne soit pas question de la Métropole.

Benoît Rayski, à l’affiche pour toujours

Le journaliste et écrivain Benoît Rayski est mort le 20 mars. Fils d’Adam Rayski, chef politique de l’Affiche rouge, il a entretenu la mémoire de la Résistance communiste. Mais nombre de ses confrères ne lui ont pas pardonné d’avoir « viré à droite ».


Du dernier « grand » France-Soir, sous Lazareff, au Matin de Paris de la Belle Époque, celle de Théret, puis de Max Gallo, pour qui il nourrissait une étonnante tendresse, de Passage, où il fut mon rédac’ chef, à Globe, où il avala quelques couleuvres du nom de Duras ou d’Arafat, de Causeur à Atlantico, Benoît Rayski fut un journaliste impénitent, obstiné, incapable d’indifférence à l’actualité et donc au monde.

Il fut aussi l’auteur de quelques beaux livres. Livres brefs, denses, utiles. Je crains qu’on les oublie comme déjà son auteur : L’Enfant juif et l’Enfant ukrainien, son premier ouvrage paru en 2001 – qu’il serait urgent de relire ces temps-ci ; L’Affiche rouge – témoignage de ce lourd héritage que fut le groupe Manouchian; J’ai pour la France une étrange passion – hommage que ce petit juif toujours un peu polonais, et pas mal contrarié, ne cessa de rendre à sa patrie. Ou encore cet ouvrage tardif, Fils d’Adam : nostalgies communistes, qui révéla les ultimes vérités sur son père et, par son truchement, dévoila un pan de l’histoire du XXe siècle, vue côté coulisses, ou, pour parler comme lui, quand il se moquait des tailleurs juifs du 11e arrondissement, « côté doublure ».

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Graphomane entêté, Benoît avait le sens de la formule et écrivait sans bavure. Il vivait en écrivant. Écrire ou vivre, pour lui, il n’y avait aucune différence.

Que sa mort ait pu passer inaperçue moins d’un mois après que la République a accueilli en grande pompe, au Panthéon, Manouchian et ses camarades, dit quelque chose de ce pays hémiplégique. Manouchian était le chef militaire du groupe dit de « l’Affiche rouge », tandis qu’Adam Rayski, le père de Benoît, en était le chef politique. Benoît a grandi dans leur ombre. Faux immigré mais toujours un peu exilé, il a fait revivre dans son livre L’Affiche rouge chacun de ces résistants, personnellement, filialement, précisément. C’était sa famille assassinée. Et personne, même dans Le Monde, même dans L’Huma, et ne citons pas Libé, ne lui a tressé l’éloge qu’il méritait.

Des amis, des compagnons, des collègues, des femmes, il en a eu bien sûr, mais surtout, des enfants. Je n’ai jamais connu un homme qui adorait à ce point ses petits. Il m’a confié un jour qu’il aurait aimé les faire lui-même et, faute de le pouvoir, au moins les récupérer à la naissance et les garder pour lui tout seul ! Un type bizarre, l’ami Benoît ; mais aussi une capacité d’analyse politique et humaine peu commune.

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Il a été inhumé au Père-Lachaise, dans le caveau de son père, pas loin du mur des Fédérés, chez lui en somme, dans l’arrondissement où tout a commencé avec la Naïe Presse, cet incroyable journal de l’entre-deux-guerres, composé en yiddish et lu exclusivement par les juifs-polonais-communistes-du-onzième-arrondissement, dont Adam fut l’un des rédacteurs en chef.

Benoît était un ami fidèle jusqu’au bout du cœur qui n’oubliait jamais de se manifester.

Il ne le fera plus.

L'affiche rouge

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Emprise virile


Les impressionnantes murailles de l’architecture castrale aztèque sont la toile de fond ultra-photogénique de Heroico, film dont le prologue rappelle irrésistiblement la fameuse séquence de Full Metal Jacket (Stanley Kubrick), mais transposée dans le Mexique contemporain. Eugenio, l’adjudant chargé du dressage de ces fraîches recrues incorporées au Collège militaire de Mexico, pour en faire de futurs officiers, revêt ici les traits juvéniles et les mines faussement doucereuses d’un parfait sadique. L’excellente interprétation de Fernando Cuautle, comédien de 28 ans au visage glabre, d’une féminité ambigüe, lui confère une dimension authentiquement inquiétante, liée à l’inavouable lubricité d’un personnage dont les péripéties du film nous dévoileront le caractère pour le moins névrotique…

Ces cadets promis à toutes les brimades possibles, les gradés les désignent du sobriquet potros (poulains). Parmi ces futurs purs-sangs de la grande muette, Luis, indigène et fils de militaire, ne s’est engagé que pour subvenir aux besoins de sa mère, esseulée, pauvre et diabétique. Campé avec retenue par le très beau Santiago Sandoval Carbajal, Luis, dont la vulnérabilité est vite repérée par Eugenio, devient son « protégé », privilège qui ne va pas sans contreparties. Contraint de prêter main forte, malgré lui, à de violentes extorsions aux domiciles de bourgeois terrorisés (voire davantage), expéditions organisées en secret par une brochette de soldats-voyous dont l’addiction collective aux snuff movies ne suffit pas à calmer les ardeurs, le garçon, entre deux permes de plus en plus angoissées, tentera en pure perte d’alerter la plus haute hiérarchie du camp, en la personne du général lui-même. En vain : l’armée, église hermétique, a sa propre loi.

Plans fixes, image soignée, rétention de musique : Heroico, deuxième long métrage de David Zomana, gros succès en salle au Mexique puis sur Amazon Prime, ne manque ni de qualités formelles, ni d’efficacité narrative. La gradation dans l’horreur, jusqu’aux terribles séquences du dénouement, ne laissent pas de marbre. Cela dit, pour nous prouver quoi ? Qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Mexique ? Sans doute, mais est-ce que cibler l’appareil militaire est vraiment la priorité ? Le régime de terreur dans lequel sont entrées désormais des régions entières du pays a partie liée avec le narcotrafic international. C’est là, pour ce qu’on en sait, une réalité autrement corruptrice. 


Heroico. Film de David Zomana. Mexique, couleur, 2023.
Durée : 1h28. En salles le 22 mai 2024

Rouen: OQTF, y’a le feu !

L’antisémitisme islamique a-t-il une nouvelle fois frappé à Rouen ? L’enquête le dira. En attendant, l’affaire de l’Algérien sous OQTF abattu par la police alors qu’il s’en prenait à la synagogue de la ville est venue rappeler les résultats ridicules de l’exécutif en matière d’expulsions.


Vendredi 17 mai, au petit matin, un homme a mis le feu à la synagogue de Rouen (76). Algérien, sous OQTF, il a été abattu peu après alors qu’il voulait attaquer les policiers, intervenus rapidement, en même temps que les pompiers, grâce à l’alerte donnée par la vidéoprotection. Par bonheur, malgré l’ampleur des dégâts les rouleaux de la Torah sont restés intacts. Construit en 1950 rue des Bons-Enfants, l’édifice religieux se situe à quelques pas de la célèbre place du Vieux-Marché.

D’après le ministre de l’Intérieur, l’incendiaire s’était vu refuser une demande de titre de séjour en France et, après de longues procédures de recours, finalement notifier un refus définitif en janvier dernier. Disposant alors d’un mois pour quitter de lui-même le territoire, conformément à la procédure en vigueur, il n’était évidemment pas parti mais avait au contraire profité de ce délais pour disparaître tout en restant en France. Il était, depuis, inscrit au fichier des personnes recherchées.

À ce propos, rappelons simplement qu’en novembre 2019, interviewé par Valeurs Actuelles, Emmanuel Macron promettait que 100% des OQTF seraient exécutées. En 2023, le taux d’exécution de ces mesures fut de… 6,9%.

L’enquête, espérons-le, permettra d’établir les motivations exactes de l’incendiaire. En attendant ses conclusions, la prudence s’impose. Pour autant, s’il est heureux que la condamnation d’un acte de toute évidence antisémite soit unanime (du moins officiellement), on ne peut s’empêcher de songer à la fameuse citation apocryphe de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes. » Sa véritable formulation est ici encore plus appropriée : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit. »

Et cela fait quarante ans qu’on l’approuve et qu’on y souscrit.

À Rouen, le maire socialiste a déclaré devant l’Hotel de Ville à 18 heures hier soir : « La bête immonde a frappé. S’attaquer à une synagogue, c’est s’attaquer aux juifs, c’est donc s’attaquer à nous toutes et tous, à la République ».

Révisionnettes, outre-mer et autres macroneries

Après l’IVG qui n’était pas utile puisque protégée par la loi, l’Elysée veut nous imposer une nouvelle révision constitutionnelle sur le collège électoral en Nouvelle-Calédonie. Ces questions délicates et secondaires étaient très éloignées des préoccupations des Français… mais voilà que nous nous heurtons donc dans le Pacifique à des Kanaks pas forcément très pacifiques… Analyse.


Quand cessera-t-on de tripatouiller la Constitution pour un oui pour un non ? Il y a d’autres façons, Monsieur le président Macron, de marquer son mandat et l’histoire. Et de ménager votre sortie de celle-ci. Car c’est à cela, à ce stade du mandat, qu’il vous faut dorénavant penser. Comme d’autres de vos prédécesseurs, cela va devenir obsessionnel !

