(Avec AFP) – A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle française placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir lors d’une fusillade sur la célèbre avenue des Champs-Elysées à Paris, dont l’auteur a été abattu.

Daech revendique l’attaque

L’Etat islamique a revendiqué cette attaque, au même titre que de nombreux autres attentatsb terroristes perpétrés en France depuis 2015, alors même qu’il est acculé dans son bastion irakien de Mossoul. A Paris, la justice antiterroriste s’est aussitôt saisi de l’enquête, tandis que le Premier ministre Bernard Cazeneuve a rejoint le président François Hollande pour une réunion de crise. Des policiers ont donc été pris pour cibles par des tirs vers 19 heures sur les très touristiques Champs-Elysées, l’artère la plus célèbre de la capitale française. Un policier a été tué et deux autres blessés, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’agresseur a été « abattu en riposte », a expliqué le ministère.

« L’agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l’arme automatique, a tué l’un des policiers et à essayé de s’en prendre aux autres en courant », a rapporté une source policière.

Le quartier commerçant, en plein coeur de Paris, a été bouclé et d’importantes forces de police ont été déployées. Un hélicoptère survolait la zone dans la soirée.

Choukri Chouanine, gérant d’un restaurant dans une rue adjacente, a raconté à l’AFP avoir entendu une « fusillade brève » mais avec « beaucoup de tirs ». « On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols », a-t-il ajouté.

Vers une droitisation de l’électorat?

D’une manière générale, la menace djihadiste reste très forte: après une série d’attaques, parfois de masse, qui ont fait un total de 238 morts en France depuis 2015, un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l’arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer « une action violente » et « imminente ».

Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d’un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important, composé d’armes et de trois kilos d’explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l’emploi.

Les photos des deux suspects avaient été distribuées avant le weekend dernier aux services de sécurité des candidats.

La fusillade de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d’une campagne au niveau de suspense inédit.

Alors que quatre candidats sont donnés dans un mouchoir de poche par les instituts de sondage – Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon- à quelques jours d’un premier tour au résultat très incertain, toute la question est de savoir si la menace terroriste influencera l’issue du vote. François Fillon, qui a axé une grande partie de sa campagne des primaires sur le combat « contre le terrorisme islamique » ou Marine Le Pen, qui a jugé évitables les attentats islamistes de ces dernières années, vont-ils en bénéficier électoralement ? Réponse dimanche 23 avril au soir.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Partager