Accueil Site Page 1894

« Contre le terrorisme, l’Etat n’a pas de pensée stratégique »

eric delbecque daech terrorisme
Champs Elysées. Sipa. Numéro de reportage : 00803153_000022.

Daoud Boughezala. L’assaillant des Champs-Elysées abattu hier soir après avoir assassiné un policier était connu de la justice. Le dénommé Karim C. avait en effet écopé de vingt ans de prison en 2003 pour tentative de meurtre contre des forces de police. Est-ce une faillite de la magistrature?

Eric Delbecque[1. Journaliste spécialiste de la sécurité et de l’intelligence économique, Eric Delbecque est l’auteur du Bluff sécuritaire (Editions du Cerf, 2017)]. En tout cas, cela pose question. Tant qu’on ne connaît pas le détail des dossiers, on ne peut pas se substituer aux magistrats mais on peut se demander ce qu’il faisait dehors en liberté. Il y a quelque chose qui vraisemblablement ne fonctionne pas dans la chaîne pénale. Reste à savoir si on a affaire à un individu qui, vus ses antécédents, voulait se venger du monde de la police et se couvre de la marque djihadiste Daech parce que c’est plus valorisant. Nous le saurons dans les jours à venir. Ce qu’on redoutait depuis un certain moment s’est produit : Daech pousse des gens plus ou moins équilibrés à commettre des actes criminels pour les revendiquer ensuite. C’est un processus parfaitement décentralisé qui permet de choisir une cible dans la rue et de l’attaquer avec les moyens du bord.

Face à cette menace, les patrouilles de militaires armés dans Paris sont-elles une arme antiterroriste efficace ou de la poudre aux yeux ?

Ce dispositif est avant tout de nature à rassurer nos concitoyens. Mais ce n’est pas véritablement dissuasif et efficace contre nos ennemis. La preuve, cela n’empêche pas les djihadistes d’attaquer. Sans être totalement inutile, cette mesure ne peut pas constituer le cœur de la réponse au terrorisme. Comme on l’a vu au Louvre, à Orly et hier aux Champs-Elysées, les forces de l’ordre sont placées en première ligne du front antiterroriste en tant que symboles de l’Etat et cibles faciles à atteindre parce qu’ils sont dans la rue. Pour le terrorisme low-cost, cela ne demande pas une grande réflexion de sortir s’attaquer à des militaires en uniforme pour provoquer un coup d’éclat.

Une fois n’est pas coutume, cette énième attaque terroriste n’a pas été suivie d’annonces tonitruantes du ministère de l’Intérieur. Pourquoi critiquez-vous l’octroi de moyens supplémentaires aux forces de sécurité ?

Donner des moyens supplémentaires aux forces de l’ordre est bien évidemment positif mais c’est un élément tactique qui ne règle pas la question de la stratégie : quel objectif veut-on atteindre ? Nos gouvernants n’ont pas d’objectif stratégique à atteindre. Ils gèrent la situation en priant très fort pour qu’il n’y ait pas de problème puis en léguant la patate chaude à leur successeur. L’Etat est dans une déshérence stratégique totale. Il ne pense pas au-delà des quelques mois à venir, ce qui est quand même fou car son rôle est de se projeter dans l’avenir ! Certes, cela n’a rien d’étonnant avec François Hollande, qui est l’antithèse de la pensée stratégique. Le drame, c’est que sans stratégie d’ensemble, notre politique sécuritaire ne peut pas marcher.

Vous vous opposez aussi à l’inflation législative contre le terrorisme. Mais face à une menace réticulaire en perpétuel mouvement, ne faut-il pas adapter notre arsenal législatif ?

Plutôt que de les empiler, il faudrait déjà appliquer les lois qui existent, ce qui pose la question des moyens de les appliquer, notamment en termes de places de prison. Des lois contre le terrorisme, on en a votées, y compris quand Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur. Prenons un exemple très concret : l’interdiction des sites Internet djihadistes. C’est bien joli, mais dans un monde où on peut ouvrir un site Internet à l’autre bout de la planète en quelques minutes pour diffuser de la propagande, la loi Cazeneuve est un cautère sur une jambe de bois.

Qu’aurait-il fallu faire pour être à la hauteur de l’enjeu ?

Depuis trente ans, il aurait fallu régler les problèmes de fond, reprendre les fameux « territoires perdus de la République ». Il faudra bien régler la question un jour une bonne fois pour toutes, ce qui ne signifie pas qu’il faut s’y atteler avec brutalité ou n’importe comment, sans modèles de développement et de prospérité économique. Ces zones vivent souvent du trafic de stupéfiants, aussi doit-on leur proposer des alternatives socio-économiques. Quoi qu’il en soit, on ne peut plus négocier l’autorité de la République sur ces territoires. Autre problème de fond, plus abstrait mais essentiel, on a désarmé depuis des décennies l’Education nationale, mis à bas le récit national, diffusé la haine de soi et insinué que la France était toujours coupable. Cela n’a pas été sans conséquences. Idem pour notre politique étrangère, qui va d’errements en oscillations depuis des années, qu’il s’agisse de la Syrie, ou de nos relations avec la Russie.

Ces sujets n’ont que très peu été abordés dans la campagne présidentielle, qui s’est concentrée sur les « affaires » et des débats qui relèvent davantage de l’éthique personnelle que de la politique…

Pour faire des propositions dans ce domaine, encore eût-il fallu mener de longues réflexions et délibérations. Aujourd’hui, une mesure révolutionnaire consisterait à s’arrêter cinq minutes, de rassembler des gens compétents, pas seulement dans le domaine étatique, mais aussi des sociologues, des théologiens, des psychiatres, de la sécurité privée pour accoucher de préconisations qu’on appliquera enfin. Il faudrait peut-être créer une administration de mission sur la lutte contre le terrorisme. Parce que les rapports d’information parlementaires ont parfois de très bonnes idées mais s’empilent sans déboucher sur quoi que ce soit. Répondre au péril terroriste demande bien sûr un volet sécuritaire mais aussi des propositions éducatives, sociales, économiques, sans quoi on n’y arrivera pas. Sans oublier la gestion des frontières et de l’arrivée de migrants, autant de questions à traiter subtilement. Au fond, là est le seul enjeu de l’élection présidentielle : retrouvera-t-on une pensée stratégique ?


Une France soumise - Les voix du refus

Price: ---

0 used & new available from

France Inter, radio de sévices publics

93
Nagui, Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen, août 2014. SIPA. 00691083_000014

Il me faut commencer ce coup de gueule par une confidence personnelle. Là où j’habite, l’île de La Réunion, aucune radio nationale (ni France Musique, ni France Culture, ni aucune des grandes « radios commerciales ») autre que France Inter, n’est diffusée. Voilà pourquoi, si je veux échapper aux radios locales, lesquelles ne volent pas toujours très haut, je dois me résigner à me brancher de temps à autre sur la radio de « service public ».

Je dois donc accepter d’endurer – mais j’y suis par avance bien préparé – des bulletins d’information, trop souvent biaisés et tendancieux dans leur façon de sélectionner ou de présenter les événements dont ils choisissent de parler, des bulletins toujours orientés dans la même direction idéologique et dont on ne peut pas dire qu’ils soient caractérisés par un quelconque souci d’impartialité et par le plus petit effort d’ouverture en direction des diverses orientations présentes dans le champ politique.

>> A lire aussi: A 8h30, sur France Inter, vous êtes présumé coupable

J’évite généralement les émissions du matin, où règnent, sûrs d’eux, impérieux et souverains, M. Cohen et sa bande, lesquels, dans les différents domaines qu’ils abordent, pontifient et, sans vergogne, imposent leur propre vision des choses. Ceux-là, quand ils reçoivent des représentants du Front national (pendant longtemps ils s’en sont farouchement gardés mais il a bien fallu à la fin que, de temps en temps, ils s’y résignassent !), c’est pour les soumettre à un bombardement acharné de questions venimeuses, toujours les mêmes, inlassablement répétées, afin de leur couper systématiquement la parole et les empêcher de développer clairement et posément leurs positions devant les auditeurs, comme devrait normalement pouvoir le faire tout responsable politique reçu dans une radio. J’évite aussi les émissions se voulant de détente et affichant des prétentions comiques, celle de Nagui, en fin de matinée, et celle de Charline Vanhoenacker, en début de soirée, émissions honteusement colonisées par des humoristes gauchistes plus ou moins abjectes, voire franchement obscènes.

Sur France Inter, l’immigration n’a pas augmenté

Alors que reste-t-il d’audible, de décemment écoutable par un citoyen dans mon genre, un citoyen – je l’avoue humblement – de tendance plutôt réac ? Eh bien, les émissions de l’après-midi. Ainsi chaque fois que je le puis, j’écoute l’admirable « Marche de l’Histoire » de Jean Lebrun, une émission exemplaire pour le respect qu’y manifeste l’animateur envers l’auditeur et envers la personne invitée à échanger avec lui ; j’écoute aussi souvent « La tête au carré », une émission qui propose habituellement des aperçus très intéressants et forts instructifs sur divers aspects de l’actualité scientifique ; j’écoute parfois « Affaires sensibles », quand il advient que le sujet retenu m’intéresse, et j’écoute aussi bien sûr, quand j’en ai l’occasion, l’émission consacrée à la musique classique…

Ce long préambule un peu trop abstrait et général achevé, il est temps de nous tourner vers les faits concrets et précis qui me poussent aujourd’hui à prendre la plume, des faits qui me paraissent tout-à-fait « emblématiques » (comme on aime aujourd’hui à dire) et parfaitement révélateurs du problème. Lundi 27 mars, j’écoute « La tête au carré ». L’invité de ce jour-là, c’est Hervé Le Bras, un démographe immigrationniste, qui avec la complicité de l’animateur et à l’aide d’un discours d’allure scientifique, entreprend de nous persuader que non, il n’y a pas plus d’immigrés venant aujourd’hui s’installer en France qu’il n’y en eut par le passé, par exemple dans les années 30, et que toutes les inquiétudes qu’à ce sujet l’on entend ici ou là s’exprimer ne reposent sur rien de consistant et d’objectivement vérifiable. A écouter notre fier savant, ce ne seraient là que purs fantasmes dont les victimes ne peuvent être que des individus abusés, des personnes mal informées, intellectuellement déficientes et psychologiquement perturbées. Allons donc !

Cet ahurissant numéro d’acrobatie au cours duquel la réalité se voit allègrement escamotée (une réalité dont quiconque visite aujourd’hui les yeux ouverts nos villes et nos banlieues peut aisément faire par lui-même le constat), vise explicitement le FN et sa candidate. L’animateur, lui, laisse l’invité débiter tranquillement ses arguties les plus spécieuses et ses contrevérités les plus flagrantes sans jamais rien lui objecter. Pourquoi n’a-t-il pas songé à inviter une démographe plus sérieuse et plus honnête comme Michèle Tribalat afin que celle-ci puisse donner à son invité la réplique et contrebalancer ainsi un point-de-vue aussi scandaleusement partial et déséquilibré ? Choqué par ce que j’entends, je me dis que je m’en vais écrire au CSA pour lui faire connaître mon indignation et pour lui demander si, au nom de l’équité, des émissions aussi franchement partisanes ne devraient pas être comptabilisées au crédit ou au débit des divers candidats actuellement en compétition électorale…

Guy Bedos, invité donneur (de leçons)

Mercredi 29 mars, après le bulletin d’information de 11h, c’est l’émission de Nagui qui commence. Machinalement, dans un sain réflexe, je m’apprête à tourner le bouton mais, suspendant mon geste pour un instant, j’attends cependant d’apprendre quel va être son invité du jour. Ah, c’est l’abominable Guy Bedos ! Beurk… Alors là, d’un doigt décidé, un peu rageusement, j’éteins mon poste… Pourtant, quelques secondes plus tard, j’en viens à me raviser et me dis : « Tiens, après tout, pourquoi pour une fois ne pas l’écouter ? Cela ne pourrait-il pas être pour toi instructif d’observer jusqu’où une telle émission se permet d’aller ? » et, dans un élan d’abnégation aussi héroïque qu’exceptionnel, je décide alors de rallumer, afin de me permettre d’apprécier, « de auditu », l’étendue du désastre.

Comme prévu, ce fut affreusement éprouvant. Il y a d’abord la personnalité de Bedos, sa prévisibilité, sa phénoménale fatuité, son égocentrisme démesuré, son manque total d’humour, son incapacité à se mettre un seul instant lui-même en question. Sans cesse, il la ramène et se met en avant. Avec son très cher ami Rocard, un « frère » dont la disparition le laisse inconsolable, avec Mélenchon auquel (malgré le caractère quelque peu ombrageux du personnage), chaque fois qu’il est sollicité, il consent à accorder très généreusement son précieux appui, avec ses camarades Belmondo, Rochefort et Marielle qu’il a intimement côtoyés pendant ses études au Conservatoire, avec Brassens, Brel et Barbara qui ont tout de suite reconnu son talent naissant et ont couvé ses premiers pas sur la scène, avec Desproges dont il a su, immédiatement et le premier, détecter l’immense génie et qu’il a ensuite chaudement encouragé à poursuivre dans la voie où plus tard il s’illustrera…

Un homme insupportable, mais que tous, sur le plateau, s’ingénient à flatter d’une façon totalement indécente. Et c’est à qui se montrera à son égard le plus bassement flagorneur… On le loue et le félicite notamment pour avoir arraché à un tribunal ce que l’on devra désormais appeler « la jurisprudence Bedos », une conquête obtenue sur le front juridique dont il est particulièrement fier et pour laquelle il ne se prive pas d’afficher beaucoup de gloriole. Non, désormais, traiter publiquement sur scène comme il l’a fait Mme Morano de « grosse conne », ne constitue pas pour le juge une injure caractérisée. C’est là assurément – accordons-le lui volontiers – pour l’humanité en marche vers toujours plus de lumière et toujours plus de progrès, une avancée décisive ouvrant des voies très prometteuses !

Mais il y a aussi d’autres intervenants, des habitués apparemment, que Nagui, flanqué de sa bande pas si « originale » qu’il veut bien le proclamer, écoute avec gourmandise, en gloussant aux meilleurs moments. Un certain Daniel Morin, donne une imitation bête et méchante de Radio-Courtoisie (rebaptisée sans complexe Radio-facho). On commence par entendre la musique de « Maréchal nous voilà », puis un speaker doté d’une ridicule voix de pimbêche prend la parole et fait l’éloge de « Marie-Françoise, élue patriote frontiste qui, à 67 ans, dans un incroyable élan de chrétienté, se tire encore le lait pour le distribuer gratis aux femmes de sa commune qui, pour leur plus grand malheur, ont la mamelle sèche » avant de s’en prendre à « M. Guy Bédos, fantaisiste pamphlétaire léniniste qui depuis 50 ans salit la France de ses saillies bobos-gauchistes qui n’amusent que les traitres à la nation et les rastaquouères qui l’assiègent… » Il y en a aussi pour Ménard, pour Zemmour, pour Valeurs actuelles… et pour les pastilles Vichy (association particulièrement désopilante !) et, bien sûr, pour« Dame Marine qui bientôt sera présidente de la France »… L’humoriste, ayant fini son numéro parodique plein de finesse, reprend alors sa voix naturelle et conclut d’un ton grave : « Oui, je sais, ça fait peur… Mais, attention les amis, je vous rappelle que la menace frappe à notre porte. »

« Valeurs actuelles, le journal qu’on emporte quand on va aux chiottes »

Puis, c’est au tour d’un dénommé Pierre-Emmanuel Barré de nous livrer le résultat de ses « spirituelles » élucubrations. Qu’on en juge par cet extrait qui devrait séduire nos braves féministes : « Si ma meuf ne veut plus me sucer depuis trois semaines, je ne l’attrape pas par les cheveux pour la forcer. Hein, je me dis, c’est peut-être parce que depuis trois semaines je ne me suis pas lavé la bite. » Ou cet autre : « Nom de Dieu, on a retrouvé 10 ADN différents dans le cul de cet électeur ! Pourtant ils sont 11 candidats ? Oui, mais Mélenchon s’aimait tellement qu’il a préféré s’auto-enculer ! » Je ne me sens pas particulièrement bégueule mais je me pose sérieusement la question : peut-on considérer que ce genre de considérations parfaitement obscènes soit bien à sa place à la radio, surtout dans la journée, à une heure de grande écoute ? Qu’en pense là encore le CSA ?

Un exemple de l’impudence, mais aussi de l’inconscience de ces gens-là. On demande à M. Bedos si, afin d’éviter de se trouver contraint de côtoyer quelqu’un qui lui déplairait, il choisit soigneusement les émissions dont il décide d’accepter l’invitation. Il répond affirmativement mais ajoute aussitôt que, pour ce qui est de l’émission de Nagui, il est bien tranquille car il sait pertinemment ne pas risquer d’y rencontrer Robert Ménard. Si d’ailleurs, ajoute-t-il, une telle chose devait jamais lui arriver, il se retirerait illico. Et Nagui de le rassurer aussitôt : « Mais, mon cher, nous serions alors deux à quitter le studio ! » Qu’est-ce que trahit une telle connivence ? Quel est le postulat implicite, l’évidence sous-jacente, partagée aussi bien par l’inviteur que par l’invité, qui se révèle ainsi à nous ? Cela peut aisément se déduire : nous, c’est-à-dire Nagui, Bedos et les autres personnalités bien-pensantes, nous sommes ici chez nous, pas un Ménard ! Lui et ses semblables, on ne veut pas les voir. D’ailleurs, de fait, les voit-on ? France Inter, pour eux, c’est donc : « Les gauchistes reçoivent les gauchistes » et « Les gauchistes parlent aux gauchistes » ! L’antenne publique que l’Etat leur a confiée, ils l’ont privatisée et, sans vergogne, se la sont appropriée…

Et les auditeurs là-dedans, les citoyens ordinaires, ceux qui paient la taxe et financent la radio de leurs impôts, y sont-ils chez eux, dans cette radio publique ? Ça dépend… S’ils communient avec les valeurs généreuses, progressistes, tolérantes, fraternelles, « antifascistes », que nous prônons, oui, ils sont les bienvenus. Sinon, qu’ils aillent se faire voir ailleurs. Et s’ils se risquent malgré tout à laisser traîner ici leurs sales oreilles mal-pensantes et réactionnaires, tant pis pour eux ! Qu’ils acceptent alors docilement de se voir par nous moqués, piétinés, crachés dessus, traités de tous les noms : abrutis, étroits du bulbe, rétrogrades, coincés, grenouilles de bénitier ou fachos ! C’est tout ce qu’ils méritent.