Lors de son premier mandat Emmanuel Macron avait fait adopter le 28 août 2019 en Conseil des Ministres trois projets de texte très intéressants et constituant une réforme notamment du fonctionnement parlementaire : réduction de 25% du nombre de parlementaires (à 433 députés contre 577 actuellement et à 261 sénateurs contre 348 actuellement), introduction de la proportionnelle pour l’élection des députés (20 %), limitation du cumul des mandats dans le temps (trois mandats identiques pour les parlementaires et les exécutifs locaux). A noter que certains de ces projets avaient déjà été adoptés en Conseil des Ministres dès 2018. Lesdits textes ont donc été déposés au Parlement le 29 août puis plus rien… L’an passé pour les 65 ans de la Constitution, le président a relancé l’idée d’une révision. Mais visiblement tant le Sénat que l’Assemblée ne veulent pas d’une réforme globale. Alors le chef de l’Etat préfère user de révisionnettes : IVG et Nouvelle-Calédonie. IVG ? A notre sens la loi courageusement portée par Simone Veil, suffisait à elle seule à protéger ce droit devenu fondamental pour des milliers de femmes. Alors oui, certains pays, dont le sens démocratique s’amenuise de plus en plus, reviennent ou tentent de revenir sur l’IVG. Mais la France, si elle a reflué dans pas mal de domaines (déficit, sécurité, immigration illégale) n’est pas de ceux-là. Alors, le Parlement, et notamment le Sénat, ont joué le jeu. Les femmes sont ainsi constitutionnellement protégées et c’est peut-être l’essentiel de la révision.

Le régime électoral farfelu de la Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie ? En vertu du très généreux accord de Nouméa du 5 mai 1998 est mis en place la revalorisation de la culture kanak (statut coutumier, langues, etc.) et la création de nouvelles institutions (y compris un régime électoral nouveau). Surtout le texte prévoit un processus de transfert progressif et irréversible de compétences à la Nouvelle-Calédonie avant le référendum d’autodétermination. Ce statut confortable fait même l’objet d’un nouveau titre constitutionnel, le XIII : des dispositions transitoires relatives à la Nouvelle-Calédonie instauré en juillet 1998. Ce ne sont pas moins de trois référendums qui vont se dérouler (2018, 2020 et 2021). A chaque fois les indépendantistes kanaks échouent. On ne peut faire plus démocratique, non ? Pas un seul territoire de France n’a autant voté en si peu de temps ! Avec l’aval de l’Elysée, Gérald Darmanin a décidé d’une réforme constitutionnelle examinée à l’Assemblée nationale, qui vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales en Nouvelle-Calédonie, aux résidents installés depuis au moins dix ans sur l’île. Même si elle peut paraitre légitime, voilà une idée bien inopportune. Résultat ? Les émeutes sévères que l’on connait déclenchées par les kanaks qui, comme de coutume, s’estiment lésés. C’est exactement comme pour l’intégration d’un statut corse dans la Constitution. L’île de beauté est déjà la collectivité qui a le plus d’avantages au sein de notre République. Au mépris d’ailleurs de l’égalité qui doit exister entre lesdites collectivités. A part les Calédoniens et les Corses eux-mêmes, leur statut intéresse qui ? C’est loin d’être le souci majeur des Français, c’est une évidence.

Les positionner ainsi dans notre Constitution obéit exclusivement à de l’opportunisme. Ou alors c’est une façon d’acheter la paix dans ces contrées. C’est mal embarqué en Nouvelle-Calédonie qui est certainement l’île d’outre-mer où se pratique le plus de racisme antiblanc.

Emmanuel Macron n’est pas le premier à avoir voulu instaurer des révisionnettes. Sur les 24 révisions qu’a connu à ce jour la Ve, il y a eu quatre ou cinq essentielles (élection du président au suffrage universel direct sous de Gaulle ou saisine du Conseil Constitutionnel par des parlementaires sous VGE, Question prioritaire de constitutionnalité sous Sarkozy par ex). Le reste sont mineures voire des revisionnettes.  C’est-à-dire qu’elles n’influent en rien notre système institutionnel mais se font sur la base de l’émotion ou du bon vouloir du Prince. Et on a échappé en juillet 2021 au référendum pour inscrire le climat dans la Constitution ! Eh oui, au plus haut sommet de l’exécutif, on avait eu cette idée « géniale » dans la droite ligne du rapport de la Convention Citoyenne sur le Climat. Oubliant un petit détail : il existe déjà dans la Constitution de 1958, la Charte de l’Environnement de 2004 imposée par Jacques Chirac. Au titre de ces bizarreries constitutionnelles, peut-être un jour verrons-nous apparaitre dans notre loi fondamentale, le droit au transgenrisme ou à la binarité ?…

L’avenir de la France dans le Pacifique est ici en jeu

Revenons sur l’outre-mer. La France dispose de 11 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive (ZEE) : il s’agit de l’étendue de mer ou d’océan entre les eaux territoriales et les eaux internationales, sur laquelle un État riverain jouit de l’exclusivité d’exploitation des ressources. Pour la France, 97 % de la ZEE correspond à l’outre-mer. La France se hisse ainsi à la deuxième place des puissances maritimes mondiales et se situe juste derrière les États-Unis et avant l’Australie.

Il va falloir un jour se poser sérieusement la question de ce que l’on compte faire de tout cette outre-mer. Nous sommes le seul pays de l’UE à conserver ce que Napoléon 1er appelait les « confettis d’empire ». Le Portugal, l’Espagne, la Grande-Bretagne ou encore les Pays-Bas s’en sont séparés. La France reste déterminée à conserver ces vestiges impériaux de façon quasi napoléonienne, se démarquant de la politique postcoloniale des autres pays occidentaux. Bien évidemment, comme en Afrique noire ou du nord, tout le confort de vie et le développement dans ces endroits ont été amenés par la France. Il y a eu, on ne peut le nier, des comportements coloniaux contestables. Mais le bilan est plus largement marqué par des points positifs que négatifs.

Les DOM-TOM sont loin de la métropole, ils sont extrêmement coûteux et ne produisent pratiquement rien d’utile (sauf le tourisme, et quelques cultures). Hormis un peu en Guyane (or) et en Nouvelle- Calédonie (nickel),  les sous-sol sont sous (voire plus) exploités. Soyons lucides, leur seul rôle est de faire briller encore la gloire de la République française. Ou ce qu’il en reste. Certes les DOM-TOM donnent à la France l’honneur d’être la « deuxième puissance maritime du monde ». A en croire le Pr Aldrich, de l’Université de Sydney (co-auteur avec John Connell (France’s Overseas Frontier ; Départements et Territoires d’outre-mer, Cambridge University Press, 1992) « d’une certaine façon, c’est comme avoir de vieux bijoux de famille dont on n’arrive pas à se débarrasser ». Quant à savoir pourquoi la France n’a jamais lâché ses coûteux partenaires coloniaux, comme les Britanniques l’ont fait, c’est un peu plus compliqué. Au-delà d’une « mission civilisatrice » avancée par certains, l’argument principal est l’aspect stratégique de certains territoires (Guyane, Calédonie en particulier).

Le coût de l’Outre-mer

Et puis n’oublions pas aussi les avantages dont jouissent nos fonctionnaires insulaires. Ainsi les professeurs bénéficient de 30% d’indemnité de résidence. Ceux qui sont à l’Université peuvent caler tout leur service (192h) sur un semestre et rester sur le continent le reste de l’année. Il existe aussi des primes diverses (éloignement par ex). Chaque jour, les vols d’Air France au départ et à destination de Paris sont remplis d’hommes et de femmes d’affaires bénéficiant d’avantages salariaux analogues. De même, les habitants des DOM-TOM qui veulent étudier en France obtiennent sans peine une place à l’université, ainsi que des billets d’avion gratuits pour rentrer chez eux tous les étés. Peut-être y a-t-il aussi « une sorte de contrat moral entre la France et tous ses départements d’outre-mer » note le professeur Pritchard…

Il n’en reste pas moins que l’ensemble de cette outre-mer a un coût. Nettement supérieur aux avantages d’ailleurs. Pour le budget 2023, tous ministères compris, l’effort budgétaire global de l’Etat en outre-mer s’élève à présent à 20,0 Md€ en autorisations d’engagement et 21,7 Md€ en crédits de paiement en 2023, soit une hausse de 500 M€ en AE (autorisation d’engagement) et en CP (crédits de paiement) par rapport à 2022. Si on additionne, basiquement, cela fait 41, 7 Md d’euros.

Dans chacune de ces îles existe, plus ou moins ancrées, depuis des décennies et des générations, une volonté d’indépendance. Elle est aussi plus ou moins exprimée. Mais aucune d’entre elles ne serait financièrement capable de s’assumer. A cet égard elles sont liées à la France par une sorte de cordon ombilical. Mais à la différence du nouveau-né qui s’ouvre à la vie dès qu’il est coupé, si l’on coupait celui des DOM-TOM ce serait la chronique d’une fin annoncée.

