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Cinq trucs faciles pour tricher à la session de septembre

Un rouleau de papier hygiénique
Le rouleau de papier hygiénique, bon rapport qualité-prix

1. Antisèches
Qualités : un classique indémodable.
Défauts : pas toujours facile de retrouver la page « Structures agraires dans l’Occident médiéval au VIe siècle ».

2. Liaison émetteur-récepteur indétectable (avec complice à l’extérieur)
Qualités : discrétion, modernité.
Défauts : douleurs au moment de la greffe dans la trompe d’Eustache.[access capability= »lire_inedits »]

3. iPhone
Qualités : un néo-classique indémodable.
Défauts : risque de recopier inconsidérément toutes les erreurs factuelles contenues dans Wikipédia. Sauf si, comme il est vraisemblable, l’examinateur puise à la même source pour faire ses corrections.

4. Rouleau de papier hygiénique
Qualités : bon rapport qualité-prix. Et puis, dans l’intimité des toilettes, on a tout loisir de faire le point sur la culture du manioc en Afrique subsaharienne des origines à nos jours.
Défauts : pas toujours facile de rembobiner.

5. Sosie
Qualités : simple et funky. Perspective d’un papier dans Technikart.
Défauts : pas évident de trouver un sosie incollable sur le contrat de bail à affermage indirect dans le Perche.
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Muray revient et il n’est pas content !

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Chaque année en période de rentrée, les magazines font leur rentrée avec des gros titres sur la rentrée. Histoire de faire les malins, pour le mensuel Causeur de septembre, nous avons donc décidé de faire un numéro spécial Philippe Muray, avec notamment une interview inédite, et une myriade de contributions qui le sont tout autant. Bref, si ce n’est déjà fait, abonnez-vous !

Chavez : trop de morgue!

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La devinette du jour : je jouis de 36% de popularité dans les sondages, l’économie de mon pays peine à sortir de la crise, mais en revanche la criminalité y est en plein essor ; qui suis-je ? Hugo Chavez, who else ?

À quelques semaines des législatives, la situation au Venezuela est plus que difficile. Le New York Times a même titré son dernier article sur le sujet « Le Venezuela, plus meurtrier que l’Irak, s’interroge » (« Venezuela, More Deadly Than Iraq, Wonders Why » . Selon les chiffres avancés dans cet l’article, 16000 Vénézuéliens ont été assassinés en 2009, ce qui laisse loin derrière non seulement l’Irak (4,644 civils tués) mais aussi le Mexique, pourtant en pleine guerre contre les barons de la drogue. L’image qu’accompagne ce texte, une photo prise dans la morgue centrale de Caracas et publiée en Une du quotidien vénézuélien « El Nacional », glace le sang.

Sans être dupe – ce n’est pas un pur hasard si cette histoire est publiée au beau milieu d’une campagne électorale – ni oublier que les morgues des voisins sont, elles aussi, bien garnies (en Colombie les assassins utilisent aujourd’hui Facebook pour faciliter leur besogne), ce phénomène met en lumière des maux profonds, notamment la politisation de la police et de la justice. Résultat : le pays est inondé d’armes illégales et la police arrive dans seulement 10% des cas à mettre la main sur les criminels. Comme par le passé, des mesures de «Salut public» prises pour corriger des injustices criantes finissent par frapper ceux-là même qu’elles auraient dû protéger.

Ce n’est pas pour rien que le golpe censé guérir tous les maux est une spécialité sud-américaine…

Les années Mitterrand et Craven d’Éric Neuhoff

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Éric Neuhoff
Éric Neuhoff.

En 1984, Éric Neuhoff prend le chemin des fugues. Il n’a pas encore 30 ans. Son premier roman, Précaution d’usage, a été salué par quelques glorieux aînés. Il écrit des articles chics et rapides dans des journaux qui, aujourd’hui, n’existent plus.

Un lointain cousin des « hussards »

Il fait déjà figure de lointain cousin des « hussards », Blondin, Nimier et Jacques Laurent. Il est temps pour lui, désormais, de n’en faire qu’à sa fête mélancolique. C’est ce que lui demande son éditrice, Marie-Hélène Orban, « de sa voix de petite fille ». Un Triomphe est donc le livre d’un jeune homme en liberté qui a « appris à lire dans le Club des Cinq, dans Bob Morane, dans San Antonio, dans SAS » et qui, avec le Drieu La Rochelle d’État civil, pense que « dès le moment où la femme entra dans ma vie et occupa mon imagination, tout fut bouleversé ».[access capability= »lire_inedits »]

Délaissant les genres qui enferment, Un Triomphe est une balade dans les années 1970 et dans le début des années 1980. Que faire ? se demande Neuhoff. Commencer par un éclat de rire triste, la gorge serrée, ce serait bien. Une princesse d’opérette, à la silhouette de papier glacé, vient de se marier. Et ce n’est pas avec lui. Caroline de Monaco, définitivement, est une adorable peste intouchable. Il faut tourner la page, préférer les actrices aux filles de Grace Kelly, leur écrire des lettres d’amour : « Vous êtes une idée, Isabelle, celle qu’on se fait du cinéma. Ne fichez pas les pieds dans l’existence, elle vous boufferait. Avec vous, on revient du côté des mythes et des héros. Vous êtes la preuve que les films et les femmes (c’est pareil) ne sont pas morts. Vous avez le tragique et la gaieté, la folie et la douleur, vous êtes le temps perdu, le travail, l’exil de soi, l’amour incompris (mettez des majuscules partout où vous voulez). » Adjani n’a pas répondu : elle a invité le jeune homme à dîner, oubliant toutefois de déposer sur ses lèvres un baiser de cinéma. Que faire, encore ? La voix d’Anna Karina, en écho, répond : « J’sais pas quoi faire ! » Neuhoff se souvient de l’adolescent provincial qu’il était, qu’il ne sera plus jamais : « Il avait besoin d’une ville assez grande pour lui, une ville livrée aux ombres, où il mangerait des Big Mac sous les néons, hélerait des taxis à l’aube, une ville où il pourrait s’oublier. Enfin. »

Être Bernard Frank ou rien

Que faire, finalement, en buvant des gin-tonics et en fumant des Craven A ? Ricaner de François Mitterrand et des socialistes qui découvrent le pouvoir. Se moquer des mœurs domestiques de Philippe Sollers. Visiter Michel Déon en Irlande. Partir en ouiquende à Trouville, dans les bras d’une brune demoiselle, et se dire que c’est l’unique remède acceptable aux tristes temps où nous vivons. Se rêver dans la peau d’un écrivain de la collaboration, Sachs par exemple, parce que l’œuvre est là, malgré tout, et la mort au rendez-vous. Être Bernard Frank ou rien. Dans les plus belles pages d’Un Triomphe, Neuhoff se rappelle de sa découverte des Rats, la Côte d’Azur, la dolce vita, l’ivresse triste au cœur, les mots comme des fusées dans une nuit d’été. Être Frank ou rien, c’est-à-dire écrire, l’air de rien, des petits chefs-d’œuvre dilettantes pour ne pas travailler, pour retrouver le temps. Un beau programme…

