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Saga Africa, attention les secousses !

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Faudra-t-il bientôt affubler d’un « ex » l’avantageux statut de personnalité politique préférée des Français dont a joui jusque là Bernard Kouchner ? Toujours est-il qu’on balise sec au Quai d’Orsay à cause de la sortie ce mercredi du nouveau livre de Pierre Péan, Le Monde selon K., dont Marianne a publié des extraits cette semaine. A en croire ceux-ci, il y aurait quelque chose de pas forcément avouable dans les rapports d’argent entre le vertueux Kouchner et l’infréquentable Omar Bongo. Du côté du ministre, de son épouse (également citée dans le livre) et de son avocat, Me Kiejman, on se dit très serein. Et n’allez pas croire que c’est le genre de conneries qu’on raconte toujours avant toutes les catastrophes politico-financières.

Siné n’est pas antisémite

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sine-licra

Mercredi s’est achevé à Lyon le procès intenté au dessinateur Siné par la Licra pour « incitation à la haine raciale ».

Licra contre Siné. Zéro partout

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On ne devrait jamais rencontrer les gens qu’on attaque. Parce que ces salauds ont toujours le mauvais goût d’être des êtres humains et parfois, pire encore, celui d’être sympathiques et/ou rigolos. Même quand ils écrivent des conneries, et même quand ces conneries ont des relents disons peu philosémites. Je plaide donc coupable. J’ai assisté cette semaine, au Palais de justice de Lyon, au procès intenté par la Licra à Siné pour « incitation à la haine raciale ». J’ai observé le dos du prévenu pendant une dizaine d’heures au Palais de Justice de Lyon, je l’ai écouté récuser avec sa voix et ses formules tout droit sorties d’un film d’Audiard l’accusation d’antisémitisme et de racisme et proférer quelques âneries, de celles qui vous font vous gondoler et vous sentir coupable de vous gondoler. On me dira qu’on peut être drôle et antisémite, raciste, homophobe et tutti quanti. Certes. D’abord, tant qu’à être ceci ou cela autant être drôle quand même. Et puis si le débat contradictoire a une vertu, c’est celle de forcer chacun à entendre les arguments de l’autre. L’adversaire le plus honni a au moins le droit à la complexité, c’est-à-dire à ne pas voir son existence et sa personne résumées en un ou deux mots.

Au risque de me rendre coupable de mollesse et de déplaire à tous ceux qui aiment haïr, je ne saurais donc exclure que les plaidoyers passionnés auxquels se sont livrés quelques amis de Siné (« un juif d’honneur » selon l’un d’eux qui avait convoqué ses ancêtres massacrés à la barre) recèlent une part de vérité. Le bonhomme est assurément un anticolonial maintenu jusqu’au délire d’où son obsession israélienne devenue une obsession juive. Il pense que les juifs sont puissants. Il est fanatiquement anticlérical – son icône à lui, c’est le Palestinien, combattant de préférence mais pas seulement. Alors moi, je préfère son côté « salon du camion » quand il se paie la fiole des femmes et plus encore des féministes – j’ai toujours eu une tendresse coupable pour les vieux beaufs machos. Mais au-delà de ses idées délirantes ou détestables, Siné, c’est une nature. Comme le scorpion pique, il adore emmerder le monde, casser à grands coups de lattes les palissades des convenances, scandaliser tous azimuts, faire sursauter les belles âmes de tous bords, en un mot péter à toutes les tables. On a parfaitement le droit de ne pas avoir envie qu’il vienne lâcher ses flatulences à la sienne. Il est doublement absurde de reprocher à Philippe Val d’avoir viré Siné – je ne lui proposerais pas à de devenir un auteur régulier de causeur[1. Mais s’il veut répondre ici, il sera évidemment le bienvenu, moyennant le respect des limites auxquelles nous sommes tous astreints ici et qui, je le crains, sont bien plus étroites que celles qui ont cours à Siné Hebdo.]. C’était le droit de Val et, en quinze ans, ça a dû souvent le démanger. De plus, il ne l’a pas fait. Après l’avoir publié sans le lire, il n’a pas été capable de le retenir. On peut penser qu’il a sacrément manqué de sérieux professionnel puis d’habileté diplomatique – avec un oiseau de ce genre, ce n’était pas simple – pas qu’il a monté cette mayonnaise pour se débarrasser d’un emmerdeur qu’il supportait depuis quinze ans ou, dans le genre encore plus complotiste, pour faire copain-copain avec Sarkozy.

Une chose est sûre : la question posée au Tribunal n’avait aucun intérêt. En droit, il s’agissait de savoir si Siné s’était rendu coupable de provocation à la haine raciale dans deux de ses articles. Outre l’article désormais célèbre dans lequel il était question de Jean Sarkozy, la Licra, peut-être soucieuse de montrer qu’elle est antiraciste tout-terrains, a en effet exhumé un article dans lequel il s’en prenait avec la même délicatesse aux femmes voilées et aux enfants qui refusent de manger du cochon à la cantine (article que nul n’avait d’ailleurs remarqué lors de sa publication). Dans les débats, bien entendu, on a beaucoup parlé d’antisémitisme. Trop. La question est tout aussi oiseuse, au moins quand elle est posée dans cette enceinte et dans ces termes et, dans tous les cas, quand on n’a rien d’autre à proposer que l’indignation.

Le rappel des délires passés, alcoolisés et amnistiés de Siné m’a fait toucher du doigt autre chose. Flirter avec l’antisémitisme c’est, ou en tout cas ça a été longtemps, la transgression absolue, le point de non-retour, le feu nucléaire contre le quartier général. Quoi de plus intolérable aux oreilles et aux consciences européennes qu’un homme qui se proclame nazi ? La même jurisprudence vaut pour un Soral quand il affirme que si les juifs ont eu autant d’ennuis au cours de l’histoire c’est qu’ils ont bien dû les chercher, ou pour un Le Pen qui a toujours choisi ce terrain quand il voulait faire jaser dans les chaumières médiatiques. En tout cas, avec l’âge, Siné a pris de la sensibilité. En l’accusant d’avoir écrit « un texte antisémite », Askolovitch lui a fait beaucoup de mal. « Je voudrais qu’il meure, enfin peut-être pas qu’il meure mais qu’il souffre », a-t-il bougonné à la barre au cours du procès qu’il a intenté au journaliste pour diffamation[2. Le plus probable est qu’il perdra son procès contre Askolovitch et que la Licra perdra contre lui. Dans les deux cas, le procureur a demandé la relaxe.].

Il y a quelques années, quand Siné soutenait la liste Euro-Palestine aux côtés d’un Dieudonné qui n’avait pas encore rallié le FN et n’était donc pas rayé des cadres, et que chacune de ses chroniques me faisait déjà bondir, des copains de Charlie Hebdo voulaient absolument me le faire rencontrer. « Tu l’adoreras, c’est une grande gueule comme toi », me disaient-ils. Le sommet des grandes gueules n’a pas eu lieu. L’aurais-je lu autrement si je l’avais connu ? Sans doute. Mais comme l’a expliqué Richard Malka, avocat de Charlie et ami de Causeur, les gamins (et même les adultes d’ailleurs) qui le lisaient dans Charlie ne le connaissaient pas plus que moi. Ils n’avaient pas le son. Et sans le son, Siné ne me fait pas rire.

Plus que les provocations de Siné, c’est l’argumentation de certains des témoins cités par sa défense qui laisse songeur, voire vaguement inquiet. À peine caricaturé, le propos de l’écrivain et éditeur Jean-Marie Laclavetine peut se résumer ainsi : le problème n’est pas tant l’antisémitisme imputable à la fois à la misère sociale et à la sauvagerie de Tsahal mais l’accusation d’antisémitisme qui pèse sur toute personne osant critiquer Israël. Point de vue également défendu par le sympathique Frédéric Bonnaud qui recommandait il y a peu dans Siné Hebdo, sous le titre « Leçon de maintien » de dire « Tsahal » et même « Tsahal mon amour » et « d’éviter absolument les termes de « tueurs de bébés » » – pour échapper à l’infamante accusation bien sûr. Bonnaud aussi doit penser que les juifs ont le bras long. Et il est sympa pour de vrai, Bonnaud, du côté de ceux qui en bavent. Pareil pour Bedos. Bon, il a ses limites, Bedos : on lui raconte que le matin même, à la barre où il s’exprime, Siné a déconné sur les femmes voilées grommelant « C’est vrai, quand je vais au supermarché à Noisy, j’ai l’impression d’être à la mosquée ». Il se tourne vers lui : « Tu m’emmerdes. »

Dans le fond, ce qui doit tout régler, balayer tout doute et toute question, c’est qu’on est entre gens de gauche, ce qui signifie, entre autres privilèges, qu’on a toujours d’excellentes et nobles raisons de détester et de réclamer excommunications et bannissements. Pour la salubrité morale de tous. L’ont-ils tant haï, le « F-haine »… C’est au nom des valeurs de gauche qu’on dénonce les juifs/Israéliens. Bonnaud again, la semaine suivante : « Depuis que les juifs ont un Etat devenu selon eux le premier rempart de l’Occident contre les masses fanatiques de l’islam, ils s’en prennent à d’autres sémites. Tout change, rien ne change. » En bon français, ça veut dire que les juifs sont les nouveaux antisémites – et avec l’antisémitisme, on ne transige pas[3. Confirmation inopinée. Je dépasse deux sexagénaires devant une école maternelle à la porte de laquelle est accroché un bouquet de fleurs à la mémoire « d’enfants déportés parce qu’ils étaient juifs ». L’un d’eux, à l’autre : « Tu te rends compte de ce qu’ils font aux Palestiniens maintenant ! C’est dégueulasse… ils n’ont pas de morale. »].

D’accord mais comme disait l’autre, que faire ? À part répondre, et encore pas toujours, rien. Surtout, ne pas se la jouer « heures les plus sombres de notre histoire » ni intenter des procès absurdes qui ne font qu’entretenir le sentiment qu’on ne peut rien dire sur les juifs. Arrêter de voir des antisémites là où il n’y en a pas. Arrêter de se demander si X ou Y ou Z le serait un peu, beaucoup ou passionnément, on s’en fout. Enfin, arrêter de se raconter des craques. Ce qui entretient les stéréotypes du vieil antisémitisme, celui qui fantasme un monde sous la coupe de juifs riches et puissants, ce ne sont pas tant les éructations de Siné que la diffusion en boucle des images de Gaza et des commentaires afférents, et sans doute la bonne bouille de Bernard Madoff en qui beaucoup voient le nouveau visage de la « banque juive » (il est banquier et par ailleurs juif – comme nombre de ses victimes). Et contre CNN ou Al Jazeera, aucun tribunal ne peut rien.

Israël, la balle au centre

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Il y a quelque chose de nouveau dans la vie politique israélienne : le centrisme est né. Après trente ans de bipolarité, la survie du parti Kadima comme deuxième formation politique israélienne ouvre de nouvelles perspectives : pour la première fois depuis des décennies, Israël pourrait, à l’issue des élections, être gouverné par une coalition dont le centre de gravité ne sera ni à gauche ni à droite. Une alliance entre Kadima, le parti travailliste et le Likoud pourrait réunir le soutien d’au moins 70 députés sur les 120 que compte la Knesset. Or, les sondages montrent régulièrement qu’une solide majorité d’Israéliens est prête à sauter le pas et à s’attaquer à la question des colonies. La nouvelle donne politique tripartite permettrait de traduire cet assentiment plus ou moins enthousiaste en majorité parlementaire après les législatives du 10 février.