Pour trancher cela, nous songeons à une procédure constitutionnelle simple et claire : le référendum. En Nouvelle-Calédonie, l’Etat français n’a pas su faire respecter les trois résultats qui ont (malheureusement ?) rejeté l’indépendance. Dès lors il serait opportun d’organiser des référendums dans chacun des territoires de nos outre-mer qui a des velléités d’indépendance. Si le oui l’emporte, on donnerait un temps pour s’organiser (un an) avant le départ définitif du « colon ». Notamment pour savoir comment régler les aspects financiers. Le nerf de la guerre pour s’assumer. C’est tellement facile de crier haro sur la France mais de se laisser entretenir par les subsides abondants qu’elle déverse. Nous avons envie de rappeler un slogan politique des années 90 : « la France aimez-la ou quittez la »… Et une fois qu’ils seraient indépendants, libres à eux de s’autogérer (on ne donne alors pas cher de leur peau) ou de passer des accords avec des pays voisins un peu moins démocratiques que la France à certains endroits. On pense ici à Wallis et Futuna mais surtout à la Nouvelle-Calédonie proches de l’Australie (très stricte sur l’immigration) mais aussi, plus éloignée, de la Chine… Cette dernière cherche toujours des opportunités pour se développer. Mais le joug chinois serait plus dur à endurer que le « colonialisme » à la française…

Les sondages qui se succèdent depuis des mois démontrent les uns après les autres que l’inflation, le pouvoir d’achat, la sécurité sont les principales priorités des Français, loin devant la guerre en Ukraine. Et à des années lumières de révisions constitutionnelles sans intérêt et de l’avenir de la Corse ou de la Nouvelle-Calédonie. Il vous reste à peine trois ans pour revenir aux fondamentaux Monsieur Macron…

Des poubelles d’un bidonville indien à l’enseignement de Descartes

Emmanuel Leclercq a une trajectoire peu commune. L’animateur de Devenir pour agir, enseignant, essayiste et philosophe, raconte son parcours et répond aux questions de Philippe Bilger.


Si j’ai soumis à la question Emmanuel Leclercq, c’est pour sortir, me sortir des dialogues trop confortablement médiatiques.

Ce jeune philosophe de 41 ans a eu des origines extraordinaires et son parcours exceptionnel montre à quel point il ne faut jamais sous-estimer les hasards miraculeux de la vie et de la générosité humaine. Abandonné en Inde dans une poubelle à l’âge de 10 jours, il a été recueilli par Mère Thérésa puis adopté par des parents catholiques qui, en plus de lui, ont accueilli quatre autres enfants de diverses nationalités.

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Personne de cette progéniture n’a mal tourné en raison des valeurs transmises et de l’éducation reçue. Une très belle et éclairante histoire humaine qui méritait bien un coup de projecteur sur elle.

La vie est un combat. Accepte-le !

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Causeur vous propose de visionner cet entretien, enregistré dans le studio de Fréquence Protestante (100.7 FM Paris).

Sur les difficultés scolaires : « J’ai toujours eu des difficultés intellectuelles. J’ai souffert étant très petit de malnutrition, ce qui m’a procuré des carences. J’avais des mauvaises notes à l’école, je travaillais et je n’y arrivais pas. Mon prof principal me proposait d’arrêter les cours et de devenir groom. Ça ne m’a pas empêché de faire 16 ans d’études par la suite. »

Activités périphériques : « Ma passion est de démocratiser la philosophie, de la rendre accessible. J’ai donc fondé ‘Devenir pour Agir’, la première émission française d’interview philosophique. »

Conscience d’une destinée exceptionnelle : « Non, toute vie est singulière, particulière, toute vie est unique. J’ai conscience de la chance d’avoir été sauvé. Je veux qu’aujourd’hui ma vie, soit un cadeau pour mes parents qui m’ont donné la vie, même si je ne les connais pas. »

Sur l’éducation et la nouvelle génération : « J’aurais pu mal tourner. J’ai eu la chance de grandir dans une famille croyante, pratiquante et soudée. Nous sommes arrivés dans une nouvelle génération, et aujourd’hui, il faudrait rééduquer les parents, les remettre à leur place. »
« Certains élèves me racontent leur vie de famille. Ils sont accablés. L’école, le lycée, est un sas de respiration pour ces jeunes. »

Sur la délinquance : « ‘Mais Ms’ieur, vous foutez quoi ici ? ’ m’a déjà lancé un élève perturbateur, avec les ricanements de toute la classe. Je lui ai répondu après un instant de silence : ’Merci d’exister’. Il a été marqué et m’en a parlé en fin d’année, jamais ses parents ne lui avaient dit ça. »
« Il faut comprendre les jeunes, dans toute leur histoire, c’est l’une des clés pour aider les plus violents. Il ne faut pas leur demander pourquoi ils font ça, on peut facilement le savoir. Il faut leur dire : qu’est-ce que ça t’apporte ? Je dis souvent aux jeunes qu’ils sont des cadeaux pour l’humanité. »

Conception de la vie et de la société : « La vie est un combat, on n’a rien sans rien. Si on veut réussir, il faut travailler. Beaucoup de nos professeurs veulent faire réussir les élèves, je suis contre. J’essaye de les aider à s’épanouir. C’est parce qu’ils s’épanouissent qu’ils réussiront. »

Le Mur des cons

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La France en miettes (Documents)

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Ces « guerres raciales » que soutient la gauche perdue

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Confirmation : la race obsède les antiracistes. Les voici, CGT en tête, en soutien aux Canaques qui, devenus démographiquement minoritaires (39%) en Nouvelle-Calédonie, refusent le métissage, la société multiculturelle, le droit de vote démocratique et ne cachent rien de leur violente détestation des blancs.

Du paradis au cauchemar diversitaire

Un même refus de vivre ensemble est revendiqué par ceux des musulmans qui, encouragés par l’extrême-gauche, approuvent le Hamas terroriste et judéophobe. Les Canaques comme les Palestiniens alignent toutes les caractéristiques qui devraient faire d’eux, aux yeux des promoteurs du nomadisme et de la créolisation, des peuples « nauséabonds » dans leur désir d’exclure l’altérité au nom de l’enracinement. Ces diabolisations sont en tout cas réservées à ceux qui, en France, osent seulement s’inquiéter des effets d’une immigration de remplacement.

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Mais il suffit de se dire « colonisés » pour être absout. Ce prétexte, avancé par les terroristes canaques, leur doit d’être glorifiés, par la gauche perdue, dans leur combat identitaire et leur refus de disparaître. La colonisation est avancée semblablement par le Hamas, alors même qu’Israël a quitté Gaza en 2005. Dans les deux cas, le rejet de l’homme blanc occidental est la condition qui autorise toutes les expressions anti-françaises, anti-israéliennes, xénophobes, antisémites. Les mouvements antiracistes ne trouvent évidemment rien à redire à la mise au rebut du blanc, en raison de sa peau.

Déjà cinq morts en Nouvelle-Calédonie

Cependant, une seconde confirmation découle de la primauté de la race chez les antiracistes : la société ouverte à ses ennemis est porteuse de guerres civiles. Le paradis diversitaire, louangé par le progressisme macronien, est perméable aux conflits ethniques ou religieux. Ces guerres civiles ont déboulé à Mayotte et plus dramatiquement en Nouvelle-Calédonie, où cinq personnes ont déjà été tuées ces derniers jours, dont deux gendarmes.

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C’est également une guerre civile à bas bruit qui, attisée cette fois par l’islam guerrier et une délinquance armée qui lui est acquise, accélère ses répétitions en métropole, en profitant d’un Etat dépressif, aboulique. La perspective d’une « guerre civile qui vient », titre d’un essai (2016) de votre serviteur, se rapproche. Ce vendredi matin, la synagogue de Rouen a été la cible d’une tentative d’incendie par un individu qui a été tué par la police. Mardi, à Paris, c’est le mur des Justes (où est inscrit le nom de mon oncle, le capitaine Henri Rioufol, pour son aide à une famille juive durant la guerre) qui avait été profané. Le chaos peut-il encore être évité ? Dans l’immédiat, l’Etat se doit de réprimer les insurgés canaques s’il veut retrouver son crédit, à charge pour lui, ensuite, de ne pas humilier inutilement un peuple dans son désir de survivre. Mais l’issue de la séparation territoriale, option qui s’installe entre Israéliens et Palestiniens, ne doit pas être non plus écartée par principe. Je serai en Israël ces prochains jours, là où se joue actuellement la guerre contre l’Occident forcément coupable.

La Guerre Civile Qui Vient

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Quand Eric Dupond-Moretti fait de l’obstruction parlementaire…

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Alain Robert/SIPA

Obstruction, amateurisme, fatigue, dégoût aussi : tel est le quotidien de l’Assemblée nationale. Et puis, de temps en temps, une petite victoire qui donne envie de repartir à l’assaut et de changer le monde. Finalement, c’est à ça que devrait servir la politique…


La République qui perd

28 février 2024, nouvelle onde de choc : le proviseur du lycée Maurice-Ravel (Paris) demande à trois élèves de retirer leur voile dans l’enceinte de son établissement. L’une d’elles refuse, provoquant une altercation. S’ensuivent des menaces de mort proférées à l’encontre du proviseur. Un triste et inquiétant goût de « déjà-vu ». Quelques jours plus tard, le proviseur quitte ses fonctions, « pour des raisons de sécurité » selon son entourage. Pour « convenances personnelles » selon le rectorat. Un terrible échec doublé d’un aveu d’impuissance…

Le 5 avril suivant, je suis invitée à fêter les dix ans du lycée Marc-Bloch à Sérignan, un village de ma circonscription à quelques kilomètres de Béziers. Les discours se suivent, mais peu abordent ce « djihadisme d’atmosphère » qui a causé le retrait du proviseur parisien. Tout juste si le nom de Samuel Paty est évoqué… Pourtant, quelques mois plus tôt, quelques jours après l’assassinat de Dominique Bernard, un professeur du lycée Marc-Bloch avait lui aussi été menacé de mort par un de ses élèves. Qui avait ensuite osé parler de « plaisanterie ». Drôle de plaisanterie, vous l’avouerez !