Un triomphe

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Lectures socialistes

Bon, je vous fais un petit rappel si vous avez manqué un épisode : les méchants détestent la culture, détestent la Princesse de Clèves, et ne jurent que par les matraques pleines de morgue des CRS ; tandis que les gentils aiment la culture et l’humanisme citoyen ! C’est très simple. Au Parti socialiste – par exemple – on est très gentils, c’est pourquoi on fait longuement étalage de sa passion pour la culture. Ainsi, la question culturelle semble être au centre de l’Université d’été du Parti socialiste qui va se tenir à la Rochelle du 27 au 29 août… et entre des conférences aussi prometteuses que « Yes we can : comment mobiliser notre électorat », « Faire société » ou encore « Carte blanche au MJS avec Danièle Mitterrand » (non, ce n’est pas une blague), les militants pourront voir la pièce de théâtre Il marchait vers la terre promise, dont la thématique citoyenne fait chaud au cœur : « Un samedi soir, à la fête foraine, Désiré, un jeune noir de 22 ans, sourd-muet tente d’échapper à un contrôle de police. Il est sans-papiers. » Et même pas homo, Désiré ? Petit bras ! On imagine aisément la suite tragique : les méchants, c’est la police et les gentils font du théâtre subventionné.

Henri Weber se cite lui-même dans ses lectures préférées !

Plus piquant, les militants socialistes pourront retrouver dans une librairie de la Rochelle les livres préférés des cadres du PS, présentés sur le site web du parti. Car oui, les gentils lisent des livres, tandis que les méchants font du jogging et caressent des Rolex sur les ponts en acajou des yachts de milliardaires. Sans surprise, on voit que les dirigeants socialistes lisent Karl Marx, Albert Camus et se lisent parfois eux-mêmes. (Henri Weber citant parmi ses livres préférés l’un de ceux qu’il a signés, et Jean-Christophe Cambadélis un ouvrage d’Hubert Védrine). Certains font de la provocation, tel Medhi Ouraoui, secrétaire national adjoint à la coordination, qui n’a certainement pas été suffisamment coordonné en amont et cite Malraux, Mauriac et De Gaulle parmi ses lectures préférées.
Hormis cette dissidence, la plupart des choix ne surprennent pas : on retrouve beaucoup d’auteurs de la galaxie socialiste (Erik Orsenna, par exemple, est cité plusieurs fois), et beaucoup de littérature étrangère. On s’étonne – et s’attriste – par contre de ne retrouver dans les bagages des cadres socialistes que très peu de classiques. Certes Cervantès, Stefan Zweig, Gabriel Garcia Marquez ou René Char surnagent, parmi quelques autres. Mais le dirigeant socialiste, pour montrer qu’il est gentil et aime la culture, prend bien garde de ne pas trop citer les grands classiques de la littéraire française… de François Villon à Balzac, en passant par Hugo ou Flaubert. Même punition pour Ronsard et Aragon, et idem pour Péguy.

Rendez-vous à La Rochelle dans dix ans… leurs successeurs citeront certainement Marc Levy, Katherine Pancol et Guillaume Musso.

Forever young!

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Le BIT (Bureau International du Travail) constate une forte hausse du chômage de longue durée sur la tranche des 15-24 ans. Depuis mars 2009, le nombre de jeunes se trouvant sans emploi depuis plus d’un an a augmenté de près de 45%. Ils sont tout de même 113 000, soit un jeune chômeur sur cinq. Le BIT, organisme indépendant -contrairement à Pole Emploi- peut se permettre quelques remarques d’ordre politique qui sont pourtant tellement évidentes qu’on avait fini par les oublier ; c’est le fameux syndrome de La Lettre volée d’Edgar Poe. Le BIT déclare donc : « Compte tenu de la gravité de la situation, on peut craindre que, si rien n’est fait rapidement, la situation de la jeunesse ne devienne insoutenable dans certains pays, constituant une menace pour la cohésion sociale« . Et, quelle surprise, la France est dans le peloton de tête de ces «certains pays».

Evidemment, dans le même temps, on s’apprête lentement mais sûrement à faire travailler les seniors jusqu’à soixante-dix piges et mèche. Comme ça ils pourront aider leurs enfants chomdus de trente ans. Vous me direz, c’est déjà comme ça, sauf que les vieux peuvent le faire maintenant avec leur retraite mais que là, ils seront obligés de conduire des bus ou de vous livrer vos courses à domicile. Évidemment aussi, une armée d’experts libéraux, ceux qui nous feront mourir guéris dans une planète en ruine, viendront dresser des graphiques pour nous expliquer que le chômage des jeunes et le maintien à tout prix du troisième âge au taf, ça n’a pas de lien de cause à effet. On écoutera bien la leçon au milieu des émeutes et on n’essaiera pas de tousser à cause de la fumée des cocktails Molotov. Et ils seront très convaincants, ces experts. Comme d’habitude. Et on se souviendra, peut-être un peu trop tard, qu’ils nous font penser au fou selon Chesterton: celui qui a tout perdu, sauf la raison.

San-Antonio, commissaire du peuple

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San-Antonio

Les gens prétendent qu’ils relisent Proust chaque été. Ils mentent, évidemment : sinon, quand je fouille dans la bibliothèque des gens qui m’invitent, je trouverais La Prisonnière avec des taches d’huile solaire. Ce qui n’est jamais arrivé. En fait, l’été, les gens lisent du polar, du thriller, du roman noir. Les libraires ne s’y trompent pas, les éditeurs non plus : un livre sur quatre vendu en France est un polar. Et pourtant, ce n’est plus une littérature populaire même si les auteurs français de polar, qui sont tous de gauche, aimeraient vous faire croire le contraire. C’est une littérature de gens qui ont les moyens d’aller en vacances et qui ont des pudeurs d’encanaillés puisqu’ils prétendent qu’ils relisent Proust. Sans mettre d’huile solaire, en plus.[access capability= »lire_inedits »]

Un livre sur quatre, c’est quand même énorme. Si on retire des quatre les livres de jardinage, les témoignages de stars et les documents, on arrive au résultat suivant : un roman sur deux acheté est un roman policier. Alors, forcément, il y a du déchet. Du déchet et des monomanies. Le polar scandinave se portait déjà très bien avant Millénium, mais depuis, c’est de la folie. J’ai pensé à changer mon nom en Baldur Leroysön, à un moment. Et raconter sur des milliers de pages comment un policier désabusé de la banlieue d’Oslo cherche qui a tué la social-démocratie. L’enquête aurait promis d’être longue. J’aurais pu facilement faire trois volumes, comme Millénium. Dans un polar scandinave, il faut cinquante pages, au bas mot, pour monter dans sa voiture, démarrer et rouler sous un temps pourri dans des pays luthériens où l’alcool est à des prix prohibitifs. Derrick, à côté, c’est l’inspecteur Harry. Bon, une première certitude : même s’il ne l’aimait pas, ce n’est pas le communisme qui a tué la social-démocratie. On ne va pas tout lui mettre sur le dos, quand même, au communisme. En plus, il a un alibi d’enfer : quand la social-démocratie a été tuée, le communisme était déjà mort.