Je n’écoute jamais l’émission de Mme Vanhoenacker« Si tu écoutes j’annule tout », mais, à deux reprises, en voiture, j’en ai capté un bout au vol et, les deux fois, j’ai pu entendre cette dame mentionner en gloussant,« Valeurs actuelles, le journal qu’on emporte quand on va aux chiottes ». De sa part, ça a donc l’air d’être une plaisanterie récurrente, une pique jugée par elle tellement percutante, tellement spirituelle, tellement irrésistible, qu’elle la ressert à son public le plus souvent possible. Mais, moi, je regrette ; moi, je ne vois pas pourquoi je devrais tolérer que, sur la radio « nationale », l’on traite de cette façon le journal que, chaque semaine, je lis, moi, avec intérêt. Et pourquoi pas à la place, de temps en temps et pour changer, par exemple Libération, L’Obs ou Télérama ?

L’intolérance de ces gens-là, convaincus au plus profond d’eux-mêmes de leur indiscutable supériorité de droit divin sur les citoyens qui n’ont pas l’heur de penser comme eux, d’adhérer docilement à leurs détestations, de se rallier sans discuter à leurs goûts et préférences, de souscrire aveuglément à toutes leurs admirations, est vraiment sidérante. Pour eux, en effet, tous ceux-là ne sont que de vrais demeurés, d’indécrottables crétins, à qui on devrait même ôter le droit de voter, comme Bedos, ce grand démocrate, n’a pas craint de le suggérer chez Nagui !

CSA, te voilà?

Mais tout cela va plus loin que l’intolérance, plus loin que la suffisance béate et l’arrogance tranquille. Ce que bien souvent l’on perçoit à travers leurs propos, c’est plus que du simple mépris, véritablement de la haine. Une haine profonde et bien mal dissimulée. De la part de gens qui font si volontiers étalage de leur antiracisme, qui se réclament d’un humanisme sans frontières et proclament fièrement leur idéal de fraternité universelle, ce qu’ainsi ils manifestent à l’égard de ceux qu’ils appellent les « petits blancs », les « franchouillards », les « beaufs », ceux qui, excédés de voir leur cadre de vie envahi et détruit par la submersion migratoire, donnent leurs voix au Front national, c’est bien une sorte de racisme qui ne dit pas son nom !

Alors, n’y aurait-il pas, se demandera-t-on peut-être, un CSA pour contrôler tout cela, un CSA pour rappeler opportunément à l’ordre une radio qui, loin de respecter tous les Français, choisit d’en flatter certains et d’insulter les autres, un CSA pour dire de temps en temps : « Ça suffit, les gars, décidément vous allez trop loin » ? Il semble que non.

C’est pourquoi le vil mouchard, que je suis, le sycophante sans état d’âme, ne craint pas de demander poliment au CSA quelles sanctions celui-ci entend prendre à l’encontre de tous ces gens qui squattent impunément les ondes et s’y comportent comme s’ils en étaient les légitimes propriétaires. A l’encontre de tous ces gens qui, à l’aube du premier tour de la présidentielle violent aussi allègrement l’équité de traitement dont, sur les ondes nationales, devraient bénéficier tous les candidats.

Quelles sanctions, quels rappels à l’ordre sont envisagés pour ces gens débordant de mépris et de haine qui, au nom de la promotion de la fraternité et du « vivre-ensemble », n’hésitent pas à « discriminer » et « stigmatiser » gravement une part si considérable de leurs concitoyens, des concitoyens qu’à longueur d’antenne ils traitent comme des parias et des moins que rien. Obtiendrai-je une réponse ? Provoquerai-je une réaction ? Je n’en suis, hélas, pas du tout persuadé…

On peut réformer l’Ecole en 3 mois

SIPA. 00735640_000004

Fini de rire. Il faut se décider.

Et je me suis personnellement décidé en fonction des politiques éducatives envisagées par les différents candidats.

« Mais vous êtes donc aveugle aux questions économiques ? Au chômage de masse ? À la dissolution de la nation dans l’européanisation, la mondialisation, le Marché divinisé ? »
« Et les questions de sécurité, alors ? L’immigration sauvage ? Et… »

J’adore la valse des milliards que nous promettent la plupart des candidats. Ils iront les pêcher où, leurs milliards ? Depuis 1973, depuis que Pompidou — un autre ex-employé de la banque Rothschild — a accepté que la France ne puisse faire fonctionner sa planche à billets et s’auto-financer, depuis que nous sommes pieds et poings liés devant les diktats des banques privées, nous n’avons d’argent que si les grands financiers internationaux le décident. « Il suffira d’emprunter ! Nous sommes solvables, à long terme ! »

L’école, sous un certain angle, ça ne coûte rien de la réformer

Pas du tout. Si vous voulez savoir ce qui nous pend au nez, jetez un œil sur ce que Wolfgang Schaüble a fait à la Grèce — le piège dont les mâchoires se referment, ces jours-ci. Ces salopards veulent une Europe à deux vitesses — et nous ne serons pas en tête. Tout comme ils ont fait une école à deux vitesses. L’Ecole du Protocole de Lisbonne avait pour fonction de réduire la nation. Les programmes des européanistes ont pour fonction de l’éliminer.

L’argent, le nerf de la guerre… Ben oui : Hollande a trébuché là-dessus dès son entrée en fonction. C’est pour ça — et uniquement pour ça — que les socialistes se sont lancés dans des réformes sociétales sans impact financier. Parce qu’ils ne pouvaient pas se lancer dans quoi que ce soit d’autre. Le « mariage pour tous », les « rythmes scolaires », la réforme du collège, la loi Travail… Du vent — avec de petites économies en perspective.

Et un bénéfice électoral conforme aux plans de Terra Nova. Faire plaisir aux bobos gays du Marais. Accabler le prolétariat — parce qu’il y a toujours un prolétariat, et même de plus en plus. Faire semblant de s’occuper des pauvres, et des pauvres en esprit — et les accabler dans les faits. Et avec ça ils comptent sur le vote immigré !

Aucun candidat ne pourra opérer d’autres réformes que celles qui ne coûteront rien, ou pas grand-chose.

Par exemple, l’école. L’école, sous un certain angle, ça ne coûte rien de la réformer. Autant en profiter.

Revenir, au moins dans un premier temps, aux programmes de 2008 serait indolore. Les manuels existent, il en est même de bons.

Décider de…

Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli

La fabrique du crétin: La mort programmée de l'école

Price: ---

0 used & new available from


Tableau noir

Price: ---

0 used & new available from

La fusillade sur les Champs-Elysées va-t-elle influencer la présidentielle?

493
daech paris terrorisme presidentielle
Les Champs Elysées bouclés, 20 avril 2017. Sipa. Feature Reference: AP22042931_000004.

(Avec AFP) – A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle française placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d’une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l’auteur a été abattu.

Daech revendique l’attaque

L’Etat islamique a revendiqué cette attaque, au même titre que de nombreux autres attentatsb terroristes perpétrés en France depuis 2015, alors même qu’il est acculé dans son bastion irakien de Mossoul. A Paris, la justice antiterroriste s’est aussitôt saisi de l’enquête, tandis que le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rejoint le président François Hollande pour une réunion de crise. Des policiers ont donc été pris pour cibles par des tirs vers 19 heures sur les très touristiques Champs-Elysées, l’artère la plus célèbre de la capitale française. Un policier a été tué et deux autres blessés, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’agresseur a été « abattu en riposte », a expliqué le ministère.

« L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et à essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière.

Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d’importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Choukri Chouanine, gérant d’un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l’AFP avoir entendu une « fusillade brève » mais avec « beaucoup de tirs ». « On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols », a-t-il ajouté.

Vers une droitisation de l’électorat?

D’une manière générale, la menace djihadiste reste très forte: après une série d’attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l’arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer « une action violente » et « imminente ».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d’un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d’armes et de trois kilos d’explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l’emploi.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le weekend dernier aux services de sécurité des candidats.

La fusillade de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d’une campagne au niveau de suspense inédit.

Alors que quatre candidats sont donnés dans un mouchoir de poche par les instituts de sondage – Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon- à quelques jours d’un premier tour au résultat très incertain, toute la question est de savoir si la menace terroriste influencera l’issue du vote. François Fillon, qui a axé une grande partie de sa campagne des primaires sur le combat « contre le terrorisme islamique » ou Marine Le Pen, qui a jugé évitables les attentats islamistes de ces dernières années, vont-ils en bénéficier électoralement ? Réponse dimanche 23 avril au soir.

Méthode Montessori: la fabrique du crétin libéral

montessori celine alvarez najat vallaud
Ecole Montessori; Céline Alvarez. Sipa. Numéros de reportage : 00770251_000139 et Numéro de reportage : AP21982952_000002.

« Ces profs du public qui cassent les codes. » L’Express publiait le mois dernier un nouvel article élogieux sur la méthode Montessori introduite dans l’Éducation nationale. Sur ce sujet, toujours pas de réflexion critique. Pourquoi ? Cette méthode pédagogique n’aurait semble-t-il que des avantages et contre elle que des enseignants qui « refusent de remettre en question des habitudes bien ancrées » – autrement dit des paresseux réactionnaires. En ferais-je donc partie, moi qui, enseignante en maternelle n’ai délibérément pas cédé aux sirènes montessoriennes ?

La vague montessorienne dans l’Éducation Nationale, renforcée par la publicité offerte par nombre de médias, date essentiellement de l’expérience de Céline Alvarez à Gennevilliers que l’article de L’Express retrace en quelques mots. En 2011, Céline Alvarez devient professeur des écoles avec comme objectif de prouver que la pédagogie Montessori peut être appliquée dans l’Éducation Nationale. Elle obtient, avec la bienveillance du ministère, un poste en maternelle à Gennevilliers et mène son expérience pendant trois ans avant de claquer la porte et de se reconvertir en modèle à suivre/conférencière. Notons qu’elle n’a nullement été suivie par une quelconque commission d’évaluation officielle et impartiale et qu’aucun bilan de son expérience (sur tous les plans : acquis cognitifs, construction de la personnalité de l’enfant, faisabilité budgétaire, concordance avec les programmes, impact sur l’équipe enseignante, satisfaction des attentes de tous les parents, etc.) n’a été établi par le ministère qui, aujourd’hui, la soutient officieusement.

Une méthode très exclusive

Les résultats qu’elle affiche dans ses vidéos sont presque incroyables au niveau des acquis cognitifs (90% des Moyens et 100% des Grands auraient assimilé la lecture, certains atteignant même un niveau CE2 en maths). Résultats, il faut en convenir même si on peut regretter qu’ils n’aient pas subits de contre-expertise, très attractifs pour les parents inquiets de l’avenir de leur progéniture dans un monde où l’accession à un emploi devient de plus en plus problématique.

Seulement voilà, comme le montre parfaitement Céline Alvarez elle-même mais aussi les « maisons d’enfants » (et non « écoles ») appliquant la méthode Montessori, la démarche de la pédagogie jusqu’à présent dominante en école maternelle et la démarche de la méthode Montessori sont totalement exclusives l’une de l’autre. Dans la méthode Montessori, il s’agit fondamentalement de contraindre de facto l’enfant, par l’organisation de la classe et un appauvrissement de son environnement (couleurs qui n’accrochent pas le regard, absence d’affichage, les mêmes ateliers mis à la disposition des élèves de l’entrée à la sortie de la maternelle, etc.), à se tourner spontanément vers les seules activités qui lui sont laissées à disposition en ateliers autonomes. On ne peut donc pas faire du moitié-moitié, moitié méthode « traditionnelle » – pour faire plus simple – moitié méthode Montessori.

>> A lire aussi: L’école de l’amusement, symptôme du moins d’Etat

Si l’on mélange les deux – ce que font apparemment mes collègues que L’Express a visitées dans le XIVe arrondissement de Paris – on perd sur les deux tableaux : l’encadrement magistral indispensable au déroulement des activités collectives perdra de sa consistance aux yeux des enfants d’un côté, et de l’autre les élèves risqueront de s’ennuyer dans les moments où on ne leur laissera que l’accès aux ateliers Montessori qui pâtiront alors de la comparaison avec les activités collectives plus entraînantes.

Cette incompatibilité radicale entre les deux démarches pédagogiques fait que l’enseignant qui, aujourd’hui, décide de faire le choix, encore très minoritaire, de bouleverser sa classe en y appliquant les principes d’aménagement de classe liés à la méthode Montessori prend la grave décision de la vider de ses meubles et du matériel accumulé pendant des années et des années, au risque de la laisser considérablement appauvrie au collègue qui lui succéderait en cas de retraite ou de mutation et qui ne désirera pas forcément y appliquer la méthode Montessori.

D’ailleurs, avant d’aborder le fond des critiques que l’on peut adresser à la pédagogie Montessori, parlons donc du côté bassement matériel – puisqu’il en est question dans l’article de L’Express mais de façon trop superficielle – de la mise en place de la pédagogie Montessori dans une classe de l’Éducation nationale.

Des conditions matérielles exceptionnelles

Céline Alvarez a faussé son expérience au départ. Elle l’a entamée dans des conditions matérielles exceptionnelles :

– la classe qu’on lui a attribuée faisait environ 75m2 : rares sont les classes de cette superficie dans les locaux scolaires.

– elle a reçu un don de l’association Agir pour l’école, association loi 1901 financée par des fonds publics et des partenaires privés tels que Dassault, la fondation Bettencourt, AXA et la fondation Total, d’un montant de 2.000€ pour aménager sa classe : l’indigence dans laquelle se trouvent des classes voulant entamer l’expérience fait que le matériel proposé aux élèves sera incomplet, à moins que les enseignants ou les parents ne mettent la main au porte-monnaie.

– une éducatrice formée à la pédagogie Montessori lui a été attachée en permanence : je me demande comment mes collègues ont fait pour suppléer au fait qu’à Paris il n’y a même pas une ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles, non-formée à la méthode Montessori au demeurant) par classe, sans compter qu’elles ne sont pas en permanence dans les classes et sont chargées de tâches ménagères.

Parlons maintenant du fond des critiques que l’on peut formuler sur la pédagogie Montessori (eh oui, rien n’est parfait) qui feront peut-être comprendre que rejeter cette pédagogie n’est pas forcément signe d’un esprit sclérosé.

Je ne parle ici que d’une classe purement Montessori, c’est-à-dire appliquant ladite méthode sans concession ni mixage pédagogique. Dans une classe réellement Montessori, il n’y a plus – en application de deux principes directeurs que sont la suppression des activités collectives et la suppression de toute distraction risquant de rendre moins attractifs les ateliers autonomes – :

– d’activités sportives collectives

– d’activités artistiques dirigées

– de coin de jeux d’imitation (maison, cuisine, théâtre de marionnettes…)

L’activité sportive est réduite à tenir une balle de ping-pong sur une cuiller en marchant sur une ellipse tracée au sol dans la classe. Plus aucune autre activité sportive collective. Ce qui plonge complètement dans l’incohérence pédagogique les membres de la hiérarchie de l’Éducation nationale qui soutiennent la mise en place de classes Montessori tout en exigeant contradictoirement l’application des programmes officiels de l’École maternelle. On peut d’ailleurs se demander pourquoi la hiérarchie de l’Éducation nationale n’a pas cherché de noises à Céline Alvarez alors qu’elle n’appliquait pas les programmes et qu’elle favorise aujourd’hui sa propagande en faveur de la diffusion de la méthode Montessori en son sein alors que celle-ci s’oppose ouvertement aux programmes que l’Éducation nationale veut que l’on suive scrupuleusement.

Le retour à la normale est-il possible?

Dans la classe de Céline Alvarez, l’activité artistique est réduite à deux postes de travail : dessin avec des feutres et gouache avec des pinceaux. Exit le développement de l’esprit créatif de l’enfant, l’expérimentation de la matière, des supports et des outils. Plus question non plus de proposer collectivement à la classe un thème directeur sur lequel s’appuyer pour faire utiliser supports, outils et techniques.

Les jeux d’imitation, considérés comme beaucoup trop attractifs pour les enfants dans une classe Montessori (lâchez des enfants dans une classe équipée d’un beau coin maison et vous verrez s’ils se dirigent vers les ateliers autonomes) y sont purement et simplement éliminés. Mais pourquoi ont-ils toujours eu leur place en maternelle ? Voyons, que je me rappelle… N’y avait-il pas de très bonnes raisons pédagogiques visant à la socialisation et à la construction de la personnalité de l’enfant ? Mais ceci s’explique quand on constate qu’avec Céline Alvarez, il n’est plus question de psychologie de l’enfant mais de… neurosciences ! Eh oui, Céline Alvarez et ceux qui l’appuient sont des « scientifiques », pas des rigolos comme nous.

Dans le domaine des jeux d’imitation aussi, on peut noter l’ambiguïté de l’Éducation nationale encensant implicitement un abandon qu’elle sanctionne dans une classe « traditionnelle ».

Parlons enfin de deux points secondaires mais non négligeables questionnant l’intérêt de la submersion de l’Éducation nationale par la vague Montessori.

Il y a d’abord l’inquiétude, à mon sens fondée, exprimée par une mère d’élève dans l’article de L’Express : « Arrivera-t-elle à s’intégrer ensuite dans une classe de CP « normale » ? » La question doit être posée puisque l’article précise que les enseignants d’élémentaire ne suivent pas le mouvement et que la quasi-totalité des classes de CP restent donc aujourd’hui non-Montessori. Sans compter qu’un enfant qui aura vécu toute sa scolarité de maternelle sans apprendre les règles du travail collectif et les règles de discipline qui y sont liées aura probablement des difficultés à se fondre dans l’attente disciplinaire de l’enseignant. Comment un enfant qui aura atteint les résultats affichés par Céline Alvarez, à savoir la lecture acquise en fin de maternelle et un niveau de CE2 en mathématiques, pourra-t-il s’intéresser à ce qui se passera en CP ? Voire en CE1? Non seulement ces élèves n’auront pas intégré les règles du travail collectif, mais ils s’ennuieront, perturberont la classe et auxquels on ne pourra pas faire sauter de classe car leurs acquis seront déséquilibrés et inégaux. On me rétorquera qu’il suffit alors d’appliquer le principe de la loi d’orientation de Jospin de 1991 selon lequel on doit prendre chaque élève au niveau où il en est. Mais les praticiens savent bien que ce sont des vues de l’esprit pédagogistes car il est impossible d’établir un cursus différent pour 30 élèves au sein d’une classe.