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Je ne peux m’empêcher de le rappeler, quitte à jouer les rabat-joie en ce jour d’anniversaire : « Nous vivons aujourd’hui dans un pays où Samuel Paty a été décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. Nous vivons dans un pays où Dominique Bernard a été égorgé pour avoir tenté de protéger ses élèves. Nous vivons dans un pays où un proviseur a dû se mettre en retrait après des menaces de mort parce qu’il avait simplement, uniquement demandé à une élève de respecter la loi. Et malheureusement, chaque fois, c’est la République qui a perdu. » Certains, gênés, regardent ailleurs…

Amateurisme

Mardi 2 avril, Gérald Darmanin annonce sur X : « Tôt ce matin, trois nouvelles opérations antidrogue “Place nette XXL” ont été lancées à Toulouse, Strasbourg et Nantes : des dizaines d’interpellations judiciaires seront effectuées. Notre détermination à lutter contre la drogue, ses réseaux et son argent sale est totale, loin des discours défaitistes. » Petit hic ou grosse bourde, l’opération de Strasbourg n’est prévue que pour… le lendemain ! Le syndicat Unité SGP Police évoque un gros couac : « Annoncer une opération avant qu’elle ait commencé sur Strasbourg inquiète les collègues, car ils seront attendus lors de leurs opérations à venir »… Heureusement, les dealers ne semblent pas fréquenter les mêmes réseaux sociaux que le ministère de l’Intérieur qui a pu annoncer dès le lendemain que « les six interpellations prévues ce matin [mercredi] ont bien eu lieu. L’opération n’a été en rien perturbée par l’annonce du ministre. » Emmanuel Macron disait à ses députés : « Soyez fiers d’être des amateurs ! » Il a visiblement été entendu.

Prison

Mardi 2 avril, mon tour est venu de poser une question au gouvernement. L’exercice n’est pas toujours facile. Il faut savoir « doser » son attaque. Si vous êtes trop agressif envers le ministre que vous interrogez, vous avez peu de chance d’obtenir une réponse et encore moins gain de cause. D’un autre côté, les questions « cire-pompes » des députés de la majorité sont des plus agaçantes…

Ce jour-là, ma question s’adresse à Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux. Cela fait deux ans que j’essaie d’obtenir, pour la prison de Béziers, un système de brouillage antidrones. En effet, le quotidien des agents pénitentiaires comme celui de nos polices – municipale et nationale – est pollué par les trafics incessants de colis livrés chaque jour par drone au-dessus des murs du centre pénitentiaire. Pour le seul mois de septembre 2023, près d’une trentaine de colis ont été récupérés, dont un contenait plus de 100 grammes de cocaïne. Plus de 700 grammes de cannabis ont également été saisis, ainsi que de nombreux téléphones, cigarettes, victuailles et même un couteau en céramique. Les quantités non interceptées seraient en réalité entre deux et quatre fois plus importantes, si l’on en croit les gardiens.

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La réponse du ministre est positive ! Eurêka ! Il m’annonce que la visite technique d’implantation du système de brouillage est fixée au 30 avril 2024. Ce sont des victoires comme celles-là qui vous réconcilient avec la politique. Et on en a besoin.

Obstruction

Ce jeudi 4 avril 2024, c’est le jour de la « niche » écologiste. Pour mémoire, une « niche » parlementaire est une journée réservée aux groupes minoritaires ou d’opposition pour défendre leurs propositions de loi à l’Assemblée. La niche commence le matin à 9 heures et s’achève obligatoirement à minuit. Ce jour-là, deux textes sont adoptés : le premier sur les risques liés aux polluants éternels et le second sur les prix planchers pour les agriculteurs. L’examen du troisième texte peut commencer : une proposition de loi « pour un article 49 respectueux de la représentation nationale ». L’idée pour les écologistes est tout simplement de supprimer le désormais célèbre article 49.3… On ne saura malheureusement jamais ce que les uns et les autres pensent de cette réforme, le garde des Sceaux ayant monopolisé le temps restant en parlant plus de trente minutes à la tribune. Provoquant du même coup l’ire du couple Corbière-Garrido. Quelques noms d’oiseaux ont volé… Il n’y a pas que les parlementaires qui peuvent faire de l’obstruction !

Non-inscrits

Et de sept ! Il ne l’a pas ébruité, mais je m’en doutais… Julien Bayou (écologiste) vient de rejoindre le cercle très restreint des députés non-inscrits. Nous avions démarré le mandat à quatre mais, peu à peu, pour des raisons plus ou moins honorables, d’autres nous ont rejoints. Et découvrent le prix de la liberté. Celle des non-encartés, qui demande plus d’assiduité, plus de travail, plus de responsabilités aussi, puisque nous votons selon notre conscience et nos convictions, et non comme le président d’un groupe pourrait nous l’intimer. Pas sûr que cela mette Julien Bayou à l’abri des foudres de ses ex-collègues, lui qui a démissionné à la fois de son parti et de son groupe parlementaire. Il se dit « épuisé », « à bout » et dénonce « une pression psychologique insoutenable », lui qui est accusé de « violences psychologiques » par son ex-compagne. Une justice parallèle interne chez les écolos qui fait froid dans le dos…

L’Éthique de Spinoza en son temps: un passionnant périple européen

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La philosophe Mériam Korichi © JF PAGA

Dans son dernier livre, Mériam Korichi nous raconte le périlleux voyage de Ehrenfried Walther von Tschirnhaus dans une Europe encore superstitieuse. Il est alors muni de L’Éthique, de Spinoza, un manuscrit encore secret qui va changer le monde…


La philosophie du XVIIe siècle en Europe reste cette initiative majeure dans la pensée, en direction de la connaissance. C’est le moment où des savants d’exception se sont donné les moyens d’une révolution dans l’esprit, faisant vaciller la métaphysique sur ses bases, pour tenter d’octroyer à l’homme une place souveraine dans un monde nouveau. Il est certain que le Discours de la Méthode de Descartes, publié en 1637, fut fondateur, et ouvrit, dans la foulée, la possibilité à tant de grands noms de s’illustrer dans cette recherche. Citons seulement Pascal, à la génération suivante, lecteur assidu de Descartes (et de Montaigne) ‒ et bien sûr Spinoza, que l’histoire de la philosophie n’a pas bien traité jusqu’à il y a peu, mais qui est en passe de revenir au premier plan, notamment en France.

Les découvreurs de vérité

C’est dans ce climat de redécouverte de Spinoza que Mériam Korichi, philosophe et écrivain polygraphe, publie un passionnant ouvrage, Spinoza Code. Elle centre son propos sur l’Éthique, que Spinoza écrivit à la fin de sa vie, et qu’il n’osa pas publier de son vivant, du fait du règne de la superstition religieuse qui sévissait alors et qui pouvait vous faire jeter en prison en un rien de temps.

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Mériam Korichi décrit ce petit monde européen des savants et des philosophes qui, d’Amsterdam à Londres, et de Paris à Rome, s’envoyait force lettres avec la fébrilité des découvreurs de vérités. Pour ce qui est de Spinoza, sa correspondance illustre sa prodigieuse activité intellectuelle. La plupart de ses correspondants appartenaient à des aréopages distingués, comme la Royal Society à Londres ou encore l’Académie royale des sciences à Paris.

Tschirnhaus

Évoluaient dans cet univers très fermé des individus certes fascinants, mais parfois un peu troubles, comme Nicolas Sténon, né au Danemark, fixé d’abord à Florence, et qui, lui, étudiait la structure de la matière. Il se convertira plus tard au catholicisme romain et préférera poursuivre une carrière dans l’Église. Il y a surtout, pour ce qui nous intéresse, Tschirnhaus, jeune baron natif de Haute-Lutace, « un fief germanique en terres slaves ». Il a fait ses études à Leyde, lit Descartes avec passion et se présente comme mathématicien. Il a décidé de consacrer sa vie à la recherche. « Il ne veut pas prendre en charge, écrit Mériam Korichi, les affaires du domaine familial, et ne veut pas se marier, contrairement aux souhaits de sa famille. » Et d’ailleurs : « Il vient tout juste de faire parvenir à Spinoza une lettre sur le libre arbitre. » Un échange s’établit entre les deux hommes, dans lequel Spinoza entreprend de réfuter le cartésianisme de Tschirnhaus. Il cherche à lui faire admettre « la puissances des principes de sa philosophie nouvelle ».

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Spinoza a fait lire à Tschirnhaus le manuscrit de l’Éthique, « un texte vivant, comme le décrit Mériam Korichi, dans un état à la fois fini et transitoire, à la structure stable, solide, et cependant toujours susceptible d’être raturé ou reformulé ici ou là ». Cela tombe bien, car Tschirnhaus a réussi à persuader son père de lui laisser assez d’argent pour entreprendre le Grand Tour en Europe. Tschirnhaus compte visiter les principales capitales et y rencontrer les plus fameux philosophes et savants. En même temps, il pourra tâter le terrain, à propos de Spinoza, et voir s’il peut soumettre le manuscrit explosif de l’Éthique à tel ou tel de ses interlocuteurs.

Un mal sans remède ?

Tschirnhaus arrive à Rome en mars 1677 et s’installe Piazza Navona. Il y apprend la mort de Spinoza, survenue en février, ce qui change considérablement la donne. Les amis du philosophe, en Hollande, vont procéder à la publication anonyme de toutes ses œuvres, y compris de l’Éthique. Ce qui ne veut pas dire que le manuscrit que porte encore sur lui Tschirnhaus n’est plus dangereux, surtout à Rome. Tschirnhaus décide donc de s’en débarrasser, et le confie aurécemment converti Nicolas Sténon, en août 1677. La réaction de celui-ci est immédiate, nous dit Mériam Korichi, « il va prévenir sans délai toute diffusion épidémique de ce mal, qui serait sans remède s’il venait à se répandre. Tout juste chargé de sa nouvelle mission apostolique, il semble à la fois avoir reçu un coup très rude et paradoxalement se ressource à l’idée de cette mission providentielle et impossible. »

L’ouvrage de Mériam Korichi nous plonge avec beaucoup de talent dans cette période privilégiée de l’histoire européenne. Y revenir procure à chaque fois une même sensation de fraîcheur, une même « joie », pour parler comme Spinoza. Car nous sommes issus de ce monde classique cartésien, y compris dans sa variante spinoziste. Face au choc d’une modernité faite de ténèbres, ils sont désormais nombreux ceux qui l’affirment : l’Éthique de Spinoza restera notre salut !