San-Antonio : du polar garanti sans fjord ni saumon fumé

Profitez donc de ce qui reste de l’été pour vous désintoxiquer et revenir aux sources. Lisez San-Antonio, par exemple, c’est garanti sans fjord ni saumon fumé. La collection Bouquins réédite tout San-Antonio. Pour l’instant, quatre volumes sont parus. Ils correspondent aux enquêtes de la fin des années 1940 jusqu’au début des sixties (San-Antonio est né en 1949 à Lyon avec un roman qui s’appelle Réglez-lui son compte et qui ne parle pourtant pas du peuple grec.)

Il n’y a pas plus français que San-Antonio : il a de l’esprit, il plaît aux femmes, il aime la bonne bouffe et les causes perdues. C’est d’Artagnan qui jacterait argomuche et aurait remplacé sa rapière par un soufflant. En plus, ce qui n’est pas fréquent dans la littérature populaire, San-Antonio a inventé un style. Une langue bien à lui. Comme Céline. Ou Proust, tiens. C’est un personnage tellement envahissant qu’il a failli tuer son créateur, Frédéric Dard. Dard a tenté de se suicider en 1965, quand il s’est aperçu que les gens ne connaissaient plus que San-Antonio et ignoraient ses autres romans. Ce n’est pas le genre de chose qui arriverait à des Scandinaves, ça. Ou alors ils se suicideraient d’ennui en relisant leurs épreuves.

San-Antonio - Tome 1 (1)

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Brighton ou rien !

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Qu’on se le dise et redise, cette année, les hommes politiques anglais ne prendront pas de vacances, ou à peine. Dûment briefés, leurs staffs ont relayé l’info à qui veut l’entendre : aucun ne quittera le royaume. Echaudés par le scandale involontairement provoqué par Michelle Obama, qui avait abandonné mari et récession pour aller bronzer à Marbella avec l’éternellement jeune Juan Carlos, ils font profil bas, très bas. Il est loin le temps où les Blair s’invitaient chez Silvio Berlusconi pour faire des bœufs avec leur copain Cliff Richard.

Parfaite incarnation d’un Anglais moyen imaginaire, on les voit errer sur les landes du Devon ou des Cornouailles, les seuls endroits au monde suffisamment modestes sans être trop affreux pour y traîner la famille, la mine lugubre de circonstance, l’oreille basse et probablement le chien des Baskerville aux fesses. Gare à l’insouciante décontraction, à la joie de vivre estivale, au repos bien mérité. Le pays va mal, les temps sont durs, et chacun sait que la sémiotique vacancière, très en vogue à Westminster, va décortiquer implacablement l’emploi du temps du dernier des secrétaires d’Etat ou aspirant à la présidence du Labour.

Dis-moi où tu pars, je te dirai comment sera ta courbe dans les sondages de rentrée. Si tu veux la voir plonger après la photo volée qui tue, va en Toscane. Tous les patrons de la BBC y sont en ce moment, avec les écrivains et les sociaux-démocrates. Autre mauvaise idée, les vacances en Amérique. On se souvient de Gordon Brown arpentant Martha’s Vineyard, l’air hargneux, attendant une hypothétique invitation à dîner d’Hillary Clinton qui n’est jamais venue. Tu seras aussi prié d’éviter la Grèce, même si tu es, comme la plupart des Britanniques, un authentique fan de la comédie musicale Mamma mia, dont on rappellera qu’elle se situe non pas en Suède, comme pourrait le laisser penser sa BO 100% Abba, mais dans les Cyclades, où il te sera impossible d’éviter un des Murdoch ou un oligarque: mauvaise pioche, donc…

Merkel au Tyrol : l’exemple à suivre

En clair, tu devrais plutôt prendre modèle sur Angela Merkel qui, en bonne Ossie, escalade le Tyrol avec du matériel datant d’avant la chute du Mur. Ou sur le roi des Belges cramponné à Laeken de peur que le pays n’explose s’il passe une frontière. Voire sur notre président qui part barboter dans la famille.

Bref, il s’agit de faire comme si l’Anglais moyen ignorait que dans le vrai monde, celui de ceux qui ont réussi, s’offre en général de bonnes vacances dans une hacienda du grand Sud. Comme si l’Anglais moyen ne traversait pas lui-même la Manche à la première occasion pour trouver ce dont rêve tout un pays onze mois sur douze, le soleil.

Rebaptisée «Marie-Antoinette» par la presse de son pays, Michelle Obama semble tout à fait hermétique à ces hypocrisies. On aimerait que les collègues brits de son époux lui empruntent un tout petit peu de son audace, quitte à oublier pour une fois l’hypocrisie qui leur tient office de seconde peau. Quant à la Première, elle restera donc désespérément pâle, cet été.

Adieu l’Arlette, j’t’aimais pas bien…

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Elle aurait pu être, dans cette période plutôt troublée pour le pouvoir sarkozyste, la vedette martyre de cette rentrée. Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 depuis plus de six ans, a été virée de son poste avant même que le nouveau PDG de la télévision publique française, Rémy Pflimlin, remplace Patrick de Carolis dans son bureau présidentiel.
Comme Nicolas Sarkozy s’était laissé aller, lors d’un voyage à New York, à morigéner en public la cheftaine de la troupe informatrice de France 2, cette dernière avait tout pour se poser en victime de l’arbitraire d’un pouvoir étranglant la liberté de l’information.

Silence radio des professionnels de la protestation

Or, jusque-là, on n’a rien entendu du côté des protestataires habituels. BHL est étonnamment silencieux, ce qui en dit long, à moins qu’il ne soit dans un lieu de villégiature exotique, où cette nouvelle essentielle n’est pas encore parvenue.
La société des journalistes de France 2, par la voix de son président, Dominique Verdeilhan, a « pris acte » de l’éviction de la cheftaine sans toutefois exprimer la moindre parole de regret, même poliment hypocrite, relative à ce départ. Pas de communiqué syndical offusqué en défense de Mme Chabot, le chef de la CGT locale, Jean-François Téaldi estimant benoîtement qu’à chaque changement de PDG, on pouvait constater quelque remue-ménage dans les étages supérieurs de l’immeuble de la place Henri de France. Et de passer aux choses sérieuses dans le registre « moi y en a vouloir des sous et des postes ».