L’autre inquiétude concerne le risque de stagnation totale des enfants. Selon la méthode Montessori, l’atelier doit être saisi par l’enfant de son propre chef. Certains enfants peuvent donc se satisfaire toute l’année, voire tout au long de leur scolarité en maternelle, de faire la même activité en boucle… Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale, qui avait négligé de suivre avec attention l’expérience de Céline Alvarez, s’en est ensuite emparé et a favorisé les interventions de cette femme dans des conférences organisées par ses soins ?

L’engouement étatique pour Montessori

Peut-être faut-il chercher un début de réponse aux origines de la méthode Montessori et dans ses visées politiques. Elles ont été clairement exposées par Céline Alvarez : il s’agit d’éviter de produire des révoltés en empêchant l’enfant de ressentir de la distance entre lui et son environnement et en faisant du lieu (classe/école/maison d’enfants) un lieu à la disposition de l’enfant. Il s’agit de faire en sorte que l’enfant ne rencontre aucun obstacle, aucune frustration, ne subisse aucun échec qui pourrait être nocif à son épanouissement et le forger dans la confrontation aux autres et aux institutions. La méthode de Madame Montessori, fervente catholique (la seule entorse à ses principes dans ses maisons d’enfants était l’existence de cours de catéchisme très traditionnels), convenait tellement au système en place qu’elle fut soutenue et financée par Benito Mussolini.

Cette méthode donne l’illusion à l’enfant que la société est harmonieuse et à son service afin qu’il ne développe aucun esprit critique à l’encontre de ses défauts et dysfonctionnements. La société serait si bonne et si peu critiquable que se retourner contre elle ne pourrait être produit que par un défaut dans l’éducation de l’enfant. C’est probablement dans cette vérité sur le fondement de la méthode Montessori qu’il faut chercher l’une des raisons de l’engouement étatique à son égard.

L’objectif de l’école de la République, construire le citoyen et son esprit critique, disparaît. Chaque enfant est seul face à l’activité qui doit lui permettre d’acquérir des connaissances et des savoir-faire. On est dans un registre purement cognitif et individuel. Les relations avec les autres n’existent que dans la démonstration silencieuse de la maîtresse dont la place cesse d’être centrale dans le groupe-classe, personnage dont le rôle se confond avec celui de l’autre adulte intervenant, voire avec celui de l’enfant plus grand qui assumera à son tour la démonstration silencieuse. Il n’y a plus d’autre règle sociale que le respect des conditions de travail individuelles des autres enfants. Le groupe classe cesse d’être une société régie par des règles.

La diffusion de la méthode Montessori convient donc parfaitement à l’État libéral. Elle signifie l’abandon de la suprématie des programmes unificateurs et contribue à l’éclatement de l’Éducation nationale. D’abord par la municipalisation (vers laquelle la réforme des rythmes scolaires a été un pas important), puis, in fine, par la privatisation. Cette dernière tendance annonce tout autant des économies budgétaires que l’ouverture d’un marché prometteur.

Les Lois naturelles de l'enfant

Price: ---

0 used & new available from


La fabrique du crétin: La mort programmée de l'école

Price: ---

0 used & new available from

La « déradicalisation » des islamistes ne marche pas? Tant mieux!

74
Manuel Valls visite le centre de déradicalisation de Pontourny, octobre 2016. SIPA. 00777888_000020

Ah, les stages de « déradicalisation »… Une invention lumineuse ! Sortie tout droit des cerveaux du gouvernement Hollande après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Le but de ces « centres de prévention, d’insertion et de citoyenneté » (CPIC) : faire renoncer à leurs convictions les jeunes musulmans ayant adhéré aux idées fondamentalistes et susceptibles de commettre des actes terroristes, voire en ayant commis.

Mais bizarrement, ces stages ont mal tourné. Fondés sur le volontariat (encore heureux !), ils ont abouti à toutes sortes de déconvenues : locaux saccagés, violences des stagiaires, formateurs tournés en dérision, désertions. Ces déconvenues ont fait l’objet d’un rapport de deux sénatrices, Esther Benbassa et Catherine Troendlé, qui pointent l’amateurisme des associations agréées par le ministère pour mettre en place lesdites « cellules de déradicalisation ». Comment n’y aurait-il pas eu amateurisme puisqu’il n’avait pas de précédent en la matière ?

« Djihad Academy »…

Le centre de Pontourny (Indre-et Loire) avait été mal accueilli par le voisinage qui y avait vu une « Djihad Academy » : on peut en effet se demander si réunir des radicaux est bien le meilleur moyen de les déradicaliser. Ils l’ont été si bien qu’au bout de quelques jours, tous se sont envolés. Les « formateurs » (comment faut-il les appeler ?) sont piteusement restés seuls.

A Aulnay-sous-Bois, la fondatrice d’un centre a trouvé cette solitude bien confortable : elle vient d’être condamnée à quatre mois de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics, blanchiment et travail clandestin. Elle aurait gardé pour elle 60 000 € de subventions.

Désemparé mais sommé, comme toujours après des attentats, de « faire quelque chose », c‘est à dire n’importe quoi, par l’opinion, le gouvernement a lancé cette expérience. Y déverser, sans compter, l’argent public pouvait lui donner l’illusion de l’efficacité, ce qui ne pouvait manquer d’attirer des aigrefins.

… ou Orange mécanique 

Mais par-delà ces péripéties, comment les grands humanistes qui ont inventé un tel concept n’ont-ils pas vu son côté « Orange mécanique ». Dans le célèbre film de Stanley Kubrick, la police tente de guérir des délinquants à coups de chocs électriques.


Orange Mécanique – scène lavage de cerveau… par luceballantine

Tout cela repose sur une vision scientiste et déterministe de l’homme dont on pense que même les convictions peuvent être modifiées par des méthodes adéquates.

Mêmes si nos centres sont plus confortables que le goulag ou le laogai, ils ne font pas moins penser, au moins dans le principe, aux techniques de lavage de cerveau dont ont usé les communistes soviétiques et  chinois.

Les convictions des djihadistes sont sans doute perverses mais ce sont des convictions, religieuses qui plus est, et par là, sortant du champ du déterminisme.

Une politique naturelle consiste à respecter leur liberté. Si leurs convictions les conduisent à commettre des actes délictueux voire criminels, on doit regarder l’acte, pas les convictions. La justice doit les punir, et bien sûr très sévèrement,  mais pas faire joujou avec leur âme. Le châtiment est le corollaire de la liberté.

Si on traite les fanatiques comme des malades susceptibles d’une thérapie, comment s’étonner que, leur liberté niée, ils ne se rebiffent ? Pour le pire généralement.




Faut-il réduire le nombre de fonctionnaires?

45

 

Guichets de La Poste à Paris, 2010. SIPA. 00606112_000019

Certains candidats à la présidence de la République mettent l’accent, dans leurs programmes, sur la réduction du nombre des fonctionnaires. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle, car le mot « fonctionnaire » a deux significations distinctes :

– au sens strict, il s’agit d’un agent titularisé, dont la situation n’est pas régie par un contrat de travail et, le cas échéant, une convention collective, mais par la loi et le règlement.

– au sens large, ce mot est employé pour désigner tout agent employé par certaines administrations publiques, principalement l’État, les collectivités territoriales, et les hôpitaux publics, qu’il soit titulaire ou sous contrat. Bien que la Sécurité sociale soit une administration publique, ses salariés (tous de droit privé) ne sont pas considérés comme des fonctionnaires au sens large du terme.


Le Grand Débat : La grosse punchline de Benoît… par nonstopzappingofficiel

De telles subtilités compliquent évidemment la tâche de ceux qui ont à s’exprimer sur la façon de gérer le personnel des administrations publiques. Rien n’est simple, et les chiffres sont ambigus puisque le mot utilisé pour désigner telle ou telle catégorie a souvent plusieurs significations, les unes plus larges, les autres moins.

>> A lire aussi: Fonction publique territoriale: coûteuse et non démocratique

La titularisation, actée par une autorité ad hoc, crée un ensemble de droits et d’obligations statutaires. En particulier, quand un poste est supprimé, l’administration doit trouver au fonctionnaire titulaire qui l’occupait un emploi correspondant à son grade.

Une forme de réduction du nombre des fonctionnaires (au sens strict) consiste à titulariser une plus faible proportion des agents des administrations. Ce n’est pas la même chose que de recruter au total moins de personnel pour lesdites administrations, même si les deux types de réduction peuvent évidemment se combiner. Les candidats font des déclarations à l’emporte-pièce qui ne tiennent pas compte de ces subtilités, mais celui d’entre eux qui s’installera rue du Faubourg-Saint-Honoré devra bien s’en préoccuper.

Quels reproches peut-on faire au statut de fonctionnaire titulaire ?

Les textes prévoient toutes sortes de dispositions généreuses, comme une augmentation du traitement à l’ancienneté constituant un minimum en-deçà duquel les services du personnel ne peuvent pas descendre, même si le travail effectué est plutôt médiocre. Mais certaines conventions collectives comportent elles aussi des « gentillesses » quelque peu excessives. Le licenciement pour insuffisance professionnelle est prévu par les textes. La révocation, sanction disciplinaire prise à la suite d’une faute grave, l’est également. Si la loi et le règlement étaient appliqués avec une certaine rigueur, il est probable que les chefs de services, les directeurs, et au sommet de la pyramide les ministres pourraient, presque comme dans le secteur privé, renvoyer une bonne partie des « canards boiteux » dont le travail est quantitativement ou qualitativement très insuffisant.

Le hic est que cela ne se fait pas. La possibilité donnée aux fonctionnaires titulaires de « se la couler douce » est davantage une question de mentalité collective que de dispositions juridiques. Et si l’on compare la façon dont les choses se passent dans les services de l’État, à la SNCF et à la Sécurité sociale, on constate que la mentalité collective, confortée par des syndicats puissants, aboutit à des résultats voisins en dépit du fait que, dans les deux derniers cas, il ne s’agit pas de fonctionnaires stricto sensu – ni même lato sensu à la SNCF.

Autrement dit, si le statut de la fonction publique facilite le maintien en poste d’agents qui ne font pas un travail satisfaisant, il ne suffirait pas de le supprimer pour améliorer la qualité des services rendus et la productivité.

Embaucher désormais surtout dans le cadre du droit du travail ordinaire serait certes une bonne chose, mais pour donner à nos administrations un allant suffisant pour faire nettement mieux avec un nombre d’agents inférieur il faudrait en sus, et surtout, que les ministres, les maires, les présidents des Conseils départementaux et régionaux, se comportent en chefs d’entreprise, et impulsent le souci de l’efficacité aux cadres qui, sous leur responsabilité, doivent diriger et motiver le personnel.

La bureaucratie, mère du gaspillage

La contrainte budgétaire existe déjà dans les services publics, et quasiment tous les chefs de service estiment leurs dotations dramatiquement insuffisantes. Mais ils mesurent cette insuffisance dans un cadre donné, considéré comme inamovible : par exemple, modifier la loi et le règlement pour simplifier le travail et améliorer son efficacité n’est presque jamais sérieusement envisagé. Les policiers, entre autres, ont beau expliquer qu’en simplifiant les procédures ils pourraient consacrer davantage de temps à courir après criminels et délinquants, la contrainte institutionnelle et bureaucratique est rarement assouplie. Bien entendu, constatant la difficulté qui existe à ce niveau, les fonctionnaires soucieux de la qualité du service public demandent en compensation de desserrer la contrainte budgétaire. C’est comme cela que l’on en arrive à demander trop au contribuable par rapport à ce qui est apporté au citoyen.

Une expérience, menée par Alain Madelin quand il était à Bercy, éclaire ce problème. Le ministre avait remarqué l’agacement de ses chefs de service obligés de passer par des procédures très lourdes pour tout achat de matériel et de fournitures. Il avait mené une petite enquête, sur le thème suivant : « de combien accepteriez-vous que soit réduit ce poste budgétaire si la liberté vous était donnée de commander directement et sans formalité ce dont vous avez besoin ? » Les réponses tournaient autour de 20 %. Autrement dit, si ces hauts fonctionnaires cherchaient à disposer de toujours plus de crédits d’approvisionnement, c’était parce qu’ils étaient prisonniers d’un carcan réglementaire : ils commandaient à l’avance, par le canal des appels d’offre, bien plus de matériel et de fournitures qu’il ne leur en fallait, de façon à éviter de se trouver « coincés » un jour par l’impossibilité réglementaire de remplacer du jour au lendemain la photocopieuse ou l’ordinateur ayant trépassé.

Ce petit exemple est révélateur d’une réalité bien plus générale : il serait possible de réaliser des économies substantielles en offrant aux services plus de liberté grâce à un élagage de la réglementation étouffante à laquelle ils sont soumis. Actuellement, l’argent des contribuables est gaspillé pour compenser la contrainte bureaucratique et la complexité abusive qui pèsent sur les administrations publiques. On peut dépenser moins à condition de ne pas s’encombrer de fatras procéduraux.

Il en va de même pour les embauches : quand le besoin d’une personne supplémentaire se fait sentir, on ignore si c’est pour 2 ans, pour 10 ans, ou indéfiniment. Mais comme le recrutement dans un corps bien déterminé est effectué pour une période allant jusqu’à la retraite, le risque est grand de se retrouver un jour avec quelqu’un dont l’administration n’a plus l’usage. La reconversion à l’intérieur de la fonction publique n’est pas inexistante, mais elle reste trop rare. La solution actuellement trop souvent utilisée consiste à mettre sur une voie de garage la personne devenue peu utile, et à effectuer un nouveau recrutement. Voilà clairement une mauvaise habitude.

Autonomie de gestion et concurrence

La concurrence est un stimulant dont les organisateurs de nos services publics ne se servent pas assez. Au sein de l’Éducation nationale, par exemple, de multiples établissements font sensiblement le même travail, et se trouvent potentiellement en situation de concurrence. Pourquoi ne pas rendre effective cette potentialité ? Le recours au ticket scolaire, dans le cadre d’une plus grande autonomie de gestion, pourrait dynamiser les performances, aboutir à de meilleurs résultats éducatifs. Dès lors que chaque établissement serait maître de ses recrutements et de ses méthodes pédagogiques, et responsable de son budget (avec le ticket scolaire, attirer peu d’élèves signifie avoir un maigre budget), les mentalités évolueraient rapidement. Il y aurait, à nombre d’élèves donné, moins d’enseignants et de personnel administratif, mais ils seraient plus motivés et plus productifs.

Ce sont des évolutions ou révolutions de ce genre qui peuvent donner à la France une administration plus efficace. Diminuer le nombre des fonctionnaires ne doit pas être un objectif, mais une conséquence du renouveau de nos services publics, dotés d’une meilleure gouvernance.

Mélenchon: la patrie mais pas trop

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, avril 2017. SIPA. 00802567_000058

Sa métamorphose en a désarçonné plus d’un. En cinq ans, Jean-Luc Mélenchon a troqué les fanions rouges du Front de gauche contre les drapeaux tricolores de La France insoumise. Si bien qu’à la gauche de la gauche, certains pointent la prétendue dérive nationaliste de celui qui se revendique désormais « candidat du peuple » (quelle horreur !).

« Faire France de tout bois »

On comprend leur désarroi. Au Mélenchon alterophile décrétant en 2012 sur la Canebière que « notre chance, c’est le métissage » avant de louanger les « Arabes et Berbères» ayant importé « la science, les mathématiques ou la médecine » sur le Vieux Continent, a succédé un bretteur populiste bien plus circonspect. Au terme du quinquennat Hollande, Jean-Luc Mélenchon s’est émancipé de ses très mondialistes alliés du PCF, intégrant au passage la demande populaire de frontières. Son livre-programme, Le Choix de l’insoumission (Le Seuil, 2016), développe sa vision de l’immigration : « Si on ne veut pas que les gens viennent, il vaut mieux qu’ils ne partent pas […] Donc éteignons l’une après l’autre les causes de leur départ. Elles sont très simples, c’est la guerre et la misère. Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire ? Les rejeter à la mer ? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. »


Premier débat de la présidentielle : Mélenchon… par Lopinionfr

>> A lire aussi: Souverainiste, je voterai Mélenchon – Une tribune de Jérôme Maucourant

Et l’insoumis d’enfoncer le clou devant les ouvriers de Florange en janvier dernier, se déclarant favorable à la « régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». Protectionniste et antilibéral, Jean-Luc Mélenchon n’en reste pas moins partisan d’une « république universelle » multipliant les droits-créances. Son programme entend de surcroît « faire France de tout bois » par la généralisation du droit du sol et des naturalisations, le tout au nom d’une[access capability= »lire_inedits »] politique de lutte contre les discriminations on ne peut plus consensuelle à bâbord.

Un surmoi antiraciste

Certaines de ses déclarations ont pourtant choqué jusque dans ses propres rangs. Notamment à l’automne, lors de la navrante polémique autour du « Nos ancêtres les gaulois » qu’avait lâché Nicolas Sarkozy. À la différence d’un Juppé, Mélenchon ne s’est pas dressé sur ses ergots : « Je ne veux pas d’une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution ! À partir du moment où l’on est français, on adopte le récit national » dont 1789 constituerait « le moment fondateur », arguait-il sur C8.

Mais gare à ne pas désespérer Clémentine Autain. Aussi, au lendemain des attentats du Bataclan, le futur candidat tweetait : « La France est multiculturelle, et encore heureux. Ce que nous avons en commun, c’est la loi. »

On ne saurait mieux résumer les « pudeurs de gazelle [sic] » qui étreignent Mélenchon dès lors qu’une certaine religion entre dans le débat. Son surmoi antiraciste le fait alors sombrer tantôt dans l’irénisme, tantôt dans le relativisme – ainsi compare-t-il les islamistes aux catholiques anti-IVG, non sans fustiger « tous les communautarismes » à commencer par le Crif…

Citoyen Jean-Luc, encore un effort pour être vraiment patriote – comme les soldats de l’an II !