Mériam Korichi, Spinoza Code. Éd. Grasset, 2024.

Spinoza Code

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La veuve et l’écrivain

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richard millet alain corbin
Richard Millet, 2018 © ULF ANDERSEN / AURIMAGES

Richard Millet nous reparle notamment du monde paysan français tombant dans l’oubli avec son nouveau et très sombre livre…


Richard Millet redonne vie à son double littéraire Pascal Bugeaud, né de père inconnu et non désiré par sa mère. Nous avions appris à le connaître dans le roman sombre et sublime, Ma vie parmi les ombres (Folio 4225) dont il convient, ici, de rappeler l’incipit : « Après moi la langue ne sera plus tout à fait la même. Elle entrera dans une nuit remuante. Elle se confondra avec le bruit d’une terre désormais sans légendes. Les langues s’oublient plus vite que les morts. » Nous étions en 2003, et découvrions le style puissant, avec sa phrase ductile, son mot efficace, comme le clou planté dans le cercueil, de l’écrivain Richard Millet. Le temps d’une nuit noire propice à l’angoisse, comme il en existe si souvent, l’hiver en particulier, sur les hautes terres limousines, Bugeaud, pour sa jeune amante, évoquait le passé de la terre de ses ancêtres, des lieux et un monde disparu, ajoutant, précision poignante : « puisqu’ils n’existent que dans la mesure où on parle d’eux ».

Un monde et des valeurs qui disparaissent

Dans son nouveau récit, Ozanges, Pascal Bugeaud, donc, confirme la dilution du monde paysan, de ses valeurs liées à l’effort, à la modestie, et au silence. Il n’est pas même question de remplacement ; ou alors il faudrait considérer les éoliennes qui ruinent le paysage de son enfance, comme les remplaçants du peuple des ombres. Nous le retrouvons sur le quai d’une gare limousine ; il fait « un froid de gueux », comme aurait pu dire ma mère, les flocons de neige tournent sur eux-mêmes avant de se poser sur la boue ; il est attendu par une jeune femme en long manteau de vison et gants rouges qui lui donnent « quelque ressemblance avec Delphine Seyrig, dans l’Année dernière à Marienbad ». Elle possède de beaux « yeux tantôt noir ou vert sombre ». Elle est veuve, apprend-on, mère d’un fils, semble-t-il, mutique. Elle est d’origine tchèque, de Moravie précisément ; elle se prénomme Milanka, son rire est clair comme celui des femmes vives. Son mari est mort accidentellement ; le château d’Ozanges lui appartenait ; bientôt il reviendra à sa famille.

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Ce sont les livres de Bugeaud qui ont réuni ces deux solitudes déracinées, dans un décor médiéval, oserais-je écrire anachronique, comme sorti d’un roman d’Alain Robbe-Grillet, même si l’écrivain nous affirme que Milanka est davantage une créature nervalienne, une « fille de feu », absolument pas figée par le froid. Ne cherchez pas le château d’Ozanges aux neuf chambres, dont trois seulement sont occupées par la veuve, sans cave, car construit le long de la Sarsonne bordée de grands hêtres : il n’existe pas sous ce nom. Mais Bugeaud est bien le double de Richard Millet. On retrouve les thèmes de l’auteur de La confession négative : le français, langue morte ; la fatigue du sens ; l’enfermement du sujet dans une citadelle intérieure ; la mélancolie transmise par la mère ; l’obsolescence désormais de tout écrivain. Extrait : « Je me terrais au plus silencieux de moi-même – j’étais ma propre taupe, avec dans le museau l’avant-goût de la terre où gésir, faute d’être la cantatrice d’un peuple de souris ni un artiste de la faim, que mon ventre tendît à m’en persuader, à cette heure de la journée, et encore moins un joueur de flûte guidant des hordes de rats hors de Hameln pour les noyer dans la Weser : je n’avais, moi, que la Vézère, et rien d’autre à noyer que ma propre personne. »

Seul et insomniaque

Pascal Bugeaud se retrouve seul dans le château, Milanka allant dormir dans la maison de sa mère, accompagnée de son fils, à quelques kilomètres de la forteresse inexpugnable. Bugeaud ne trouve pas le sommeil. Il va allumer toutes les pièces ; la demeure devient hantée par l’écrivain en sursis. Nous sommes le témoin de la revisitation fantômale de son passé, sorte de miroir des limbes, dépourvue d’héroïsme, l’époque étant à la déconstruction et au renoncement. L’anéantissement du narrateur est à craindre, une fois arrivé devant la porte de la neuvième chambre. Nous sommes dans la nuit du vendredi au samedi, une nuit pascalienne inversée, où le cortège des spectres avance inexorablement sur une musique de Jean Sibelius. Il faut alors s’imaginer le château éclairé de l’intérieur, phare de la pensée cerné par le lait noir qu’il convient de nommer nihilisme, un Port-Royal granitique, où soliloque le dernier humaniste qui attend, sans la craindre, la marée montante du meurtre.


Richard Millet, Ozanges, EST-Samuel Tastet Éditeur.

Ozanges

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À noter que Richard Millet publie, chez le même éditeur, un recueil de poèmes, L’entrée du Christ dans la langue française.

Ma vie parmi les ombres

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L'Entrée du Christ dans la langue française

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Surprise: la gauche et Madame Taubira dénoncent le «Grand remplacement» !

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L'ancienne ministre Christiane Taubira, Paris, janvier 2022 © ISA HARSIN/SIPA

Une partie de la presse et de la classe politique de gauche se met à parler comme Renaud Camus…


La Nouvelle-Calédonie s’embrase ; la réforme constitutionnelle proposant l’élargissement du corps électoral pour les élections provinciales à tous les citoyens résidant sur place depuis au moins dix ans est contestée par les indépendantistes, dans la violence et les exactions. Ils redoutent que celle-ci ne cause l’affaiblissement de leur poids électoral et ne minorise le peuple autochtone kanak au profit des Caldoches (issus de l’immigration européenne).

Quand la gauche perd ses repères

En ces tristes circonstances nous découvrons avec stupeur qu’une certaine partie de la gauche se met subitement à raisonner comme « l’essstrême droite ». On n’est pas rendu ; s’il nous restait quelques repères, fragiles, nous voilà sur le point de dévisser. À gauche, à propos des Kanaks (Français, au demeurant), on se met à penser en termes de nation, de culture, de peuple à part entière pour les définir de manière ethno-culturelle, quasiment raciale. La gauche accrédite ainsi, parce que ça l’arrange, la thèse sulfureuse du Grand remplacement.

Florilège : Marine Tondelier, la Secrétaire nationale des écologistes a dénoncé mardi, sur Franceinfo : « une humiliation » des Kanaks par « l’État colonial ». Elle a ensuite précisé : « l’orientation de cette réforme, c’était que les Kanaks aient moins de poids électoral (…) »   Andrée Taurinya, députée LFI, s’est aussi exprimée : « Tout le monde savait que mettre le peuple kanak en minorité sur ses terres conduirait à sa colère. » Fichtre ! Daniel Schneidermann, de Libération a posté sur X : « Un peuple vivait paisible sur une terre. Survint d’au-delà des mers un autre peuple, qui avait la légitimité du malheur et la force des armes. Kanaky, Palestine : colons bagnards, colons rescapés, ttes les différences du monde. Mais tant d’accents communs. » Bigre ! Renaud Camus, sortez de ces corps.

A lire aussi, Renaud Camus: « Une vérité n’est plus tout à fait une vérité s’il est interdit de la contester »

Le plus comique de cette tragique histoire, c’est que la gauche tient sa poétesse du Grand Remplacement en la personne de Madame Taubira. Remise de sa piteuse campagne électorale pour les présidentielles, elle vient de ressortir la lyre pour la mettre au service des Kanaks. L’aède du Maroni avait, on s’en souvient, confié à Augustin Trapenard avoir recours à la poésie pour convaincre, « quand ça tire de partout. » « Ce qui me vient alors, ça n’est pas une théorie philosophique, politique ou doctrinale, ce sont des vers cinglants ou attendrissants… En tout cas, c’est une parole de poète ou de poétesse, une image dessinée par les mots qui résume la situation ou qui éclaire ce que j’essaie de dire. » Ainsi, notre mâche-laurier n’a pu s’empêcher de rimailler, touchée au cœur par la sujétion des Kanaks qui n’est pas sans lui rappeler celle des Guyanais. En 2007, on s’en souvient, la dame avait déclaré à propos de la Guyane : « Nous sommes à un tournant identitaire : les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leurs propres terres. » Madame Taubira ne s’oppose donc pas à une définition ethnoculturelle de la Guyane, définition qui vaut aussi pour la Nouvelle-Calédonie. Elle ne condamne cette définition que quand il est question de la France métropolitaine.

Poésie « décoloniale » sur les réseaux sociaux

L’Inspirée s’est donc fendue sur X d’un poème en prose à la fois enfantin et pontifiant. L’objet littéraire, pompeusement intitulé : « Mon communiqué sur la situation en Nouvelle-Calédonie », expose tout d’abord la légitimité des Kanaks à ne pas vouloir se laisser envahir.

