On avait cru comprendre que le célèbre journal satirique paraissant le mercredi se faisait un devoir de ne point empiéter dans la vie privée des citoyens qui faisaient l’objet d’investigations. Cette borne a été franchie – et avec elle, le fameux mur du çon – dans l’édition de cette semaine avec une information particulièrement décoiffante : le nom de la marraine du fils d’Henri Guaino. Il nous faut donc rappeler au Canard Enchaîné qui, à juste titre, rappelle souvent son attachement à la laïcité, que les conditions d’un sacrement religieux font partie intégrante de la vie privée.

Mais le volatile n’a pas seulement fait la preuve de sa conception à géométrie variable de l’espace privé, il a aussi fait montre d’une curieuse conception de l’amitié. « Une marraine lepéniste pour son fifils, le républicain Guaino ne se refuse rien », conclut Le Canard après avoir précisé que la dame en question a été militante RPR et a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels avant de tomber sous le charme de Florian Philippot l’an dernier et de porter les couleurs frontistes dans une circonscription en juin. Qu’aurait donc dû faire Henri Guaino, dont le fils a été baptisé en décembre dernier ? Demander audience au curé, à l’évêque, au pape, afin de substituer une marraine à la réputation moins sulfureuse ? Répudier une amie de longue date, devenue alors indigne ?

Comme elle doit être précaire, la condition d’ami du directeur de publication du Canard Enchaîné… Tu quittes le droit chemin, et hop, on ne te connaît plus.

Lire la suite