[/access]

Le choix de l'insoumission

Price: ---

0 used & new available from

« Macron ne propose pas une vision nouvelle de la politique »

emmanuel macron francois bert chefs
Emmanuel Macron, meeting de Bercy, avril 2017. Sipa. Numéro de reportage : AP22041294_000017.


Retrouvez la première partie de l’entretien ici.

Daoud Boughezala. D’après votre typologie, les « petits » candidats à la présidentielle tels que Dupont-Aignan, Lassalle, Asselineau, Cheminade, Arthaud et Poutou sont-ils des « prophètes » arc-boutés sur leur idéologie ?

François Bert. L’analyse des débats télévisés nous donne une première image de ce que révèle leur personnalité : il y a ceux qui par l’outrance, le caractère décalé ou la preuve appuyée de leur bonne foi cherchent à susciter l’affection (ce sont nos « prêtres » : Poutou, Lassalle, Dupont-Aignan) et il y a ceux qui par verrouillage idéologique ou besoin de nous donner la preuve de leur savoir cherche à attirer notre attention sur leur connaissance ou leurs idées (ce sont nos «prophètes » : Arthaud, Cheminade, Asselineau).


« Je suis en colère »: le « moi président » des… par LEXPRESS

Vous appelez à un renouvellement des élites politiques à partir de la société civile. A première vue, vous rejoignez le discours d’Emmanuel Macron. Pourquoi n’adhérez-vous pas à sa démarche ?

Le premier mouvement d’Emmanuel Macron était positif : chercher dans le « hors-parti » la réalité du potentiel français. Nous le savons désormais, Emmanuel Macron est à de multiples points de vue le candidat téléguidé par le système. Sans aller jusque-là, nous avions néanmoins déjà des éléments susceptibles de nous montrer que sa démarche ne pourrait pas aller dans le bon sens. D’une part parce qu’un chef, s’il sait en effet qu’il ne peut rien sans ses troupes et n’a de cesse de créer les conditions pour lever leur talent, passe ce-faisant son temps à élaborer sa vision. Il donne des directions, tranche, conduit l’action. Déléguer ne veut pas dire subir. Emmanuel Macron en est à lire le discours qu’on lui a soumis sans le comprendre… D’autre part il n’a pas fait porter sa campagne, comme nous aurions pu l’espérer, sur l’émergence des bonnes personnes et la construction d’une équipe opérationnelle, « prête à faire » : il a généré une énième manœuvre électorale dilatoire, consistant à aller chercher d’autres viviers de voix sur la base d’un gloubi-boulga de convictions. Il a au final su rassembler autour de lui tous les vieux dinosaures est aventureux des partis existants. Emmanuel Macron est ce qu’on appelle en musique un « arrangeur », ce professionnel de la réverbération qui plait tant aux médias : ni compositeur d’une vision nouvelle, ni chef d’orchestre capable de piloter avec autorité l’action collective actuelle et à venir.

Attendez-vous l’homme providentiel comme d’autres le Messie?

Ma démarche est tout sauf celle-là et je cite, pour l’appuyer, l’exemple historique de la guerre de Vendée. Les « chouans » (Bretagne, Mayenne et Normandie essentiellement) prolongeront dans d’autres départements l’action de la Vendée, avec des modes opératoires différents. La guerre de Vendée est un bel exemple d’une désignation par temps de crise d’un très riche panel de chefs naturels que contient un peuple. Les paysans vendéens ne se sont pas tournés vers les orateurs ou autres « grandes gueules » du moment : ils sont allés chercher ceux dont ils savaient qu’ils pourraient les conduire à bon port. Ces hommes-là, nobles (Charette, La Roquejaquelein, Lescure, Bonchamps…) ou roturiers (Cathelineau, Stofflet…) étaient plutôt des introvertis, connus pour leur sagesse, leur courage et pour certains seulement, la connaissance des armes. Cathelineau, pourtant le plus modeste d’entre eux (il était voiturier colporteur) fut leur premier généralissime. Aucun ne s’est mis en avant, tous ont attendu que l’évidence de l’événement et l’insistance des paysans les poussent à accepter de prendre la tête du groupe. Napoléon a qualifié la Vendée de « peuple de géants ».

Au croisement de la psychologie et de la sociologie des organisations, vous avez inventé une méthode d’analyse singulière. Quelle est-elle ?

J’appelle ma démarche « ostéopathie des organisations ». L’ostéopathie se distingue de la médecine traditionnelle en ce qu’elle va à la source des choses pour comprendre les causes, a une vision globale (holistique) des problèmes et privilégie le placement juste à l’interventionnisme. Mon approche n’est bien sûr pas médicale mais elle s’inspire du parti pris de l’ostéopathie pour aborder les problèmes en entreprise.

Il y en France beaucoup de « conseils en organisation » qui sont capables de proposer les bons organigrammes sans pour autant savoir vérifier si les bonnes personnes sont aux bons endroits. Nous avons de l’autre côté beaucoup de coachs capables de veiller au développement des personnes sans être capables de vérifier s’ils sont employés de la bonne façon. Ma démarche est de croiser les deux approches : en diagnostiquant les dimensions innées de la personnalité je suis capable de voir où les choses bloquent dans le fonctionnement d’une entreprise et de permettre l’adéquation muscles (personnalité)/squelette (organigrammes).

Cette approche permet d’apporter ce qui manque souvent le plus aux entreprises : la durée.

Votre grille d’analyse peut s’appliquer au monde de l’entreprise. En France, ce grand pays cartésien où tout commence par des idées, sait-on recruter des chefs ?

Nous sélectionnons aujourd’hui les gens soit sur la base de leur CV, et donc de leur connaissances et expériences accumulées, soit sur la base de l’ « auto-vente » de l’entretien de recrutement. Cela est très nettement insuffisant quand il s’agit de recruter des chefs. Tout au plus certains process de recrutement intègrent-ils des études de cas avec production d’une réponse écrite. Je ne crois pas qu’un chef de guerre pris en embuscade soit appelé à rendre un mémoire universitaire. Il décide, vite, imparfaitement, mais avec la présence d’esprit et la capacité à donner des ordres, étape après étape, pour que l’ensemble de l’équipe soit sortie d’affaire.

>> A lire aussi: Emmanuel Macron, la France n’est pas un open space – Par Alain Finkielkraut

Mon sujet a donc été depuis le départ de créer des mises en situation qui me permette non pas d’obtenir des réponses écrites, mais d’observer le comportement. Après plus de 600 personnes auditées, je constate que les personnalités se dégagent d’évidence à l’occasion des séquences pratiques que je leur demande de vivre. Il y aurait un livre à écrire sur la manière dont certains esprits brillants sont incapables d’aborder les bousculements que je leur soumets.

C’est donc aussi en entreprise que l’ «erreur de casting » est la cause fréquente des difficultés et fiascos à répétition. La réalité nous ramène toujours à elle et elle a pour chacun de nous, prêtre prophète ou roi ce mot ancien : « Deviens ce que tu es » !

Waleed Al-Husseini: « Face à l’islamisme, le silence des musulmans devient complice »

126
Waleed Al-Husseini. Image: France 3.

Waleed Al-Husseini[1. Waleed Al-Husseini est essayiste et fondateur du Conseil des ex musulmans de France.] ne s’est pas fait prier pour accepter cet entretien. Pour avoir fortement mis en doute les vérités sacrées de l’islam, ce soldat de la laïcité et de la défense des Droits de l’homme a passé pas moins de 10 mois dans les geôles de Cisjordanie, un cauchemar qu’il a raconté dans le poignant Blasphémateur ! Les prisons d’Allah (Grasset, janvier 2015). Il revient aujourd’hui avec Une trahison française (Editions Ring), excellent réquisitoire contre les partisans du dogme islamiste et ses collaborateurs parmi nos élites, ici en France. A seulement 28 ans, Waleed Al-Husseini est l’un de ces libres penseurs de culture musulmane que l’on soutient trop mollement. Rencontre avec un jeune homme courageux.

Alexis Brunet. On ne sort pas rassuré de la lecture de votre livre. Le processus d’islamisation de la France que vous décrivez a-t-il déjà atteint un point de non-retour ?

Waleed Al-Husseini. Oui. L’islamisation est plus forte qu’avant. Peut-être que nous pouvons la limiter, la rendre moins violente que ce que nous voyons maintenant. Mais dans la mesure où c’est un réseau mondial, ils vont utiliser les médias comme ils le font déjà. Voyez l’affaire du burkini l’été dernier. Les médias comme Al-Jazeera n’ont parlé que de ça, en disant que c’était horrible, etc. Pendant ce temps, on a très peu parlé des noirs assassinés par la police aux Etats-Unis et de la répression menée par l’AKP en Turquie, par exemple.

Vous dénoncez la naïveté, et même la collaboration de nos élites, surtout à gauche. Pourquoi êtes-vous si sévère avec la gauche ?

Parce que quand la gauche parle de laïcité, elle ne parle que de la laïcité pour les chrétiens. On peut se moquer de Jésus ou le blasphémer tout le temps, mais on ne peut pas faire pareil pour Mohammed (Mahomet) : les médias se l’interdisent au nom de la paix dans la société et du « vivre-ensemble ». Ils disent qu’ils ne veulent pas plaisanter sur l’islam pour ne pas passer pour des racistes. Mais en agissant ainsi, ils se montrent même plus racistes, car ils considèrent les musulmans comme des citoyens de seconde zone et non plus comme des Français. La gauche est censée militer pour la Révolution française et des valeurs modernes, pourquoi, quand il s’agit des musulmans, décide-t-elle de laisser ces valeurs de côté ?

Comme lorsque la Ligue des Droits de l’homme n’a pas soutenu la lecture spectacle du livre posthume de Charb à l’université de Lille…

Oui exactement. C’est à peine croyable. Pourquoi ?

La cécité de certains est telle que des militants de gauche ont été, comble de l’aveuglement, jusqu’à douter de la véracité de votre incarcération en Palestine !

Oui. Juste après les attentats de Charlie-Hebdo et la sortie de mon premier livre, des militants de gauches ont accusé Grasset d’être sioniste. Comme je suis Palestinien, j’étais forcément un menteur, j’avais inventé toute mon incarcération pour écrire un livre. Alors que Le Monde avait fait un article sur mon arrestation à l’époque ! Ils m’ont dit qu’ils ne croyaient de toute façon pas aux médias… Même aujourd’hui, de nombreux militants de gauche m’accusent de vouloir défendre la laïcité en France au détriment de la cause palestinienne et refusent la hiérarchisation des priorités. Ils m’accusent à tort d’être manipulé par Israël et refusent de voir la véritable manipulation de la cause palestinienne par les islamistes.

Ceci étant, sous Sarkozy ce n’était pas mieux : le communautarisme s’est développé…

Oui, je suis d’accord. On parle beaucoup du communautarisme en France parce que ce pays a une façade laïque. C’est pire en Angleterre mais la France est en train de se transformer en morceaux avec d’un côté les musulmans, de l’autre les Chinois, etc. A Saint-Denis, pendant le Ramadan, beaucoup de magasins sont fermés. A Sevran on a vu qu’un café était interdit aux femmes. Ce sont des valeurs du Moyen-Âge qui vont à l’encontre des valeurs de la société française.

Ce communautarisme musulman, Nicolas Sarkozy l’a organisé. Il a institutionnalisé l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il a cru pouvoir faire comme Napoléon avec les Juifs, faire une organisation qui représenterait les musulmans. Mais ça ne peut pas marcher avec les musulmans car eux même ne peuvent concevoir l’existence d’une telle institution. Pour le dogme musulman, la Charia est supérieure aux lois terrestres. Mais cette complaisance de la classe politique avec l’islam remonte aux années 1970. Doit-on rappeler la concurrence que menaient alors le PS et le PCF pour séduire l’Algérie, à la veille des élections législatives de 1978, de la présidentielle de 1981 et des suivantes ? Même aujourd’hui, le passage à Alger, avec tout ce que cela implique, est une étape obligatoire aux présidentiables, surtout de gauche : François Hollande en 2012, Emmanuel Macron aujourd’hui…

>> A lire aussi: Zones de non-France: une contre-société islamiste menace la République – Par Elisabeth Lévy

Vous dites dans votre livre que dans l’état actuel des choses, le « vivre-ensemble » est utopique. Mais n’est-ce pas une priorité que de souhaiter préserver une certaine harmonie entre ce que l’on nomme maintenant les différentes communautés ?

Pour les islamistes, le « vivre-ensemble » n’est même pas concevable : pour eux, l’idéal ce n’est pas le monde moderne mais l’Etat islamique. Ils utilisent le « vivre-ensemble » pour instaurer à nouveau les valeurs de l’Islam du temps de Mohammed.

Vous racontez qu’en arrivant en France, vous avez découvert l’expression « musulman modéré », que vous n’aviez jamais entendue en Cisjordanie…

Evidemment. Cela n’existe pas. Là-bas, nous sommes tous musulmans. C’est un terme utilisé pour mieux faire accepter les musulmans. Mais c’est un terme qui n’est même pas accepté par tous les musulmans. Un musulman « modéré », cela signifie pour beaucoup de musulmans qu’il y a quelque chose qui ne colle pas dans leur conception de l’islam.

Jusqu’à il y a peu, néanmoins, il y avait peu de revendications islamistes en France. Et encore maintenant, la majorité (silencieuse) des musulmans ne fait pas de réclamations. N’est-il pas crucial de différencier les musulmans de l’islamisme ?

Il y a évidemment une différence entre les musulmans et l’islam radical. L’islam radical, c’est comme ce que fait Daech. Mais bien que tous les musulmans n’adhérent pas à cela, ils ne manifestent pas contre et leur silence devient complice. Quand je juge l’islam, je le juge par rapport à ses racines, le Coran. Il y a maintenant une différence entre l’islam et les musulmans. Mais l’islam fondamentaliste, pour moi c’est l’islamisme. Quiconque est contre les valeurs modernes comme les droits des femmes, qui réclame ou tolère la polygamie et qui condamne le blasphème est pour moi fondamentaliste. Ceux concernés diront que le fondamentaliste, c’est celui qui tue des gens. Mais pour moi non. Le fondamentalisme n’a pas besoin de tels actes pour exister. Il peut exister simplement dans les esprits.

Lors de la « Manif pour tous », des mouvements catholiques traditionnalistes se sont immiscés dans le débat politique. La résurgence du religieux dans le débat politique ne semble pas être de l’apanage de l’islam…

Il y a un retour du religieux en général, c’est vrai. Mais pour beaucoup, ce « retour aux sources » est une réaction normale à ce qu’ils considèrent comme une agression venant de l’islamisme. Lors des débats autour de la « théorie du genre », le catholicisme, comme le judaïsme ou l’islam étaient contre. Dans le cas des musulmans, qui est ce que je connais le mieux pour en parler, la religion devient une identité. Et ça ne va pas en s’améliorant. Je pense que les personnes réellement laïques représentent une minorité en France. Les trois grandes religions sont contre nous. Maintenant, les problèmes de violence dans le monde viennent de l’islam. Ceux qui disent que toutes les religions ont fait ça avant ne font qu’aggraver le problème, car ils donnent des excuses aux islamistes.

Vous évoquez le « sommeil dogmatique » de Kant pour désigner la possible capitulation de la majorité face au totalitarisme islamiste. Le peuple français vous donne-t-il l’impression d’être dans cet état d’esprit ?

Cela existe au sein des musulmans de France en tous cas. Les gens qui m’ont attaqué et  insulté ne sont pas des islamistes mais des gens normaux. Ils ne savent même pas pourquoi ils considèrent avoir raison. Ils estiment que le port du hijab est une bonne chose sans même savoir sa signification. Ils n’obéissent qu’à des dogmes.

Justement, pourquoi les tentatives de réforme de l’islam échouent-t-elles toutes actuellement ?

Parce que les responsables musulmans n’ont jamais pris le problème à sa racine : ils n’ont jamais osé toucher au Coran. C’est pour ça que ça n’a marché nulle part. Cela n’a pas marché en Turquie du temps de Mustafa Kemal (Atatürk). Ce dernier a juste mis en place une loi sur la laïcité. Et quand il est mort la Turquie s’est islamisée. Si on ne se penche pas sur le Coran, ça ne peut pas marcher. Même ici, après les attentats, il  y a toujours des Français qui nous disent que l’islam est une religion d’amour et qui illustrent leur affirmation par une citation du Coran. Mais ils ne nous donnent pas la deuxième partie de la même citation, qui est souvent belliqueuse. Sans toucher un mot du Coran on n’y arrivera jamais.

Il y a pourtant eu une période d’ouverture importante au IXème siècle, que vous évoquez dans votre ouvrage, grâce aux Abbassides et aux Mu’tazila, notamment en Irak. Pouvez-vous nous en dire un peu à ce sujet ?

Oui. Le mutazilisme était au début un groupe secret, qui a refusé de considérer le Coran comme éternel mais comme créé. Ils ont combiné la foi avec le rationalisme. Avec le temps, il est devenu la croyance officielle de plusieurs califats, notamment celui des Abbassides. Pendant 300 ans, les arabo-musulmans s’intéressèrent à la philosophie et à la science. Ils ont découvert la chimie. Ils se sont intéressés à l’astronomie. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup d’étoiles ont des noms d’origine arabes. La seule fois où l’islam a eu sa révolution des Lumières, ça a été à cette époque. Et depuis il n’y a rien eu. Nous sommes retournés à l’époque précédente et nous y sommes encore.

Blasphémateur ! Les prisons d'Allah

Price: ---

0 used & new available from


« Contre le terrorisme, l’Etat n’a pas de pensée stratégique »

84
eric delbecque daech terrorisme
Champs Elysées. Sipa. Numéro de reportage : 00803153_000022.
eric delbecque daech terrorisme
Champs Elysées. Sipa. Numéro de reportage : 00803153_000022.

Daoud Boughezala. L’assaillant des Champs-Elysées abattu hier soir après avoir assassiné un policier était connu de la justice. Le dénommé Karim C. avait en effet écopé de vingt ans de prison en 2003 pour tentative de meurtre contre des forces de police. Est-ce une faillite de la magistrature?