« Un peuple en ces lieux refuse de décliner, de dépérir, de s’éteindre.
Ou simplement de se faner, de renoncer à lui-même.
Ils sont ainsi, les peuples : attachés à leurs racines, leurs cultures, leurs mythes, leurs histoires, leur géographie (…) »

La poétesse aurait-elle été maraboutée par Éric Zemmour ? Puis la dame dont on sait qu’elle aimait Césaire ajoute, certainement pour apaiser la situation :

« On ne sort de l’histoire coloniale, de l’empire colonial, des séquelles coloniales, des vestiges coloniaux, des mécanismes et des engrenages, on n’en sort que par la rupture. »

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La pythonisse avisée poursuit, n’oubliant pas au passage, d’écornifler le gouvernement :

« La dénégation, candide ou lâche, n’est pas une voie. Les forfanteries d’État sont stérile provocation et infantilisme. Et dans ces cas-là, l’amateurisme est un cynisme. »

Et notre chantreresse conclut sa tirade d’élève de quatrième sur une véhémente affirmation de la solidarité universelle avec des kanaks en lutte contre le Grand remplacement.

« De partout nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui, là, maintenant, sur cette terre kanake en ébullition, envers et contre tout, refusent l’injustice et les inégalités, récusent ce destin de désespoir et de violence. Refusent de le subir. Refusent de l’infliger. Égalité et fraternité ?
Responsabilité. »

La gauche, pour le Bien de la France, pense donc comme « l’essstrême droite ». À condition, bien sûr, qu’il ne soit pas question de la Métropole.

Benoît Rayski, à l’affiche pour toujours

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Benoît Rayski © SIPA

Le journaliste et écrivain Benoît Rayski est mort le 20 mars. Fils d’Adam Rayski, chef politique de l’Affiche rouge, il a entretenu la mémoire de la Résistance communiste. Mais nombre de ses confrères ne lui ont pas pardonné d’avoir « viré à droite ».


Du dernier « grand » France-Soir, sous Lazareff, au Matin de Paris de la Belle Époque, celle de Théret, puis de Max Gallo, pour qui il nourrissait une étonnante tendresse, de Passage, où il fut mon rédac’ chef, à Globe, où il avala quelques couleuvres du nom de Duras ou d’Arafat, de Causeur à Atlantico, Benoît Rayski fut un journaliste impénitent, obstiné, incapable d’indifférence à l’actualité et donc au monde.

Il fut aussi l’auteur de quelques beaux livres. Livres brefs, denses, utiles. Je crains qu’on les oublie comme déjà son auteur : L’Enfant juif et l’Enfant ukrainien, son premier ouvrage paru en 2001 – qu’il serait urgent de relire ces temps-ci ; L’Affiche rouge – témoignage de ce lourd héritage que fut le groupe Manouchian; J’ai pour la France une étrange passion – hommage que ce petit juif toujours un peu polonais, et pas mal contrarié, ne cessa de rendre à sa patrie. Ou encore cet ouvrage tardif, Fils d’Adam : nostalgies communistes, qui révéla les ultimes vérités sur son père et, par son truchement, dévoila un pan de l’histoire du XXe siècle, vue côté coulisses, ou, pour parler comme lui, quand il se moquait des tailleurs juifs du 11e arrondissement, « côté doublure ».

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Graphomane entêté, Benoît avait le sens de la formule et écrivait sans bavure. Il vivait en écrivant. Écrire ou vivre, pour lui, il n’y avait aucune différence.

Que sa mort ait pu passer inaperçue moins d’un mois après que la République a accueilli en grande pompe, au Panthéon, Manouchian et ses camarades, dit quelque chose de ce pays hémiplégique. Manouchian était le chef militaire du groupe dit de « l’Affiche rouge », tandis qu’Adam Rayski, le père de Benoît, en était le chef politique. Benoît a grandi dans leur ombre. Faux immigré mais toujours un peu exilé, il a fait revivre dans son livre L’Affiche rouge chacun de ces résistants, personnellement, filialement, précisément. C’était sa famille assassinée. Et personne, même dans Le Monde, même dans L’Huma, et ne citons pas Libé, ne lui a tressé l’éloge qu’il méritait.

Des amis, des compagnons, des collègues, des femmes, il en a eu bien sûr, mais surtout, des enfants. Je n’ai jamais connu un homme qui adorait à ce point ses petits. Il m’a confié un jour qu’il aurait aimé les faire lui-même et, faute de le pouvoir, au moins les récupérer à la naissance et les garder pour lui tout seul ! Un type bizarre, l’ami Benoît ; mais aussi une capacité d’analyse politique et humaine peu commune.

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Il a été inhumé au Père-Lachaise, dans le caveau de son père, pas loin du mur des Fédérés, chez lui en somme, dans l’arrondissement où tout a commencé avec la Naïe Presse, cet incroyable journal de l’entre-deux-guerres, composé en yiddish et lu exclusivement par les juifs-polonais-communistes-du-onzième-arrondissement, dont Adam fut l’un des rédacteurs en chef.

Benoît était un ami fidèle jusqu’au bout du cœur qui n’oubliait jamais de se manifester.

Il ne le fera plus.

L'affiche rouge

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Emprise virile

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"Heroico", Film de David Zomana © Paname Distribution

Les impressionnantes murailles de l’architecture castrale aztèque sont la toile de fond ultra-photogénique de Heroico, film dont le prologue rappelle irrésistiblement la fameuse séquence de Full Metal Jacket (Stanley Kubrick), mais transposée dans le Mexique contemporain. Eugenio, l’adjudant chargé du dressage de ces fraîches recrues incorporées au Collège militaire de Mexico, pour en faire de futurs officiers, revêt ici les traits juvéniles et les mines faussement doucereuses d’un parfait sadique. L’excellente interprétation de Fernando Cuautle, comédien de 28 ans au visage glabre, d’une féminité ambigüe, lui confère une dimension authentiquement inquiétante, liée à l’inavouable lubricité d’un personnage dont les péripéties du film nous dévoileront le caractère pour le moins névrotique…

Ces cadets promis à toutes les brimades possibles, les gradés les désignent du sobriquet potros (poulains). Parmi ces futurs purs-sangs de la grande muette, Luis, indigène et fils de militaire, ne s’est engagé que pour subvenir aux besoins de sa mère, esseulée, pauvre et diabétique. Campé avec retenue par le très beau Santiago Sandoval Carbajal, Luis, dont la vulnérabilité est vite repérée par Eugenio, devient son « protégé », privilège qui ne va pas sans contreparties. Contraint de prêter main forte, malgré lui, à de violentes extorsions aux domiciles de bourgeois terrorisés (voire davantage), expéditions organisées en secret par une brochette de soldats-voyous dont l’addiction collective aux snuff movies ne suffit pas à calmer les ardeurs, le garçon, entre deux permes de plus en plus angoissées, tentera en pure perte d’alerter la plus haute hiérarchie du camp, en la personne du général lui-même. En vain : l’armée, église hermétique, a sa propre loi.

Plans fixes, image soignée, rétention de musique : Heroico, deuxième long métrage de David Zomana, gros succès en salle au Mexique puis sur Amazon Prime, ne manque ni de qualités formelles, ni d’efficacité narrative. La gradation dans l’horreur, jusqu’aux terribles séquences du dénouement, ne laissent pas de marbre. Cela dit, pour nous prouver quoi ? Qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Mexique ? Sans doute, mais est-ce que cibler l’appareil militaire est vraiment la priorité ? Le régime de terreur dans lequel sont entrées désormais des régions entières du pays a partie liée avec le narcotrafic international. C’est là, pour ce qu’on en sait, une réalité autrement corruptrice. 


Heroico. Film de David Zomana. Mexique, couleur, 2023.
Durée : 1h28. En salles le 22 mai 2024

Rouen: OQTF, y’a le feu !

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Gérald Darmanin se déplace a la synagogue de Rouen en presence de Nicolas Mayer Rossignol, Maire de Rouen, Elie Korchia, président du consistoire juif de France et du Préfet de Seine-Maritime après l'attaque de la synagogue de Rouen, 17 mai 2024 © ROBIN LETELLIER/SIPA

L’antisémitisme islamique a-t-il une nouvelle fois frappé à Rouen ? L’enquête le dira. En attendant, l’affaire de l’Algérien sous OQTF abattu par la police alors qu’il s’en prenait à la synagogue de la ville est venue rappeler les résultats ridicules de l’exécutif en matière d’expulsions.


Vendredi 17 mai, au petit matin, un homme a mis le feu à la synagogue de Rouen (76). Algérien, sous OQTF, il a été abattu peu après alors qu’il voulait attaquer les policiers, intervenus rapidement, en même temps que les pompiers, grâce à l’alerte donnée par la vidéoprotection. Par bonheur, malgré l’ampleur des dégâts les rouleaux de la Torah sont restés intacts. Construit en 1950 rue des Bons-Enfants, l’édifice religieux se situe à quelques pas de la célèbre place du Vieux-Marché.

D’après le ministre de l’Intérieur, l’incendiaire s’était vu refuser une demande de titre de séjour en France et, après de longues procédures de recours, finalement notifier un refus définitif en janvier dernier. Disposant alors d’un mois pour quitter de lui-même le territoire, conformément à la procédure en vigueur, il n’était évidemment pas parti mais avait au contraire profité de ce délais pour disparaître tout en restant en France. Il était, depuis, inscrit au fichier des personnes recherchées.

À ce propos, rappelons simplement qu’en novembre 2019, interviewé par Valeurs Actuelles, Emmanuel Macron promettait que 100% des OQTF seraient exécutées. En 2023, le taux d’exécution de ces mesures fut de… 6,9%.