Le glissement vers le centre de l’électorat israélien est clair et net. Aux élections législatives de 1981, apogée de la bipolarisation de la vie politique, le Likoud dirigé par Begin avait recueilli 39 % des voix, presque à égalité avec les prédécesseurs des actuels travaillistes dont la tête de liste était Pérès. Ensemble, les deux formations avaient donc la confiance de quatre électeurs sur cinq. Un quart de siècle plus tard, la méfiance à l’égard des partis de gouvernement était telle que le Likoud, avec son score de 10%, et les travaillistes avec 15,8 % des voix, étaient en miettes tandis que Kadima, que l’exercice du pouvoir n’avait pas encore abimé – bien qu’il fût composé de rescapés de ces deux formations – recueillait 24 % des suffrages. Mais même en additionnant les bulletins de votes, ces trois partis n’étaient pas parvenus à séduire plus de 50 % des électeurs. Cette fois-ci, les sondages créditent la troïka d’un score avoisinant les 60 % (Likoud 26 %, travaillistes 15 % et Kadima 19 %).

Ce n’est pas tant l’émergence de Kadima que son ancrage dans le paysage politique qui constitue une rupture majeure. Kadima n’est pas le premier « parti de l’espoir » : on a déjà vu par le passé d’autres formations faire irruption dans le ciel de la politique israélienne comme des météores et obtenir un bon score. En revanche, Kadima a été la première à pouvoir diriger tout de suite un gouvernement et, ce qui est plus important encore, à ne pas se désintégrer et disparaître avant les législatives suivantes. Même si les sondages sont loin d’être infaillibles, ce scénario est aujourd’hui très peu probable et le parti créé par Sharon pour permettre le démantèlement des colonies à Gaza pourrait devenir, avec environ 20 % des suffrages, le deuxième du pays.

Le sens politique profond de ce phénomène est que, pour la première fois en Israël, pour gouverner et se maintenir au pouvoir dans la durée, le centre est une véritable option stratégique. De plus, il n’est pas seulement un vivier d’intentions de vote mais une formation politique mûre, un parti de gouvernement avec un bilan qui, même s’il est loin d’être glorieux, le positionne comme une alternance crédible aux yeux de pas mal d’électeurs. Une coalition stable qui ne sera ancrée ni à gauche ni à droite est donc possible. Ainsi, les projets à courte vue de la politique, des échéances électorales, motions de censure et votes de budgets, pourraient enfin se synchroniser avec les projets à long terme de la géostratégie : le règlement du conflit avec les Palestiniens et les Syriens, la consolidation de l’alliance vitale avec les Etats-Unis et l’assainissement des relations avec l’Europe et le reste du monde. Pour parler clair, les conditions politiques nécessaires pour permettre à Israël de s’attaquer sérieusement à la question des colonies de peuplement sont maintenant réunies.

Chef d’un parti qui deviendra très probablement le plus grand après les élections, « Bibi » Netanyahu pourrait facilement former une coalition classique avec les partis de droite, mais celle-ci ne peut accoucher que d’un gouvernement dépourvu de toute marge de manœuvre politique. Autrefois, il n’aurait pas eu d’autre choix, dans la nouvelle configuration qui sortira des urnes, d’autres options pourraient être ouvertes, en particulier celle d’une « grande coalition » Bibi-Barak-Livini. Et après tout, au-delà des apparences, la rupture ne serait pas si grande. Depuis qu’il est devenu en 1977 un parti de gouvernement, le rôle historique du Likoud aura été de légitimer et d’imposer les solutions conçues et envisagées par les courants pragmatiques du sionisme après avoir gagné des élections en promettant bien entendu le contraire. Pour la première fois depuis longtemps, un leader de la droite israélienne pourrait regarder ses électeurs dans les yeux, leur dire « je vous ai compris » et puis faire comme qui vous savez.

Renvoi de censure

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Réputé pour sa connaissance approfondie du monde du travail, le sociologue Henri Vacquin, grand ancien de Mai 68, et qui s’autoproclame fièrement « vieux con de gauche » vient de sortir au Seuil Mes acquis sociaux, où il explique notamment avoir voté Bayrou puis Sarkozy à la dernière présidentielle, pour empêcher l’élection de Royal, qui selon lui aurait signé l’arrêt de mort d’une gauche déjà très mal en point.
Il s’en est expliqué dans un fort joli texte, donné à nos confrères de Rue89, auxquels il avait déjà accordé une interview sans détours. On peut y lire entre autres vérités bien senties : « Notre génération de soixante-huitards dans son ensemble, à droite comme à gauche, n’a jamais surmonté cette carence de transmission des valeurs. Nous ne sommes pas pour rien responsables de leur débandade actuelle qui a fabriqué entre autres, et pour ne s’en tenir qu’à cela, le chômage des jeunes et des vieux. »
Dans son texte, Vacquin estime que son livre est victime d’une omerta « de la presse de gauche traditionnelle ». Après vérification par nos services, ce constat ne relève en rien de la paranoïa. Mais quand même, j’ai du mal a comprendre un truc : comment ceux-là mêmes qui au Châtelet accusent le Château de vouloir museler toutes les opinions non conformes peuvent-ils, à leur tour, passer sous le boisseau un livre de gauche, mais qui explique que Sarkozy était le moindre mal ? Edwy, Laurent, soyez cools, expliquez-moi…

La quatrième guerre mondiale a commencé

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Français de plume, nord-américain d’adoption, on pourrait sans le vexer, le qualifier d’occidentaliste. Ecrivain déjanté, catholique allumé et rocker habité, perpétuant la tradition des imprécateurs, Maurice G. Dantec est le dernier défenseur de George W. Bush.

Le monde entier se réjouit et croit que l’Amérique rebondit. Le monde entier sauf vous. Votre nature disons malicieuse vous pousserait-elle à détester ce que la plupart des gens aiment ?
N’est-ce pas plutôt l’inverse ? Les masses démocratisées ont le don d’opter pour tout ce qui me fait horreur. Quant à Barack Hussein Obama, on voit déjà la RealPolitik remplacer les beaux discours humanistes. Les Américains en avaient juste marre de se faire cracher au visage par tous les bobos de la planète, de l’extrême-rien à l’extrême-nul, alors qu’ils sont la forteresse du Monde Libre et qu’ils le savent. J’attends avec impatience le départ des soldats américains d’Irak : on assistera à une guerre civile interconfessionnelle de grande ampleur, avec des rebondissements intéressants entre l’Iran et le Pakistan, à côté, Gaza City ressemblera à un ball-trap. Lorsque les forces occidentales partiront d’Afghanistan, les Talibans seront de retour au pouvoir en moins d’un mois. Les mêmes qui ont voté (ou auraient voulu le faire) pour Obama pleureront alors à chaudes larmes sur le sort des femmes exécutées ou lapidées publiquement dans des stades bourrés de crétins barbus.

De bonnes âmes humanitaires iront peut-être jusqu’à le faire intervenir au sud-Soudan ?
Sur le plan économique, le Magicien d’Oz ne peut rien faire d’autre que de pratiquement tripler le déficit US en 2009, jusqu’à 1,2 trillions de dollars ! Its the economics, stupid !
Personnellement, ce début d’année m’enchante au plus haut point.

Vous remarquez que « promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau » a quelque chose de raciste. Mais vous admettez sans doute que certaines populations ont souffert et souffrent encore du racisme, institutionnalisé ou non.
Je remarque une fois de plus que voter pour un noir parce qu’il est noir n’est pas un geste foncièrement raciste. Si j’appelle à voter pour un blanc parce qu’il est blanc il est probable que je risque la prison. Par ailleurs, quand vous connaissez la tradition « politique » de l’Illinois (État champion toutes catégories en matière de gangstérisme et de corruption) vous me permettrez d’émettre un doute sur les « mérites » de l’ami du Pasteur Wright, antisémite notoire qui a « formé » le sénateur Barack Hussein Obama.

« On ne voit pas en quoi le taux de mélanine de Barack Obama va l’aider à résoudre les problèmes de la première puissance du globe », écrivez-vous. Sans doute. Mais outre qu’il ne va pas l’en empêcher non plus, qu’est-ce qui vous déplaît dans son programme ? Vous ne voulez pas d’un président noir ?
Si un noir Républicain s’était présenté, j’aurais appelé à voter pour lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, personnellement je porte du noir tous les jours.
Son programme ? Post-gauchisme californien + archéo-sociale-démocratie + culpabilisation du White Anglo-Saxon Protestant + politique étrangère sans réelle consistance + mensonges à ses propres partisans + comeback de la RealPolitik avant même son entrée en fonction + économie portnawak où protectionnisme se conjugue avec le capitalisme le plus effréné + candidat du gros pognon new-wave + valeurs progressistes-eugénistes + foi religieuse étrangement syncrétique + amitiés douteuses de crétins antisémites + incompétence governoriale + rhétorique d’avocaillon sorti de Harvard + Vendeur de Rêve comme on dit Vendeur d’automobiles d’occasion = ? Pas le moindre taux de mélanine là-dedans, je m’intéresse plus à la structuration neuronale. Vous n’avez pas compris qu’il sera amené à faire « bien pire » que Georges Walker Bush.

Avec la présidence Bush, vous saluez « la dernière souveraineté impériale qui menaçait le projet de gouvernement socialiste supranational de l’Onuzie ». Elle menaçait qui ou quoi à part l’Amérique elle-même ? Qui tremblait devant Bush ? Hu Jintao ? Poutine ? Même pas Bachar el-Assad. Sur quel front la sécurité mondiale a-t-elle progressé durant ces huit ans ?
Elle menaçait en premier lieu la dictature supranationale de l’ONU, et en ce sens cette souveraineté impériale défendait l’ensemble de tous les hommes libres de la planète, menacés par le communisme cool du 21e siècle, complice des criminels de guerre Talibans et des terroristes fanatiques de tout poil. De fait elle défendait surtout la liberté et la souveraineté des États-Unis, celle qui importe pour eux, après tout, que les autres se débrouillent avec leur « Big Mother ». J’indique aussitôt que cette guerre entre la Souveraineté Impériale et le supranationalisne Onuzi se concentre aux USA mais a lieu, évidemment, en tous points du globe.
Ah bon, Al-Assad n’a pas compris en quoi la destitution de son frère ennemi du Baas irakien menaçait son propre pouvoir ? J’ai dû rater un épisode, d’où venaient, déjà, tous ces « insurgés » entre 2004 et 2007 ? Ah, oui, du Costa-Rica, j’oubliais.
En quoi la sécurité mondiale a-t-elle progressé ? Mais je rêve ou quoi ? Vous n’avez pas compris que depuis le 11 septembre 2001, la récréation est terminée ? C’est la guerre, la IVe guerre mondiale, celle qui se mène sur tous les fronts à la fois. Il n’y a eu aucun attentat aux USA depuis sept ans justement, en revanche, il s’en est produit en Europe, on se demande pourquoi. Peut-être pas la même conception de la « sécurité », précisément. Rappelez-moi où se trouve votre Guantanamo Bay ?

