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“Ils ne passeront pas”?

Céline Pina dénonce les complicités idéologiques de l'islamisme

“Ils ne passeront pas”?
Valery HACHE / AFP

Les attaques de jeudi dernier ont encore témoigné des dangers de l’islamisme. Il est urgent d’user de la force contre cette idéologie et tous ses soutiens en France


« Dites à mes enfants que je les aime », voilà les dernières paroles de la femme égorgée par un islamiste aux cris d’Allah Akbar au sein de la basilique Notre-Dame à Nice jeudi 29 octobre 2020. Trois personnes ont finalement laissé leur vie dans cet attentat. Pendant ce temps à Lyon avait lieu une attaque au couteau, un Afghan a été arrêté. Un autre homme a enfin été interpellé près de l’Église de Sartrouville où il comptait reproduire l’attaque de Nice, et un employé qui gardait l’ambassade de France a été poignardé à Djedda.

Une partie de la jeunesse musulmane fanatisée

Tout cela moins de deux semaines après la décapitation de Samuel Paty par un Tchétchène fanatisé sous statut de réfugié.

Si nos pensées vont aujourd’hui bien sûr aux familles cruellement frappées, le sentiment dominant reste une immense colère. Et un sentiment de perte abyssale. J’ai grandi dans un monde où la paix et l’émancipation étaient autant une réalité qu’une promesse. Aujourd’hui c’est une réalité qui se meurt et la promesse s’est enfuie. Maintenant que nous avons touché le fond, ce gouvernement aura-t-il le courage de regarder en face ce qui nous attaque ? A-t-il vraiment ouvert les yeux sur le fait qu’aujourd’hui la menace « fasciste » est islamiste et qu’elle verse le sang de par le monde ? A-t-il pris conscience de l’existence d’une 5ème colonne haineuse et fanatisée sur notre sol, qui radicalise la jeunesse musulmane, en tenant un discours de persécution et en exaltant l’allégeance raciale et religieuse ?

Un vaste coup de filet est indispensable

Pour faire la guerre sanitaire, le gouvernement se donne les moyens d’agir et n’hésite pas à restreindre nos libertés. Pourquoi, quand nous sommes attaqués sur notre sol, cela serait-il tabou ? À savoir : comment prendre en compte la situation de guerre qui nous est imposée pour retrouver des moyens d’agir ? Une démocratie doit-elle sacrifier les citoyens qui la composent sur l’autel de ses principes, quand elle est assaillie par des fascistes qui jouent sur ses faiblesses ? Une nation attaquée doit-elle choisir l’impuissance et regarder mourir les siens, si réagir l’oblige à faire évoluer l’État de droit ? C’est ainsi que le débat est posé et qu’une certaine gauche utilise déjà tout discours autour de la notion d’exception et tout ce qui pourrait faire évoluer le droit, comme révélatrice d’un désir de dictature caché. Le fait même d’envisager de suspendre temporairement certaines obligations légales et notre participation à certains organismes internationaux nourrit déjà les procès en « islamophobie ». C’est pourtant indispensable pour accomplir le vaste coup de filet permettant de se débarrasser des acteurs, des associations et des institutions de l’islam politique. 

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Un homme, non suspect de sympathies droitières, antifasciste notoire déjà confronté à ce type de situation, a donné une réponse aussi claire que nourrie par la réalité. Cet homme, c’est Julien Benda, l’auteur célèbre de La trahison des clercs. En 1942, Benda a vu la démocratie française sombrer sous les coups de boutoir des nazis. Cet idéaliste ouvre alors les yeux et écrit La grande épreuve des démocraties. S’il appelle les Européens de son temps à défendre les valeurs républicaines et à ne rien renier de leurs idéaux, il appelle aussi les démocraties à faire face au réel. Ainsi, face à un ennemi comme Hitler, la démocratie a le devoir de réagir et d’abolir pour un temps certaines de ses références à un humanisme pacifique, voire de sembler aller contre ses propres valeurs, pour assumer l’usage de la force. Il est alors évident, qu’une fois la guerre finie, la menace justifiant la suspension de ses valeurs ayant été vaincue, la démocratie peut réactiver l’ensemble de ses principes et sortir de l’exception. Et c’est bien ce qui s’est passé en 1945.

Crise civilisationnelle

Certes Emmanuel Macron est un technocrate, pas un politique. Il se trouve confronté à une crise civilisationnelle qu’il a été de bon ton de nier à gauche. Sauf qu’aujourd’hui nous y sommes et si nous voulons vivre dans un pays où les citoyens sont égaux et les libertés garanties, il va falloir s’opposer clairement aux revendications de l’islam politique.

Concrètement, ce ne sont pas les islamistes que le président trouvera en premier sur son chemin, ce sera d’abord des élus. Car ceux qui ont ensemencé les têtes et favorisé les passages à l’acte sont cette « clientèle » dont trop d’élus locaux ont fait leurs partenaires et dont trop de dirigeants ont fait leurs interlocuteurs légitimes. Que serait l’UOIF, antienne de la nébuleuse des frères musulmans si Nicolas Sarkozy ne l’avait pas porté au pinacle ? Que serait le CCIF si l’Union européenne ne l’avait pas reconnu comme un interlocuteur crédible ? Que seraient un certain nombre d’acteurs de l’islamisme, de Tarik Ramadan à Marwan Muhammad en passant par Mohamed Bajrafil ou Idriss Sihamedi, sans la complaisance de nombre de médias qui ne se sont jamais vraiment demandé d’où parlait la personne à qui ils offraient crédit et respectabilité ?


