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Ce que Matignon peut reprocher à Jean-Louis Bianco

Le président de l'Observatoire de la Laïcité est convoqué à Matignon

Ce que Matignon peut reprocher à Jean-Louis Bianco
Le socialiste Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcitén image d'archive © REVELLI-BEAUMONT/SIPA Numéro de reportage: 00617074_000015

 


La laïcité “ouverte” promue par l’Observatoire de la Laïcité créé en 2013 n’est pas pour rien dans nos malheurs. Il est reproché à cet organisme d’être plus préoccupé par la lutte contre la stigmatisation des musulmans que par la défense de la laïcité. Céline Pina explique en quoi le renvoi de Jean-Louis Bianco enverrait un message fort à ceux qui veulent des responsabilités où la lâcheté n’a pas sa place


Nous avons appris en ce mercredi 21 octobre que Jean-Louis Bianco, président du très controversé Observatoire de la Laïcité était convoqué à Matignon. 

L’heure de vérité

Le microcosme bruisse de la fin de l’impunité accordée à un haut fonctionnaire qui s’était permis de s’asseoir sur tous les devoirs de sa charge, de s’en prendre au Premier ministre dont il dépendait (Manuel Valls), et qui a plus abîmé la laïcité qu’il ne l’a défendue. C’est donc à un moment de vérité que nous pourrions assister. Si ce gouvernement n’est pas capable de démettre Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène alors qu’ils ne sont rien et n’ont pas de pouvoir de nuisance, il va lui être difficile de prétendre combattre l’islamisme.

A lire ensuite: Coexister: les bonnes affaires du vivre-ensemble

Jean-Louis Bianco est déconsidéré et a trahi sa mission en signant une tribune avec des islamistes, en préfaçant le livre d’un avocat islamiste défenseur du CCIF, en s’alliant avec Coexister (teneurs de porte patentés des Frères musulmans), en travaillant avec le CCIF, en attaquant les laïques plutôt qu’en défendant les fonctionnaires confrontés aux violences sur le terrain. Aujourd’hui, Bianco est tellement peu clair, qu’alors que sa fonction devrait en faire des adversaires résolus, il est soutenu par les grandes figures de l’islamisme dont Tariq Ramadan. Ces soutiens, n’ayant peu d’éléments objectifs pour le défendre, arguent d’une « persécution », l’homme serait une « victime ». Le problème c’est qu’il s’agit d’un vieil homme qui n’a pas loin de 78 ans et qui s’accroche à un poste qui n’est pourtant pas un viatique, comme la bernique à son rocher.

Si l’État n’a pas le courage d’inviter Jean-Louis Bianco à une retraite plus que méritée, que va-t-il pouvoir faire en face des fascistes islamistes? 

Pourtant nulle chasse aux sorcières là-dedans, mais la juste sanction de la trahison de ses devoirs et de sa mission par ce haut fonctionnaire, enfant gâté de la Mitterrandie. Il termine sa carrière dans l’opprobre, mais c’est lui qui l’a choisi. Parce que disons-le clairement, tous les laïques espèrent qu’à la sortie de ce rendez-vous à Matignon, ni Jean-Louis Bianco, ni Nicolas Cadène ne continueront un jour de plus à abîmer cet élément-clé de notre contrat social qu’est la laïcité, eux qui ont réussi à faire de cet observatoire la Société Protectrice des Religions ! On espère donc que le Premier ministre mettra fin aux hésitations et atermoiements qui ont caractérisé la gestion de ce dossier en prenant les décisions qui s’imposent, aussi froidement que fermement.

Remettre un peu d’ordre juste dans la défense des valeurs françaises

Il ne faut jamais hésiter à agir quand le choix est juste, que la décision ne coûte rien politiquement et ne met personne en danger. Si l’État n’a pas le courage d’inviter Jean-Louis Bianco à une retraite plus que méritée, que va-t-il pouvoir faire en face des fascistes islamistes ? Cette histoire d’Observatoire peut paraître anecdotique. Elle ne l’est pas. Elle est plus fondamentale qu’il n’y parait. Virer Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène a du sens dans le cadre de la lutte contre le séparatisme.

Pourquoi ?

Parce que la proximité avec les islamistes rend puissant, là où défendre notre civilisation vous expose. Les alliés des islamistes ne sont attaqués par personne, leurs adversaires vivent sous protection. Une illustration ? En cas de critiques, vous accusez vos détracteurs de faire le jeu de l’extrême-droite, vous vous chargez en vertu, l’autre en opprobre et vous sortez avec l’aura du « Social justice Warrior », et votre adversaire avec une cible dans le dos. 

Casser la logique victimaire

Mais si les choses s’inversent, si être en lien avec des islamistes ou ambigu avec eux signe la fin des carrières, la mort des ambitions, et devient le tombeau de l’influence et du pouvoir, alors les puissants ne seront plus complaisants, les discours vont changer, les doctrines évoluer et nous serons enfin capables de faire face à la menace en étant vraiment unis. Nombre de personnages ont leur rond de serviette dans les institutions ou au sein des médias et font le service après-vente des islamistes à chaque attentat. Ce service après-vente, qui vise à effacer l’horreur commise pour installer la rhétorique victimaire à l’égard des musulmans est toujours assuré de la même manière : 

