Unanimement reconnu comme un grand ami de l’Occident – including Nicolas Sarkozy et François Hollande – et comme un mécène désintéressé des causes désespérées (PSG, Seine-Saint-Denis, francophonie), l’Emir du Qatar vient d’ajouter une nouvelle médaille à son revers : il sera le premier chef d’Etat à se rendre en visite officielle dans la bande de Gaza.

On rappellera pour les plus distraits que depuis 2007, Gaza est dirigée d’une main de fer par les islamistes du Hamas et a été logiquement purgée des ses derniers relents impies de démocratie formelle que sont les élections non truquées, la liberté de la presse et les droits des femmes à aller se baigner autrement qu’en burqa.

Il était donc indispensable que le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani récompense de si louables efforts, et légitime par sa visite officielle le hold up opéré par un mouvement terroriste sur une partie du territoire palestinien, ainsi que la sécession de fait à laquelle il a procédé vis-à-vis de l’Autorité de Ramallah.

Les services de Mahmoud Abbas, que l’Emir a prévenu par téléphone au dernier moment de sa visite à ses pires ennemis, se sont fendus d’un communiqué où la fureur se lit aisément entre les lignes de la langue de velours diplomatique, même s’il semblerait que les correspondants de l’AFP aient eu du mal à décrypter la nature du message.

En revanche à Gaza, c’est l’extase : on a vu fleurir partout des drapeaux qataris et des banderoles proclamant « Merci au Qatar qui tient ses promesses ! ». Lesquelles promesses se chiffreraient, dit-on, à 250 millions de dollars.

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