Chacun sait que La Française des Jeux est une mécanique particulièrement élaborée dont la principale utilité pour l’Etat est de récupérer d’une main tout ce qu’il a donné de l’autre en matière de prestations sociales pour le lumpen prolétariat et autres laissés-pour-compte de la mondialisation heureuse. Ceux qui ont vu, dans les troquets de zones suburbaines, dès 9 heures du matin, des familles entières sécher leur RSA devant un demi déjà éventé, les yeux fixés sur un moniteur annonçant à intervalles réguliers les résultats du Rapido ou bien une mamie dépenser la moitié de son minimum vieillesse en remplissant d’une main tremblante des dizaines de bulletins de loto comprennent de quoi je parle.

La Française des jeux, cependant, comme tout organisme dont le but principal est de faire le maximum de pognon en misant sur le désespoir économique avec des rêves frelatés de fortune miraculeuse, se doit d’être à la pointe du progrès et de l’actualité. C’est pourquoi, selon ses propres termes, elle vient de lancer « un jeu de grattage éphémère ».

On pourrait y voir une connotation érotique, c’est juste tristement cynique. S’avisant que les J.O de Londres s’approchent à grand pas, elle a lancé un jeu sur ce thème tout en communiquant sans rire sur le fait que cela servira à soutenir financièrement l’équipe de France. On peut penser que les athlètes s’y retrouveront un peu mais que la médaille d’or de la rentabilité sera pour La Française des jeux elle-même. Mais enfin, n’hésitez pas à gratter : Pierre de Coubertin, chantre de l’olympisme désintéressé ne disait-il pas : « L’essentiel, c’est de participer. »

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