Idem pour la grande croisade démocratique promise par les néo-conservateurs. Certes, le régime de Saddam Hussein a cédé la place à… on ne sait quoi, mais d’accord, c’est un progrès. Pour le reste, les mêmes dirigeants (ou leurs enfants) corrompus sont en place et, de surcroît, ils sont devenus indispensables à une Amérique affaiblie.
Ah, parce que vous pensez que démocratie et corruption sont incompatibles ? J’adore votre sens de l’humour.
Indispensables à l’Amérique ? On entre dans le domaine du pur comique. C’est très exactement l’inverse, tous ces pays vivent grâce au pétrole que l’Occident leur achète et aux méga-subventions que les Etats-Unis leur versent pour éviter leur total effondrement. La destruction comme point préliminaire, disait Ernst Jünger. Je me contretape de ce qui succèdera à Saddam Hussein et à ce gouvernement de transition. Encore une fois, j’ai peur de me répéter, mais c’est la guerre, c’est-à-dire la propagation contrôlée du chaos. Cette guerre a été pliée militairement dès 2007, ce qui va en sortir sur le plan géopolitique risque d’être fort intéressant. Ce qui comptait c’était de foutre en l’air Saddam Hussein, en tant que tel, parce qu’il était justement le maillon faible de toute le dispositif. Ce qui arrivera à l’Irak, c’est aux Arabes, et aux Iraniens, de le décider. Connaissant ces pays et leurs principaux voisins, je parie sur une authentique catastrophe régionale, il suffira d’attendre que le prix du baril de brut vaille celui d’un bidon d’eau de vaisselle sale.

De même, votre Amérique qui fait peur aux « bobos du Grand club med internationaliste » est quand même un peu composée de born-again égarés qui pensent qu’il faut brûler Darwin et se faire justice soi-même.
Oui, oui, bien sûr, tout le monde sait que les 48 % d’Américains qui ont voté Mc Cain sont des crétins de « rednecks » ignares qui brûlent les livres de Darwin, et ceux de la Bibliothèque Rose, tous les matins en se levant, après un salut au drapeau devant une croix enflammée. D’autres poncifs typiquement français ?
Quant au second amendement de la Constitution, il est heureusement indéboulonnable et il est ce qui fait de tout Américain un homme libre, c’est à dire un homme ayant le droit de porter une arme, comme à Sparte, ou Rome.

La guerre, écrivez-vous, est l’unique forme pensable du monde. Pour vous, on a l’impression qu’elle est surtout l’unique forme désirable. L’âge démocratique et consumériste est sans doute ennuyeux, mais que faire si c’est ce que veulent « les gens » ? Rappelez-vous la conclusion de la lettre aux djihadistes de Muray : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts. »
Ce que veulent « les gens » m’indiffère au plus haut point. Que voulaient « les gens » en 1940 ?

Je cite Muray, certes que j’estime, mais ai-je le droit d’être parfois en désaccord avec lui ? On ne gagne rien quand on est mort, il subsistait peut-être une trace de nihilisme dans sa pensée. Ce sont les Bédouins djihadistes qui sont du côté de la Mort (rappelez-vous Madrid 2004), et où est sa victoire ? – demandait Saint Paul -, l’occident bobo-gauchiste n’en a même plus la force.
Mais comme aux Thermopyles – 300 contre 10. 000 – la civilisation indo-européenne s’appuie toujours sur un petit nombre d’hommes libres (donc armés) contre des myriades d’esclaves.

Vous regrettez que l’Europe ait été incapable d’accueillir la Russie dans une Alliance transocéanique mais, sur ce point il y a eu une grande continuité de Clinton à Bush, d’Albright à Rice.
Vous êtes dans l’erreur sur ce point précis : Condoleezza Rice et l’ensemble de l’administration Bush ont multiplié les contacts avec la Russie de Poutine, rappelez-vous le discours à Moscou en 2003, lorsque la Russie a laissé l’intervention en Irak se dérouler. De multiples propositions ont été faites, mais le vieil establishment post-soviétique est resté bloqué sur l’époque de l’URSS, et Zeropa-Land n’a su produire ni le moindre geste significatif, ni la moindre proposition concrète. Par conséquent le projet du bouclier anti-missile fut perçu comme une provocation par Moscou. Si on rajoute l’arrogance « eurodémocratique » des Ukrainiens qui détournent le gaz en provenance de Russie et ne paient pas leurs traites et les Géorgiens qui veulent jouer les gros bras en Ossétie du Sud, on peut comprendre que les Russes commencent à s’énerver.

La guerre civile américaine entre une Gauche incarnant l’alliance des bourgeois pétris de mauvaise conscience et des minorités ethniques et une droite représentant les « petits blancs » est selon vous le modèle des guerres à venir. Faut-il en conclure qu’elles seront ethniques et sociales ?
Oui. Et transnationales, de surcroît.

Come-back pour Sarah

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Enfin, une lueur d’espoir sur la scène internationale pour les communistes-maintenus de tous les pays ! Il semblerait que Sarah Palin, ex-colistière de Mc Cain, le républicain battu par le candidat du centre droit Obama, ait décidé de remettre le couvert pour 2012 comme l’indique la création d’un site Internet visant à collecter des fonds pour sa candidature, où elle apparaît telle qu’en elle-même l’éternité la change : sexy, rebelle, souriante et avec des lunettes. Rappelons que Sarah Palin, comme toute libertarienne, est de fait une communiste qui s’ignore puisqu’elle prône le dépérissement de l’Etat et une société de l’épanouissement personnel.

La querelle des Zenfants et des Zanimaux

La tempête qui gronde dans les provinces de France, le Joker sous acide qui charcute des petits lardons flamands, le coming-out tapageur de Roger Karoutchi… il restait bien peu de place dans les médias, ces derniers jours, pour évoquer une information pourtant importante dans le monde de la tauromachie : le petit torero franco-mexicain Michelito, 11 ans, est venu à bout de six taureaux dans les arènes de Mérida, au sud-est du Mexique, devant 3500 spectateurs éblouis. » Je suis heureux d’avoir atteint cette si grande victoire », a déclaré le petit garçon à l’AFP à propos de sa performance historique lors de cette « encerrona », corrida d’un seul torero, qui s’est tenue samedi dernier. Le petit prodige, fils de l’ancien torero français Michel Lagravère, confronté à une demi-douzaine de taureaux juvéniles âgés de 1 à 2 ans, a déployé toute sa technicité et tout son jeune courage physique pour mettre à terre ces créatures impétueuses et cornues dans la Plaza de toros de Mérida. Et le tout en famille : le petit garçon affrontait ces taureaux avec l’assistance d’une « cuadrilla » composée de son petit frère Andresito, 10 ans, et de trois adultes de ses proches. L’exploit, qui est une première pour un enfant de cet âge[1. Le but de l’opération est aussi de faire entrer le jeune Michelito au Guinness Book des Records.], a été salué avec enthousiasme par le grand public mexicain. A l’issue du combat insolite, le gamin, porté en triomphe par ses admirateurs, a pu exhiber à la foule en délire les oreilles arrachées aux taureaux vaincus. Olé !

« Il l’a fait. Il a tué les six taureaux, et il voulait même toréer le septième, gardé en réserve, mais nous l’avons fait renoncer à l’idée », a déclaré son père, appuyant encore l’image d’invincibilité de sa chère progéniture. Il y avait donc même un septième taureau en rabe ! Rien que pour la gourmandise ! Rien que pour le sport ! Le papa a tout fait dans les règles de l’art… pour amadouer la presse, il a même invité dans l’arène un quota d’enfants pauvres, destinés à vibrer à l’unisson de son mini-surhomme de fiston en habit de lumière : « Mais davantage que la corrida elle-même, ce qui m’importe c’est de voir comme les enfants sont heureux. » C’est dire si les taureaux, même, ont du être satisfaits de leur sort funeste sous l’éclatant soleil mexicain ! Olé !

Mais j’arrête là dans le genre « apologie virile de la tauromachie ». Nous ne sommes quand même pas là pour ça ! Ce n’est pas le genre de la maison ! Terminées les « espagnolades » ! Laissons cela à Hemingway, à Picasso et au fantasque Gabriel Fouquet de Blondin, qui torée des bagnoles dans Un singe en Hiver. A la rigueur Astérix en Hispanie, mais pas au-delà. Olé ! Non, ce qui est intéressant dans l’exploit du petit Michelito est la polémique qu’il a suscitée.

Dans cette affaire les « ligues de défense » des zanimaux et des zenfants se sont coalisées pour empêcher le déroulement du spectacle. Le parquet de Mérida a été saisi – dès mercredi – par des associations anti-corrida et par la Commission locale des droits de l’enfant, afin d’interdire aux organisateurs de faire descendre le petit Michelito dans l’arène et de le laisser tuer d’innocents bestiaux. Mais vendredi, le parquet de Mérida a rejeté les demandes de ces opposants et autorisé cette corrida. Michelito a reçu, dans la foulée, le soutien de la Fédération mexicaine des écoles taurines, dont le porte-parole a déclaré : « C’est un des enfants toreros les plus remarquables au niveau mondial, orgueil de la Fiesta brava de notre pays. Son parcours, déjà long, dépasse de loin ce qu’ont réalisé jusqu’ici nombre de matadors professionnels d’Europe et d’Amérique, son énorme capacité technique et mentale, et son incontestable vocation. » Les ligues de défense mexicaines des zanimaux et des zenfants n’ont donc pas réussi à avoir la peau du show taurin et de son précoce prodige. Cet été, par contre, les « ligues » françaises ont réussi à canaliser l’ardeur de Michelito : la justice a interdit aux organisateurs de plusieurs corridas du sud de la France de laisser le mini-torero affronter et mettre à mort de jeunes taureaux ; l’autorisant seulement à faire des démonstrations « non violentes », de type becerrada, avec des bêtes beaucoup plus petites que celles qu’il terrasse habituellement, et fièrement, en Amérique Latine. Olé !

En juillet dernier, Claire Starozinski, fondatrice de l’Alliance anti-corrida, qui avait porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », déclarait dans la presse : « Comment peut-on laisser un enfant de cet âge descendre dans l’arène ? » La machine judiciaire à défendre les zenfants s’est alors rudement mise en branle : des enquêtes préliminaires ont été lancées par les procureurs du Gers, des Landes et des Bouches-du-Rhône, où l’enfant torero était à l’affiche durant l’été. Les défenseurs des zanimaux étaient également sur les rangs ! Horreur ! Impossible de laisser se dérouler un tel spectacle ignominieux ! Les pétitions ont crépité. L’indignation a brillé de mille feux. La vigilance citoyenne poussait les bonnes âmes au comble de l’excitation morale. Pour la défense de la condition enfantine on était au bord des « marches blanches », à la limite des lâchers de ballons associatifs, et collectifs, et festifs ! Je guettais chaque matin, dans la presse, le premier journal qui publierait la tribune « Libérez Michelito ! », co-signée par le moraliste Saint-François de Bégaudeau et par le bon Dr. Rufo, pédopsychiatre de la télévision et de l’opération Pièces Jaunes. Le pays tremblait, et courbait l’échine, tel le taureau dépressif, sous les banderilles inquiétantes de ce petit bourreau de poche. La France ne pouvait évidemment pas supporter le spectacle d’une telle ignominie… Olé !

De quelle ignominie s’agit-il ? D’un petit enfant, symbole intouchable de l’innocence et de la douceur, qui devient un tueur de taureau. Un tueur. Qu’un enfant, éternel ami de la paix, se voue à des jeux de violence et de mort. Qu’un enfant, toujours « divin », protégé par la Défenseur(e) des enfants, la Convention internationale des Droits de l’enfant, les juges pour enfants, et l’Education nationale, mette sa vie en jeu dans une activité si bêtement adulte, si sottement virile, si monstrueusement « sérieuse » que tuer des zanimaux pour la gloire. Ignominie médiatique cet enfant inactuel qui s’en prend au règne animal tout entier, à travers ses dignes représentants à cornes. Ignominie cette innocence enfantine corrompue qui s’en va en guerre, sportivement, contre l’infinie bonté des bêtes, qui – comme le savent bien la SPA, le WWF et Brigitte Bardot – sont non-violentes, en fourrure avantageuse, et vivent dans un monde de paix où le consensus s’étend de jour en jour entre proies et prédateurs. L’ignominie est donc certainement cette friction des deux innocences supposées… celle de l’enfant (du latin infans – « qui ne parle pas ») et de l’animal, celle des êtres sans âmes, des êtres qui ne s’épanouissent pas dans le logos. Certes, me dira t-on, Michelito parle – Olé ! – mais son innocence, et sa maladressent, éclate à chacune de ses prises de parole.