  1. On met sur le même niveau le crime terroriste et la riposte de la police: c’est ce qu’ont fait Mediapart et le New York Times. Pour eux, un suspect a été abattu par la police. L’article du blog de Mediapart évoquant même une “barbarie policière”.
  1. Sur internet des militants s’empressent de relayer le message « à qui profite le crime ? » Sous-entendu, ce crime profiterait aux laïques qui l’instrumentent pour faire la “chasse aux musulmans”. Grâce à ce tour de passe-passe, on occulte l’existence de tout un écosystème brassant islamistes et musulmans dans lesquels ceux qui donnent le ton sont les plus radicalisés et les plus virulents. Écosystème qui brasse jusqu’à se rendre fou les thématiques de la persécution et qui a abouti au drame de Conflans-Sainte Honorine. Posez un questionnement en apparence innocent à ces militants : « quelles pouvaient être les intentions de l’enseignant en montrant les caricatures ? », la liberté d’expression est vite évacuée pour installer l’idée qu’il s’agissait ici d’humilier les musulmans, de les blesser. Ils font comme si l’école était un menu à la carte, et voient un enseignement qui les dérange comme une offense personnelle.
  1. Les relais de l’islamisme et les officines liées aux Frères musulmans déroulent cette complainte de la persécution, de la France raciste et trouvent des relais complaisants dans les médias pour expliquer que ceux qui s’indignent de la mort de Samuel Paty et font un lien entre la radicalisation constatée d’une partie de la communauté musulmane et la violence terroriste, sont d’infâmes suppôts de l’extrême-droite. 
  1. Enfin, l’affaire est portée devant des juridictions internationales dévoyées où ils bénéficient de relais et de complicités. Ce qui leur permet de s’attaquer à l’État de droit en ayant l’air de le respecter, et de continuer à s’en prendre à la souveraineté des pays. C’est toujours gagnant-gagnant. Soit les séparatistes imposent leur vue et les peuples voyant des obscurantistes violents imposer leur idéologie contre les mœurs du pays par le biais de structures internationales contestables et contestées, finiront par répliquer et par voter pour des partis qui assument la stratégie de l’affrontement. Soit ils perdent et cela nourrit leur stratégie et leur discours de persécution.

Aurélien Taché pense que l’on sort de la démocratie

Et toutes ces stratégies sont relayées par des élus de la République, des journalistes… Un exemple emblématique : le député Aurélien Taché. Face à la mort de Samuel Paty ce dernier ne sait que tweeter “on est en train de dérouler le tapis rouge à Marine Le Pen”, le tout parce que le Président veut réagir à ceux qui nous tuent. Pire encore, sur le possible limogeage de Jean-Louis Bianco, voilà ce qu’écrit ce député qui a au moins le courage de tout oser, y compris le mensonge : “On arrête des gens pour faire passer un message. C’est l’agenda d’une droite nationaliste qui s’assoit sur les droits de l’homme. On sort de la démocratie”. Quelqu’un pour expliquer au député que nul fonctionnaire n’est propriétaire de sa charge ? Que si Jean-Louis Bianco est sur la sellette, c’est pour avoir failli à sa mission ? Quelqu’un pour lui dire que limoger quelqu’un n’est pas le plonger dans un cul de basse fosse ? Et qu’ici la sanction témoigne d’une volonté de justice et non d’un abus de pouvoir ?

A lire aussi, Elisabeth Lévy: La tribune à laquelle vous avez échappé (provisoirement?)

J’aimerais que ce soit un sursaut moral et civilisationnel qui nous sauve, mais la victoire qui vient s’annonce toujours par les retournements massifs des vestes des opportunistes. Mais pour cela il faut que ce soit dans leur intérêt. Être islamiste, les soutenir, en être proche, dans les quartiers comme au plus haut niveau doit devenir coûteux. Cela doit vous exclure de la table. Vous rendre infréquentable et sulfureux. Ce genre de message est plus profond qu’on ne le croit et ceux à qui il s’adresse savent le reconnaître.

Un renvoi qui serait un message fort

Cela fait partie de la protection que la France doit accorder à ses citoyens que d’arrêter que les alliés des Frères musulmans fassent la loi dans certaines disciplines de l’université, noyautent des institutions, soient considérés comme des interlocuteurs crédibles… La preuve, des “d’intellectuels” soutenant Jean-Louis Bianco essaient encore de contester une œuvre de salubrité publique consistant à se débarrasser d’un homme qui a relayé l’idée d’une persécution des musulmans (alors que ce mensonge est patent : ceux qui se font agresser au titre de leur religion en France sont avant tout les chrétiens et les juifs), plutôt que de défendre nos principes. Son renvoi mérité sera tout le mal qui lui sera fait. Pour le reste il gardera sa retraite et ses avantages et ne répondra pas de ses fautes. On est bien loin du martyr.

Voilà pourquoi, symboliquement, il faut se débarrasser tout de suite de Jean-Louis Bianco. C’est la partie la plus facile du programme. Après il va falloir s’intéresser au CNRS, à la fonction publique et faire passer le message que ne pas faire son travail quand un professeur est confronté à des islamistes, c’est pouvoir risquer la révocation, en tout cas de sérieux ennuis en termes de carrière. Il ne s’agit pas ici de chasse aux sorcières, mais d’exigences liées à la fonction. Quand on veut le pouvoir et les responsabilités, on les exerce et la lâcheté n’a pas sa place. C’est ce que le limogeage du président de l’Observatoire doit transmettre comme message.

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Ancienne conseillère régionale PS d'Île de France et cofondatrice, avec Fatiha Boudjahlat, du mouvement citoyen Viv(r)e la République, Céline Pina est essayiste et chroniqueuse. Dernier essai: "Ces biens essentiels" (Bouquins, 2021)

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