Emmanuel Macron est-il prêt à combattre l’islamisme, sachant qu’il sera accusé de s’en prendre aux musulmans par des dictateurs sanguinaires et des dirigeants islamistes type Erdogan, mais aussi par une rue arabe fanatisée au Moyen-Orient et des quartiers radicalisés en France ? Est-il conscient qu’il sera combattu par une partie de la gauche, qui a toujours soutenu le totalitarisme contre les libertés et qui a trop souvent pris le parti des salauds ? Cette gauche radicale, fidèle compagne de toutes les cruautés accomplies au nom de l’idéal et qui a soutenu dans l’histoire Staline, Pol Pot, Mao, Khomeyni, sans jamais manifester de remords. Aujourd’hui cette gauche, soutier du totalitarisme n’est pas morte. Cette gauche devrait d’autant plus s’acharner à la perte de notre président, s’il se montre à la hauteur, que c’est tout ce qu’il lui restera pour masquer sa trahison et sa complicité. 

Rassemblement contre l'islamophobie, Paris, 19 octobre 2019. (c) Benjamin Mengelle / Hans Lucas / AFP
Rassemblement contre l’islamophobie, Paris, 19 octobre 2019. (c) Benjamin Mengelle / Hans Lucas / AFP

On pense à Esther Benbassa, Danièle Obono ou Jean-Luc Mélenchon, mais aussi à la majeure partie des écologistes et quasiment toute la France Insoumise. La force des islamistes, c’est aussi et surtout la puissance institutionnelle de leurs alliés, quand ils appartiennent aux cercles du pouvoir.

Le loup est dans la bergerie

Les frères musulmans ont des relais dans le débat public qui travaillent à faire passer le loup islamiste pour l’agneau musulman. L’université est un des lieux où ils sont les plus puissants. Les alliés intellectuels des frères musulmans, de Burgat à Baubérot en passant par Plenel et la mouvance “décoloniale” ont tous travaillé à installer dans le débat public des revendications obscurantistes. Ils ont légitimé des acteurs dangereux, Tariq Ramadan étant le plus connu. Ils ont promu des mouvements violents en niant leur dangerosité.

Ils ont alimenté et relayé les discours sur la persécution des musulmans au détriment de la réalité dans le but d’ancrer la haine. Ils ont souvent travaillé main dans la main avec le CCIF. 


Or ces gens-là sont très sensibles à leur position de pouvoir. Conserver le couvert à la table des gens qui comptent est important. Si être en lien avec les islamistes et les indigénistes devient coûteux et empêche d’accéder aux postes de prestige et de pouvoir, ces gens-là se déballonneront bien vite et l’influence des islamistes dans le débat public fera une chute conséquente. Porter le fer dans cette plaie-là est facile. C’est donc là aussi que nous allons pouvoir mesurer la détermination du gouvernement et des institutions.

Les fonctionnaires, professeurs et universitaires sont garants de nos principes républicains. S’ils ne les respectent pas voire qu’ils les sapent, qu’ils perdent leurs postes et avantages ! Ainsi, renvoyer Bianco et Cadène de l’Observatoire de la laïcité, c’est couper les islamistes de leurs meilleurs agents de légitimation. Ce n’est pas une cabale mais simple justice.

Notre détermination ne doit plus faire de doute

Déconsidérer les collaborateurs n’a l’air de rien mais est essentiel, même si se débarrasser de la présence des islamistes reste l’objectif. Il faut faire feu de tout bois: déchéance de nationalité, indignité nationale, facilitation des expulsions, saisie de l’argent en provenance de l’étranger, dissolution des associations islamistes, suppression de la double nationalité, mais aussi révision d’accords internationaux… Notre détermination ne doit plus faire de doute. Il est temps de montrer que nous refusons de renoncer à ce que nous sommes, pour complaire à qui nous tue.

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Ne nous leurrons pas. La question n’est pas de savoir s’il y aura un nouvel attentat, mais quand il aura lieu. Et ne croyez pas qu’en cédant sur la question des caricatures, la pression baissera. Il s’agit là d’un conflit de civilisation : liberté des hommes contre soumission au religieux, égalité en droit contre système inégalitaire, émancipation individuelle contre allégeance au groupe ethnique et religieux… Plus nous paraîtrons faibles, plus nous exciterons l’appétit de conquête des prédateurs, leur mépris et leur désir de passage à l’acte. Il n’y a pas d’espoir dans la reddition et la soumission. Les enquêtes d’opinion montrent que le peuple français attend des Churchill, alors que les islamistes espèrent des Chamberlain.

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Ancienne conseillère régionale PS d'Île de France et cofondatrice, avec Fatiha Boudjahlat, du mouvement citoyen Viv(r)e la République, Céline Pina est essayiste et chroniqueuse. Dernier essai: "Ces biens essentiels" (Bouquins, 2021)

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