Ce qui a provoqué une telle levée de boucliers est le face-à-face, à la fois ridicule et tragique, de deux êtes similaires, presque semblables. Michelito, face au taureau juvénile, est un enfant qui s’attaque à un autre « enfant », qu’il peut tuer et qui peut le tuer. Michelito, face au taureau, et avant même d’avoir commencé à agiter sa muleta, a déjà perdu sa pureté virginale. Il est devenu un salaud. Brutal et agressif. Un salaud. Autant dire un adulte.

Cette friction inhabituelle des innocences est évidemment insupportable au monde moderne, qui a construit son confort intellectuel dans un partage des tâches bien structuré : aux adultes la cruauté, la violence, la perversité, la guerre, la rudesse, la connerie ; aux enfants la bonté, la douceur, la bienveillance, la paix, l’affabilité, et les fulgurances cocasses d’un esprit juvénile mais clairvoyant. On rit bien volontiers de la connerie d’un gosse, d’un gras rire plein d’humanité et de reconnaissance, là où l’on s’afflige souvent de celle d’un adulte…

Cela a donc conduit, au cœur de l’été dernier, certains militants du Bien au bord de l’apoplexie mentale… Jean-Claude Laborde, responsable de la Fédération de lutte pour l’abolition des corridas (Flac), s’est adressé à la presse devant les arènes d’Hagetmau pour dénoncer la tenue du spectacle : « Cela donne l’image d’une société décadente. » La décadence ! Carrément. La bonne âme associative, déboussolée, s’est demandée: « N’y a t-il pas mieux à faire que de mettre face à face un bébé animal et un bébé humain ? » Bang ! Le mot est lâché… des « bébés »… Que répondre à cela ? Si l’enfant est innocent, le « bébé » est hors-concours… c’est un cador de la pureté, un matador immaculé du Bien. Olé !

On ne relit pas assez Jean de La Bruyère (1645-1696), surtout à l’ombre des arènes, et des « ligues de défense » qui « vont dans le bon sens ». Le moraliste du XVIIe siècle a réservé aux enfants (dans son chapitre « De l’homme », au sein de son œuvre unique, Les Caractères) une place significative. Lucide, La Bruyère résumait ainsi le destin de l’homme : « Il n’y a pour l’homme que trois événements : naître, vivre et mourir. » Évoquant la prime-enfance des hommes, La Bruyère assure : « Il y a un temps où la raison n’est pas encore, où l’on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige. » Songeant à Michelito, et à ses congénères, on retrouve La Bruyère : « Les enfants sont hautains, dédaigneux, colériques, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés… » Puis songeant aux taureaux, victimes du petit matador, on poursuit avec le moraliste du XVIIe siècle : « Les enfants ne veulent point souffrir de mal, mais aiment à en faire : ils sont déjà des hommes. Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui nous arrive guère, ils jouissent du présent. » Olé ! Et si l’enfant était un adulte comme les autres nous suggère La Bruyère. Et peut-être même en pire. Et si Michelito, lorsqu’il terrasse en série six taureaux (innocents ?) sous le soleil mexicain, était simplement lui-même ? Et si Michelito, de par sa violence, n’était-il pas seulement l’image exagérée de ce qu’est fondamentalement chaque enfant… un adulte en devenir, avec toute la férocité et tout l’esprit de compétition qui en découle. Olé !

Alors comment considérer les vagissements des « ligues de défense » des zenfants et des zanimaux, qui se sont gaiement coalisées pour interdire les performances scéniques de Michelito ? Ne faut-il pas regarder avec suspicion, et inquiétude, ces « ligues » si humanistes et progressistes, qui – tout défendant benoîtement les gosses et les bêtes – ne manquent pas d’appuyer leur rhétorique sur la haine de la maturité et de l’âge d’homme ? Ne faut-il pas s’inquiéter, et s’amuser aussi, de ces « ligues » qui démarrent au quart de tour à la moindre « atteinte » aux droits des mouflets et des mouflons ? L’enfant et l’animal, eux qui s’entredévorent et peuvent tuer à l’occasion, méritent-ils de telles attentions ? Olé !

Si Michelito a réussi, bien malgré lui, à unir des protecteurs de l’enfance et des animaux, c’est bien parce qu’il a poussé à son paroxysme l’image de l’enfant tel que nous ne voulons pas le voir, tel que nous voulons l’ignorer coûte que coûte, et finalement tel qu’il est en lui-même… Le problème n’est-il pas, fondamentalement, que Michelito, l’enfant tueur de taureaux, retrouve dans la tauromachie une bestialité qui l’arrache à tout jamais des mythes de l’enfance immaculée ? Sous le soleil mexicain, et en habit de lumière avantageux, Michelito n’a pas 11 ans… mais n’a pas d’âge… ou l’âge de l’intrinsèque violence humaine, dont les adultes n’ont pas le monopole, ni l’exclusive jouissance. Olé !

Les caractères, ou Les moeurs de ce siècle

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La crise du 29 (janvier) : choses vues

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Quelques impressions à chaud sur le cortège du 29 à Paris auquel j’ai participé, après avoir pris le temps d’assortir ma chemise et ma cravate avec mon badge CGT.

1. Une manifestation de toute évidence massive : on n’ergotera pas sur les chiffres et on ne cherchera même pas à s’approcher de la vérité arithmétique absolue en pondérant les données de la préfecture et celles des syndicats par une formule magique. A l’évidence, ce cortège et ceux de province sont les plus imposants qu’on ait vus depuis très longtemps. C’était du lourd, du très lourd, on ne coupera donc pas les cheveux en quatre (quoique dans le cas de Bernard Thibault…)

2. Une écrasante surreprésentation de la CGT qui a probablement regroupé derrière ses banderoles 80 à 90 % du défilé parisien. FO a fait beaucoup moins, mais plutôt mieux que d’habitude dans ce genre d’occurrence unitaire et la FSU plutôt moins bien. Quant à la CFDT, qui appelait pourtant aussi à défiler, elle avait disparu corps et biens. Peut-être y a-t-il a eu un problème de communication interne : les cédétistes ont-ils cru qu’il s’agissait d’une manif virtuelle sur Facebook ?

3. Cette réussite numérique signe aussi une substantielle modification qualitative. Habituellement, un cortège syndical, même de taille honorable, regroupe surtout des syndiqués. Donc de fait, des travailleurs de l’Etat, des collectivités locales, du para-public, etc. La moyenne d’âge y est assez élevée, la discipline laisse souvent assez peu de place à la spontanéité : on y reprend les slogans sans dévier, mais sans aucun enthousiasme. Or, ce 29 janvier, il y avait beaucoup plus de salariés du privé dans la rue que d’habitude, et pas seulement ceux des ex-entreprises publiques à forte tradition syndicale (Air France, Renault, France Télécom, etc.). Dans le cortège FO, on voyait soudain débouler un groupe de vendeuses de chez Picard Surgelés, avec leurs pancartes faites à la main sur des cartons d’emballage. Plus loin, on croisait un Ronald Mc Donald relooké CGT animer un groupe résolument chahuteur de jeunes des fast food, un peu plus loin un commando d’handicapés en fauteuil. Même mes amis journalistes, peu enclins, on le sait, à bouger leur fesses, ont explosé leurs objectifs. Ceux des entreprises en butte aux plans sociaux (RFI, L’Express) mais aussi, par exemple une bonne centaine de salariés d’Hachette Filipacchi qui n’en revenaient pas d’être si nombreux. Je me suis ainsi immiscé, moi qui nightclubbe pour Voici, au milieu de mes charmantes concurrentes de Public : elles étaient une douzaine, dont une seule syndiquée. La proportion ne devait pas être beaucoup plus élevée dans le reste d’un cortège étonnamment divers (au sens non officiel et non dégénéré du terme) : beaucoup de beurs, mais aussi beaucoup de jeunes, de femmes et de salariés dont c’était la première manif – et peut-être pas la dernière…

4. Conséquence de cette diversitude, un cortège très bon enfant voire passablement bordélique qui ne marche pas à la baguette. Les slogans anti-Sarkozy, à ma grande surprise, n’ont pas vraiment fait recette. Gros succès, en revanche pour ceux taillant un short aux stockoptionneurs ou aux banquiers, on se demande pourquoi. Mais le vrai slogan de cette manif, restera sans aucun doute : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas. » Et pas seulement parce qu’il swingue bien. Il y avait dans l’air comme un goût de retour aux vraies valeurs de la vraie gauche, celle d’il y a mille ans, et moi j’aime ça.

On notera aussi que si aucun incident sérieux n’a émaillé la rencontre du cortège syndical avec la forte délégation du PS massée devant le Cirque d’hiver, les hiérarques socialistes n’ont à aucun moment fait frémir l’applaudimètre. Au moins ne les a-t-on pas trop bousculés, à l’exception notable des royalistes Manuel Valls et Vincent Peillon qui sont passés à deux doigts du tirage d’oreille, lesquelles doivent encore siffler. Un coup de chaud, peut-être… Mais on pourra aussi y voir un symbole. M’est avis que ce 29 janvier la gauche sociétale, celle de Ségolène, celle de Plenel et Joffrin, celle de l’Appel des Appels et de sa grotesque convergence des « souffrances sociales », en a pris un grand coup derrière les oreilles, et ça, les amis, c’est une vraie bonne nouvelle.

Radio nuoc-mam

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Nuit d’insomnie. Je me branche sur Radio Notre-Dame, certain d’y trouver un sommeil céleste, et rapide. Quelle n’est pas ma surprise de tomber sur un dialogue complice entre potiche baptisée et « grand maître » bouddhiste, professeur dans une école dont il est également le directeur (ce qui facilite les choses, n’est-ce pas). Pour des raisons de confidentialité bien compréhensibles, nous appellerons ce dernier le lama Sabactani.
Donc, ledit Dennis Gira, notre guru ensafrané, est à fond dans le lévitement du réel : seul un psy encore plus fou que lui pourrait dire son terrible secret. Et pourtant, ce lama-là va nous cracher deux vérités, si profondes, que parfois on n’arrive pas à remonter :
– Ne croyez pas tout ce qu’on vous dit (jusque là, j’arrive à suivre).
– Les mots qu’on nous prête n’ont pas le même sens qu’en Occident !
Alors là, je reste coi : c’est aussi les kumquats qui traduisent, non ?
Heureusement le lama brise mon silence gêné, pour enfin nous révéler le fond du fond : la double voie de ce fameux Octuple Chemin qui ne mène à rien.
Et voilà ! « C’est pas plus compliqué que ça », comme dirait ce comte de Sponville. Pour peu qu’on se fixe cet ambitieux objectif, les moyens sont simples, et au nombre de deux :
1. Dépasser l’illusion du « moi » ;
2. dépasser l’illusion de la « permanence ».
Ni être personnalisé, ni permanence dans l’être : le bouddhisme nous enseigne une philosophie de l’impermanence dans le non-être. Autant dire Rien, ou très peu pour moi. « C’était Radio Notre-Dame, Mesdames et Messieurs ! Place maintenant à Fréquence Protestante avec le pasteur Verdâtre… »

Saga Africa, attention les secousses !