Eric Delbecque[1. Journaliste spécialiste de la sécurité et de l’intelligence économique, Eric Delbecque est l’auteur du Bluff sécuritaire (Editions du Cerf, 2017)]. En tout cas, cela pose question. Tant qu’on ne connaît pas le détail des dossiers, on ne peut pas se substituer aux magistrats mais on peut se demander ce qu’il faisait dehors en liberté. Il y a quelque chose qui vraisemblablement ne fonctionne pas dans la chaîne pénale. Reste à savoir si on a affaire à un individu qui, vus ses antécédents, voulait se venger du monde de la police et se couvre de la marque djihadiste Daech parce que c’est plus valorisant. Nous le saurons dans les jours à venir. Ce qu’on redoutait depuis un certain moment s’est produit : Daech pousse des gens plus ou moins équilibrés à commettre des actes criminels pour les revendiquer ensuite. C’est un processus parfaitement décentralisé qui permet de choisir une cible dans la rue et de l’attaquer avec les moyens du bord.

Face à cette menace, les patrouilles de militaires armés dans Paris sont-elles une arme antiterroriste efficace ou de la poudre aux yeux ?

Ce dispositif est avant tout de nature à rassurer nos concitoyens. Mais ce n’est pas véritablement dissuasif et efficace contre nos ennemis. La preuve, cela n’empêche pas les djihadistes d’attaquer. Sans être totalement inutile, cette mesure ne peut pas constituer le cœur de la réponse au terrorisme. Comme on l’a vu au Louvre, à Orly et hier aux Champs-Elysées, les forces de l’ordre sont placées en première ligne du front antiterroriste en tant que symboles de l’Etat et cibles faciles à atteindre parce qu’ils sont dans la rue. Pour le terrorisme low-cost, cela ne demande pas une grande réflexion de sortir s’attaquer à des militaires en uniforme pour provoquer un coup d’éclat.

Une fois n’est pas coutume, cette énième attaque terroriste n’a pas été suivie d’annonces tonitruantes du ministère de l’Intérieur. Pourquoi critiquez-vous l’octroi de moyens supplémentaires aux forces de sécurité ?

Donner des moyens supplémentaires aux forces de l’ordre est bien évidemment positif mais c’est un élément tactique qui ne règle pas la question de la stratégie : quel objectif veut-on atteindre ? Nos gouvernants n’ont pas d’objectif stratégique à atteindre. Ils gèrent la situation en priant très fort pour qu’il n’y ait pas de problème puis en léguant la patate chaude à leur successeur. L’Etat est dans une déshérence stratégique totale. Il ne pense pas au-delà des quelques mois à venir, ce qui est quand même fou car son rôle est de se projeter dans l’avenir ! Certes, cela n’a rien d’étonnant avec François Hollande, qui est l’antithèse de la pensée stratégique. Le drame, c’est que sans stratégie d’ensemble, notre politique sécuritaire ne peut pas marcher.

Vous vous opposez aussi à l’inflation législative contre le terrorisme. Mais face à une menace réticulaire en perpétuel mouvement, ne faut-il pas adapter notre arsenal législatif ?

Plutôt que de les empiler, il faudrait déjà appliquer les lois qui existent, ce qui pose la question des moyens de les appliquer, notamment en termes de places de prison. Des lois contre le terrorisme, on en a votées, y compris quand Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur. Prenons un exemple très concret : l’interdiction des sites Internet djihadistes. C’est bien joli, mais dans un monde où on peut ouvrir un site Internet à l’autre bout de la planète en quelques minutes pour diffuser de la propagande, la loi Cazeneuve est un cautère sur une jambe de bois.

Qu’aurait-il fallu faire pour être à la hauteur de l’enjeu ?

Depuis trente ans, il aurait fallu régler les problèmes de fond, reprendre les fameux « territoires perdus de la République ». Il faudra bien régler la question un jour une bonne fois pour toutes, ce qui ne signifie pas qu’il faut s’y atteler avec brutalité ou n’importe comment, sans modèles de développement et de prospérité économique. Ces zones vivent souvent du trafic de stupéfiants, aussi doit-on leur proposer des alternatives socio-économiques. Quoi qu’il en soit, on ne peut plus négocier l’autorité de la République sur ces territoires. Autre problème de fond, plus abstrait mais essentiel, on a désarmé depuis des décennies l’Education nationale, mis à bas le récit national, diffusé la haine de soi et insinué que la France était toujours coupable. Cela n’a pas été sans conséquences. Idem pour notre politique étrangère, qui va d’errements en oscillations depuis des années, qu’il s’agisse de la Syrie, ou de nos relations avec la Russie.

Ces sujets n’ont que très peu été abordés dans la campagne présidentielle, qui s’est concentrée sur les « affaires » et des débats qui relèvent davantage de l’éthique personnelle que de la politique…

Pour faire des propositions dans ce domaine, encore eût-il fallu mener de longues réflexions et délibérations. Aujourd’hui, une mesure révolutionnaire consisterait à s’arrêter cinq minutes, de rassembler des gens compétents, pas seulement dans le domaine étatique, mais aussi des sociologues, des théologiens, des psychiatres, de la sécurité privée pour accoucher de préconisations qu’on appliquera enfin. Il faudrait peut-être créer une administration de mission sur la lutte contre le terrorisme. Parce que les rapports d’information parlementaires ont parfois de très bonnes idées mais s’empilent sans déboucher sur quoi que ce soit. Répondre au péril terroriste demande bien sûr un volet sécuritaire mais aussi des propositions éducatives, sociales, économiques, sans quoi on n’y arrivera pas. Sans oublier la gestion des frontières et de l’arrivée de migrants, autant de questions à traiter subtilement. Au fond, là est le seul enjeu de l’élection présidentielle : retrouvera-t-on une pensée stratégique ?

Le bluff sécuritaire

Price: ---

0 used & new available from


Une France soumise - Les voix du refus

Price: ---

0 used & new available from

France Inter, radio de sévices publics

93
Nagui, Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen, août 2014. SIPA. 00691083_000014
Nagui, Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen, août 2014. SIPA. 00691083_000014

Il me faut commencer ce coup de gueule par une confidence personnelle. Là où j’habite, l’île de La Réunion, aucune radio nationale (ni France Musique, ni France Culture, ni aucune des grandes « radios commerciales ») autre que France Inter, n’est diffusée. Voilà pourquoi, si je veux échapper aux radios locales, lesquelles ne volent pas toujours très haut, je dois me résigner à me brancher de temps à autre sur la radio de « service public ».

Je dois donc accepter d’endurer – mais j’y suis par avance bien préparé – des bulletins d’information, trop souvent biaisés et tendancieux dans leur façon de sélectionner ou de présenter les événements dont ils choisissent de parler, des bulletins toujours orientés dans la même direction idéologique et dont on ne peut pas dire qu’ils soient caractérisés par un quelconque souci d’impartialité et par le plus petit effort d’ouverture en direction des diverses orientations présentes dans le champ politique.

>> A lire aussi: A 8h30, sur France Inter, vous êtes présumé coupable

J’évite généralement les émissions du matin, où règnent, sûrs d’eux, impérieux et souverains, M. Cohen et sa bande, lesquels, dans les différents domaines qu’ils abordent, pontifient et, sans vergogne, imposent leur propre vision des choses. Ceux-là, quand ils reçoivent des représentants du Front national (pendant longtemps ils s’en sont farouchement gardés mais il a bien fallu à la fin que, de temps en temps, ils s’y résignassent !), c’est pour les soumettre à un bombardement acharné de questions venimeuses, toujours les mêmes, inlassablement répétées, afin de leur couper systématiquement la parole et les empêcher de développer clairement et posément leurs positions devant les auditeurs, comme devrait normalement pouvoir le faire tout responsable politique reçu dans une radio. J’évite aussi les émissions se voulant de détente et affichant des prétentions comiques, celle de Nagui, en fin de matinée, et celle de Charline Vanhoenacker, en début de soirée, émissions honteusement colonisées par des humoristes gauchistes plus ou moins abjectes, voire franchement obscènes.

Sur France Inter, l’immigration n’a pas augmenté

Alors que reste-t-il d’audible, de décemment écoutable par un citoyen dans mon genre, un citoyen – je l’avoue humblement – de tendance plutôt réac ? Eh bien, les émissions de l’après-midi. Ainsi chaque fois que je le puis, j’écoute l’admirable « Marche de l’Histoire » de Jean Lebrun, une émission exemplaire pour le respect qu’y manifeste l’animateur envers l’auditeur et envers la personne invitée à échanger avec lui ; j’écoute aussi souvent « La tête au carré », une émission qui propose habituellement des aperçus très intéressants et forts instructifs sur divers aspects de l’actualité scientifique ; j’écoute parfois « Affaires sensibles », quand il advient que le sujet retenu m’intéresse, et j’écoute aussi bien sûr, quand j’en ai l’occasion, l’émission consacrée à la musique classique…

Ce long préambule un peu trop abstrait et général achevé, il est temps de nous tourner vers les faits concrets et précis qui me poussent aujourd’hui à prendre la plume, des faits qui me paraissent tout-à-fait « emblématiques » (comme on aime aujourd’hui à dire) et parfaitement révélateurs du problème. Lundi 27 mars, j’écoute « La tête au carré ». L’invité de ce jour-là, c’est Hervé Le Bras, un démographe immigrationniste, qui avec la complicité de l’animateur et à l’aide d’un discours d’allure scientifique, entreprend de nous persuader que non, il n’y a pas plus d’immigrés venant aujourd’hui s’installer en France qu’il n’y en eut par le passé, par exemple dans les années 30, et que toutes les inquiétudes qu’à ce sujet l’on entend ici ou là s’exprimer ne reposent sur rien de consistant et d’objectivement vérifiable. A écouter notre fier savant, ce ne seraient là que purs fantasmes dont les victimes ne peuvent être que des individus abusés, des personnes mal informées, intellectuellement déficientes et psychologiquement perturbées. Allons donc !

Cet ahurissant numéro d’acrobatie au cours duquel la réalité se voit allègrement escamotée (une réalité dont quiconque visite aujourd’hui les yeux ouverts nos villes et nos banlieues peut aisément faire par lui-même le constat), vise explicitement le FN et sa candidate. L’animateur, lui, laisse l’invité débiter tranquillement ses arguties les plus spécieuses et ses contrevérités les plus flagrantes sans jamais rien lui objecter. Pourquoi n’a-t-il pas songé à inviter une démographe plus sérieuse et plus honnête comme Michèle Tribalat afin que celle-ci puisse donner à son invité la réplique et contrebalancer ainsi un point-de-vue aussi scandaleusement partial et déséquilibré ? Choqué par ce que j’entends, je me dis que je m’en vais écrire au CSA pour lui faire connaître mon indignation et pour lui demander si, au nom de l’équité, des émissions aussi franchement partisanes ne devraient pas être comptabilisées au crédit ou au débit des divers candidats actuellement en compétition électorale…

Guy Bedos, invité donneur (de leçons)

Mercredi 29 mars, après le bulletin d’information de 11h, c’est l’émission de Nagui qui commence. Machinalement, dans un sain réflexe, je m’apprête à tourner le bouton mais, suspendant mon geste pour un instant, j’attends cependant d’apprendre quel va être son invité du jour. Ah, c’est l’abominable Guy Bedos ! Beurk… Alors là, d’un doigt décidé, un peu rageusement, j’éteins mon poste… Pourtant, quelques secondes plus tard, j’en viens à me raviser et me dis : « Tiens, après tout, pourquoi pour une fois ne pas l’écouter ? Cela ne pourrait-il pas être pour toi instructif d’observer jusqu’où une telle émission se permet d’aller ? » et, dans un élan d’abnégation aussi héroïque qu’exceptionnel, je décide alors de rallumer, afin de me permettre d’apprécier, « de auditu », l’étendue du désastre.

Comme prévu, ce fut affreusement éprouvant. Il y a d’abord la personnalité de Bedos, sa prévisibilité, sa phénoménale fatuité, son égocentrisme démesuré, son manque total d’humour, son incapacité à se mettre un seul instant lui-même en question. Sans cesse, il la ramène et se met en avant. Avec son très cher ami Rocard, un « frère » dont la disparition le laisse inconsolable, avec Mélenchon auquel (malgré le caractère quelque peu ombrageux du personnage), chaque fois qu’il est sollicité, il consent à accorder très généreusement son précieux appui, avec ses camarades Belmondo, Rochefort et Marielle qu’il a intimement côtoyés pendant ses études au Conservatoire, avec Brassens, Brel et Barbara qui ont tout de suite reconnu son talent naissant et ont couvé ses premiers pas sur la scène, avec Desproges dont il a su, immédiatement et le premier, détecter l’immense génie et qu’il a ensuite chaudement encouragé à poursuivre dans la voie où plus tard il s’illustrera…

Un homme insupportable, mais que tous, sur le plateau, s’ingénient à flatter d’une façon totalement indécente. Et c’est à qui se montrera à son égard le plus bassement flagorneur… On le loue et le félicite notamment pour avoir arraché à un tribunal ce que l’on devra désormais appeler « la jurisprudence Bedos », une conquête obtenue sur le front juridique dont il est particulièrement fier et pour laquelle il ne se prive pas d’afficher beaucoup de gloriole. Non, désormais, traiter publiquement sur scène comme il l’a fait Mme Morano de « grosse conne », ne constitue pas pour le juge une injure caractérisée. C’est là assurément – accordons-le lui volontiers – pour l’humanité en marche vers toujours plus de lumière et toujours plus de progrès, une avancée décisive ouvrant des voies très prometteuses !

Mais il y a aussi d’autres intervenants, des habitués apparemment, que Nagui, flanqué de sa bande pas si « originale » qu’il veut bien le proclamer, écoute avec gourmandise, en gloussant aux meilleurs moments. Un certain Daniel Morin, donne une imitation bête et méchante de Radio-Courtoisie (rebaptisée sans complexe Radio-facho). On commence par entendre la musique de « Maréchal nous voilà », puis un speaker doté d’une ridicule voix de pimbêche prend la parole et fait l’éloge de « Marie-Françoise, élue patriote frontiste qui, à 67 ans, dans un incroyable élan de chrétienté, se tire encore le lait pour le distribuer gratis aux femmes de sa commune qui, pour leur plus grand malheur, ont la mamelle sèche » avant de s’en prendre à « M. Guy Bédos, fantaisiste pamphlétaire léniniste qui depuis 50 ans salit la France de ses saillies bobos-gauchistes qui n’amusent que les traitres à la nation et les rastaquouères qui l’assiègent… » Il y en a aussi pour Ménard, pour Zemmour, pour Valeurs actuelles… et pour les pastilles Vichy (association particulièrement désopilante !) et, bien sûr, pour« Dame Marine qui bientôt sera présidente de la France »… L’humoriste, ayant fini son numéro parodique plein de finesse, reprend alors sa voix naturelle et conclut d’un ton grave : « Oui, je sais, ça fait peur… Mais, attention les amis, je vous rappelle que la menace frappe à notre porte. »

« Valeurs actuelles, le journal qu’on emporte quand on va aux chiottes »

Puis, c’est au tour d’un dénommé Pierre-Emmanuel Barré de nous livrer le résultat de ses « spirituelles » élucubrations. Qu’on en juge par cet extrait qui devrait séduire nos braves féministes : « Si ma meuf ne veut plus me sucer depuis trois semaines, je ne l’attrape pas par les cheveux pour la forcer. Hein, je me dis, c’est peut-être parce que depuis trois semaines je ne me suis pas lavé la bite. » Ou cet autre : « Nom de Dieu, on a retrouvé 10 ADN différents dans le cul de cet électeur ! Pourtant ils sont 11 candidats ? Oui, mais Mélenchon s’aimait tellement qu’il a préféré s’auto-enculer ! » Je ne me sens pas particulièrement bégueule mais je me pose sérieusement la question : peut-on considérer que ce genre de considérations parfaitement obscènes soit bien à sa place à la radio, surtout dans la journée, à une heure de grande écoute ? Qu’en pense là encore le CSA ?

Un exemple de l’impudence, mais aussi de l’inconscience de ces gens-là. On demande à M. Bedos si, afin d’éviter de se trouver contraint de côtoyer quelqu’un qui lui déplairait, il choisit soigneusement les émissions dont il décide d’accepter l’invitation. Il répond affirmativement mais ajoute aussitôt que, pour ce qui est de l’émission de Nagui, il est bien tranquille car il sait pertinemment ne pas risquer d’y rencontrer Robert Ménard. Si d’ailleurs, ajoute-t-il, une telle chose devait jamais lui arriver, il se retirerait illico. Et Nagui de le rassurer aussitôt : « Mais, mon cher, nous serions alors deux à quitter le studio ! » Qu’est-ce que trahit une telle connivence ? Quel est le postulat implicite, l’évidence sous-jacente, partagée aussi bien par l’inviteur que par l’invité, qui se révèle ainsi à nous ? Cela peut aisément se déduire : nous, c’est-à-dire Nagui, Bedos et les autres personnalités bien-pensantes, nous sommes ici chez nous, pas un Ménard ! Lui et ses semblables, on ne veut pas les voir. D’ailleurs, de fait, les voit-on ? France Inter, pour eux, c’est donc : « Les gauchistes reçoivent les gauchistes » et « Les gauchistes parlent aux gauchistes » ! L’antenne publique que l’Etat leur a confiée, ils l’ont privatisée et, sans vergogne, se la sont appropriée…

Et les auditeurs là-dedans, les citoyens ordinaires, ceux qui paient la taxe et financent la radio de leurs impôts, y sont-ils chez eux, dans cette radio publique ? Ça dépend… S’ils communient avec les valeurs généreuses, progressistes, tolérantes, fraternelles, « antifascistes », que nous prônons, oui, ils sont les bienvenus. Sinon, qu’ils aillent se faire voir ailleurs. Et s’ils se risquent malgré tout à laisser traîner ici leurs sales oreilles mal-pensantes et réactionnaires, tant pis pour eux ! Qu’ils acceptent alors docilement de se voir par nous moqués, piétinés, crachés dessus, traités de tous les noms : abrutis, étroits du bulbe, rétrogrades, coincés, grenouilles de bénitier ou fachos ! C’est tout ce qu’ils méritent.