L’enquête, espérons-le, permettra d’établir les motivations exactes de l’incendiaire. En attendant ses conclusions, la prudence s’impose. Pour autant, s’il est heureux que la condamnation d’un acte de toute évidence antisémite soit unanime (du moins officiellement), on ne peut s’empêcher de songer à la fameuse citation apocryphe de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes. » Sa véritable formulation est ici encore plus appropriée : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit. »

Et cela fait quarante ans qu’on l’approuve et qu’on y souscrit.

À Rouen, le maire socialiste a déclaré devant l’Hotel de Ville à 18 heures hier soir : « La bête immonde a frappé. S’attaquer à une synagogue, c’est s’attaquer aux juifs, c’est donc s’attaquer à nous toutes et tous, à la République ».

Révisionnettes, outre-mer et autres macroneries

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Des gendarmes déployés en Nouvelle-Calédonie pour rétablir l'ordre, 16 mai 2024 © Cedric Jacquot/AP/SIPA

Après l’IVG qui n’était pas utile puisque protégée par la loi, l’Elysée veut nous imposer une nouvelle révision constitutionnelle sur le collège électoral en Nouvelle-Calédonie. Ces questions délicates et secondaires étaient très éloignées des préoccupations des Français… mais voilà que nous nous heurtons donc dans le Pacifique à des Kanaks pas forcément très pacifiques… Analyse.


Quand cessera-t-on de tripatouiller la Constitution pour un oui pour un non ? Il y a d’autres façons, Monsieur le président Macron, de marquer son mandat et l’histoire. Et de ménager votre sortie de celle-ci. Car c’est à cela, à ce stade du mandat, qu’il vous faut dorénavant penser. Comme d’autres de vos prédécesseurs, cela va devenir obsessionnel !

Lors de son premier mandat Emmanuel Macron avait fait adopter le 28 août 2019 en Conseil des Ministres trois projets de texte très intéressants et constituant une réforme notamment du fonctionnement parlementaire : réduction de 25% du nombre de parlementaires (à 433 députés contre 577 actuellement et à 261 sénateurs contre 348 actuellement), introduction de la proportionnelle pour l’élection des députés (20 %), limitation du cumul des mandats dans le temps (trois mandats identiques pour les parlementaires et les exécutifs locaux). A noter que certains de ces projets avaient déjà été adoptés en Conseil des Ministres dès 2018. Lesdits textes ont donc été déposés au Parlement le 29 août puis plus rien… L’an passé pour les 65 ans de la Constitution, le président a relancé l’idée d’une révision. Mais visiblement tant le Sénat que l’Assemblée ne veulent pas d’une réforme globale. Alors le chef de l’Etat préfère user de révisionnettes : IVG et Nouvelle-Calédonie. IVG ? A notre sens la loi courageusement portée par Simone Veil, suffisait à elle seule à protéger ce droit devenu fondamental pour des milliers de femmes. Alors oui, certains pays, dont le sens démocratique s’amenuise de plus en plus, reviennent ou tentent de revenir sur l’IVG. Mais la France, si elle a reflué dans pas mal de domaines (déficit, sécurité, immigration illégale) n’est pas de ceux-là. Alors, le Parlement, et notamment le Sénat, ont joué le jeu. Les femmes sont ainsi constitutionnellement protégées et c’est peut-être l’essentiel de la révision.

Le régime électoral farfelu de la Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie ? En vertu du très généreux accord de Nouméa du 5 mai 1998 est mis en place la revalorisation de la culture kanak (statut coutumier, langues, etc.) et la création de nouvelles institutions (y compris un régime électoral nouveau). Surtout le texte prévoit un processus de transfert progressif et irréversible de compétences à la Nouvelle-Calédonie avant le référendum d’autodétermination. Ce statut confortable fait même l’objet d’un nouveau titre constitutionnel, le XIII : des dispositions transitoires relatives à la Nouvelle-Calédonie instauré en juillet 1998. Ce ne sont pas moins de trois référendums qui vont se dérouler (2018, 2020 et 2021). A chaque fois les indépendantistes kanaks échouent. On ne peut faire plus démocratique, non ? Pas un seul territoire de France n’a autant voté en si peu de temps ! Avec l’aval de l’Elysée, Gérald Darmanin a décidé d’une réforme constitutionnelle examinée à l’Assemblée nationale, qui vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales en Nouvelle-Calédonie, aux résidents installés depuis au moins dix ans sur l’île. Même si elle peut paraitre légitime, voilà une idée bien inopportune. Résultat ? Les émeutes sévères que l’on connait déclenchées par les kanaks qui, comme de coutume, s’estiment lésés. C’est exactement comme pour l’intégration d’un statut corse dans la Constitution. L’île de beauté est déjà la collectivité qui a le plus d’avantages au sein de notre République. Au mépris d’ailleurs de l’égalité qui doit exister entre lesdites collectivités. A part les Calédoniens et les Corses eux-mêmes, leur statut intéresse qui ? C’est loin d’être le souci majeur des Français, c’est une évidence.

Les positionner ainsi dans notre Constitution obéit exclusivement à de l’opportunisme. Ou alors c’est une façon d’acheter la paix dans ces contrées. C’est mal embarqué en Nouvelle-Calédonie qui est certainement l’île d’outre-mer où se pratique le plus de racisme antiblanc.

Emmanuel Macron n’est pas le premier à avoir voulu instaurer des révisionnettes. Sur les 24 révisions qu’a connu à ce jour la Ve, il y a eu quatre ou cinq essentielles (élection du président au suffrage universel direct sous de Gaulle ou saisine du Conseil Constitutionnel par des parlementaires sous VGE, Question prioritaire de constitutionnalité sous Sarkozy par ex). Le reste sont mineures voire des revisionnettes.  C’est-à-dire qu’elles n’influent en rien notre système institutionnel mais se font sur la base de l’émotion ou du bon vouloir du Prince. Et on a échappé en juillet 2021 au référendum pour inscrire le climat dans la Constitution ! Eh oui, au plus haut sommet de l’exécutif, on avait eu cette idée « géniale » dans la droite ligne du rapport de la Convention Citoyenne sur le Climat. Oubliant un petit détail : il existe déjà dans la Constitution de 1958, la Charte de l’Environnement de 2004 imposée par Jacques Chirac. Au titre de ces bizarreries constitutionnelles, peut-être un jour verrons-nous apparaitre dans notre loi fondamentale, le droit au transgenrisme ou à la binarité ?…

L’avenir de la France dans le Pacifique est ici en jeu

Revenons sur l’outre-mer. La France dispose de 11 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive (ZEE) : il s’agit de l’étendue de mer ou d’océan entre les eaux territoriales et les eaux internationales, sur laquelle un État riverain jouit de l’exclusivité d’exploitation des ressources. Pour la France, 97 % de la ZEE correspond à l’outre-mer. La France se hisse ainsi à la deuxième place des puissances maritimes mondiales et se situe juste derrière les États-Unis et avant l’Australie.

Il va falloir un jour se poser sérieusement la question de ce que l’on compte faire de tout cette outre-mer. Nous sommes le seul pays de l’UE à conserver ce que Napoléon 1er appelait les « confettis d’empire ». Le Portugal, l’Espagne, la Grande-Bretagne ou encore les Pays-Bas s’en sont séparés. La France reste déterminée à conserver ces vestiges impériaux de façon quasi napoléonienne, se démarquant de la politique postcoloniale des autres pays occidentaux. Bien évidemment, comme en Afrique noire ou du nord, tout le confort de vie et le développement dans ces endroits ont été amenés par la France. Il y a eu, on ne peut le nier, des comportements coloniaux contestables. Mais le bilan est plus largement marqué par des points positifs que négatifs.

Les DOM-TOM sont loin de la métropole, ils sont extrêmement coûteux et ne produisent pratiquement rien d’utile (sauf le tourisme, et quelques cultures). Hormis un peu en Guyane (or) et en Nouvelle- Calédonie (nickel),  les sous-sol sont sous (voire plus) exploités. Soyons lucides, leur seul rôle est de faire briller encore la gloire de la République française. Ou ce qu’il en reste. Certes les DOM-TOM donnent à la France l’honneur d’être la « deuxième puissance maritime du monde ». A en croire le Pr Aldrich, de l’Université de Sydney (co-auteur avec John Connell (France’s Overseas Frontier ; Départements et Territoires d’outre-mer, Cambridge University Press, 1992) « d’une certaine façon, c’est comme avoir de vieux bijoux de famille dont on n’arrive pas à se débarrasser ». Quant à savoir pourquoi la France n’a jamais lâché ses coûteux partenaires coloniaux, comme les Britanniques l’ont fait, c’est un peu plus compliqué. Au-delà d’une « mission civilisatrice » avancée par certains, l’argument principal est l’aspect stratégique de certains territoires (Guyane, Calédonie en particulier).

Le coût de l’Outre-mer

Et puis n’oublions pas aussi les avantages dont jouissent nos fonctionnaires insulaires. Ainsi les professeurs bénéficient de 30% d’indemnité de résidence. Ceux qui sont à l’Université peuvent caler tout leur service (192h) sur un semestre et rester sur le continent le reste de l’année. Il existe aussi des primes diverses (éloignement par ex). Chaque jour, les vols d’Air France au départ et à destination de Paris sont remplis d’hommes et de femmes d’affaires bénéficiant d’avantages salariaux analogues. De même, les habitants des DOM-TOM qui veulent étudier en France obtiennent sans peine une place à l’université, ainsi que des billets d’avion gratuits pour rentrer chez eux tous les étés. Peut-être y a-t-il aussi « une sorte de contrat moral entre la France et tous ses départements d’outre-mer » note le professeur Pritchard…

Il n’en reste pas moins que l’ensemble de cette outre-mer a un coût. Nettement supérieur aux avantages d’ailleurs. Pour le budget 2023, tous ministères compris, l’effort budgétaire global de l’Etat en outre-mer s’élève à présent à 20,0 Md€ en autorisations d’engagement et 21,7 Md€ en crédits de paiement en 2023, soit une hausse de 500 M€ en AE (autorisation d’engagement) et en CP (crédits de paiement) par rapport à 2022. Si on additionne, basiquement, cela fait 41, 7 Md d’euros.