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Faudra-t-il bientôt affubler d’un « ex » l’avantageux statut de personnalité politique préférée des Français dont a joui jusque là Bernard Kouchner ? Toujours est-il qu’on balise sec au Quai d’Orsay à cause de la sortie ce mercredi du nouveau livre de Pierre Péan, Le Monde selon K., dont Marianne a publié des extraits cette semaine. A en croire ceux-ci, il y aurait quelque chose de pas forcément avouable dans les rapports d’argent entre le vertueux Kouchner et l’infréquentable Omar Bongo. Du côté du ministre, de son épouse (également citée dans le livre) et de son avocat, Me Kiejman, on se dit très serein. Et n’allez pas croire que c’est le genre de conneries qu’on raconte toujours avant toutes les catastrophes politico-financières.

Siné n’est pas antisémite

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sine-licra

Mercredi s’est achevé à Lyon le procès intenté au dessinateur Siné par la Licra pour « incitation à la haine raciale ».

Licra contre Siné. Zéro partout

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On ne devrait jamais rencontrer les gens qu’on attaque. Parce que ces salauds ont toujours le mauvais goût d’être des êtres humains et parfois, pire encore, celui d’être sympathiques et/ou rigolos. Même quand ils écrivent des conneries, et même quand ces conneries ont des relents disons peu philosémites. Je plaide donc coupable. J’ai assisté cette semaine, au Palais de justice de Lyon, au procès intenté par la Licra à Siné pour « incitation à la haine raciale ». J’ai observé le dos du prévenu pendant une dizaine d’heures au Palais de Justice de Lyon, je l’ai écouté récuser avec sa voix et ses formules tout droit sorties d’un film d’Audiard l’accusation d’antisémitisme et de racisme et proférer quelques âneries, de celles qui vous font vous gondoler et vous sentir coupable de vous gondoler. On me dira qu’on peut être drôle et antisémite, raciste, homophobe et tutti quanti. Certes. D’abord, tant qu’à être ceci ou cela autant être drôle quand même. Et puis si le débat contradictoire a une vertu, c’est celle de forcer chacun à entendre les arguments de l’autre. L’adversaire le plus honni a au moins le droit à la complexité, c’est-à-dire à ne pas voir son existence et sa personne résumées en un ou deux mots.

Au risque de me rendre coupable de mollesse et de déplaire à tous ceux qui aiment haïr, je ne saurais donc exclure que les plaidoyers passionnés auxquels se sont livrés quelques amis de Siné (« un juif d’honneur » selon l’un d’eux qui avait convoqué ses ancêtres massacrés à la barre) recèlent une part de vérité. Le bonhomme est assurément un anticolonial maintenu jusqu’au délire d’où son obsession israélienne devenue une obsession juive. Il pense que les juifs sont puissants. Il est fanatiquement anticlérical – son icône à lui, c’est le Palestinien, combattant de préférence mais pas seulement. Alors moi, je préfère son côté « salon du camion » quand il se paie la fiole des femmes et plus encore des féministes – j’ai toujours eu une tendresse coupable pour les vieux beaufs machos. Mais au-delà de ses idées délirantes ou détestables, Siné, c’est une nature. Comme le scorpion pique, il adore emmerder le monde, casser à grands coups de lattes les palissades des convenances, scandaliser tous azimuts, faire sursauter les belles âmes de tous bords, en un mot péter à toutes les tables. On a parfaitement le droit de ne pas avoir envie qu’il vienne lâcher ses flatulences à la sienne. Il est doublement absurde de reprocher à Philippe Val d’avoir viré Siné – je ne lui proposerais pas à de devenir un auteur régulier de causeur[1. Mais s’il veut répondre ici, il sera évidemment le bienvenu, moyennant le respect des limites auxquelles nous sommes tous astreints ici et qui, je le crains, sont bien plus étroites que celles qui ont cours à Siné Hebdo.]. C’était le droit de Val et, en quinze ans, ça a dû souvent le démanger. De plus, il ne l’a pas fait. Après l’avoir publié sans le lire, il n’a pas été capable de le retenir. On peut penser qu’il a sacrément manqué de sérieux professionnel puis d’habileté diplomatique – avec un oiseau de ce genre, ce n’était pas simple – pas qu’il a monté cette mayonnaise pour se débarrasser d’un emmerdeur qu’il supportait depuis quinze ans ou, dans le genre encore plus complotiste, pour faire copain-copain avec Sarkozy.

Une chose est sûre : la question posée au Tribunal n’avait aucun intérêt. En droit, il s’agissait de savoir si Siné s’était rendu coupable de provocation à la haine raciale dans deux de ses articles. Outre l’article désormais célèbre dans lequel il était question de Jean Sarkozy, la Licra, peut-être soucieuse de montrer qu’elle est antiraciste tout-terrains, a en effet exhumé un article dans lequel il s’en prenait avec la même délicatesse aux femmes voilées et aux enfants qui refusent de manger du cochon à la cantine (article que nul n’avait d’ailleurs remarqué lors de sa publication). Dans les débats, bien entendu, on a beaucoup parlé d’antisémitisme. Trop. La question est tout aussi oiseuse, au moins quand elle est posée dans cette enceinte et dans ces termes et, dans tous les cas, quand on n’a rien d’autre à proposer que l’indignation.

Le rappel des délires passés, alcoolisés et amnistiés de Siné m’a fait toucher du doigt autre chose. Flirter avec l’antisémitisme c’est, ou en tout cas ça a été longtemps, la transgression absolue, le point de non-retour, le feu nucléaire contre le quartier général. Quoi de plus intolérable aux oreilles et aux consciences européennes qu’un homme qui se proclame nazi ? La même jurisprudence vaut pour un Soral quand il affirme que si les juifs ont eu autant d’ennuis au cours de l’histoire c’est qu’ils ont bien dû les chercher, ou pour un Le Pen qui a toujours choisi ce terrain quand il voulait faire jaser dans les chaumières médiatiques. En tout cas, avec l’âge, Siné a pris de la sensibilité. En l’accusant d’avoir écrit « un texte antisémite », Askolovitch lui a fait beaucoup de mal. « Je voudrais qu’il meure, enfin peut-être pas qu’il meure mais qu’il souffre », a-t-il bougonné à la barre au cours du procès qu’il a intenté au journaliste pour diffamation[2. Le plus probable est qu’il perdra son procès contre Askolovitch et que la Licra perdra contre lui. Dans les deux cas, le procureur a demandé la relaxe.].

Il y a quelques années, quand Siné soutenait la liste Euro-Palestine aux côtés d’un Dieudonné qui n’avait pas encore rallié le FN et n’était donc pas rayé des cadres, et que chacune de ses chroniques me faisait déjà bondir, des copains de Charlie Hebdo voulaient absolument me le faire rencontrer. « Tu l’adoreras, c’est une grande gueule comme toi », me disaient-ils. Le sommet des grandes gueules n’a pas eu lieu. L’aurais-je lu autrement si je l’avais connu ? Sans doute. Mais comme l’a expliqué Richard Malka, avocat de Charlie et ami de Causeur, les gamins (et même les adultes d’ailleurs) qui le lisaient dans Charlie ne le connaissaient pas plus que moi. Ils n’avaient pas le son. Et sans le son, Siné ne me fait pas rire.

Plus que les provocations de Siné, c’est l’argumentation de certains des témoins cités par sa défense qui laisse songeur, voire vaguement inquiet. À peine caricaturé, le propos de l’écrivain et éditeur Jean-Marie Laclavetine peut se résumer ainsi : le problème n’est pas tant l’antisémitisme imputable à la fois à la misère sociale et à la sauvagerie de Tsahal mais l’accusation d’antisémitisme qui pèse sur toute personne osant critiquer Israël. Point de vue également défendu par le sympathique Frédéric Bonnaud qui recommandait il y a peu dans Siné Hebdo, sous le titre « Leçon de maintien » de dire « Tsahal » et même « Tsahal mon amour » et « d’éviter absolument les termes de « tueurs de bébés » » – pour échapper à l’infamante accusation bien sûr. Bonnaud aussi doit penser que les juifs ont le bras long. Et il est sympa pour de vrai, Bonnaud, du côté de ceux qui en bavent. Pareil pour Bedos. Bon, il a ses limites, Bedos : on lui raconte que le matin même, à la barre où il s’exprime, Siné a déconné sur les femmes voilées grommelant « C’est vrai, quand je vais au supermarché à Noisy, j’ai l’impression d’être à la mosquée ». Il se tourne vers lui : « Tu m’emmerdes. »

Dans le fond, ce qui doit tout régler, balayer tout doute et toute question, c’est qu’on est entre gens de gauche, ce qui signifie, entre autres privilèges, qu’on a toujours d’excellentes et nobles raisons de détester et de réclamer excommunications et bannissements. Pour la salubrité morale de tous. L’ont-ils tant haï, le « F-haine »… C’est au nom des valeurs de gauche qu’on dénonce les juifs/Israéliens. Bonnaud again, la semaine suivante : « Depuis que les juifs ont un Etat devenu selon eux le premier rempart de l’Occident contre les masses fanatiques de l’islam, ils s’en prennent à d’autres sémites. Tout change, rien ne change. » En bon français, ça veut dire que les juifs sont les nouveaux antisémites – et avec l’antisémitisme, on ne transige pas[3. Confirmation inopinée. Je dépasse deux sexagénaires devant une école maternelle à la porte de laquelle est accroché un bouquet de fleurs à la mémoire « d’enfants déportés parce qu’ils étaient juifs ». L’un d’eux, à l’autre : « Tu te rends compte de ce qu’ils font aux Palestiniens maintenant ! C’est dégueulasse… ils n’ont pas de morale. »].

D’accord mais comme disait l’autre, que faire ? À part répondre, et encore pas toujours, rien. Surtout, ne pas se la jouer « heures les plus sombres de notre histoire » ni intenter des procès absurdes qui ne font qu’entretenir le sentiment qu’on ne peut rien dire sur les juifs. Arrêter de voir des antisémites là où il n’y en a pas. Arrêter de se demander si X ou Y ou Z le serait un peu, beaucoup ou passionnément, on s’en fout. Enfin, arrêter de se raconter des craques. Ce qui entretient les stéréotypes du vieil antisémitisme, celui qui fantasme un monde sous la coupe de juifs riches et puissants, ce ne sont pas tant les éructations de Siné que la diffusion en boucle des images de Gaza et des commentaires afférents, et sans doute la bonne bouille de Bernard Madoff en qui beaucoup voient le nouveau visage de la « banque juive » (il est banquier et par ailleurs juif – comme nombre de ses victimes). Et contre CNN ou Al Jazeera, aucun tribunal ne peut rien.

Israël, la balle au centre

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Il y a quelque chose de nouveau dans la vie politique israélienne : le centrisme est né. Après trente ans de bipolarité, la survie du parti Kadima comme deuxième formation politique israélienne ouvre de nouvelles perspectives : pour la première fois depuis des décennies, Israël pourrait, à l’issue des élections, être gouverné par une coalition dont le centre de gravité ne sera ni à gauche ni à droite. Une alliance entre Kadima, le parti travailliste et le Likoud pourrait réunir le soutien d’au moins 70 députés sur les 120 que compte la Knesset. Or, les sondages montrent régulièrement qu’une solide majorité d’Israéliens est prête à sauter le pas et à s’attaquer à la question des colonies. La nouvelle donne politique tripartite permettrait de traduire cet assentiment plus ou moins enthousiaste en majorité parlementaire après les législatives du 10 février.