Je n’écoute jamais l’émission de Mme Vanhoenacker« Si tu écoutes j’annule tout », mais, à deux reprises, en voiture, j’en ai capté un bout au vol et, les deux fois, j’ai pu entendre cette dame mentionner en gloussant,« Valeurs actuelles, le journal qu’on emporte quand on va aux chiottes ». De sa part, ça a donc l’air d’être une plaisanterie récurrente, une pique jugée par elle tellement percutante, tellement spirituelle, tellement irrésistible, qu’elle la ressert à son public le plus souvent possible. Mais, moi, je regrette ; moi, je ne vois pas pourquoi je devrais tolérer que, sur la radio « nationale », l’on traite de cette façon le journal que, chaque semaine, je lis, moi, avec intérêt. Et pourquoi pas à la place, de temps en temps et pour changer, par exemple Libération, L’Obs ou Télérama ?

L’intolérance de ces gens-là, convaincus au plus profond d’eux-mêmes de leur indiscutable supériorité de droit divin sur les citoyens qui n’ont pas l’heur de penser comme eux, d’adhérer docilement à leurs détestations, de se rallier sans discuter à leurs goûts et préférences, de souscrire aveuglément à toutes leurs admirations, est vraiment sidérante. Pour eux, en effet, tous ceux-là ne sont que de vrais demeurés, d’indécrottables crétins, à qui on devrait même ôter le droit de voter, comme Bedos, ce grand démocrate, n’a pas craint de le suggérer chez Nagui !

CSA, te voilà?

Mais tout cela va plus loin que l’intolérance, plus loin que la suffisance béate et l’arrogance tranquille. Ce que bien souvent l’on perçoit à travers leurs propos, c’est plus que du simple mépris, véritablement de la haine. Une haine profonde et bien mal dissimulée. De la part de gens qui font si volontiers étalage de leur antiracisme, qui se réclament d’un humanisme sans frontières et proclament fièrement leur idéal de fraternité universelle, ce qu’ainsi ils manifestent à l’égard de ceux qu’ils appellent les « petits blancs », les « franchouillards », les « beaufs », ceux qui, excédés de voir leur cadre de vie envahi et détruit par la submersion migratoire, donnent leurs voix au Front national, c’est bien une sorte de racisme qui ne dit pas son nom !

Alors, n’y aurait-il pas, se demandera-t-on peut-être, un CSA pour contrôler tout cela, un CSA pour rappeler opportunément à l’ordre une radio qui, loin de respecter tous les Français, choisit d’en flatter certains et d’insulter les autres, un CSA pour dire de temps en temps : « Ça suffit, les gars, décidément vous allez trop loin » ? Il semble que non.

C’est pourquoi le vil mouchard, que je suis, le sycophante sans état d’âme, ne craint pas de demander poliment au CSA quelles sanctions celui-ci entend prendre à l’encontre de tous ces gens qui squattent impunément les ondes et s’y comportent comme s’ils en étaient les légitimes propriétaires. A l’encontre de tous ces gens qui, à l’aube du premier tour de la présidentielle violent aussi allègrement l’équité de traitement dont, sur les ondes nationales, devraient bénéficier tous les candidats.

Quelles sanctions, quels rappels à l’ordre sont envisagés pour ces gens débordant de mépris et de haine qui, au nom de la promotion de la fraternité et du « vivre-ensemble », n’hésitent pas à « discriminer » et « stigmatiser » gravement une part si considérable de leurs concitoyens, des concitoyens qu’à longueur d’antenne ils traitent comme des parias et des moins que rien. Obtiendrai-je une réponse ? Provoquerai-je une réaction ? Je n’en suis, hélas, pas du tout persuadé…

On peut réformer l’Ecole en 3 mois

42
SIPA. 00735640_000004
SIPA. 00735640_000004

Fini de rire. Il faut se décider.

Et je me suis personnellement décidé en fonction des politiques éducatives envisagées par les différents candidats.

« Mais vous êtes donc aveugle aux questions économiques ? Au chômage de masse ? À la dissolution de la nation dans l’européanisation, la mondialisation, le Marché divinisé ? »
« Et les questions de sécurité, alors ? L’immigration sauvage ? Et… »

J’adore la valse des milliards que nous promettent la plupart des candidats. Ils iront les pêcher où, leurs milliards ? Depuis 1973, depuis que Pompidou — un autre ex-employé de la banque Rothschild — a accepté que la France ne puisse faire fonctionner sa planche à billets et s’auto-financer, depuis que nous sommes pieds et poings liés devant les diktats des banques privées, nous n’avons d’argent que si les grands financiers internationaux le décident. « Il suffira d’emprunter ! Nous sommes solvables, à long terme ! »

L’école, sous un certain angle, ça ne coûte rien de la réformer

Pas du tout. Si vous voulez savoir ce qui nous pend au nez, jetez un œil sur ce que Wolfgang Schaüble a fait à la Grèce — le piège dont les mâchoires se referment, ces jours-ci. Ces salopards veulent une Europe à deux vitesses — et nous ne serons pas en tête. Tout comme ils ont fait une école à deux vitesses. L’Ecole du Protocole de Lisbonne avait pour fonction de réduire la nation. Les programmes des européanistes ont pour fonction de l’éliminer.

L’argent, le nerf de la guerre… Ben oui : Hollande a trébuché là-dessus dès son entrée en fonction. C’est pour ça — et uniquement pour ça — que les socialistes se sont lancés dans des réformes sociétales sans impact financier. Parce qu’ils ne pouvaient pas se lancer dans quoi que ce soit d’autre. Le « mariage pour tous », les « rythmes scolaires », la réforme du collège, la loi Travail… Du vent — avec de petites économies en perspective.

Et un bénéfice électoral conforme aux plans de Terra Nova. Faire plaisir aux bobos gays du Marais. Accabler le prolétariat — parce qu’il y a toujours un prolétariat, et même de plus en plus. Faire semblant de s’occuper des pauvres, et des pauvres en esprit — et les accabler dans les faits. Et avec ça ils comptent sur le vote immigré !

Aucun candidat ne pourra opérer d’autres réformes que celles qui ne coûteront rien, ou pas grand-chose.

Par exemple, l’école. L’école, sous un certain angle, ça ne coûte rien de la réformer. Autant en profiter.

Revenir, au moins dans un premier temps, aux programmes de 2008 serait indolore. Les manuels existent, il en est même de bons.

Décider de…

Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli

La fabrique du crétin: La mort programmée de l'école

Price: ---

0 used & new available from


Tableau noir

Price: ---

0 used & new available from

La fusillade sur les Champs-Elysées va-t-elle influencer la présidentielle?

493
daech paris terrorisme presidentielle
Les Champs Elysées bouclés, 20 avril 2017. Sipa. Feature Reference: AP22042931_000004.
daech paris terrorisme presidentielle
Les Champs Elysées bouclés, 20 avril 2017. Sipa. Feature Reference: AP22042931_000004.

(Avec AFP) – A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle française placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d’une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l’auteur a été abattu.

Daech revendique l’attaque

L’Etat islamique a revendiqué cette attaque, au même titre que de nombreux autres attentatsb terroristes perpétrés en France depuis 2015, alors même qu’il est acculé dans son bastion irakien de Mossoul. A Paris, la justice antiterroriste s’est aussitôt saisi de l’enquête, tandis que le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rejoint le président François Hollande pour une réunion de crise. Des policiers ont donc été pris pour cibles par des tirs vers 19 heures sur les très touristiques Champs-Elysées, l’artère la plus célèbre de la capitale française. Un policier a été tué et deux autres blessés, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’agresseur a été « abattu en riposte », a expliqué le ministère.

« L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et à essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière.

Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d’importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Choukri Chouanine, gérant d’un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l’AFP avoir entendu une « fusillade brève » mais avec « beaucoup de tirs ». « On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols », a-t-il ajouté.

Vers une droitisation de l’électorat?

D’une manière générale, la menace djihadiste reste très forte: après une série d’attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l’arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer « une action violente » et « imminente ».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d’un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d’armes et de trois kilos d’explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l’emploi.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le weekend dernier aux services de sécurité des candidats.

La fusillade de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d’une campagne au niveau de suspense inédit.

Alors que quatre candidats sont donnés dans un mouchoir de poche par les instituts de sondage – Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon- à quelques jours d’un premier tour au résultat très incertain, toute la question est de savoir si la menace terroriste influencera l’issue du vote. François Fillon, qui a axé une grande partie de sa campagne des primaires sur le combat « contre le terrorisme islamique » ou Marine Le Pen, qui a jugé évitables les attentats islamistes de ces dernières années, vont-ils en bénéficier électoralement ? Réponse dimanche 23 avril au soir.

Méthode Montessori: la fabrique du crétin libéral

87
montessori celine alvarez najat vallaud
Ecole Montessori; Céline Alvarez. Sipa. Numéros de reportage : 00770251_000139 et Numéro de reportage : AP21982952_000002.
montessori celine alvarez najat vallaud
Ecole Montessori; Céline Alvarez. Sipa. Numéros de reportage : 00770251_000139 et Numéro de reportage : AP21982952_000002.

« Ces profs du public qui cassent les codes. » L’Express publiait le mois dernier un nouvel article élogieux sur la méthode Montessori introduite dans l’Éducation nationale. Sur ce sujet, toujours pas de réflexion critique. Pourquoi ? Cette méthode pédagogique n’aurait semble-t-il que des avantages et contre elle que des enseignants qui « refusent de remettre en question des habitudes bien ancrées » – autrement dit des paresseux réactionnaires. En ferais-je donc partie, moi qui, enseignante en maternelle n’ai délibérément pas cédé aux sirènes montessoriennes ?

La vague montessorienne dans l’Éducation Nationale, renforcée par la publicité offerte par nombre de médias, date essentiellement de l’expérience de Céline Alvarez à Gennevilliers que l’article de L’Express retrace en quelques mots. En 2011, Céline Alvarez devient professeur des écoles avec comme objectif de prouver que la pédagogie Montessori peut être appliquée dans l’Éducation Nationale. Elle obtient, avec la bienveillance du ministère, un poste en maternelle à Gennevilliers et mène son expérience pendant trois ans avant de claquer la porte et de se reconvertir en modèle à suivre/conférencière. Notons qu’elle n’a nullement été suivie par une quelconque commission d’évaluation officielle et impartiale et qu’aucun bilan de son expérience (sur tous les plans : acquis cognitifs, construction de la personnalité de l’enfant, faisabilité budgétaire, concordance avec les programmes, impact sur l’équipe enseignante, satisfaction des attentes de tous les parents, etc.) n’a été établi par le ministère qui, aujourd’hui, la soutient officieusement.

Une méthode très exclusive

Les résultats qu’elle affiche dans ses vidéos sont presque incroyables au niveau des acquis cognitifs (90% des Moyens et 100% des Grands auraient assimilé la lecture, certains atteignant même un niveau CE2 en maths). Résultats, il faut en convenir même si on peut regretter qu’ils n’aient pas subits de contre-expertise, très attractifs pour les parents inquiets de l’avenir de leur progéniture dans un monde où l’accession à un emploi devient de plus en plus problématique.

Seulement voilà, comme le montre parfaitement Céline Alvarez elle-même mais aussi les « maisons d’enfants » (et non « écoles ») appliquant la méthode Montessori, la démarche de la pédagogie jusqu’à présent dominante en école maternelle et la démarche de la méthode Montessori sont totalement exclusives l’une de l’autre. Dans la méthode Montessori, il s’agit fondamentalement de contraindre de facto l’enfant, par l’organisation de la classe et un appauvrissement de son environnement (couleurs qui n’accrochent pas le regard, absence d’affichage, les mêmes ateliers mis à la disposition des élèves de l’entrée à la sortie de la maternelle, etc.), à se tourner spontanément vers les seules activités qui lui sont laissées à disposition en ateliers autonomes. On ne peut donc pas faire du moitié-moitié, moitié méthode « traditionnelle » – pour faire plus simple – moitié méthode Montessori.

>> A lire aussi: L’école de l’amusement, symptôme du moins d’Etat

Si l’on mélange les deux – ce que font apparemment mes collègues que L’Express a visitées dans le XIVe arrondissement de Paris – on perd sur les deux tableaux : l’encadrement magistral indispensable au déroulement des activités collectives perdra de sa consistance aux yeux des enfants d’un côté, et de l’autre les élèves risqueront de s’ennuyer dans les moments où on ne leur laissera que l’accès aux ateliers Montessori qui pâtiront alors de la comparaison avec les activités collectives plus entraînantes.

Cette incompatibilité radicale entre les deux démarches pédagogiques fait que l’enseignant qui, aujourd’hui, décide de faire le choix, encore très minoritaire, de bouleverser sa classe en y appliquant les principes d’aménagement de classe liés à la méthode Montessori prend la grave décision de la vider de ses meubles et du matériel accumulé pendant des années et des années, au risque de la laisser considérablement appauvrie au collègue qui lui succéderait en cas de retraite ou de mutation et qui ne désirera pas forcément y appliquer la méthode Montessori.

D’ailleurs, avant d’aborder le fond des critiques que l’on peut adresser à la pédagogie Montessori, parlons donc du côté bassement matériel – puisqu’il en est question dans l’article de L’Express mais de façon trop superficielle – de la mise en place de la pédagogie Montessori dans une classe de l’Éducation nationale.

Des conditions matérielles exceptionnelles

Céline Alvarez a faussé son expérience au départ. Elle l’a entamée dans des conditions matérielles exceptionnelles :

– la classe qu’on lui a attribuée faisait environ 75m2 : rares sont les classes de cette superficie dans les locaux scolaires.

– elle a reçu un don de l’association Agir pour l’école, association loi 1901 financée par des fonds publics et des partenaires privés tels que Dassault, la fondation Bettencourt, AXA et la fondation Total, d’un montant de 2.000€ pour aménager sa classe : l’indigence dans laquelle se trouvent des classes voulant entamer l’expérience fait que le matériel proposé aux élèves sera incomplet, à moins que les enseignants ou les parents ne mettent la main au porte-monnaie.

– une éducatrice formée à la pédagogie Montessori lui a été attachée en permanence : je me demande comment mes collègues ont fait pour suppléer au fait qu’à Paris il n’y a même pas une ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles, non-formée à la méthode Montessori au demeurant) par classe, sans compter qu’elles ne sont pas en permanence dans les classes et sont chargées de tâches ménagères.

Parlons maintenant du fond des critiques que l’on peut formuler sur la pédagogie Montessori (eh oui, rien n’est parfait) qui feront peut-être comprendre que rejeter cette pédagogie n’est pas forcément signe d’un esprit sclérosé.

Je ne parle ici que d’une classe purement Montessori, c’est-à-dire appliquant ladite méthode sans concession ni mixage pédagogique. Dans une classe réellement Montessori, il n’y a plus – en application de deux principes directeurs que sont la suppression des activités collectives et la suppression de toute distraction risquant de rendre moins attractifs les ateliers autonomes – :

– d’activités sportives collectives

– d’activités artistiques dirigées

– de coin de jeux d’imitation (maison, cuisine, théâtre de marionnettes…)

L’activité sportive est réduite à tenir une balle de ping-pong sur une cuiller en marchant sur une ellipse tracée au sol dans la classe. Plus aucune autre activité sportive collective. Ce qui plonge complètement dans l’incohérence pédagogique les membres de la hiérarchie de l’Éducation nationale qui soutiennent la mise en place de classes Montessori tout en exigeant contradictoirement l’application des programmes officiels de l’École maternelle. On peut d’ailleurs se demander pourquoi la hiérarchie de l’Éducation nationale n’a pas cherché de noises à Céline Alvarez alors qu’elle n’appliquait pas les programmes et qu’elle favorise aujourd’hui sa propagande en faveur de la diffusion de la méthode Montessori en son sein alors que celle-ci s’oppose ouvertement aux programmes que l’Éducation nationale veut que l’on suive scrupuleusement.

Le retour à la normale est-il possible?

Dans la classe de Céline Alvarez, l’activité artistique est réduite à deux postes de travail : dessin avec des feutres et gouache avec des pinceaux. Exit le développement de l’esprit créatif de l’enfant, l’expérimentation de la matière, des supports et des outils. Plus question non plus de proposer collectivement à la classe un thème directeur sur lequel s’appuyer pour faire utiliser supports, outils et techniques.

Les jeux d’imitation, considérés comme beaucoup trop attractifs pour les enfants dans une classe Montessori (lâchez des enfants dans une classe équipée d’un beau coin maison et vous verrez s’ils se dirigent vers les ateliers autonomes) y sont purement et simplement éliminés. Mais pourquoi ont-ils toujours eu leur place en maternelle ? Voyons, que je me rappelle… N’y avait-il pas de très bonnes raisons pédagogiques visant à la socialisation et à la construction de la personnalité de l’enfant ? Mais ceci s’explique quand on constate qu’avec Céline Alvarez, il n’est plus question de psychologie de l’enfant mais de… neurosciences ! Eh oui, Céline Alvarez et ceux qui l’appuient sont des « scientifiques », pas des rigolos comme nous.

Dans le domaine des jeux d’imitation aussi, on peut noter l’ambiguïté de l’Éducation nationale encensant implicitement un abandon qu’elle sanctionne dans une classe « traditionnelle ».

Parlons enfin de deux points secondaires mais non négligeables questionnant l’intérêt de la submersion de l’Éducation nationale par la vague Montessori.

Il y a d’abord l’inquiétude, à mon sens fondée, exprimée par une mère d’élève dans l’article de L’Express : « Arrivera-t-elle à s’intégrer ensuite dans une classe de CP « normale » ? » La question doit être posée puisque l’article précise que les enseignants d’élémentaire ne suivent pas le mouvement et que la quasi-totalité des classes de CP restent donc aujourd’hui non-Montessori. Sans compter qu’un enfant qui aura vécu toute sa scolarité de maternelle sans apprendre les règles du travail collectif et les règles de discipline qui y sont liées aura probablement des difficultés à se fondre dans l’attente disciplinaire de l’enseignant. Comment un enfant qui aura atteint les résultats affichés par Céline Alvarez, à savoir la lecture acquise en fin de maternelle et un niveau de CE2 en mathématiques, pourra-t-il s’intéresser à ce qui se passera en CP ? Voire en CE1? Non seulement ces élèves n’auront pas intégré les règles du travail collectif, mais ils s’ennuieront, perturberont la classe et auxquels on ne pourra pas faire sauter de classe car leurs acquis seront déséquilibrés et inégaux. On me rétorquera qu’il suffit alors d’appliquer le principe de la loi d’orientation de Jospin de 1991 selon lequel on doit prendre chaque élève au niveau où il en est. Mais les praticiens savent bien que ce sont des vues de l’esprit pédagogistes car il est impossible d’établir un cursus différent pour 30 élèves au sein d’une classe.

