On le sait : malgré les efforts d’un tribunal international ad hoc, l’assassinat de Rafiq Hariri n’a pas été formellement élucidé. Cela est vrai aussi pour une longue liste d’assassinats et attentats qui ont ensanglanté l’histoire du Liban, de celui de Bachir Gemayel en 1982 jusqu’à ceux de Geogre Hawi et Samir Kassir en 2005, Pierre Amine Gemayel en 2006, ou Wissam Eid, enquêteur pour le tribunal international, en 2009. Il faut donc donner toute leur importance aux révélations faites par le général Michel Aoun, l’un des piliers de la coalition pro-Assad actuellement au pouvoir au Liban.

Vendredi dernier, dans un discours particulièrement enflammé, le général Aoun a fustigé l’opposition – donc l’alliance politique tissée à la suite de l’assassinat de Rafiq Hariri – avec des mots extrêmement durs : « Nous n’acceptons pas les témoignages falsifiés. Sait-on qui a tué qui et pourquoi il a tué ? Il est possible qu’il ait été tué à cause d’un mari jaloux, et après cela on l’affuble du titre de martyr de la nation… ». Voilà donc la clé de l’énigme : Rafiq Hariri avait une liaison avec une femme mariée (à quelqu’un d’autre, il faut préciser) ! Une toute petite phrase du général, mais quelle énorme et prometteuse piste pour les enquêteurs !

Quant à nous autres, nous ne pouvons qu’exprimer notre admiration à l’égard des cocus libanais : quelles ressources, quel professionnalisme au service de la vengeance ! Prenez par exemple le mari jaloux qui a liquidé Rafiq Hariri : avec une camionnette bourrée de 1800 kg d’explosifs militaires, le gars n’a pas lésiné sur les moyens !

Maris jaloux libanais, tous les maris du monde sont jaloux de vous !

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