Le glissement vers le centre de l’électorat israélien est clair et net. Aux élections législatives de 1981, apogée de la bipolarisation de la vie politique, le Likoud dirigé par Begin avait recueilli 39 % des voix, presque à égalité avec les prédécesseurs des actuels travaillistes dont la tête de liste était Pérès. Ensemble, les deux formations avaient donc la confiance de quatre électeurs sur cinq. Un quart de siècle plus tard, la méfiance à l’égard des partis de gouvernement était telle que le Likoud, avec son score de 10%, et les travaillistes avec 15,8 % des voix, étaient en miettes tandis que Kadima, que l’exercice du pouvoir n’avait pas encore abimé – bien qu’il fût composé de rescapés de ces deux formations – recueillait 24 % des suffrages. Mais même en additionnant les bulletins de votes, ces trois partis n’étaient pas parvenus à séduire plus de 50 % des électeurs. Cette fois-ci, les sondages créditent la troïka d’un score avoisinant les 60 % (Likoud 26 %, travaillistes 15 % et Kadima 19 %).

Ce n’est pas tant l’émergence de Kadima que son ancrage dans le paysage politique qui constitue une rupture majeure. Kadima n’est pas le premier « parti de l’espoir » : on a déjà vu par le passé d’autres formations faire irruption dans le ciel de la politique israélienne comme des météores et obtenir un bon score. En revanche, Kadima a été la première à pouvoir diriger tout de suite un gouvernement et, ce qui est plus important encore, à ne pas se désintégrer et disparaître avant les législatives suivantes. Même si les sondages sont loin d’être infaillibles, ce scénario est aujourd’hui très peu probable et le parti créé par Sharon pour permettre le démantèlement des colonies à Gaza pourrait devenir, avec environ 20 % des suffrages, le deuxième du pays.

Le sens politique profond de ce phénomène est que, pour la première fois en Israël, pour gouverner et se maintenir au pouvoir dans la durée, le centre est une véritable option stratégique. De plus, il n’est pas seulement un vivier d’intentions de vote mais une formation politique mûre, un parti de gouvernement avec un bilan qui, même s’il est loin d’être glorieux, le positionne comme une alternance crédible aux yeux de pas mal d’électeurs. Une coalition stable qui ne sera ancrée ni à gauche ni à droite est donc possible. Ainsi, les projets à courte vue de la politique, des échéances électorales, motions de censure et votes de budgets, pourraient enfin se synchroniser avec les projets à long terme de la géostratégie : le règlement du conflit avec les Palestiniens et les Syriens, la consolidation de l’alliance vitale avec les Etats-Unis et l’assainissement des relations avec l’Europe et le reste du monde. Pour parler clair, les conditions politiques nécessaires pour permettre à Israël de s’attaquer sérieusement à la question des colonies de peuplement sont maintenant réunies.

Chef d’un parti qui deviendra très probablement le plus grand après les élections, « Bibi » Netanyahu pourrait facilement former une coalition classique avec les partis de droite, mais celle-ci ne peut accoucher que d’un gouvernement dépourvu de toute marge de manœuvre politique. Autrefois, il n’aurait pas eu d’autre choix, dans la nouvelle configuration qui sortira des urnes, d’autres options pourraient être ouvertes, en particulier celle d’une « grande coalition » Bibi-Barak-Livini. Et après tout, au-delà des apparences, la rupture ne serait pas si grande. Depuis qu’il est devenu en 1977 un parti de gouvernement, le rôle historique du Likoud aura été de légitimer et d’imposer les solutions conçues et envisagées par les courants pragmatiques du sionisme après avoir gagné des élections en promettant bien entendu le contraire. Pour la première fois depuis longtemps, un leader de la droite israélienne pourrait regarder ses électeurs dans les yeux, leur dire « je vous ai compris » et puis faire comme qui vous savez.

Renvoi de censure

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Réputé pour sa connaissance approfondie du monde du travail, le sociologue Henri Vacquin, grand ancien de Mai 68, et qui s’autoproclame fièrement « vieux con de gauche » vient de sortir au Seuil Mes acquis sociaux, où il explique notamment avoir voté Bayrou puis Sarkozy à la dernière présidentielle, pour empêcher l’élection de Royal, qui selon lui aurait signé l’arrêt de mort d’une gauche déjà très mal en point.
Il s’en est expliqué dans un fort joli texte, donné à nos confrères de Rue89, auxquels il avait déjà accordé une interview sans détours. On peut y lire entre autres vérités bien senties : « Notre génération de soixante-huitards dans son ensemble, à droite comme à gauche, n’a jamais surmonté cette carence de transmission des valeurs. Nous ne sommes pas pour rien responsables de leur débandade actuelle qui a fabriqué entre autres, et pour ne s’en tenir qu’à cela, le chômage des jeunes et des vieux. »
Dans son texte, Vacquin estime que son livre est victime d’une omerta « de la presse de gauche traditionnelle ». Après vérification par nos services, ce constat ne relève en rien de la paranoïa. Mais quand même, j’ai du mal a comprendre un truc : comment ceux-là mêmes qui au Châtelet accusent le Château de vouloir museler toutes les opinions non conformes peuvent-ils, à leur tour, passer sous le boisseau un livre de gauche, mais qui explique que Sarkozy était le moindre mal ? Edwy, Laurent, soyez cools, expliquez-moi…

La quatrième guerre mondiale a commencé

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Français de plume, nord-américain d’adoption, on pourrait sans le vexer, le qualifier d’occidentaliste. Ecrivain déjanté, catholique allumé et rocker habité, perpétuant la tradition des imprécateurs, Maurice G. Dantec est le dernier défenseur de George W. Bush.

Le monde entier se réjouit et croit que l’Amérique rebondit. Le monde entier sauf vous. Votre nature disons malicieuse vous pousserait-elle à détester ce que la plupart des gens aiment ?
N’est-ce pas plutôt l’inverse ? Les masses démocratisées ont le don d’opter pour tout ce qui me fait horreur. Quant à Barack Hussein Obama, on voit déjà la RealPolitik remplacer les beaux discours humanistes. Les Américains en avaient juste marre de se faire cracher au visage par tous les bobos de la planète, de l’extrême-rien à l’extrême-nul, alors qu’ils sont la forteresse du Monde Libre et qu’ils le savent. J’attends avec impatience le départ des soldats américains d’Irak : on assistera à une guerre civile interconfessionnelle de grande ampleur, avec des rebondissements intéressants entre l’Iran et le Pakistan, à côté, Gaza City ressemblera à un ball-trap. Lorsque les forces occidentales partiront d’Afghanistan, les Talibans seront de retour au pouvoir en moins d’un mois. Les mêmes qui ont voté (ou auraient voulu le faire) pour Obama pleureront alors à chaudes larmes sur le sort des femmes exécutées ou lapidées publiquement dans des stades bourrés de crétins barbus.

De bonnes âmes humanitaires iront peut-être jusqu’à le faire intervenir au sud-Soudan ?
Sur le plan économique, le Magicien d’Oz ne peut rien faire d’autre que de pratiquement tripler le déficit US en 2009, jusqu’à 1,2 trillions de dollars ! Its the economics, stupid !
Personnellement, ce début d’année m’enchante au plus haut point.

Vous remarquez que « promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau » a quelque chose de raciste. Mais vous admettez sans doute que certaines populations ont souffert et souffrent encore du racisme, institutionnalisé ou non.
Je remarque une fois de plus que voter pour un noir parce qu’il est noir n’est pas un geste foncièrement raciste. Si j’appelle à voter pour un blanc parce qu’il est blanc il est probable que je risque la prison. Par ailleurs, quand vous connaissez la tradition « politique » de l’Illinois (État champion toutes catégories en matière de gangstérisme et de corruption) vous me permettrez d’émettre un doute sur les « mérites » de l’ami du Pasteur Wright, antisémite notoire qui a « formé » le sénateur Barack Hussein Obama.

« On ne voit pas en quoi le taux de mélanine de Barack Obama va l’aider à résoudre les problèmes de la première puissance du globe », écrivez-vous. Sans doute. Mais outre qu’il ne va pas l’en empêcher non plus, qu’est-ce qui vous déplaît dans son programme ? Vous ne voulez pas d’un président noir ?
Si un noir Républicain s’était présenté, j’aurais appelé à voter pour lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, personnellement je porte du noir tous les jours.
Son programme ? Post-gauchisme californien + archéo-sociale-démocratie + culpabilisation du White Anglo-Saxon Protestant + politique étrangère sans réelle consistance + mensonges à ses propres partisans + comeback de la RealPolitik avant même son entrée en fonction + économie portnawak où protectionnisme se conjugue avec le capitalisme le plus effréné + candidat du gros pognon new-wave + valeurs progressistes-eugénistes + foi religieuse étrangement syncrétique + amitiés douteuses de crétins antisémites + incompétence governoriale + rhétorique d’avocaillon sorti de Harvard + Vendeur de Rêve comme on dit Vendeur d’automobiles d’occasion = ? Pas le moindre taux de mélanine là-dedans, je m’intéresse plus à la structuration neuronale. Vous n’avez pas compris qu’il sera amené à faire « bien pire » que Georges Walker Bush.

Avec la présidence Bush, vous saluez « la dernière souveraineté impériale qui menaçait le projet de gouvernement socialiste supranational de l’Onuzie ». Elle menaçait qui ou quoi à part l’Amérique elle-même ? Qui tremblait devant Bush ? Hu Jintao ? Poutine ? Même pas Bachar el-Assad. Sur quel front la sécurité mondiale a-t-elle progressé durant ces huit ans ?
Elle menaçait en premier lieu la dictature supranationale de l’ONU, et en ce sens cette souveraineté impériale défendait l’ensemble de tous les hommes libres de la planète, menacés par le communisme cool du 21e siècle, complice des criminels de guerre Talibans et des terroristes fanatiques de tout poil. De fait elle défendait surtout la liberté et la souveraineté des États-Unis, celle qui importe pour eux, après tout, que les autres se débrouillent avec leur « Big Mother ». J’indique aussitôt que cette guerre entre la Souveraineté Impériale et le supranationalisne Onuzi se concentre aux USA mais a lieu, évidemment, en tous points du globe.
Ah bon, Al-Assad n’a pas compris en quoi la destitution de son frère ennemi du Baas irakien menaçait son propre pouvoir ? J’ai dû rater un épisode, d’où venaient, déjà, tous ces « insurgés » entre 2004 et 2007 ? Ah, oui, du Costa-Rica, j’oubliais.
En quoi la sécurité mondiale a-t-elle progressé ? Mais je rêve ou quoi ? Vous n’avez pas compris que depuis le 11 septembre 2001, la récréation est terminée ? C’est la guerre, la IVe guerre mondiale, celle qui se mène sur tous les fronts à la fois. Il n’y a eu aucun attentat aux USA depuis sept ans justement, en revanche, il s’en est produit en Europe, on se demande pourquoi. Peut-être pas la même conception de la « sécurité », précisément. Rappelez-moi où se trouve votre Guantanamo Bay ?