L’autre inquiétude concerne le risque de stagnation totale des enfants. Selon la méthode Montessori, l’atelier doit être saisi par l’enfant de son propre chef. Certains enfants peuvent donc se satisfaire toute l’année, voire tout au long de leur scolarité en maternelle, de faire la même activité en boucle… Pourquoi le ministère de l’Éducation nationale, qui avait négligé de suivre avec attention l’expérience de Céline Alvarez, s’en est ensuite emparé et a favorisé les interventions de cette femme dans des conférences organisées par ses soins ?

L’engouement étatique pour Montessori

Peut-être faut-il chercher un début de réponse aux origines de la méthode Montessori et dans ses visées politiques. Elles ont été clairement exposées par Céline Alvarez : il s’agit d’éviter de produire des révoltés en empêchant l’enfant de ressentir de la distance entre lui et son environnement et en faisant du lieu (classe/école/maison d’enfants) un lieu à la disposition de l’enfant. Il s’agit de faire en sorte que l’enfant ne rencontre aucun obstacle, aucune frustration, ne subisse aucun échec qui pourrait être nocif à son épanouissement et le forger dans la confrontation aux autres et aux institutions. La méthode de Madame Montessori, fervente catholique (la seule entorse à ses principes dans ses maisons d’enfants était l’existence de cours de catéchisme très traditionnels), convenait tellement au système en place qu’elle fut soutenue et financée par Benito Mussolini.

Cette méthode donne l’illusion à l’enfant que la société est harmonieuse et à son service afin qu’il ne développe aucun esprit critique à l’encontre de ses défauts et dysfonctionnements. La société serait si bonne et si peu critiquable que se retourner contre elle ne pourrait être produit que par un défaut dans l’éducation de l’enfant. C’est probablement dans cette vérité sur le fondement de la méthode Montessori qu’il faut chercher l’une des raisons de l’engouement étatique à son égard.

L’objectif de l’école de la République, construire le citoyen et son esprit critique, disparaît. Chaque enfant est seul face à l’activité qui doit lui permettre d’acquérir des connaissances et des savoir-faire. On est dans un registre purement cognitif et individuel. Les relations avec les autres n’existent que dans la démonstration silencieuse de la maîtresse dont la place cesse d’être centrale dans le groupe-classe, personnage dont le rôle se confond avec celui de l’autre adulte intervenant, voire avec celui de l’enfant plus grand qui assumera à son tour la démonstration silencieuse. Il n’y a plus d’autre règle sociale que le respect des conditions de travail individuelles des autres enfants. Le groupe classe cesse d’être une société régie par des règles.

La diffusion de la méthode Montessori convient donc parfaitement à l’État libéral. Elle signifie l’abandon de la suprématie des programmes unificateurs et contribue à l’éclatement de l’Éducation nationale. D’abord par la municipalisation (vers laquelle la réforme des rythmes scolaires a été un pas important), puis, in fine, par la privatisation. Cette dernière tendance annonce tout autant des économies budgétaires que l’ouverture d’un marché prometteur.

Les Lois naturelles de l'enfant

Price: ---

0 used & new available from


La fabrique du crétin: La mort programmée de l'école

Price: ---

0 used & new available from

La « déradicalisation » des islamistes ne marche pas? Tant mieux!

74
Manuel Valls visite le centre de déradicalisation de Pontourny, octobre 2016. SIPA. 00777888_000020
Manuel Valls visite le centre de déradicalisation de Pontourny, octobre 2016. SIPA. 00777888_000020

Ah, les stages de « déradicalisation »… Une invention lumineuse ! Sortie tout droit des cerveaux du gouvernement Hollande après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Le but de ces « centres de prévention, d’insertion et de citoyenneté » (CPIC) : faire renoncer à leurs convictions les jeunes musulmans ayant adhéré aux idées fondamentalistes et susceptibles de commettre des actes terroristes, voire en ayant commis.

Mais bizarrement, ces stages ont mal tourné. Fondés sur le volontariat (encore heureux !), ils ont abouti à toutes sortes de déconvenues : locaux saccagés, violences des stagiaires, formateurs tournés en dérision, désertions. Ces déconvenues ont fait l’objet d’un rapport de deux sénatrices, Esther Benbassa et Catherine Troendlé, qui pointent l’amateurisme des associations agréées par le ministère pour mettre en place lesdites « cellules de déradicalisation ». Comment n’y aurait-il pas eu amateurisme puisqu’il n’avait pas de précédent en la matière ?

« Djihad Academy »…

Le centre de Pontourny (Indre-et Loire) avait été mal accueilli par le voisinage qui y avait vu une « Djihad Academy » : on peut en effet se demander si réunir des radicaux est bien le meilleur moyen de les déradicaliser. Ils l’ont été si bien qu’au bout de quelques jours, tous se sont envolés. Les « formateurs » (comment faut-il les appeler ?) sont piteusement restés seuls.

A Aulnay-sous-Bois, la fondatrice d’un centre a trouvé cette solitude bien confortable : elle vient d’être condamnée à quatre mois de prison avec sursis, pour détournement de fonds publics, blanchiment et travail clandestin. Elle aurait gardé pour elle 60 000 € de subventions.

Désemparé mais sommé, comme toujours après des attentats, de « faire quelque chose », c‘est à dire n’importe quoi, par l’opinion, le gouvernement a lancé cette expérience. Y déverser, sans compter, l’argent public pouvait lui donner l’illusion de l’efficacité, ce qui ne pouvait manquer d’attirer des aigrefins.

… ou Orange mécanique 

Mais par-delà ces péripéties, comment les grands humanistes qui ont inventé un tel concept n’ont-ils pas vu son côté « Orange mécanique ». Dans le célèbre film de Stanley Kubrick, la police tente de guérir des délinquants à coups de chocs électriques.


Orange Mécanique – scène lavage de cerveau… par luceballantine

Tout cela repose sur une vision scientiste et déterministe de l’homme dont on pense que même les convictions peuvent être modifiées par des méthodes adéquates.

Mêmes si nos centres sont plus confortables que le goulag ou le laogai, ils ne font pas moins penser, au moins dans le principe, aux techniques de lavage de cerveau dont ont usé les communistes soviétiques et  chinois.

Les convictions des djihadistes sont sans doute perverses mais ce sont des convictions, religieuses qui plus est, et par là, sortant du champ du déterminisme.

Une politique naturelle consiste à respecter leur liberté. Si leurs convictions les conduisent à commettre des actes délictueux voire criminels, on doit regarder l’acte, pas les convictions. La justice doit les punir, et bien sûr très sévèrement,  mais pas faire joujou avec leur âme. Le châtiment est le corollaire de la liberté.

Si on traite les fanatiques comme des malades susceptibles d’une thérapie, comment s’étonner que, leur liberté niée, ils ne se rebiffent ? Pour le pire généralement.




Faut-il réduire le nombre de fonctionnaires?

45
Guichets de La Poste à Paris, 2010. SIPA. 00606112_000019

 

Guichets de La Poste à Paris, 2010. SIPA. 00606112_000019

Certains candidats à la présidence de la République mettent l’accent, dans leurs programmes, sur la réduction du nombre des fonctionnaires. Encore faut-il savoir de quoi l’on parle, car le mot « fonctionnaire » a deux significations distinctes :

– au sens strict, il s’agit d’un agent titularisé, dont la situation n’est pas régie par un contrat de travail et, le cas échéant, une convention collective, mais par la loi et le règlement.

– au sens large, ce mot est employé pour désigner tout agent employé par certaines administrations publiques, principalement l’État, les collectivités territoriales, et les hôpitaux publics, qu’il soit titulaire ou sous contrat. Bien que la Sécurité sociale soit une administration publique, ses salariés (tous de droit privé) ne sont pas considérés comme des fonctionnaires au sens large du terme.


Le Grand Débat : La grosse punchline de Benoît… par nonstopzappingofficiel

De telles subtilités compliquent évidemment la tâche de ceux qui ont à s’exprimer sur la façon de gérer le personnel des administrations publiques. Rien n’est simple, et les chiffres sont ambigus puisque le mot utilisé pour désigner telle ou telle catégorie a souvent plusieurs significations, les unes plus larges, les autres moins.

>> A lire aussi: Fonction publique territoriale: coûteuse et non démocratique

La titularisation, actée par une autorité ad hoc, crée un ensemble de droits et d’obligations statutaires. En particulier, quand un poste est supprimé, l’administration doit trouver au fonctionnaire titulaire qui l’occupait un emploi correspondant à son grade.

Une forme de réduction du nombre des fonctionnaires (au sens strict) consiste à titulariser une plus faible proportion des agents des administrations. Ce n’est pas la même chose que de recruter au total moins de personnel pour lesdites administrations, même si les deux types de réduction peuvent évidemment se combiner. Les candidats font des déclarations à l’emporte-pièce qui ne tiennent pas compte de ces subtilités, mais celui d’entre eux qui s’installera rue du Faubourg-Saint-Honoré devra bien s’en préoccuper.

Quels reproches peut-on faire au statut de fonctionnaire titulaire ?

Les textes prévoient toutes sortes de dispositions généreuses, comme une augmentation du traitement à l’ancienneté constituant un minimum en-deçà duquel les services du personnel ne peuvent pas descendre, même si le travail effectué est plutôt médiocre. Mais certaines conventions collectives comportent elles aussi des « gentillesses » quelque peu excessives. Le licenciement pour insuffisance professionnelle est prévu par les textes. La révocation, sanction disciplinaire prise à la suite d’une faute grave, l’est également. Si la loi et le règlement étaient appliqués avec une certaine rigueur, il est probable que les chefs de services, les directeurs, et au sommet de la pyramide les ministres pourraient, presque comme dans le secteur privé, renvoyer une bonne partie des « canards boiteux » dont le travail est quantitativement ou qualitativement très insuffisant.

Le hic est que cela ne se fait pas. La possibilité donnée aux fonctionnaires titulaires de « se la couler douce » est davantage une question de mentalité collective que de dispositions juridiques. Et si l’on compare la façon dont les choses se passent dans les services de l’État, à la SNCF et à la Sécurité sociale, on constate que la mentalité collective, confortée par des syndicats puissants, aboutit à des résultats voisins en dépit du fait que, dans les deux derniers cas, il ne s’agit pas de fonctionnaires stricto sensu – ni même lato sensu à la SNCF.

Autrement dit, si le statut de la fonction publique facilite le maintien en poste d’agents qui ne font pas un travail satisfaisant, il ne suffirait pas de le supprimer pour améliorer la qualité des services rendus et la productivité.

Embaucher désormais surtout dans le cadre du droit du travail ordinaire serait certes une bonne chose, mais pour donner à nos administrations un allant suffisant pour faire nettement mieux avec un nombre d’agents inférieur il faudrait en sus, et surtout, que les ministres, les maires, les présidents des Conseils départementaux et régionaux, se comportent en chefs d’entreprise, et impulsent le souci de l’efficacité aux cadres qui, sous leur responsabilité, doivent diriger et motiver le personnel.

La bureaucratie, mère du gaspillage

La contrainte budgétaire existe déjà dans les services publics, et quasiment tous les chefs de service estiment leurs dotations dramatiquement insuffisantes. Mais ils mesurent cette insuffisance dans un cadre donné, considéré comme inamovible : par exemple, modifier la loi et le règlement pour simplifier le travail et améliorer son efficacité n’est presque jamais sérieusement envisagé. Les policiers, entre autres, ont beau expliquer qu’en simplifiant les procédures ils pourraient consacrer davantage de temps à courir après criminels et délinquants, la contrainte institutionnelle et bureaucratique est rarement assouplie. Bien entendu, constatant la difficulté qui existe à ce niveau, les fonctionnaires soucieux de la qualité du service public demandent en compensation de desserrer la contrainte budgétaire. C’est comme cela que l’on en arrive à demander trop au contribuable par rapport à ce qui est apporté au citoyen.

Une expérience, menée par Alain Madelin quand il était à Bercy, éclaire ce problème. Le ministre avait remarqué l’agacement de ses chefs de service obligés de passer par des procédures très lourdes pour tout achat de matériel et de fournitures. Il avait mené une petite enquête, sur le thème suivant : « de combien accepteriez-vous que soit réduit ce poste budgétaire si la liberté vous était donnée de commander directement et sans formalité ce dont vous avez besoin ? » Les réponses tournaient autour de 20 %. Autrement dit, si ces hauts fonctionnaires cherchaient à disposer de toujours plus de crédits d’approvisionnement, c’était parce qu’ils étaient prisonniers d’un carcan réglementaire : ils commandaient à l’avance, par le canal des appels d’offre, bien plus de matériel et de fournitures qu’il ne leur en fallait, de façon à éviter de se trouver « coincés » un jour par l’impossibilité réglementaire de remplacer du jour au lendemain la photocopieuse ou l’ordinateur ayant trépassé.

Ce petit exemple est révélateur d’une réalité bien plus générale : il serait possible de réaliser des économies substantielles en offrant aux services plus de liberté grâce à un élagage de la réglementation étouffante à laquelle ils sont soumis. Actuellement, l’argent des contribuables est gaspillé pour compenser la contrainte bureaucratique et la complexité abusive qui pèsent sur les administrations publiques. On peut dépenser moins à condition de ne pas s’encombrer de fatras procéduraux.

Il en va de même pour les embauches : quand le besoin d’une personne supplémentaire se fait sentir, on ignore si c’est pour 2 ans, pour 10 ans, ou indéfiniment. Mais comme le recrutement dans un corps bien déterminé est effectué pour une période allant jusqu’à la retraite, le risque est grand de se retrouver un jour avec quelqu’un dont l’administration n’a plus l’usage. La reconversion à l’intérieur de la fonction publique n’est pas inexistante, mais elle reste trop rare. La solution actuellement trop souvent utilisée consiste à mettre sur une voie de garage la personne devenue peu utile, et à effectuer un nouveau recrutement. Voilà clairement une mauvaise habitude.

Autonomie de gestion et concurrence

La concurrence est un stimulant dont les organisateurs de nos services publics ne se servent pas assez. Au sein de l’Éducation nationale, par exemple, de multiples établissements font sensiblement le même travail, et se trouvent potentiellement en situation de concurrence. Pourquoi ne pas rendre effective cette potentialité ? Le recours au ticket scolaire, dans le cadre d’une plus grande autonomie de gestion, pourrait dynamiser les performances, aboutir à de meilleurs résultats éducatifs. Dès lors que chaque établissement serait maître de ses recrutements et de ses méthodes pédagogiques, et responsable de son budget (avec le ticket scolaire, attirer peu d’élèves signifie avoir un maigre budget), les mentalités évolueraient rapidement. Il y aurait, à nombre d’élèves donné, moins d’enseignants et de personnel administratif, mais ils seraient plus motivés et plus productifs.

Ce sont des évolutions ou révolutions de ce genre qui peuvent donner à la France une administration plus efficace. Diminuer le nombre des fonctionnaires ne doit pas être un objectif, mais une conséquence du renouveau de nos services publics, dotés d’une meilleure gouvernance.

Mélenchon: la patrie mais pas trop

36
Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, avril 2017. SIPA. 00802567_000058
Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, avril 2017. SIPA. 00802567_000058

Sa métamorphose en a désarçonné plus d’un. En cinq ans, Jean-Luc Mélenchon a troqué les fanions rouges du Front de gauche contre les drapeaux tricolores de La France insoumise. Si bien qu’à la gauche de la gauche, certains pointent la prétendue dérive nationaliste de celui qui se revendique désormais « candidat du peuple » (quelle horreur !).

« Faire France de tout bois »

On comprend leur désarroi. Au Mélenchon alterophile décrétant en 2012 sur la Canebière que « notre chance, c’est le métissage » avant de louanger les « Arabes et Berbères» ayant importé « la science, les mathématiques ou la médecine » sur le Vieux Continent, a succédé un bretteur populiste bien plus circonspect. Au terme du quinquennat Hollande, Jean-Luc Mélenchon s’est émancipé de ses très mondialistes alliés du PCF, intégrant au passage la demande populaire de frontières. Son livre-programme, Le Choix de l’insoumission (Le Seuil, 2016), développe sa vision de l’immigration : « Si on ne veut pas que les gens viennent, il vaut mieux qu’ils ne partent pas […] Donc éteignons l’une après l’autre les causes de leur départ. Elles sont très simples, c’est la guerre et la misère. Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire ? Les rejeter à la mer ? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. »


Premier débat de la présidentielle : Mélenchon… par Lopinionfr

>> A lire aussi: Souverainiste, je voterai Mélenchon – Une tribune de Jérôme Maucourant

Et l’insoumis d’enfoncer le clou devant les ouvriers de Florange en janvier dernier, se déclarant favorable à la « régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». Protectionniste et antilibéral, Jean-Luc Mélenchon n’en reste pas moins partisan d’une « république universelle » multipliant les droits-créances. Son programme entend de surcroît « faire France de tout bois » par la généralisation du droit du sol et des naturalisations, le tout au nom d’une[access capability= »lire_inedits »] politique de lutte contre les discriminations on ne peut plus consensuelle à bâbord.

Un surmoi antiraciste

Certaines de ses déclarations ont pourtant choqué jusque dans ses propres rangs. Notamment à l’automne, lors de la navrante polémique autour du « Nos ancêtres les gaulois » qu’avait lâché Nicolas Sarkozy. À la différence d’un Juppé, Mélenchon ne s’est pas dressé sur ses ergots : « Je ne veux pas d’une ethnicisation gauloise du débat. Mais oui, je dis que nous sommes les filles et les fils des Lumières et de la grande Révolution ! À partir du moment où l’on est français, on adopte le récit national » dont 1789 constituerait « le moment fondateur », arguait-il sur C8.

