Les marchés financiers sont-ils bons pour la société ? Le progrès technologique, l’augmentation ininterrompue de la productivité et l’amélioration incontestable de nos conditions de vie de ces dernières décennies sont, après tout, redevables au marché libre. Celui-ci n’a-t-il pas, de surcroît, engendré la concurrence, et avec elle la baisse généralisée des prix ?

Le marché se vend au plus offrant

Pourtant, la spécificité même de ce marché le rend également insupportable. Dépourvu de toute idéologie, il se vend au plus offrant : autrement dit, il est sans conscience. Bien que prises en toute liberté, les décisions et actions des individus n’en sont pas moins orientées en fonction de leurs seuls intérêts matériels, forcément inversement proportionnels aux intérêts de la société. Le jeu du marché étant un jeu à somme nulle, l’individu ne maximisera ses profits qu’au prix des pertes de la partie adverse, c’est-à-dire de la société. Du coup, le marché libre devient la plate-forme de tous les égoïsmes, une sorte de Dieu gourmand et capricieux ne cessant de réclamer toujours plus de sacrifices humains ou, plus prosaïquement, le vecteur idéal de toutes les manipulations…

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