Idem pour la grande croisade démocratique promise par les néo-conservateurs. Certes, le régime de Saddam Hussein a cédé la place à… on ne sait quoi, mais d’accord, c’est un progrès. Pour le reste, les mêmes dirigeants (ou leurs enfants) corrompus sont en place et, de surcroît, ils sont devenus indispensables à une Amérique affaiblie.
Ah, parce que vous pensez que démocratie et corruption sont incompatibles ? J’adore votre sens de l’humour.
Indispensables à l’Amérique ? On entre dans le domaine du pur comique. C’est très exactement l’inverse, tous ces pays vivent grâce au pétrole que l’Occident leur achète et aux méga-subventions que les Etats-Unis leur versent pour éviter leur total effondrement. La destruction comme point préliminaire, disait Ernst Jünger. Je me contretape de ce qui succèdera à Saddam Hussein et à ce gouvernement de transition. Encore une fois, j’ai peur de me répéter, mais c’est la guerre, c’est-à-dire la propagation contrôlée du chaos. Cette guerre a été pliée militairement dès 2007, ce qui va en sortir sur le plan géopolitique risque d’être fort intéressant. Ce qui comptait c’était de foutre en l’air Saddam Hussein, en tant que tel, parce qu’il était justement le maillon faible de toute le dispositif. Ce qui arrivera à l’Irak, c’est aux Arabes, et aux Iraniens, de le décider. Connaissant ces pays et leurs principaux voisins, je parie sur une authentique catastrophe régionale, il suffira d’attendre que le prix du baril de brut vaille celui d’un bidon d’eau de vaisselle sale.

De même, votre Amérique qui fait peur aux « bobos du Grand club med internationaliste » est quand même un peu composée de born-again égarés qui pensent qu’il faut brûler Darwin et se faire justice soi-même.
Oui, oui, bien sûr, tout le monde sait que les 48 % d’Américains qui ont voté Mc Cain sont des crétins de « rednecks » ignares qui brûlent les livres de Darwin, et ceux de la Bibliothèque Rose, tous les matins en se levant, après un salut au drapeau devant une croix enflammée. D’autres poncifs typiquement français ?
Quant au second amendement de la Constitution, il est heureusement indéboulonnable et il est ce qui fait de tout Américain un homme libre, c’est à dire un homme ayant le droit de porter une arme, comme à Sparte, ou Rome.

La guerre, écrivez-vous, est l’unique forme pensable du monde. Pour vous, on a l’impression qu’elle est surtout l’unique forme désirable. L’âge démocratique et consumériste est sans doute ennuyeux, mais que faire si c’est ce que veulent « les gens » ? Rappelez-vous la conclusion de la lettre aux djihadistes de Muray : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts. »
Ce que veulent « les gens » m’indiffère au plus haut point. Que voulaient « les gens » en 1940 ?

Je cite Muray, certes que j’estime, mais ai-je le droit d’être parfois en désaccord avec lui ? On ne gagne rien quand on est mort, il subsistait peut-être une trace de nihilisme dans sa pensée. Ce sont les Bédouins djihadistes qui sont du côté de la Mort (rappelez-vous Madrid 2004), et où est sa victoire ? – demandait Saint Paul -, l’occident bobo-gauchiste n’en a même plus la force.
Mais comme aux Thermopyles – 300 contre 10. 000 – la civilisation indo-européenne s’appuie toujours sur un petit nombre d’hommes libres (donc armés) contre des myriades d’esclaves.

Vous regrettez que l’Europe ait été incapable d’accueillir la Russie dans une Alliance transocéanique mais, sur ce point il y a eu une grande continuité de Clinton à Bush, d’Albright à Rice.
Vous êtes dans l’erreur sur ce point précis : Condoleezza Rice et l’ensemble de l’administration Bush ont multiplié les contacts avec la Russie de Poutine, rappelez-vous le discours à Moscou en 2003, lorsque la Russie a laissé l’intervention en Irak se dérouler. De multiples propositions ont été faites, mais le vieil establishment post-soviétique est resté bloqué sur l’époque de l’URSS, et Zeropa-Land n’a su produire ni le moindre geste significatif, ni la moindre proposition concrète. Par conséquent le projet du bouclier anti-missile fut perçu comme une provocation par Moscou. Si on rajoute l’arrogance « eurodémocratique » des Ukrainiens qui détournent le gaz en provenance de Russie et ne paient pas leurs traites et les Géorgiens qui veulent jouer les gros bras en Ossétie du Sud, on peut comprendre que les Russes commencent à s’énerver.

La guerre civile américaine entre une Gauche incarnant l’alliance des bourgeois pétris de mauvaise conscience et des minorités ethniques et une droite représentant les « petits blancs » est selon vous le modèle des guerres à venir. Faut-il en conclure qu’elles seront ethniques et sociales ?
Oui. Et transnationales, de surcroît.

Come-back pour Sarah

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Enfin, une lueur d’espoir sur la scène internationale pour les communistes-maintenus de tous les pays ! Il semblerait que Sarah Palin, ex-colistière de Mc Cain, le républicain battu par le candidat du centre droit Obama, ait décidé de remettre le couvert pour 2012 comme l’indique la création d’un site Internet visant à collecter des fonds pour sa candidature, où elle apparaît telle qu’en elle-même l’éternité la change : sexy, rebelle, souriante et avec des lunettes. Rappelons que Sarah Palin, comme toute libertarienne, est de fait une communiste qui s’ignore puisqu’elle prône le dépérissement de l’Etat et une société de l’épanouissement personnel.

La querelle des Zenfants et des Zanimaux

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La tempête qui gronde dans les provinces de France, le Joker sous acide qui charcute des petits lardons flamands, le coming-out tapageur de Roger Karoutchi… il restait bien peu de place dans les médias, ces derniers jours, pour évoquer une information pourtant importante dans le monde de la tauromachie : le petit torero franco-mexicain Michelito, 11 ans, est venu à bout de six taureaux dans les arènes de Mérida, au sud-est du Mexique, devant 3500 spectateurs éblouis. » Je suis heureux d’avoir atteint cette si grande victoire », a déclaré le petit garçon à l’AFP à propos de sa performance historique lors de cette « encerrona », corrida d’un seul torero, qui s’est tenue samedi dernier. Le petit prodige, fils de l’ancien torero français Michel Lagravère, confronté à une demi-douzaine de taureaux juvéniles âgés de 1 à 2 ans, a déployé toute sa technicité et tout son jeune courage physique pour mettre à terre ces créatures impétueuses et cornues dans la Plaza de toros de Mérida. Et le tout en famille : le petit garçon affrontait ces taureaux avec l’assistance d’une « cuadrilla » composée de son petit frère Andresito, 10 ans, et de trois adultes de ses proches. L’exploit, qui est une première pour un enfant de cet âge[1. Le but de l’opération est aussi de faire entrer le jeune Michelito au Guinness Book des Records.], a été salué avec enthousiasme par le grand public mexicain. A l’issue du combat insolite, le gamin, porté en triomphe par ses admirateurs, a pu exhiber à la foule en délire les oreilles arrachées aux taureaux vaincus. Olé !

« Il l’a fait. Il a tué les six taureaux, et il voulait même toréer le septième, gardé en réserve, mais nous l’avons fait renoncer à l’idée », a déclaré son père, appuyant encore l’image d’invincibilité de sa chère progéniture. Il y avait donc même un septième taureau en rabe ! Rien que pour la gourmandise ! Rien que pour le sport ! Le papa a tout fait dans les règles de l’art… pour amadouer la presse, il a même invité dans l’arène un quota d’enfants pauvres, destinés à vibrer à l’unisson de son mini-surhomme de fiston en habit de lumière : « Mais davantage que la corrida elle-même, ce qui m’importe c’est de voir comme les enfants sont heureux. » C’est dire si les taureaux, même, ont du être satisfaits de leur sort funeste sous l’éclatant soleil mexicain ! Olé !

Mais j’arrête là dans le genre « apologie virile de la tauromachie ». Nous ne sommes quand même pas là pour ça ! Ce n’est pas le genre de la maison ! Terminées les « espagnolades » ! Laissons cela à Hemingway, à Picasso et au fantasque Gabriel Fouquet de Blondin, qui torée des bagnoles dans Un singe en Hiver. A la rigueur Astérix en Hispanie, mais pas au-delà. Olé ! Non, ce qui est intéressant dans l’exploit du petit Michelito est la polémique qu’il a suscitée.

Dans cette affaire les « ligues de défense » des zanimaux et des zenfants se sont coalisées pour empêcher le déroulement du spectacle. Le parquet de Mérida a été saisi – dès mercredi – par des associations anti-corrida et par la Commission locale des droits de l’enfant, afin d’interdire aux organisateurs de faire descendre le petit Michelito dans l’arène et de le laisser tuer d’innocents bestiaux. Mais vendredi, le parquet de Mérida a rejeté les demandes de ces opposants et autorisé cette corrida. Michelito a reçu, dans la foulée, le soutien de la Fédération mexicaine des écoles taurines, dont le porte-parole a déclaré : « C’est un des enfants toreros les plus remarquables au niveau mondial, orgueil de la Fiesta brava de notre pays. Son parcours, déjà long, dépasse de loin ce qu’ont réalisé jusqu’ici nombre de matadors professionnels d’Europe et d’Amérique, son énorme capacité technique et mentale, et son incontestable vocation. » Les ligues de défense mexicaines des zanimaux et des zenfants n’ont donc pas réussi à avoir la peau du show taurin et de son précoce prodige. Cet été, par contre, les « ligues » françaises ont réussi à canaliser l’ardeur de Michelito : la justice a interdit aux organisateurs de plusieurs corridas du sud de la France de laisser le mini-torero affronter et mettre à mort de jeunes taureaux ; l’autorisant seulement à faire des démonstrations « non violentes », de type becerrada, avec des bêtes beaucoup plus petites que celles qu’il terrasse habituellement, et fièrement, en Amérique Latine. Olé !

En juillet dernier, Claire Starozinski, fondatrice de l’Alliance anti-corrida, qui avait porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », déclarait dans la presse : « Comment peut-on laisser un enfant de cet âge descendre dans l’arène ? » La machine judiciaire à défendre les zenfants s’est alors rudement mise en branle : des enquêtes préliminaires ont été lancées par les procureurs du Gers, des Landes et des Bouches-du-Rhône, où l’enfant torero était à l’affiche durant l’été. Les défenseurs des zanimaux étaient également sur les rangs ! Horreur ! Impossible de laisser se dérouler un tel spectacle ignominieux ! Les pétitions ont crépité. L’indignation a brillé de mille feux. La vigilance citoyenne poussait les bonnes âmes au comble de l’excitation morale. Pour la défense de la condition enfantine on était au bord des « marches blanches », à la limite des lâchers de ballons associatifs, et collectifs, et festifs ! Je guettais chaque matin, dans la presse, le premier journal qui publierait la tribune « Libérez Michelito ! », co-signée par le moraliste Saint-François de Bégaudeau et par le bon Dr. Rufo, pédopsychiatre de la télévision et de l’opération Pièces Jaunes. Le pays tremblait, et courbait l’échine, tel le taureau dépressif, sous les banderilles inquiétantes de ce petit bourreau de poche. La France ne pouvait évidemment pas supporter le spectacle d’une telle ignominie… Olé !

De quelle ignominie s’agit-il ? D’un petit enfant, symbole intouchable de l’innocence et de la douceur, qui devient un tueur de taureau. Un tueur. Qu’un enfant, éternel ami de la paix, se voue à des jeux de violence et de mort. Qu’un enfant, toujours « divin », protégé par la Défenseur(e) des enfants, la Convention internationale des Droits de l’enfant, les juges pour enfants, et l’Education nationale, mette sa vie en jeu dans une activité si bêtement adulte, si sottement virile, si monstrueusement « sérieuse » que tuer des zanimaux pour la gloire. Ignominie médiatique cet enfant inactuel qui s’en prend au règne animal tout entier, à travers ses dignes représentants à cornes. Ignominie cette innocence enfantine corrompue qui s’en va en guerre, sportivement, contre l’infinie bonté des bêtes, qui – comme le savent bien la SPA, le WWF et Brigitte Bardot – sont non-violentes, en fourrure avantageuse, et vivent dans un monde de paix où le consensus s’étend de jour en jour entre proies et prédateurs. L’ignominie est donc certainement cette friction des deux innocences supposées… celle de l’enfant (du latin infans – « qui ne parle pas ») et de l’animal, celle des êtres sans âmes, des êtres qui ne s’épanouissent pas dans le logos. Certes, me dira t-on, Michelito parle – Olé ! – mais son innocence, et sa maladressent, éclate à chacune de ses prises de parole.