Il faut avouer que cette mise à l’écart a été organisée de main de maître par Rémy Pflimlin, dont la rondeur alsacienne dissimule un caractère bien trempé et une intelligence aigüe des situations. Cet homme de médias, sorti du moule de la presse quotidienne régionale, s’est signalé ces dernières années par une gestion habile d’un vaisseau en détresse, les anciennes NMPP, devenues Presstalis, touchées de plein fouet par la crise de la diffusion de la presse écrite. Ce succès se mesure au peu d’écho médiatique rencontré par la réorganisation de cette entreprise, où jadis les gros bras de la CGT du Livre faisaient régner leur loi syndicalo-mafieuse.

Une femme de réseaux, de pouvoir et d’intrigues

Sommée de choisir entre son poste de directrice de l’information et sa présence à l’antenne comme présentatrice de l’émission politique « À vous de juger », Arlette Chabot a préféré continuer à montrer sa binette dans le poste une fois par mois. Ainsi, elle n’apparaît pas comme la victime d’un limogeage brutal à la Domenech, alors qu’en fait elle n’avait pas le choix : coincée entre une présidence hostile et une base excédée par son autoritarisme cassant, elle n’aurait pas tardé à jeter l’éponge…

Derrière l’allure austère de « grande professionnelle » qu’elle a peaufinée tout au long de sa carrière radiophonique et télévisuelle, et un visage d’instit’ qui aurait découvert le poker, se trouvait une vraie femme de pouvoir, de réseaux et d’intrigues, obséquieuse avec les puissants et impitoyable avec les faibles. Nicolas Sarkozy ne lui a d’ailleurs jamais pardonné son activisme au sein de réseaux mondains visant à torpiller sa candidature présidentielle au profit de celle de Dominique de Villepin. Seule la protection du duo Patrick de Carolis- Patrice Duhamel – l’épouse de ce dernier, Nathalie Saint-Cricq, étant le bras droit de Chabot – lui permit de rester en poste. Qu’importait la baisse d’audience du JT de France 2 ? Les « erreurs » de diffusion de sujets bidonnés dont jamais les auteurs ne furent sanctionnés ? Chabot, c’était l’info et l’info, c’était Chabot.

À la manœuvre dans l’affaire Enderlin

J’eus, personnellement, le loisir de la voir à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de sauver le soldat Enderlin, soupçonné d’avoir entraîné la chaîne publique dans la diffusion d’une mise en scène, celle de la « mort » de l’enfant Mohammed Al Doura en septembre 2000 dans la bande de Gaza. En octobre 2004, à peine arrivée à la direction de l’info, elle aurait pu mettre un terme définitif à cette controverse, qui est loin d’être close, en acceptant ma suggestion de soumettre Jamal al Doura, le père, « grièvement blessé » par balles à une expertise médico-légale indépendante. Au lieu de cela, elle envoya le caméraman de France 2 Talal Abou Rahma, principal organisateur de la mise en scène macabre, filmer des cicatrices existant sur le corps de Jamal al Dura. Cette « preuve » devait clore le bec à tous ceux qu’elle traitait alors de « révisionnistes » et d’extrémistes juifs. Une bonne dizaine de procès plus tard et grâce à l’opiniâtreté de quelques passionnés de la vérité comme Stéphane Juffa, Philippe Karsenty, Elisabeth Lévy, Gil Mihaely, Pierre-André Taguieff et quelques autres, la vérité chabotienne est aujourd’hui passablement amochée. Les cicatrices de Jamal al Doura ? Elles résultent d’une opération réalisée dans les années 90 par le chirurgien israélien Yehuda David après des agressions à l’arme blanche subies à Gaza. Un documentaire de la première chaine allemande ARD, réduisant à néant la thèse défendue par France 2, a été boycotté par tous les diffuseurs français. Le constat implacable de l’imposture médiatique dressé par Taguieff dans son dernier livre valut à son auteur le silence absolu des supplétifs de Chabot oeuvrant dans les principaux médias nationaux.

Elle organisa le sabotage de l’instance de médiation établie à l’initiative du président du CRIF Richard Prasquier et de la LICRA, à laquelle Patrick de Carolis avait donné son aval avant de se défiler piteusement. Un nouvel épisode judiciaire de cette interminable affaire doit se dérouler cet automne, avec comme protagonistes Jamal al Doura portant plainte en diffamation contre le docteur Yehuda David et le journaliste de France 3 Clément Weill-Raynal, pour une interview publiée l’an passé dans l’hebdomadaire Actualités juives. Hormis le bloc compact et corporatiste des patrons de médias français et de leurs obligés, plus personne ne croit à la version défendue par la chaîne publique française. La crainte de subir des ennuis professionnels, en exprimant ne seraient-ce que des doutes et des interrogations, empêche de très nombreux journalistes de dire publiquement ce qu’ils ne cachent pas en privé.

Pour Pflimlin, un choix cornélien

Interrogé, lors de son audition devant le Parlement par le sénateur Jean Pierre Plancade sur ce qu’il comptait faire pour lever la suspicion, fortement étayée, qui continue de peser sur France 2 à propos de l’affaire Al Doura, Rémy Pflimlin a assuré qu’il allait se pencher sur ce dossier. Il s’est ainsi placé devant un choix cornélien : affronter en un combat douteux les défenseurs inconditionnels de Charles Enderlin, puissants dans les médias, au quai d’Orsay, et dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, ou persévérer dans le bétonnage d’une position dont la solidité est loin d’être garantie. S’il choisit cette dernière attitude, il ne faudra pas qu’il s’étonne d’entendre tinter derrière lui la casserole que Carolis et Chabot ont accrochée à ses basques avant de s’éclipser.

Keynes ? Mauvaise pioche

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Si la crise est censée faire partie de l’héritage maudit de George W. Bush, la reprise économique, elle, est supposée émaner de l’activisme d’Obama et -le moins que l’on puisse en dire- c’est qu’elle se présente sous une forme pour le moins fragile et timide… En fait, il semblerait bien que ce Président ait, en même temps que les milliards utilisés au titre des stimuli, épuisé quasiment tout son capital de sympathie sachant que le débat – aujourd’hui – en est toujours aux interrogations par rapport à l’opportunité de dépenser toujours plus pour encore plus de stimuli…

Faux débat qui enfoncera les Etats-Unis dans la récession, car ce pays n’a plus – comme après la Grande Dépression – besoin de relance keynésienne. Les artifices de politique monétaire, baisses de taux quantitative et autres constructions d’autoroutes n’y redresseront pas plus une situation de l’emploi qui a désespérément besoin de mesures structurelles de fond. En réalité, tant le secteur financier que l’industrie, les services ou le système éducatif de ce pays auraient besoin d’une sérieuse remise à plat. Histoire se recentrer sur l’innovation et sur l’amélioration de la productivité.

