Ne serait-ce pas, contrairement à ce que pense l’ami Jérôme Leroy, une prodigieuse victoire pour Marine Le Pen que de ne pas obtenir les cinq cents signatures requises? Elle serait alors au cœur de la campagne électorale et l’emporterait symboliquement sans même avoir eu à en découdre avec les autres candidats ?

Il faut quand même dire que Marine Le Pen souffre d’un terrible handicap : son père. Nul besoin d’être psychanalyste pour comprendre qu’elle est le fils dont il a toujours rêvé. Et que comme tout bon père, il n’aura de cesse de faire trébucher son héritier ou son héritière, si vous préférez. Le pire ennemi de Marine, c’est Jean-Marie. Le plus cocasse, c’est que ni l’un, ni l’autre n’en sont vraisemblablement conscients.

Si le père souhaitait vraiment la victoire de sa fille, il disparaîtrait au propre et au figuré. La mort de Jean-Marie donnerait à Marine l’aura de l’orpheline et lui apporterait des voix que nul ne tient à lui donner tant que son paternel est encore capable d’arriver à un de ses meetings en uniforme de la Wehrmacht ou de faire un de ses jeux de mots qui ne la font sans doute même pas rire. Tous les enfants ont, qu’ils se l’avouent ou non, honte de leurs parents. Un exemple cocasse : Nicolas Sarkozy et son père, peintre kitsch de femmes nues. Un exemple dramatique : Marine et l’ogre qui l’a engendrée. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle s’est bien défendue jusqu’à présent. Mais la menace plane. Et ce n’est pas celle des signatures.

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