Gilles Jacquier

À quoi servent les reporters de guerre ? Un mois après la mort de Gilles Jacquier, grand reporter à France Télévisions, tué le 11 janvier en Syrie, la question peut sembler cruelle. Certains la trouveront scandaleuse, comme s’il était immoral d’envisager qu’une telle mort pût être inutile. On m’autorisera à penser que le plus immoral serait encore ne pas l’envisager pour se contenter de la glorieuse légende des « morts au combat pour l’information ».

Bien entendu, cela ne change rien au courage et à l’engagement des journalistes qui risquent leur vie en connaissance de cause. En choisissant d’arpenter ces terres sans lois que sont les zones de guerre, ils savent qu’ils peuvent être blessés ou tués, mais aussi capturés. Nul ne peut oublier la fin atroce de Daniel Pearl au Pakistan. Après les calvaires vécus par Jean-Paul Kauffmann au Liban, Georges Malbrunot, Christian Chesnot et Florence Aubenas en Irak, et, plus récemment, par Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier en Afghanistan, on sait aussi que le journaliste est l’otage idéal, son statut lui garantissant la publicité recherchée par les preneurs d’otages.

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Gil Mihaely
est historien et directeur de la publication de Causeur.Né en Israël en 1965, Gil Mihaely a fait des études d’histoire et de Philosophie à l’Université de Tel-Aviv. Docteur de l’EHESS où il a soutenu en 2004 une thèse d’histoire, il vit en France depuis 1999. En 2007 il a créé, avec Élisabeth Lévy ...
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