Et il n’est pas du tout sûr que cette urgence absolue ne vaille que pour les USA…

Cinq trucs faciles pour tricher à la session de septembre

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Un rouleau de papier hygiénique
Le rouleau de papier hygiénique, bon rapport qualité-prix
Un rouleau de papier hygiénique
Le rouleau de papier hygiénique, bon rapport qualité-prix

1. Antisèches
Qualités : un classique indémodable.
Défauts : pas toujours facile de retrouver la page « Structures agraires dans l’Occident médiéval au VIe siècle ».

2. Liaison émetteur-récepteur indétectable (avec complice à l’extérieur)
Qualités : discrétion, modernité.
Défauts : douleurs au moment de la greffe dans la trompe d’Eustache.[access capability= »lire_inedits »]

3. iPhone
Qualités : un néo-classique indémodable.
Défauts : risque de recopier inconsidérément toutes les erreurs factuelles contenues dans Wikipédia. Sauf si, comme il est vraisemblable, l’examinateur puise à la même source pour faire ses corrections.

4. Rouleau de papier hygiénique
Qualités : bon rapport qualité-prix. Et puis, dans l’intimité des toilettes, on a tout loisir de faire le point sur la culture du manioc en Afrique subsaharienne des origines à nos jours.
Défauts : pas toujours facile de rembobiner.

5. Sosie
Qualités : simple et funky. Perspective d’un papier dans Technikart.
Défauts : pas évident de trouver un sosie incollable sur le contrat de bail à affermage indirect dans le Perche.
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Muray revient et il n’est pas content !

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Chaque année en période de rentrée, les magazines font leur rentrée avec des gros titres sur la rentrée. Histoire de faire les malins, pour le mensuel Causeur de septembre, nous avons donc décidé de faire un numéro spécial Philippe Muray, avec notamment une interview inédite, et une myriade de contributions qui le sont tout autant. Bref, si ce n’est déjà fait, abonnez-vous !

Chavez : trop de morgue!

63

La devinette du jour : je jouis de 36% de popularité dans les sondages, l’économie de mon pays peine à sortir de la crise, mais en revanche la criminalité y est en plein essor ; qui suis-je ? Hugo Chavez, who else ?

À quelques semaines des législatives, la situation au Venezuela est plus que difficile. Le New York Times a même titré son dernier article sur le sujet « Le Venezuela, plus meurtrier que l’Irak, s’interroge » (« Venezuela, More Deadly Than Iraq, Wonders Why » . Selon les chiffres avancés dans cet l’article, 16000 Vénézuéliens ont été assassinés en 2009, ce qui laisse loin derrière non seulement l’Irak (4,644 civils tués) mais aussi le Mexique, pourtant en pleine guerre contre les barons de la drogue. L’image qu’accompagne ce texte, une photo prise dans la morgue centrale de Caracas et publiée en Une du quotidien vénézuélien « El Nacional », glace le sang.

Sans être dupe – ce n’est pas un pur hasard si cette histoire est publiée au beau milieu d’une campagne électorale – ni oublier que les morgues des voisins sont, elles aussi, bien garnies (en Colombie les assassins utilisent aujourd’hui Facebook pour faciliter leur besogne), ce phénomène met en lumière des maux profonds, notamment la politisation de la police et de la justice. Résultat : le pays est inondé d’armes illégales et la police arrive dans seulement 10% des cas à mettre la main sur les criminels. Comme par le passé, des mesures de «Salut public» prises pour corriger des injustices criantes finissent par frapper ceux-là même qu’elles auraient dû protéger.

Ce n’est pas pour rien que le golpe censé guérir tous les maux est une spécialité sud-américaine…

Les années Mitterrand et Craven d’Éric Neuhoff

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Éric Neuhoff
Éric Neuhoff.
Éric Neuhoff
Éric Neuhoff.

En 1984, Éric Neuhoff prend le chemin des fugues. Il n’a pas encore 30 ans. Son premier roman, Précaution d’usage, a été salué par quelques glorieux aînés. Il écrit des articles chics et rapides dans des journaux qui, aujourd’hui, n’existent plus.

Un lointain cousin des « hussards »

Il fait déjà figure de lointain cousin des « hussards », Blondin, Nimier et Jacques Laurent. Il est temps pour lui, désormais, de n’en faire qu’à sa fête mélancolique. C’est ce que lui demande son éditrice, Marie-Hélène Orban, « de sa voix de petite fille ». Un Triomphe est donc le livre d’un jeune homme en liberté qui a « appris à lire dans le Club des Cinq, dans Bob Morane, dans San Antonio, dans SAS » et qui, avec le Drieu La Rochelle d’État civil, pense que « dès le moment où la femme entra dans ma vie et occupa mon imagination, tout fut bouleversé ».[access capability= »lire_inedits »]

Délaissant les genres qui enferment, Un Triomphe est une balade dans les années 1970 et dans le début des années 1980. Que faire ? se demande Neuhoff. Commencer par un éclat de rire triste, la gorge serrée, ce serait bien. Une princesse d’opérette, à la silhouette de papier glacé, vient de se marier. Et ce n’est pas avec lui. Caroline de Monaco, définitivement, est une adorable peste intouchable. Il faut tourner la page, préférer les actrices aux filles de Grace Kelly, leur écrire des lettres d’amour : « Vous êtes une idée, Isabelle, celle qu’on se fait du cinéma. Ne fichez pas les pieds dans l’existence, elle vous boufferait. Avec vous, on revient du côté des mythes et des héros. Vous êtes la preuve que les films et les femmes (c’est pareil) ne sont pas morts. Vous avez le tragique et la gaieté, la folie et la douleur, vous êtes le temps perdu, le travail, l’exil de soi, l’amour incompris (mettez des majuscules partout où vous voulez). » Adjani n’a pas répondu : elle a invité le jeune homme à dîner, oubliant toutefois de déposer sur ses lèvres un baiser de cinéma. Que faire, encore ? La voix d’Anna Karina, en écho, répond : « J’sais pas quoi faire ! » Neuhoff se souvient de l’adolescent provincial qu’il était, qu’il ne sera plus jamais : « Il avait besoin d’une ville assez grande pour lui, une ville livrée aux ombres, où il mangerait des Big Mac sous les néons, hélerait des taxis à l’aube, une ville où il pourrait s’oublier. Enfin. »

Être Bernard Frank ou rien

Que faire, finalement, en buvant des gin-tonics et en fumant des Craven A ? Ricaner de François Mitterrand et des socialistes qui découvrent le pouvoir. Se moquer des mœurs domestiques de Philippe Sollers. Visiter Michel Déon en Irlande. Partir en ouiquende à Trouville, dans les bras d’une brune demoiselle, et se dire que c’est l’unique remède acceptable aux tristes temps où nous vivons. Se rêver dans la peau d’un écrivain de la collaboration, Sachs par exemple, parce que l’œuvre est là, malgré tout, et la mort au rendez-vous. Être Bernard Frank ou rien. Dans les plus belles pages d’Un Triomphe, Neuhoff se rappelle de sa découverte des Rats, la Côte d’Azur, la dolce vita, l’ivresse triste au cœur, les mots comme des fusées dans une nuit d’été. Être Frank ou rien, c’est-à-dire écrire, l’air de rien, des petits chefs-d’œuvre dilettantes pour ne pas travailler, pour retrouver le temps. Un beau programme…