Ce qui a provoqué une telle levée de boucliers est le face-à-face, à la fois ridicule et tragique, de deux êtes similaires, presque semblables. Michelito, face au taureau juvénile, est un enfant qui s’attaque à un autre « enfant », qu’il peut tuer et qui peut le tuer. Michelito, face au taureau, et avant même d’avoir commencé à agiter sa muleta, a déjà perdu sa pureté virginale. Il est devenu un salaud. Brutal et agressif. Un salaud. Autant dire un adulte.

Cette friction inhabituelle des innocences est évidemment insupportable au monde moderne, qui a construit son confort intellectuel dans un partage des tâches bien structuré : aux adultes la cruauté, la violence, la perversité, la guerre, la rudesse, la connerie ; aux enfants la bonté, la douceur, la bienveillance, la paix, l’affabilité, et les fulgurances cocasses d’un esprit juvénile mais clairvoyant. On rit bien volontiers de la connerie d’un gosse, d’un gras rire plein d’humanité et de reconnaissance, là où l’on s’afflige souvent de celle d’un adulte…

Cela a donc conduit, au cœur de l’été dernier, certains militants du Bien au bord de l’apoplexie mentale… Jean-Claude Laborde, responsable de la Fédération de lutte pour l’abolition des corridas (Flac), s’est adressé à la presse devant les arènes d’Hagetmau pour dénoncer la tenue du spectacle : « Cela donne l’image d’une société décadente. » La décadence ! Carrément. La bonne âme associative, déboussolée, s’est demandée: « N’y a t-il pas mieux à faire que de mettre face à face un bébé animal et un bébé humain ? » Bang ! Le mot est lâché… des « bébés »… Que répondre à cela ? Si l’enfant est innocent, le « bébé » est hors-concours… c’est un cador de la pureté, un matador immaculé du Bien. Olé !

On ne relit pas assez Jean de La Bruyère (1645-1696), surtout à l’ombre des arènes, et des « ligues de défense » qui « vont dans le bon sens ». Le moraliste du XVIIe siècle a réservé aux enfants (dans son chapitre « De l’homme », au sein de son œuvre unique, Les Caractères) une place significative. Lucide, La Bruyère résumait ainsi le destin de l’homme : « Il n’y a pour l’homme que trois événements : naître, vivre et mourir. » Évoquant la prime-enfance des hommes, La Bruyère assure : « Il y a un temps où la raison n’est pas encore, où l’on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige. » Songeant à Michelito, et à ses congénères, on retrouve La Bruyère : « Les enfants sont hautains, dédaigneux, colériques, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés… » Puis songeant aux taureaux, victimes du petit matador, on poursuit avec le moraliste du XVIIe siècle : « Les enfants ne veulent point souffrir de mal, mais aiment à en faire : ils sont déjà des hommes. Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui nous arrive guère, ils jouissent du présent. » Olé ! Et si l’enfant était un adulte comme les autres nous suggère La Bruyère. Et peut-être même en pire. Et si Michelito, lorsqu’il terrasse en série six taureaux (innocents ?) sous le soleil mexicain, était simplement lui-même ? Et si Michelito, de par sa violence, n’était-il pas seulement l’image exagérée de ce qu’est fondamentalement chaque enfant… un adulte en devenir, avec toute la férocité et tout l’esprit de compétition qui en découle. Olé !

Alors comment considérer les vagissements des « ligues de défense » des zenfants et des zanimaux, qui se sont gaiement coalisées pour interdire les performances scéniques de Michelito ? Ne faut-il pas regarder avec suspicion, et inquiétude, ces « ligues » si humanistes et progressistes, qui – tout défendant benoîtement les gosses et les bêtes – ne manquent pas d’appuyer leur rhétorique sur la haine de la maturité et de l’âge d’homme ? Ne faut-il pas s’inquiéter, et s’amuser aussi, de ces « ligues » qui démarrent au quart de tour à la moindre « atteinte » aux droits des mouflets et des mouflons ? L’enfant et l’animal, eux qui s’entredévorent et peuvent tuer à l’occasion, méritent-ils de telles attentions ? Olé !

Si Michelito a réussi, bien malgré lui, à unir des protecteurs de l’enfance et des animaux, c’est bien parce qu’il a poussé à son paroxysme l’image de l’enfant tel que nous ne voulons pas le voir, tel que nous voulons l’ignorer coûte que coûte, et finalement tel qu’il est en lui-même… Le problème n’est-il pas, fondamentalement, que Michelito, l’enfant tueur de taureaux, retrouve dans la tauromachie une bestialité qui l’arrache à tout jamais des mythes de l’enfance immaculée ? Sous le soleil mexicain, et en habit de lumière avantageux, Michelito n’a pas 11 ans… mais n’a pas d’âge… ou l’âge de l’intrinsèque violence humaine, dont les adultes n’ont pas le monopole, ni l’exclusive jouissance. Olé !

Les caractères, ou Les moeurs de ce siècle

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La crise du 29 (janvier) : choses vues

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Quelques impressions à chaud sur le cortège du 29 à Paris auquel j’ai participé, après avoir pris le temps d’assortir ma chemise et ma cravate avec mon badge CGT.

1. Une manifestation de toute évidence massive : on n’ergotera pas sur les chiffres et on ne cherchera même pas à s’approcher de la vérité arithmétique absolue en pondérant les données de la préfecture et celles des syndicats par une formule magique. A l’évidence, ce cortège et ceux de province sont les plus imposants qu’on ait vus depuis très longtemps. C’était du lourd, du très lourd, on ne coupera donc pas les cheveux en quatre (quoique dans le cas de Bernard Thibault…)

2. Une écrasante surreprésentation de la CGT qui a probablement regroupé derrière ses banderoles 80 à 90 % du défilé parisien. FO a fait beaucoup moins, mais plutôt mieux que d’habitude dans ce genre d’occurrence unitaire et la FSU plutôt moins bien. Quant à la CFDT, qui appelait pourtant aussi à défiler, elle avait disparu corps et biens. Peut-être y a-t-il a eu un problème de communication interne : les cédétistes ont-ils cru qu’il s’agissait d’une manif virtuelle sur Facebook ?

3. Cette réussite numérique signe aussi une substantielle modification qualitative. Habituellement, un cortège syndical, même de taille honorable, regroupe surtout des syndiqués. Donc de fait, des travailleurs de l’Etat, des collectivités locales, du para-public, etc. La moyenne d’âge y est assez élevée, la discipline laisse souvent assez peu de place à la spontanéité : on y reprend les slogans sans dévier, mais sans aucun enthousiasme. Or, ce 29 janvier, il y avait beaucoup plus de salariés du privé dans la rue que d’habitude, et pas seulement ceux des ex-entreprises publiques à forte tradition syndicale (Air France, Renault, France Télécom, etc.). Dans le cortège FO, on voyait soudain débouler un groupe de vendeuses de chez Picard Surgelés, avec leurs pancartes faites à la main sur des cartons d’emballage. Plus loin, on croisait un Ronald Mc Donald relooké CGT animer un groupe résolument chahuteur de jeunes des fast food, un peu plus loin un commando d’handicapés en fauteuil. Même mes amis journalistes, peu enclins, on le sait, à bouger leur fesses, ont explosé leurs objectifs. Ceux des entreprises en butte aux plans sociaux (RFI, L’Express) mais aussi, par exemple une bonne centaine de salariés d’Hachette Filipacchi qui n’en revenaient pas d’être si nombreux. Je me suis ainsi immiscé, moi qui nightclubbe pour Voici, au milieu de mes charmantes concurrentes de Public : elles étaient une douzaine, dont une seule syndiquée. La proportion ne devait pas être beaucoup plus élevée dans le reste d’un cortège étonnamment divers (au sens non officiel et non dégénéré du terme) : beaucoup de beurs, mais aussi beaucoup de jeunes, de femmes et de salariés dont c’était la première manif – et peut-être pas la dernière…

4. Conséquence de cette diversitude, un cortège très bon enfant voire passablement bordélique qui ne marche pas à la baguette. Les slogans anti-Sarkozy, à ma grande surprise, n’ont pas vraiment fait recette. Gros succès, en revanche pour ceux taillant un short aux stockoptionneurs ou aux banquiers, on se demande pourquoi. Mais le vrai slogan de cette manif, restera sans aucun doute : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas. » Et pas seulement parce qu’il swingue bien. Il y avait dans l’air comme un goût de retour aux vraies valeurs de la vraie gauche, celle d’il y a mille ans, et moi j’aime ça.

On notera aussi que si aucun incident sérieux n’a émaillé la rencontre du cortège syndical avec la forte délégation du PS massée devant le Cirque d’hiver, les hiérarques socialistes n’ont à aucun moment fait frémir l’applaudimètre. Au moins ne les a-t-on pas trop bousculés, à l’exception notable des royalistes Manuel Valls et Vincent Peillon qui sont passés à deux doigts du tirage d’oreille, lesquelles doivent encore siffler. Un coup de chaud, peut-être… Mais on pourra aussi y voir un symbole. M’est avis que ce 29 janvier la gauche sociétale, celle de Ségolène, celle de Plenel et Joffrin, celle de l’Appel des Appels et de sa grotesque convergence des « souffrances sociales », en a pris un grand coup derrière les oreilles, et ça, les amis, c’est une vraie bonne nouvelle.

Radio nuoc-mam

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Nuit d’insomnie. Je me branche sur Radio Notre-Dame, certain d’y trouver un sommeil céleste, et rapide. Quelle n’est pas ma surprise de tomber sur un dialogue complice entre potiche baptisée et « grand maître » bouddhiste, professeur dans une école dont il est également le directeur (ce qui facilite les choses, n’est-ce pas). Pour des raisons de confidentialité bien compréhensibles, nous appellerons ce dernier le lama Sabactani.
Donc, ledit Dennis Gira, notre guru ensafrané, est à fond dans le lévitement du réel : seul un psy encore plus fou que lui pourrait dire son terrible secret. Et pourtant, ce lama-là va nous cracher deux vérités, si profondes, que parfois on n’arrive pas à remonter :
– Ne croyez pas tout ce qu’on vous dit (jusque là, j’arrive à suivre).
– Les mots qu’on nous prête n’ont pas le même sens qu’en Occident !
Alors là, je reste coi : c’est aussi les kumquats qui traduisent, non ?
Heureusement le lama brise mon silence gêné, pour enfin nous révéler le fond du fond : la double voie de ce fameux Octuple Chemin qui ne mène à rien.
Et voilà ! « C’est pas plus compliqué que ça », comme dirait ce comte de Sponville. Pour peu qu’on se fixe cet ambitieux objectif, les moyens sont simples, et au nombre de deux :
1. Dépasser l’illusion du « moi » ;
2. dépasser l’illusion de la « permanence ».
Ni être personnalisé, ni permanence dans l’être : le bouddhisme nous enseigne une philosophie de l’impermanence dans le non-être. Autant dire Rien, ou très peu pour moi. « C’était Radio Notre-Dame, Mesdames et Messieurs ! Place maintenant à Fréquence Protestante avec le pasteur Verdâtre… »