En Tunisie, après les émeutes salafistes mollement condamnées par le gouvernement, on imagine les hôteliers bien à la peine. Pour relancer une saison touristique en berne, mes compatriotes ont eu la riche idée d’accueillir une haute personnalité toujours en quête du bon mot « nauséabond » qui lui fera retrouver la une des quotidiens. Cette nouvelle star des spots de Hammamet s’appelle… Jean-Marie Le Pen ! En vacances au Cap Bon avec son épouse Jany, le vieux lion – 84 ans cet été, mine de rien…- s’il n’a plus besoin de faire le vide autour de lui, provoque toujours du bruit et de la fureur. Pour preuve, un parti tunisien centriste a opportunément décidé de recuisiner à la sauce harissa le Goldstein de la vie politique française.

Pour la direction du mouvement Al-Majd, Jean-Marie Le Pen est indésirable en Tunisie, because il n’aimerait pas les Tunisiens en France. D’où cette alternative implacable : « Les Tunisiens soit on les aime partout soit on les quitte ! ». En toute logique, Majd réclame donc l’extradition du fondateur du FN, arguant que « l’entrée de Jean Marie Lepen, tortionnaire endurci en Algérie et porteur d’une idéologie fasciste, est un outrage aux valeurs de la République et une injure aux martyrs du mouvement de libération nationale. Le parti Al-Majd dénonce l’arrivée sur notre sol d’un leader raciste aux multiples prédications anti-maghrébines, accusé d’actions xénophobes souvent violentes et assumées » Rien que ça !

Nous ne demanderons pas aux majdistes l’adresse de la mosquée ou de l’église dans laquelle Jean-Marie Le Pen prêche la haine, ni ne leur expliquerons que le FN n’exige plus l’expulsion systématique des étrangers depuis belle lurette. Mieux, nous leur pardonnerons leur antifascisme d’opérette, maladie infantile d’un parti créé il y a moins de dix-huit mois.

Mais à vigilants, vigilant et demi. Comme le souligne maître Vergès à longueur de plateaux télévisés, au risque de froisser Solferino, rappelons que l’usage de la torture en Algérie a été commandité par des ministres socialistes, à commencer par Guy Mollet et son ministre de la Justice… François Mitterrand.

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