Un triomphe

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Lectures socialistes

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Bon, je vous fais un petit rappel si vous avez manqué un épisode : les méchants détestent la culture, détestent la Princesse de Clèves, et ne jurent que par les matraques pleines de morgue des CRS ; tandis que les gentils aiment la culture et l’humanisme citoyen ! C’est très simple. Au Parti socialiste – par exemple – on est très gentils, c’est pourquoi on fait longuement étalage de sa passion pour la culture. Ainsi, la question culturelle semble être au centre de l’Université d’été du Parti socialiste qui va se tenir à la Rochelle du 27 au 29 août… et entre des conférences aussi prometteuses que « Yes we can : comment mobiliser notre électorat », « Faire société » ou encore « Carte blanche au MJS avec Danièle Mitterrand » (non, ce n’est pas une blague), les militants pourront voir la pièce de théâtre Il marchait vers la terre promise, dont la thématique citoyenne fait chaud au cœur : « Un samedi soir, à la fête foraine, Désiré, un jeune noir de 22 ans, sourd-muet tente d’échapper à un contrôle de police. Il est sans-papiers. » Et même pas homo, Désiré ? Petit bras ! On imagine aisément la suite tragique : les méchants, c’est la police et les gentils font du théâtre subventionné.

Henri Weber se cite lui-même dans ses lectures préférées !

Plus piquant, les militants socialistes pourront retrouver dans une librairie de la Rochelle les livres préférés des cadres du PS, présentés sur le site web du parti. Car oui, les gentils lisent des livres, tandis que les méchants font du jogging et caressent des Rolex sur les ponts en acajou des yachts de milliardaires. Sans surprise, on voit que les dirigeants socialistes lisent Karl Marx, Albert Camus et se lisent parfois eux-mêmes. (Henri Weber citant parmi ses livres préférés l’un de ceux qu’il a signés, et Jean-Christophe Cambadélis un ouvrage d’Hubert Védrine). Certains font de la provocation, tel Medhi Ouraoui, secrétaire national adjoint à la coordination, qui n’a certainement pas été suffisamment coordonné en amont et cite Malraux, Mauriac et De Gaulle parmi ses lectures préférées.
Hormis cette dissidence, la plupart des choix ne surprennent pas : on retrouve beaucoup d’auteurs de la galaxie socialiste (Erik Orsenna, par exemple, est cité plusieurs fois), et beaucoup de littérature étrangère. On s’étonne – et s’attriste – par contre de ne retrouver dans les bagages des cadres socialistes que très peu de classiques. Certes Cervantès, Stefan Zweig, Gabriel Garcia Marquez ou René Char surnagent, parmi quelques autres. Mais le dirigeant socialiste, pour montrer qu’il est gentil et aime la culture, prend bien garde de ne pas trop citer les grands classiques de la littéraire française… de François Villon à Balzac, en passant par Hugo ou Flaubert. Même punition pour Ronsard et Aragon, et idem pour Péguy.

Rendez-vous à La Rochelle dans dix ans… leurs successeurs citeront certainement Marc Levy, Katherine Pancol et Guillaume Musso.

Forever young!

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Le BIT (Bureau International du Travail) constate une forte hausse du chômage de longue durée sur la tranche des 15-24 ans. Depuis mars 2009, le nombre de jeunes se trouvant sans emploi depuis plus d’un an a augmenté de près de 45%. Ils sont tout de même 113 000, soit un jeune chômeur sur cinq. Le BIT, organisme indépendant -contrairement à Pole Emploi- peut se permettre quelques remarques d’ordre politique qui sont pourtant tellement évidentes qu’on avait fini par les oublier ; c’est le fameux syndrome de La Lettre volée d’Edgar Poe. Le BIT déclare donc : « Compte tenu de la gravité de la situation, on peut craindre que, si rien n’est fait rapidement, la situation de la jeunesse ne devienne insoutenable dans certains pays, constituant une menace pour la cohésion sociale« . Et, quelle surprise, la France est dans le peloton de tête de ces «certains pays».

Evidemment, dans le même temps, on s’apprête lentement mais sûrement à faire travailler les seniors jusqu’à soixante-dix piges et mèche. Comme ça ils pourront aider leurs enfants chomdus de trente ans. Vous me direz, c’est déjà comme ça, sauf que les vieux peuvent le faire maintenant avec leur retraite mais que là, ils seront obligés de conduire des bus ou de vous livrer vos courses à domicile. Évidemment aussi, une armée d’experts libéraux, ceux qui nous feront mourir guéris dans une planète en ruine, viendront dresser des graphiques pour nous expliquer que le chômage des jeunes et le maintien à tout prix du troisième âge au taf, ça n’a pas de lien de cause à effet. On écoutera bien la leçon au milieu des émeutes et on n’essaiera pas de tousser à cause de la fumée des cocktails Molotov. Et ils seront très convaincants, ces experts. Comme d’habitude. Et on se souviendra, peut-être un peu trop tard, qu’ils nous font penser au fou selon Chesterton: celui qui a tout perdu, sauf la raison.

San-Antonio, commissaire du peuple

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San-Antonio

San-Antonio

Les gens prétendent qu’ils relisent Proust chaque été. Ils mentent, évidemment : sinon, quand je fouille dans la bibliothèque des gens qui m’invitent, je trouverais La Prisonnière avec des taches d’huile solaire. Ce qui n’est jamais arrivé. En fait, l’été, les gens lisent du polar, du thriller, du roman noir. Les libraires ne s’y trompent pas, les éditeurs non plus : un livre sur quatre vendu en France est un polar. Et pourtant, ce n’est plus une littérature populaire même si les auteurs français de polar, qui sont tous de gauche, aimeraient vous faire croire le contraire. C’est une littérature de gens qui ont les moyens d’aller en vacances et qui ont des pudeurs d’encanaillés puisqu’ils prétendent qu’ils relisent Proust. Sans mettre d’huile solaire, en plus.[access capability= »lire_inedits »]

Un livre sur quatre, c’est quand même énorme. Si on retire des quatre les livres de jardinage, les témoignages de stars et les documents, on arrive au résultat suivant : un roman sur deux acheté est un roman policier. Alors, forcément, il y a du déchet. Du déchet et des monomanies. Le polar scandinave se portait déjà très bien avant Millénium, mais depuis, c’est de la folie. J’ai pensé à changer mon nom en Baldur Leroysön, à un moment. Et raconter sur des milliers de pages comment un policier désabusé de la banlieue d’Oslo cherche qui a tué la social-démocratie. L’enquête aurait promis d’être longue. J’aurais pu facilement faire trois volumes, comme Millénium. Dans un polar scandinave, il faut cinquante pages, au bas mot, pour monter dans sa voiture, démarrer et rouler sous un temps pourri dans des pays luthériens où l’alcool est à des prix prohibitifs. Derrick, à côté, c’est l’inspecteur Harry. Bon, une première certitude : même s’il ne l’aimait pas, ce n’est pas le communisme qui a tué la social-démocratie. On ne va pas tout lui mettre sur le dos, quand même, au communisme. En plus, il a un alibi d’enfer : quand la social-démocratie a été tuée, le communisme était déjà mort.