Dans chacune de ces îles existe, plus ou moins ancrées, depuis des décennies et des générations, une volonté d’indépendance. Elle est aussi plus ou moins exprimée. Mais aucune d’entre elles ne serait financièrement capable de s’assumer. A cet égard elles sont liées à la France par une sorte de cordon ombilical. Mais à la différence du nouveau-né qui s’ouvre à la vie dès qu’il est coupé, si l’on coupait celui des DOM-TOM ce serait la chronique d’une fin annoncée.

Pour trancher cela, nous songeons à une procédure constitutionnelle simple et claire : le référendum. En Nouvelle-Calédonie, l’Etat français n’a pas su faire respecter les trois résultats qui ont (malheureusement ?) rejeté l’indépendance. Dès lors il serait opportun d’organiser des référendums dans chacun des territoires de nos outre-mer qui a des velléités d’indépendance. Si le oui l’emporte, on donnerait un temps pour s’organiser (un an) avant le départ définitif du « colon ». Notamment pour savoir comment régler les aspects financiers. Le nerf de la guerre pour s’assumer. C’est tellement facile de crier haro sur la France mais de se laisser entretenir par les subsides abondants qu’elle déverse. Nous avons envie de rappeler un slogan politique des années 90 : « la France aimez-la ou quittez la »… Et une fois qu’ils seraient indépendants, libres à eux de s’autogérer (on ne donne alors pas cher de leur peau) ou de passer des accords avec des pays voisins un peu moins démocratiques que la France à certains endroits. On pense ici à Wallis et Futuna mais surtout à la Nouvelle-Calédonie proches de l’Australie (très stricte sur l’immigration) mais aussi, plus éloignée, de la Chine… Cette dernière cherche toujours des opportunités pour se développer. Mais le joug chinois serait plus dur à endurer que le « colonialisme » à la française…

Les sondages qui se succèdent depuis des mois démontrent les uns après les autres que l’inflation, le pouvoir d’achat, la sécurité sont les principales priorités des Français, loin devant la guerre en Ukraine. Et à des années lumières de révisions constitutionnelles sans intérêt et de l’avenir de la Corse ou de la Nouvelle-Calédonie. Il vous reste à peine trois ans pour revenir aux fondamentaux Monsieur Macron…

Des poubelles d’un bidonville indien à l’enseignement de Descartes

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Emmanuel Leclercq interrogé par Philippe Bilger, le 28 avril 2024. Capture d'écran Youtube.

Emmanuel Leclercq a une trajectoire peu commune. L’animateur de Devenir pour agir, enseignant, essayiste et philosophe, raconte son parcours et répond aux questions de Philippe Bilger.


Si j’ai soumis à la question Emmanuel Leclercq, c’est pour sortir, me sortir des dialogues trop confortablement médiatiques.

Ce jeune philosophe de 41 ans a eu des origines extraordinaires et son parcours exceptionnel montre à quel point il ne faut jamais sous-estimer les hasards miraculeux de la vie et de la générosité humaine. Abandonné en Inde dans une poubelle à l’âge de 10 jours, il a été recueilli par Mère Thérésa puis adopté par des parents catholiques qui, en plus de lui, ont accueilli quatre autres enfants de diverses nationalités.

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Personne de cette progéniture n’a mal tourné en raison des valeurs transmises et de l’éducation reçue. Une très belle et éclairante histoire humaine qui méritait bien un coup de projecteur sur elle.

La vie est un combat. Accepte-le !

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Causeur vous propose de visionner cet entretien, enregistré dans le studio de Fréquence Protestante (100.7 FM Paris).

Sur les difficultés scolaires : « J’ai toujours eu des difficultés intellectuelles. J’ai souffert étant très petit de malnutrition, ce qui m’a procuré des carences. J’avais des mauvaises notes à l’école, je travaillais et je n’y arrivais pas. Mon prof principal me proposait d’arrêter les cours et de devenir groom. Ça ne m’a pas empêché de faire 16 ans d’études par la suite. »

Activités périphériques : « Ma passion est de démocratiser la philosophie, de la rendre accessible. J’ai donc fondé ‘Devenir pour Agir’, la première émission française d’interview philosophique. »

Conscience d’une destinée exceptionnelle : « Non, toute vie est singulière, particulière, toute vie est unique. J’ai conscience de la chance d’avoir été sauvé. Je veux qu’aujourd’hui ma vie, soit un cadeau pour mes parents qui m’ont donné la vie, même si je ne les connais pas. »

Sur l’éducation et la nouvelle génération : « J’aurais pu mal tourner. J’ai eu la chance de grandir dans une famille croyante, pratiquante et soudée. Nous sommes arrivés dans une nouvelle génération, et aujourd’hui, il faudrait rééduquer les parents, les remettre à leur place. »
« Certains élèves me racontent leur vie de famille. Ils sont accablés. L’école, le lycée, est un sas de respiration pour ces jeunes. »

Sur la délinquance : « ‘Mais Ms’ieur, vous foutez quoi ici ? ’ m’a déjà lancé un élève perturbateur, avec les ricanements de toute la classe. Je lui ai répondu après un instant de silence : ’Merci d’exister’. Il a été marqué et m’en a parlé en fin d’année, jamais ses parents ne lui avaient dit ça. »
« Il faut comprendre les jeunes, dans toute leur histoire, c’est l’une des clés pour aider les plus violents. Il ne faut pas leur demander pourquoi ils font ça, on peut facilement le savoir. Il faut leur dire : qu’est-ce que ça t’apporte ? Je dis souvent aux jeunes qu’ils sont des cadeaux pour l’humanité. »

Conception de la vie et de la société : « La vie est un combat, on n’a rien sans rien. Si on veut réussir, il faut travailler. Beaucoup de nos professeurs veulent faire réussir les élèves, je suis contre. J’essaye de les aider à s’épanouir. C’est parce qu’ils s’épanouissent qu’ils réussiront. »

Le Mur des cons

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La France en miettes (Documents)

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Ces « guerres raciales » que soutient la gauche perdue

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Nouméa, 15 mai 2024 © Nicolas Job/AP/SIPA

Confirmation : la race obsède les antiracistes. Les voici, CGT en tête, en soutien aux Canaques qui, devenus démographiquement minoritaires (39%) en Nouvelle-Calédonie, refusent le métissage, la société multiculturelle, le droit de vote démocratique et ne cachent rien de leur violente détestation des blancs.

Du paradis au cauchemar diversitaire

Un même refus de vivre ensemble est revendiqué par ceux des musulmans qui, encouragés par l’extrême-gauche, approuvent le Hamas terroriste et judéophobe. Les Canaques comme les Palestiniens alignent toutes les caractéristiques qui devraient faire d’eux, aux yeux des promoteurs du nomadisme et de la créolisation, des peuples « nauséabonds » dans leur désir d’exclure l’altérité au nom de l’enracinement. Ces diabolisations sont en tout cas réservées à ceux qui, en France, osent seulement s’inquiéter des effets d’une immigration de remplacement.

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Mais il suffit de se dire « colonisés » pour être absout. Ce prétexte, avancé par les terroristes canaques, leur doit d’être glorifiés, par la gauche perdue, dans leur combat identitaire et leur refus de disparaître. La colonisation est avancée semblablement par le Hamas, alors même qu’Israël a quitté Gaza en 2005. Dans les deux cas, le rejet de l’homme blanc occidental est la condition qui autorise toutes les expressions anti-françaises, anti-israéliennes, xénophobes, antisémites. Les mouvements antiracistes ne trouvent évidemment rien à redire à la mise au rebut du blanc, en raison de sa peau.

Déjà cinq morts en Nouvelle-Calédonie

Cependant, une seconde confirmation découle de la primauté de la race chez les antiracistes : la société ouverte à ses ennemis est porteuse de guerres civiles. Le paradis diversitaire, louangé par le progressisme macronien, est perméable aux conflits ethniques ou religieux. Ces guerres civiles ont déboulé à Mayotte et plus dramatiquement en Nouvelle-Calédonie, où cinq personnes ont déjà été tuées ces derniers jours, dont deux gendarmes.

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C’est également une guerre civile à bas bruit qui, attisée cette fois par l’islam guerrier et une délinquance armée qui lui est acquise, accélère ses répétitions en métropole, en profitant d’un Etat dépressif, aboulique. La perspective d’une « guerre civile qui vient », titre d’un essai (2016) de votre serviteur, se rapproche. Ce vendredi matin, la synagogue de Rouen a été la cible d’une tentative d’incendie par un individu qui a été tué par la police. Mardi, à Paris, c’est le mur des Justes (où est inscrit le nom de mon oncle, le capitaine Henri Rioufol, pour son aide à une famille juive durant la guerre) qui avait été profané. Le chaos peut-il encore être évité ? Dans l’immédiat, l’Etat se doit de réprimer les insurgés canaques s’il veut retrouver son crédit, à charge pour lui, ensuite, de ne pas humilier inutilement un peuple dans son désir de survivre. Mais l’issue de la séparation territoriale, option qui s’installe entre Israéliens et Palestiniens, ne doit pas être non plus écartée par principe. Je serai en Israël ces prochains jours, là où se joue actuellement la guerre contre l’Occident forcément coupable.

La Guerre Civile Qui Vient

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