Mais gare à ne pas désespérer Clémentine Autain. Aussi, au lendemain des attentats du Bataclan, le futur candidat tweetait : « La France est multiculturelle, et encore heureux. Ce que nous avons en commun, c’est la loi. »

On ne saurait mieux résumer les « pudeurs de gazelle [sic] » qui étreignent Mélenchon dès lors qu’une certaine religion entre dans le débat. Son surmoi antiraciste le fait alors sombrer tantôt dans l’irénisme, tantôt dans le relativisme – ainsi compare-t-il les islamistes aux catholiques anti-IVG, non sans fustiger « tous les communautarismes » à commencer par le Crif…

Citoyen Jean-Luc, encore un effort pour être vraiment patriote – comme les soldats de l’an II !

[/access]

Le choix de l'insoumission

Price: ---

0 used & new available from

« Macron ne propose pas une vision nouvelle de la politique »

38
emmanuel macron francois bert chefs
Emmanuel Macron, meeting de Bercy, avril 2017. Sipa. Numéro de reportage : AP22041294_000017.
emmanuel macron francois bert chefs
Emmanuel Macron, meeting de Bercy, avril 2017. Sipa. Numéro de reportage : AP22041294_000017.


Retrouvez la première partie de l’entretien ici.

Daoud Boughezala. D’après votre typologie, les « petits » candidats à la présidentielle tels que Dupont-Aignan, Lassalle, Asselineau, Cheminade, Arthaud et Poutou sont-ils des « prophètes » arc-boutés sur leur idéologie ?

François Bert. L’analyse des débats télévisés nous donne une première image de ce que révèle leur personnalité : il y a ceux qui par l’outrance, le caractère décalé ou la preuve appuyée de leur bonne foi cherchent à susciter l’affection (ce sont nos « prêtres » : Poutou, Lassalle, Dupont-Aignan) et il y a ceux qui par verrouillage idéologique ou besoin de nous donner la preuve de leur savoir cherche à attirer notre attention sur leur connaissance ou leurs idées (ce sont nos «prophètes » : Arthaud, Cheminade, Asselineau).


« Je suis en colère »: le « moi président » des… par LEXPRESS

Vous appelez à un renouvellement des élites politiques à partir de la société civile. A première vue, vous rejoignez le discours d’Emmanuel Macron. Pourquoi n’adhérez-vous pas à sa démarche ?

Le premier mouvement d’Emmanuel Macron était positif : chercher dans le « hors-parti » la réalité du potentiel français. Nous le savons désormais, Emmanuel Macron est à de multiples points de vue le candidat téléguidé par le système. Sans aller jusque-là, nous avions néanmoins déjà des éléments susceptibles de nous montrer que sa démarche ne pourrait pas aller dans le bon sens. D’une part parce qu’un chef, s’il sait en effet qu’il ne peut rien sans ses troupes et n’a de cesse de créer les conditions pour lever leur talent, passe ce-faisant son temps à élaborer sa vision. Il donne des directions, tranche, conduit l’action. Déléguer ne veut pas dire subir. Emmanuel Macron en est à lire le discours qu’on lui a soumis sans le comprendre… D’autre part il n’a pas fait porter sa campagne, comme nous aurions pu l’espérer, sur l’émergence des bonnes personnes et la construction d’une équipe opérationnelle, « prête à faire » : il a généré une énième manœuvre électorale dilatoire, consistant à aller chercher d’autres viviers de voix sur la base d’un gloubi-boulga de convictions. Il a au final su rassembler autour de lui tous les vieux dinosaures est aventureux des partis existants. Emmanuel Macron est ce qu’on appelle en musique un « arrangeur », ce professionnel de la réverbération qui plait tant aux médias : ni compositeur d’une vision nouvelle, ni chef d’orchestre capable de piloter avec autorité l’action collective actuelle et à venir.

Attendez-vous l’homme providentiel comme d’autres le Messie?

Ma démarche est tout sauf celle-là et je cite, pour l’appuyer, l’exemple historique de la guerre de Vendée. Les « chouans » (Bretagne, Mayenne et Normandie essentiellement) prolongeront dans d’autres départements l’action de la Vendée, avec des modes opératoires différents. La guerre de Vendée est un bel exemple d’une désignation par temps de crise d’un très riche panel de chefs naturels que contient un peuple. Les paysans vendéens ne se sont pas tournés vers les orateurs ou autres « grandes gueules » du moment : ils sont allés chercher ceux dont ils savaient qu’ils pourraient les conduire à bon port. Ces hommes-là, nobles (Charette, La Roquejaquelein, Lescure, Bonchamps…) ou roturiers (Cathelineau, Stofflet…) étaient plutôt des introvertis, connus pour leur sagesse, leur courage et pour certains seulement, la connaissance des armes. Cathelineau, pourtant le plus modeste d’entre eux (il était voiturier colporteur) fut leur premier généralissime. Aucun ne s’est mis en avant, tous ont attendu que l’évidence de l’événement et l’insistance des paysans les poussent à accepter de prendre la tête du groupe. Napoléon a qualifié la Vendée de « peuple de géants ».

Au croisement de la psychologie et de la sociologie des organisations, vous avez inventé une méthode d’analyse singulière. Quelle est-elle ?

J’appelle ma démarche « ostéopathie des organisations ». L’ostéopathie se distingue de la médecine traditionnelle en ce qu’elle va à la source des choses pour comprendre les causes, a une vision globale (holistique) des problèmes et privilégie le placement juste à l’interventionnisme. Mon approche n’est bien sûr pas médicale mais elle s’inspire du parti pris de l’ostéopathie pour aborder les problèmes en entreprise.

Il y en France beaucoup de « conseils en organisation » qui sont capables de proposer les bons organigrammes sans pour autant savoir vérifier si les bonnes personnes sont aux bons endroits. Nous avons de l’autre côté beaucoup de coachs capables de veiller au développement des personnes sans être capables de vérifier s’ils sont employés de la bonne façon. Ma démarche est de croiser les deux approches : en diagnostiquant les dimensions innées de la personnalité je suis capable de voir où les choses bloquent dans le fonctionnement d’une entreprise et de permettre l’adéquation muscles (personnalité)/squelette (organigrammes).

Cette approche permet d’apporter ce qui manque souvent le plus aux entreprises : la durée.

Votre grille d’analyse peut s’appliquer au monde de l’entreprise. En France, ce grand pays cartésien où tout commence par des idées, sait-on recruter des chefs ?

Nous sélectionnons aujourd’hui les gens soit sur la base de leur CV, et donc de leur connaissances et expériences accumulées, soit sur la base de l’ « auto-vente » de l’entretien de recrutement. Cela est très nettement insuffisant quand il s’agit de recruter des chefs. Tout au plus certains process de recrutement intègrent-ils des études de cas avec production d’une réponse écrite. Je ne crois pas qu’un chef de guerre pris en embuscade soit appelé à rendre un mémoire universitaire. Il décide, vite, imparfaitement, mais avec la présence d’esprit et la capacité à donner des ordres, étape après étape, pour que l’ensemble de l’équipe soit sortie d’affaire.

>> A lire aussi: Emmanuel Macron, la France n’est pas un open space – Par Alain Finkielkraut

Mon sujet a donc été depuis le départ de créer des mises en situation qui me permette non pas d’obtenir des réponses écrites, mais d’observer le comportement. Après plus de 600 personnes auditées, je constate que les personnalités se dégagent d’évidence à l’occasion des séquences pratiques que je leur demande de vivre. Il y aurait un livre à écrire sur la manière dont certains esprits brillants sont incapables d’aborder les bousculements que je leur soumets.

C’est donc aussi en entreprise que l’ «erreur de casting » est la cause fréquente des difficultés et fiascos à répétition. La réalité nous ramène toujours à elle et elle a pour chacun de nous, prêtre prophète ou roi ce mot ancien : « Deviens ce que tu es » !

Waleed Al-Husseini: « Face à l’islamisme, le silence des musulmans devient complice »

126
Waleed Al-Husseini. Image: France 3.
Waleed Al-Husseini. Image: France 3.

Waleed Al-Husseini[1. Waleed Al-Husseini est essayiste et fondateur du Conseil des ex musulmans de France.] ne s’est pas fait prier pour accepter cet entretien. Pour avoir fortement mis en doute les vérités sacrées de l’islam, ce soldat de la laïcité et de la défense des Droits de l’homme a passé pas moins de 10 mois dans les geôles de Cisjordanie, un cauchemar qu’il a raconté dans le poignant Blasphémateur ! Les prisons d’Allah (Grasset, janvier 2015). Il revient aujourd’hui avec Une trahison française (Editions Ring), excellent réquisitoire contre les partisans du dogme islamiste et ses collaborateurs parmi nos élites, ici en France. A seulement 28 ans, Waleed Al-Husseini est l’un de ces libres penseurs de culture musulmane que l’on soutient trop mollement. Rencontre avec un jeune homme courageux.

Alexis Brunet. On ne sort pas rassuré de la lecture de votre livre. Le processus d’islamisation de la France que vous décrivez a-t-il déjà atteint un point de non-retour ?

Waleed Al-Husseini. Oui. L’islamisation est plus forte qu’avant. Peut-être que nous pouvons la limiter, la rendre moins violente que ce que nous voyons maintenant. Mais dans la mesure où c’est un réseau mondial, ils vont utiliser les médias comme ils le font déjà. Voyez l’affaire du burkini l’été dernier. Les médias comme Al-Jazeera n’ont parlé que de ça, en disant que c’était horrible, etc. Pendant ce temps, on a très peu parlé des noirs assassinés par la police aux Etats-Unis et de la répression menée par l’AKP en Turquie, par exemple.

Vous dénoncez la naïveté, et même la collaboration de nos élites, surtout à gauche. Pourquoi êtes-vous si sévère avec la gauche ?

Parce que quand la gauche parle de laïcité, elle ne parle que de la laïcité pour les chrétiens. On peut se moquer de Jésus ou le blasphémer tout le temps, mais on ne peut pas faire pareil pour Mohammed (Mahomet) : les médias se l’interdisent au nom de la paix dans la société et du « vivre-ensemble ». Ils disent qu’ils ne veulent pas plaisanter sur l’islam pour ne pas passer pour des racistes. Mais en agissant ainsi, ils se montrent même plus racistes, car ils considèrent les musulmans comme des citoyens de seconde zone et non plus comme des Français. La gauche est censée militer pour la Révolution française et des valeurs modernes, pourquoi, quand il s’agit des musulmans, décide-t-elle de laisser ces valeurs de côté ?

Comme lorsque la Ligue des Droits de l’homme n’a pas soutenu la lecture spectacle du livre posthume de Charb à l’université de Lille…

Oui exactement. C’est à peine croyable. Pourquoi ?

La cécité de certains est telle que des militants de gauche ont été, comble de l’aveuglement, jusqu’à douter de la véracité de votre incarcération en Palestine !

Oui. Juste après les attentats de Charlie-Hebdo et la sortie de mon premier livre, des militants de gauches ont accusé Grasset d’être sioniste. Comme je suis Palestinien, j’étais forcément un menteur, j’avais inventé toute mon incarcération pour écrire un livre. Alors que Le Monde avait fait un article sur mon arrestation à l’époque ! Ils m’ont dit qu’ils ne croyaient de toute façon pas aux médias… Même aujourd’hui, de nombreux militants de gauche m’accusent de vouloir défendre la laïcité en France au détriment de la cause palestinienne et refusent la hiérarchisation des priorités. Ils m’accusent à tort d’être manipulé par Israël et refusent de voir la véritable manipulation de la cause palestinienne par les islamistes.

Ceci étant, sous Sarkozy ce n’était pas mieux : le communautarisme s’est développé…

Oui, je suis d’accord. On parle beaucoup du communautarisme en France parce que ce pays a une façade laïque. C’est pire en Angleterre mais la France est en train de se transformer en morceaux avec d’un côté les musulmans, de l’autre les Chinois, etc. A Saint-Denis, pendant le Ramadan, beaucoup de magasins sont fermés. A Sevran on a vu qu’un café était interdit aux femmes. Ce sont des valeurs du Moyen-Âge qui vont à l’encontre des valeurs de la société française.

Ce communautarisme musulman, Nicolas Sarkozy l’a organisé. Il a institutionnalisé l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il a cru pouvoir faire comme Napoléon avec les Juifs, faire une organisation qui représenterait les musulmans. Mais ça ne peut pas marcher avec les musulmans car eux même ne peuvent concevoir l’existence d’une telle institution. Pour le dogme musulman, la Charia est supérieure aux lois terrestres. Mais cette complaisance de la classe politique avec l’islam remonte aux années 1970. Doit-on rappeler la concurrence que menaient alors le PS et le PCF pour séduire l’Algérie, à la veille des élections législatives de 1978, de la présidentielle de 1981 et des suivantes ? Même aujourd’hui, le passage à Alger, avec tout ce que cela implique, est une étape obligatoire aux présidentiables, surtout de gauche : François Hollande en 2012, Emmanuel Macron aujourd’hui…

>> A lire aussi: Zones de non-France: une contre-société islamiste menace la République – Par Elisabeth Lévy

Vous dites dans votre livre que dans l’état actuel des choses, le « vivre-ensemble » est utopique. Mais n’est-ce pas une priorité que de souhaiter préserver une certaine harmonie entre ce que l’on nomme maintenant les différentes communautés ?

Pour les islamistes, le « vivre-ensemble » n’est même pas concevable : pour eux, l’idéal ce n’est pas le monde moderne mais l’Etat islamique. Ils utilisent le « vivre-ensemble » pour instaurer à nouveau les valeurs de l’Islam du temps de Mohammed.

Vous racontez qu’en arrivant en France, vous avez découvert l’expression « musulman modéré », que vous n’aviez jamais entendue en Cisjordanie…

Evidemment. Cela n’existe pas. Là-bas, nous sommes tous musulmans. C’est un terme utilisé pour mieux faire accepter les musulmans. Mais c’est un terme qui n’est même pas accepté par tous les musulmans. Un musulman « modéré », cela signifie pour beaucoup de musulmans qu’il y a quelque chose qui ne colle pas dans leur conception de l’islam.

Jusqu’à il y a peu, néanmoins, il y avait peu de revendications islamistes en France. Et encore maintenant, la majorité (silencieuse) des musulmans ne fait pas de réclamations. N’est-il pas crucial de différencier les musulmans de l’islamisme ?

Il y a évidemment une différence entre les musulmans et l’islam radical. L’islam radical, c’est comme ce que fait Daech. Mais bien que tous les musulmans n’adhérent pas à cela, ils ne manifestent pas contre et leur silence devient complice. Quand je juge l’islam, je le juge par rapport à ses racines, le Coran. Il y a maintenant une différence entre l’islam et les musulmans. Mais l’islam fondamentaliste, pour moi c’est l’islamisme. Quiconque est contre les valeurs modernes comme les droits des femmes, qui réclame ou tolère la polygamie et qui condamne le blasphème est pour moi fondamentaliste. Ceux concernés diront que le fondamentaliste, c’est celui qui tue des gens. Mais pour moi non. Le fondamentalisme n’a pas besoin de tels actes pour exister. Il peut exister simplement dans les esprits.

Lors de la « Manif pour tous », des mouvements catholiques traditionnalistes se sont immiscés dans le débat politique. La résurgence du religieux dans le débat politique ne semble pas être de l’apanage de l’islam…

Il y a un retour du religieux en général, c’est vrai. Mais pour beaucoup, ce « retour aux sources » est une réaction normale à ce qu’ils considèrent comme une agression venant de l’islamisme. Lors des débats autour de la « théorie du genre », le catholicisme, comme le judaïsme ou l’islam étaient contre. Dans le cas des musulmans, qui est ce que je connais le mieux pour en parler, la religion devient une identité. Et ça ne va pas en s’améliorant. Je pense que les personnes réellement laïques représentent une minorité en France. Les trois grandes religions sont contre nous. Maintenant, les problèmes de violence dans le monde viennent de l’islam. Ceux qui disent que toutes les religions ont fait ça avant ne font qu’aggraver le problème, car ils donnent des excuses aux islamistes.

Vous évoquez le « sommeil dogmatique » de Kant pour désigner la possible capitulation de la majorité face au totalitarisme islamiste. Le peuple français vous donne-t-il l’impression d’être dans cet état d’esprit ?

Cela existe au sein des musulmans de France en tous cas. Les gens qui m’ont attaqué et  insulté ne sont pas des islamistes mais des gens normaux. Ils ne savent même pas pourquoi ils considèrent avoir raison. Ils estiment que le port du hijab est une bonne chose sans même savoir sa signification. Ils n’obéissent qu’à des dogmes.

Justement, pourquoi les tentatives de réforme de l’islam échouent-t-elles toutes actuellement ?

Parce que les responsables musulmans n’ont jamais pris le problème à sa racine : ils n’ont jamais osé toucher au Coran. C’est pour ça que ça n’a marché nulle part. Cela n’a pas marché en Turquie du temps de Mustafa Kemal (Atatürk). Ce dernier a juste mis en place une loi sur la laïcité. Et quand il est mort la Turquie s’est islamisée. Si on ne se penche pas sur le Coran, ça ne peut pas marcher. Même ici, après les attentats, il  y a toujours des Français qui nous disent que l’islam est une religion d’amour et qui illustrent leur affirmation par une citation du Coran. Mais ils ne nous donnent pas la deuxième partie de la même citation, qui est souvent belliqueuse. Sans toucher un mot du Coran on n’y arrivera jamais.

Il y a pourtant eu une période d’ouverture importante au IXème siècle, que vous évoquez dans votre ouvrage, grâce aux Abbassides et aux Mu’tazila, notamment en Irak. Pouvez-vous nous en dire un peu à ce sujet ?

Oui. Le mutazilisme était au début un groupe secret, qui a refusé de considérer le Coran comme éternel mais comme créé. Ils ont combiné la foi avec le rationalisme. Avec le temps, il est devenu la croyance officielle de plusieurs califats, notamment celui des Abbassides. Pendant 300 ans, les arabo-musulmans s’intéressèrent à la philosophie et à la science. Ils ont découvert la chimie. Ils se sont intéressés à l’astronomie. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup d’étoiles ont des noms d’origine arabes. La seule fois où l’islam a eu sa révolution des Lumières, ça a été à cette époque. Et depuis il n’y a rien eu. Nous sommes retournés à l’époque précédente et nous y sommes encore.

Blasphémateur ! Les prisons d'Allah

Price: ---

0 used & new available from