San-Antonio : du polar garanti sans fjord ni saumon fumé

Profitez donc de ce qui reste de l’été pour vous désintoxiquer et revenir aux sources. Lisez San-Antonio, par exemple, c’est garanti sans fjord ni saumon fumé. La collection Bouquins réédite tout San-Antonio. Pour l’instant, quatre volumes sont parus. Ils correspondent aux enquêtes de la fin des années 1940 jusqu’au début des sixties (San-Antonio est né en 1949 à Lyon avec un roman qui s’appelle Réglez-lui son compte et qui ne parle pourtant pas du peuple grec.)

Il n’y a pas plus français que San-Antonio : il a de l’esprit, il plaît aux femmes, il aime la bonne bouffe et les causes perdues. C’est d’Artagnan qui jacterait argomuche et aurait remplacé sa rapière par un soufflant. En plus, ce qui n’est pas fréquent dans la littérature populaire, San-Antonio a inventé un style. Une langue bien à lui. Comme Céline. Ou Proust, tiens. C’est un personnage tellement envahissant qu’il a failli tuer son créateur, Frédéric Dard. Dard a tenté de se suicider en 1965, quand il s’est aperçu que les gens ne connaissaient plus que San-Antonio et ignoraient ses autres romans. Ce n’est pas le genre de chose qui arriverait à des Scandinaves, ça. Ou alors ils se suicideraient d’ennui en relisant leurs épreuves.

San-Antonio - Tome 1 (1)

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Brighton ou rien !

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Qu’on se le dise et redise, cette année, les hommes politiques anglais ne prendront pas de vacances, ou à peine. Dûment briefés, leurs staffs ont relayé l’info à qui veut l’entendre : aucun ne quittera le royaume. Echaudés par le scandale involontairement provoqué par Michelle Obama, qui avait abandonné mari et récession pour aller bronzer à Marbella avec l’éternellement jeune Juan Carlos, ils font profil bas, très bas. Il est loin le temps où les Blair s’invitaient chez Silvio Berlusconi pour faire des bœufs avec leur copain Cliff Richard.

Parfaite incarnation d’un Anglais moyen imaginaire, on les voit errer sur les landes du Devon ou des Cornouailles, les seuls endroits au monde suffisamment modestes sans être trop affreux pour y traîner la famille, la mine lugubre de circonstance, l’oreille basse et probablement le chien des Baskerville aux fesses. Gare à l’insouciante décontraction, à la joie de vivre estivale, au repos bien mérité. Le pays va mal, les temps sont durs, et chacun sait que la sémiotique vacancière, très en vogue à Westminster, va décortiquer implacablement l’emploi du temps du dernier des secrétaires d’Etat ou aspirant à la présidence du Labour.

Dis-moi où tu pars, je te dirai comment sera ta courbe dans les sondages de rentrée. Si tu veux la voir plonger après la photo volée qui tue, va en Toscane. Tous les patrons de la BBC y sont en ce moment, avec les écrivains et les sociaux-démocrates. Autre mauvaise idée, les vacances en Amérique. On se souvient de Gordon Brown arpentant Martha’s Vineyard, l’air hargneux, attendant une hypothétique invitation à dîner d’Hillary Clinton qui n’est jamais venue. Tu seras aussi prié d’éviter la Grèce, même si tu es, comme la plupart des Britanniques, un authentique fan de la comédie musicale Mamma mia, dont on rappellera qu’elle se situe non pas en Suède, comme pourrait le laisser penser sa BO 100% Abba, mais dans les Cyclades, où il te sera impossible d’éviter un des Murdoch ou un oligarque: mauvaise pioche, donc…

Merkel au Tyrol : l’exemple à suivre

En clair, tu devrais plutôt prendre modèle sur Angela Merkel qui, en bonne Ossie, escalade le Tyrol avec du matériel datant d’avant la chute du Mur. Ou sur le roi des Belges cramponné à Laeken de peur que le pays n’explose s’il passe une frontière. Voire sur notre président qui part barboter dans la famille.

Bref, il s’agit de faire comme si l’Anglais moyen ignorait que dans le vrai monde, celui de ceux qui ont réussi, s’offre en général de bonnes vacances dans une hacienda du grand Sud. Comme si l’Anglais moyen ne traversait pas lui-même la Manche à la première occasion pour trouver ce dont rêve tout un pays onze mois sur douze, le soleil.

Rebaptisée «Marie-Antoinette» par la presse de son pays, Michelle Obama semble tout à fait hermétique à ces hypocrisies. On aimerait que les collègues brits de son époux lui empruntent un tout petit peu de son audace, quitte à oublier pour une fois l’hypocrisie qui leur tient office de seconde peau. Quant à la Première, elle restera donc désespérément pâle, cet été.

Adieu l’Arlette, j’t’aimais pas bien…

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Elle aurait pu être, dans cette période plutôt troublée pour le pouvoir sarkozyste, la vedette martyre de cette rentrée. Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 depuis plus de six ans, a été virée de son poste avant même que le nouveau PDG de la télévision publique française, Rémy Pflimlin, remplace Patrick de Carolis dans son bureau présidentiel.
Comme Nicolas Sarkozy s’était laissé aller, lors d’un voyage à New York, à morigéner en public la cheftaine de la troupe informatrice de France 2, cette dernière avait tout pour se poser en victime de l’arbitraire d’un pouvoir étranglant la liberté de l’information.

Silence radio des professionnels de la protestation

Or, jusque-là, on n’a rien entendu du côté des protestataires habituels. BHL est étonnamment silencieux, ce qui en dit long, à moins qu’il ne soit dans un lieu de villégiature exotique, où cette nouvelle essentielle n’est pas encore parvenue.
La société des journalistes de France 2, par la voix de son président, Dominique Verdeilhan, a « pris acte » de l’éviction de la cheftaine sans toutefois exprimer la moindre parole de regret, même poliment hypocrite, relative à ce départ. Pas de communiqué syndical offusqué en défense de Mme Chabot, le chef de la CGT locale, Jean-François Téaldi estimant benoîtement qu’à chaque changement de PDG, on pouvait constater quelque remue-ménage dans les étages supérieurs de l’immeuble de la place Henri de France. Et de passer aux choses sérieuses dans le registre « moi y en a vouloir des sous et des postes ».

Il faut avouer que cette mise à l’écart a été organisée de main de maître par Rémy Pflimlin, dont la rondeur alsacienne dissimule un caractère bien trempé et une intelligence aigüe des situations. Cet homme de médias, sorti du moule de la presse quotidienne régionale, s’est signalé ces dernières années par une gestion habile d’un vaisseau en détresse, les anciennes NMPP, devenues Presstalis, touchées de plein fouet par la crise de la diffusion de la presse écrite. Ce succès se mesure au peu d’écho médiatique rencontré par la réorganisation de cette entreprise, où jadis les gros bras de la CGT du Livre faisaient régner leur loi syndicalo-mafieuse.

Une femme de réseaux, de pouvoir et d’intrigues

Sommée de choisir entre son poste de directrice de l’information et sa présence à l’antenne comme présentatrice de l’émission politique « À vous de juger », Arlette Chabot a préféré continuer à montrer sa binette dans le poste une fois par mois. Ainsi, elle n’apparaît pas comme la victime d’un limogeage brutal à la Domenech, alors qu’en fait elle n’avait pas le choix : coincée entre une présidence hostile et une base excédée par son autoritarisme cassant, elle n’aurait pas tardé à jeter l’éponge…

Derrière l’allure austère de « grande professionnelle » qu’elle a peaufinée tout au long de sa carrière radiophonique et télévisuelle, et un visage d’instit’ qui aurait découvert le poker, se trouvait une vraie femme de pouvoir, de réseaux et d’intrigues, obséquieuse avec les puissants et impitoyable avec les faibles. Nicolas Sarkozy ne lui a d’ailleurs jamais pardonné son activisme au sein de réseaux mondains visant à torpiller sa candidature présidentielle au profit de celle de Dominique de Villepin. Seule la protection du duo Patrick de Carolis- Patrice Duhamel – l’épouse de ce dernier, Nathalie Saint-Cricq, étant le bras droit de Chabot – lui permit de rester en poste. Qu’importait la baisse d’audience du JT de France 2 ? Les « erreurs » de diffusion de sujets bidonnés dont jamais les auteurs ne furent sanctionnés ? Chabot, c’était l’info et l’info, c’était Chabot.

À la manœuvre dans l’affaire Enderlin

J’eus, personnellement, le loisir de la voir à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de sauver le soldat Enderlin, soupçonné d’avoir entraîné la chaîne publique dans la diffusion d’une mise en scène, celle de la « mort » de l’enfant Mohammed Al Doura en septembre 2000 dans la bande de Gaza. En octobre 2004, à peine arrivée à la direction de l’info, elle aurait pu mettre un terme définitif à cette controverse, qui est loin d’être close, en acceptant ma suggestion de soumettre Jamal al Doura, le père, « grièvement blessé » par balles à une expertise médico-légale indépendante. Au lieu de cela, elle envoya le caméraman de France 2 Talal Abou Rahma, principal organisateur de la mise en scène macabre, filmer des cicatrices existant sur le corps de Jamal al Dura. Cette « preuve » devait clore le bec à tous ceux qu’elle traitait alors de « révisionnistes » et d’extrémistes juifs. Une bonne dizaine de procès plus tard et grâce à l’opiniâtreté de quelques passionnés de la vérité comme Stéphane Juffa, Philippe Karsenty, Elisabeth Lévy, Gil Mihaely, Pierre-André Taguieff et quelques autres, la vérité chabotienne est aujourd’hui passablement amochée. Les cicatrices de Jamal al Doura ? Elles résultent d’une opération réalisée dans les années 90 par le chirurgien israélien Yehuda David après des agressions à l’arme blanche subies à Gaza. Un documentaire de la première chaine allemande ARD, réduisant à néant la thèse défendue par France 2, a été boycotté par tous les diffuseurs français. Le constat implacable de l’imposture médiatique dressé par Taguieff dans son dernier livre valut à son auteur le silence absolu des supplétifs de Chabot oeuvrant dans les principaux médias nationaux.

Elle organisa le sabotage de l’instance de médiation établie à l’initiative du président du CRIF Richard Prasquier et de la LICRA, à laquelle Patrick de Carolis avait donné son aval avant de se défiler piteusement. Un nouvel épisode judiciaire de cette interminable affaire doit se dérouler cet automne, avec comme protagonistes Jamal al Doura portant plainte en diffamation contre le docteur Yehuda David et le journaliste de France 3 Clément Weill-Raynal, pour une interview publiée l’an passé dans l’hebdomadaire Actualités juives. Hormis le bloc compact et corporatiste des patrons de médias français et de leurs obligés, plus personne ne croit à la version défendue par la chaîne publique française. La crainte de subir des ennuis professionnels, en exprimant ne seraient-ce que des doutes et des interrogations, empêche de très nombreux journalistes de dire publiquement ce qu’ils ne cachent pas en privé.

Pour Pflimlin, un choix cornélien

Interrogé, lors de son audition devant le Parlement par le sénateur Jean Pierre Plancade sur ce qu’il comptait faire pour lever la suspicion, fortement étayée, qui continue de peser sur France 2 à propos de l’affaire Al Doura, Rémy Pflimlin a assuré qu’il allait se pencher sur ce dossier. Il s’est ainsi placé devant un choix cornélien : affronter en un combat douteux les défenseurs inconditionnels de Charles Enderlin, puissants dans les médias, au quai d’Orsay, et dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, ou persévérer dans le bétonnage d’une position dont la solidité est loin d’être garantie. S’il choisit cette dernière attitude, il ne faudra pas qu’il s’étonne d’entendre tinter derrière lui la casserole que Carolis et Chabot ont accrochée à ses basques avant de s’éclipser.

Keynes ? Mauvaise pioche

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Si la crise est censée faire partie de l’héritage maudit de George W. Bush, la reprise économique, elle, est supposée émaner de l’activisme d’Obama et -le moins que l’on puisse en dire- c’est qu’elle se présente sous une forme pour le moins fragile et timide… En fait, il semblerait bien que ce Président ait, en même temps que les milliards utilisés au titre des stimuli, épuisé quasiment tout son capital de sympathie sachant que le débat – aujourd’hui – en est toujours aux interrogations par rapport à l’opportunité de dépenser toujours plus pour encore plus de stimuli…

Faux débat qui enfoncera les Etats-Unis dans la récession, car ce pays n’a plus – comme après la Grande Dépression – besoin de relance keynésienne. Les artifices de politique monétaire, baisses de taux quantitative et autres constructions d’autoroutes n’y redresseront pas plus une situation de l’emploi qui a désespérément besoin de mesures structurelles de fond. En réalité, tant le secteur financier que l’industrie, les services ou le système éducatif de ce pays auraient besoin d’une sérieuse remise à plat. Histoire se recentrer sur l’innovation et sur l’amélioration de la productivité.

Et il n’est pas du tout sûr que cette urgence absolue ne vaille que pour les USA…